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Exonération revenus fonciers : conditions, pièges et optimisations pour les bailleurs

11 avril 2026 21 min de lecture 3 vues Locafis
Exonération revenus fonciers : conditions, pièges et optimisations pour les bailleurs

L’exonération revenus fonciers est un dispositif fiscal méconnu qui permet à certains bailleurs d’échapper à l’imposition sur leurs loyers. Pourtant, ses conditions strictes et ses exceptions en font un sujet technique, souvent mal compris. Cet article décrypte les règles applicables en 2024, avec des exemples concrets, des références légales et des pièges à éviter pour optimiser votre fiscalité locative.

Qu’est-ce que l’exonération revenus fonciers et qui est concerné ?

L’exonération revenus fonciers désigne la possibilité pour un propriétaire bailleur de ne pas être imposé sur les loyers perçus, sous certaines conditions. Contrairement aux idées reçues, cette exonération ne s’applique pas automatiquement : elle dépend du montant des revenus, du type de location (vide ou meublée) et du régime fiscal choisi.

Sont concernés par l’exonération revenus fonciers :

  • Les propriétaires louant un logement vide (non meublé) dont les revenus annuels sont inférieurs à 15 000 € (seuil 2024).
  • Les loueurs en meublé sous le régime micro-BIC, avec un abattement de 50 % ou 71 % selon le type de location.
  • Les bailleurs dont les charges déductibles dépassent les revenus fonciers (déficit foncier reportable).

Attention : l’exonération revenus fonciers ne s’applique pas aux locations saisonnières ou aux locations de locaux commerciaux. De plus, les revenus fonciers restent soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %), même en cas d’exonération d’impôt sur le revenu.

Les seuils d’exonération revenus fonciers selon l’article 156 du CGI

L’article 156 du Code général des impôts (CGI) fixe les conditions de l’exonération revenus fonciers. Voici les seuils clés à connaître en 2024 :

  • Pour les locations vides : exonération totale si les revenus fonciers bruts annuels sont inférieurs à 15 000 €. Au-delà, imposition au barème progressif après abattement de 30 % (régime micro-foncier).
  • Pour les locations meublées : exonération partielle via un abattement de 50 % (locations classiques) ou 71 % (locations touristiques classées) sur les revenus bruts, dans la limite de 77 700 € (seuil micro-BIC 2024).

Exemple concret :

Un propriétaire perçoit 12 000 € de loyers annuels pour une location vide. Avec le régime micro-foncier, il bénéficie d’un abattement de 30 % (3 600 €), soit un revenu imposable de 8 400 €. Si son taux marginal d’imposition est de 30 %, il paiera 2 520 € d’impôt, hors prélèvements sociaux.

Cas particulier : les locations meublées non professionnelles (LMNP) peuvent cumuler l’abattement micro-BIC avec d’autres avantages, comme l’amortissement du bien (régime réel).

Exonération revenus fonciers : le régime micro-foncier en détail

Le régime micro-foncier est le plus simple pour bénéficier d’une exonération revenus fonciers partielle. Voici ses caractéristiques :

  • Applicable si les revenus fonciers bruts annuels sont ≤ 15 000 €.
  • Abattement automatique de 30 % sur les loyers perçus (frais et charges inclus).
  • Pas de déclaration détaillée des charges : seul le montant brut des loyers est à reporter sur la déclaration 2042.

Avantages :

  • Simplicité administrative : pas de justificatifs à conserver.
  • Exonération partielle garantie, même en cas de faibles charges réelles.

Inconvénients :

  • L’abattement de 30 % peut être moins avantageux que le régime réel si les charges dépassent ce seuil.
  • Impossible de reporter un déficit foncier.

Exemple :

Un bailleur perçoit 14 000 € de loyers annuels. Avec le micro-foncier, son revenu imposable est de 9 800 € (14 000 € - 30 %). S’il opte pour le régime réel et que ses charges s’élèvent à 5 000 €, son revenu imposable sera de 9 000 €, soit une économie de 240 € (à 30 % d’imposition).

Comment bénéficier de l’exonération revenus fonciers avec le régime réel ?

Le régime réel permet une exonération revenus fonciers totale si les charges déductibles dépassent les loyers perçus (déficit foncier). Voici les règles à connaître :

  • Obligatoire si les revenus fonciers bruts dépassent 15 000 €.
  • Optionnel en dessous de ce seuil (déclaration 2044 à remplir).
  • Charges déductibles :
  • Taxe foncière (hors part locataire).
  • Intérêts d’emprunt (sous conditions).
  • Frais de gestion et assurances.
  • Travaux de réparation et d’entretien (hors agrandissement).
  • Amortissement du bien (pour les LMNP).

Exemple chiffré :

Un propriétaire perçoit 18 000 € de loyers annuels pour un bien acheté 200 000 €. Ses charges se décomposent ainsi :

  • Taxe foncière : 1 200 €
  • Intérêts d’emprunt : 3 500 €
  • Travaux : 2 000 €
  • Assurance : 500 €

Total des charges : 7 200 €.

Revenu imposable : 18 000 € - 7 200 € = 10 800 €.

Piège à éviter : les travaux de construction ou d’agrandissement ne sont pas déductibles. Seuls les travaux de réparation, d’entretien ou d’amélioration le sont (art. 31 du CGI).

Cas particuliers : exonération revenus fonciers pour les SCI et LMNP

Les sociétés civiles immobilières (SCI) et les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) ont des règles spécifiques pour l’exonération revenus fonciers.

Pour les SCI :

  • L’exonération revenus fonciers dépend du régime fiscal de la SCI (IR ou IS).
  • En SCI à l’IR, les associés déclarent leur quote-part de revenus fonciers sur leur déclaration personnelle.
  • En SCI à l’IS, les loyers sont imposés au niveau de la société (taux de 25 %), et les associés ne bénéficient pas de l’exonération revenus fonciers.

Pour les LMNP :

  • L’exonération revenus fonciers passe par le régime micro-BIC (abattement de 50 % ou 71 %) ou le régime réel (amortissement du bien).
  • Exemple : un LMNP perçoit 30 000 € de loyers annuels. Avec le micro-BIC, son revenu imposable est de 15 000 € (abattement de 50 %). Avec le régime réel, il peut déduire l’amortissement du bien (ex : 5 % de 200 000 € = 10 000 €), réduisant son revenu imposable à 20 000 €.

Attention : le passage en LMP (loueur meublé professionnel) modifie les règles. Les revenus sont alors imposés dans la catégorie des BIC professionnels, avec des cotisations sociales supplémentaires.

Exonération revenus fonciers et locations meublées : ce qui change en 2024

La loi de finances 2024 a introduit des modifications pour les locations meublées, impactant l’exonération revenus fonciers :

  • Le seuil du micro-BIC passe de 72 600 € à 77 700 € pour les locations classiques.
  • L’abattement de 71 % pour les locations touristiques classées est maintenu, mais les communes peuvent désormais limiter les meublés touristiques.
  • Les LMNP doivent déclarer leur activité via le guichet unique (INPI) depuis 2023.

Exemple :

Un propriétaire loue un meublé touristique classé pour 50 000 € annuels. Avec l’abattement de 71 %, son revenu imposable est de 14 500 € (50 000 € - 71 %). Sans classement, l’abattement serait de 50 %, soit 25 000 € de revenu imposable.

Piège : les locations meublées non déclarées risquent un redressement fiscal avec majorations (jusqu’à 80 %).

Pièges à éviter pour ne pas perdre l’exonération revenus fonciers

Plusieurs erreurs courantes peuvent faire perdre le bénéfice de l’exonération revenus fonciers :

  • Oublier de déclarer les revenus fonciers : même en dessous du seuil de 15 000 €, les loyers doivent être déclarés (case 4BE de la déclaration 2042).
  • Confondre micro-foncier et régime réel : le micro-foncier est automatique en dessous de 15 000 €, mais le régime réel peut être plus avantageux.
  • Négliger les prélèvements sociaux : même exonérés d’impôt, les revenus fonciers restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • Déduire des charges non éligibles : les travaux de construction ou les frais de notaire ne sont pas déductibles.
  • Ignorer les règles pour les SCI : une SCI à l’IS ne permet pas l’exonération revenus fonciers pour les associés.

Conséquence : une erreur de déclaration peut entraîner un redressement fiscal avec pénalités (10 % à 80 % des sommes dues).

Comparatif : exonération revenus fonciers vs imposition classique

Voici un tableau comparatif des deux régimes pour un bailleur percevant 12 000 € de loyers annuels :

CritèreMicro-foncier (exonération partielle)Régime réel (exonération totale possible)
Revenus imposables8 400 € (abattement 30 %)12 000 € - charges réelles
Charges déductiblesAucune (abattement forfaitaire)Oui (taxe foncière, intérêts, travaux...)
Déficit foncierNon reportableReportable sur 10 ans
Prélèvements sociaux17,2 % sur 12 000 €17,2 % sur le revenu imposable
SimplicitéTrès simpleComplexe (déclaration 2044)

Exemple :

Si les charges réelles s’élèvent à 5 000 €, le régime réel réduit le revenu imposable à 7 000 €, contre 8 400 € avec le micro-foncier. L’économie d’impôt est de 420 € (à 30 % d’imposition).

Optimiser son imposition avec l’exonération revenus fonciers : stratégies avancées

Pour maximiser l’exonération revenus fonciers, voici des stratégies techniques :

  • Cumuler micro-foncier et LMNP : un bailleur peut louer une partie de son bien en vide (micro-foncier) et une autre en meublé (micro-BIC), optimisant ainsi les abattements.
  • Utiliser le déficit foncier : en réalisant des travaux déductibles, un bailleur peut créer un déficit reportable sur 10 ans (plafond de 10 700 € par an).
  • Opter pour une SCI à l’IR : les associés bénéficient de l’exonération revenus fonciers sur leur quote-part, contrairement à une SCI à l’IS.
  • Louer en meublé touristique classé : l’abattement de 71 % réduit significativement le revenu imposable.
  • Amortir le bien (LMNP) : l’amortissement linéaire (2 à 5 % par an) permet de réduire le revenu imposable sans sortie de trésorerie.

Exemple :

Un propriétaire achète un bien 200 000 € et le loue en LMNP. Il amortit le bien à 3 % par an (6 000 €/an). Avec 25 000 € de loyers et 5 000 € de charges, son revenu imposable est de 14 000 € (25 000 € - 5 000 € - 6 000 €).

Comment déclarer ses revenus pour profiter de l’exonération revenus fonciers ?

La déclaration des revenus fonciers dépend du régime choisi :

Pour le micro-foncier :

  • Reporter le montant brut des loyers en case 4BE de la déclaration 2042.
  • L’abattement de 30 % est appliqué automatiquement.

Pour le régime réel :

  • Remplir la déclaration 2044 (ou 2044 SPE pour les locations meublées).
  • Détailler les revenus et charges dans les cases correspondantes.
  • Reporter le résultat (bénéfice ou déficit) en case 4BA de la déclaration 2042.

Pour les LMNP :

  • Déclarer les revenus en case 5ND (micro-BIC) ou remplir la déclaration 2035 (régime réel).
  • Joindre un tableau d’amortissement pour les biens loués en meublé.

Piège : une erreur de case peut entraîner une imposition erronée. Par exemple, déclarer des revenus fonciers en case 1AJ (traitements et salaires) les soumet au barème progressif sans abattement.

Exonération revenus fonciers : ce que les bailleurs ignorent souvent

Plusieurs aspects de l’exonération revenus fonciers sont méconnus des propriétaires :

  • Les revenus fonciers des enfants mineurs sont imposables au nom des parents, même si le bien est détenu par l’enfant.
  • Les locations à un membre de la famille (enfant, parent) peuvent bénéficier de l’exonération revenus fonciers, mais les loyers doivent être déclarés à leur valeur réelle.
  • Les subventions de l’ANAH pour des travaux sont imposables, sauf si elles financent des travaux déductibles.
  • Les loyers impayés restent imposables tant qu’ils ne sont pas déclarés irrécouvrables (démarches judiciaires nécessaires).
  • Les frais de notaire pour l’achat d’un bien locatif ne sont pas déductibles, mais peuvent être amortis en LMNP.

Exemple :

Un bailleur loue un bien à son enfant pour 300 €/mois (valeur réelle : 600 €). Les services fiscaux peuvent requalifier le loyer en donation déguisée, entraînant un redressement.

Pour aller plus loin, les bailleurs peuvent utiliser des outils comme Locafis pour simuler leur imposition et optimiser leur déclaration. La plateforme propose des calculs automatisés des abattements, des déficits fonciers et des prélèvements sociaux, évitant ainsi les erreurs coûteuses.

En résumé, l’exonération revenus fonciers est un levier puissant pour réduire son imposition, mais elle nécessite une maîtrise des règles fiscales. Que ce soit via le micro-foncier, le régime réel ou les dispositifs LMNP, chaque situation mérite une analyse personnalisée pour éviter les pièges et maximiser les économies.

Tableau comparatif : micro-foncier vs régime réel foncier

Le choix entre le micro-foncier et le régime réel foncier dépend de plusieurs critères, notamment le montant des revenus, les charges déductibles et la capacité à générer un déficit foncier reportable. Voici une analyse comparative détaillée, illustrée par un exemple concret pour 18 000 € de loyers annuels.

CritèreMicro-foncier (location nue)Régime réel foncier (location nue)
Seuil d’applicationRevenus fonciers bruts ≤ 15 000 € (exonération revenus fonciers totale si < 15 000 €)Pas de seuil : applicable dès le premier euro de loyer
Abattement30 % automatiques (revenus imposables = 70 % des loyers)Aucun abattement : imposition sur le bénéfice réel
Charges déductiblesAucune (abattement forfaitaire couvre les charges)Toutes les charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, taxes, etc.)
Report de déficitImpossibleDéficit foncier reportable sur 10 ans (ou 6 ans pour les intérêts d’emprunt)
Prélèvements sociaux17,2 % sur les revenus bruts (même en cas d’exonération revenus fonciers)17,2 % sur le bénéfice réel (ou le déficit reportable)

Exemple pour 18 000 € de loyers annuels :

  • Micro-foncier : Revenus imposables = 18 000 € × 70 % = 12 600 €. Imposition au barème progressif + 17,2 % de prélèvements sociaux sur 18 000 €.
  • Régime réel : Si les charges déductibles s’élèvent à 10 000 € (travaux de rénovation énergétique, intérêts d’emprunt, etc.), le bénéfice imposable = 18 000 € - 10 000 € = 8 000 €. Imposition au barème + 17,2 % sur 8 000 €. Si les charges dépassent les loyers (ex. : 20 000 €), un déficit foncier reportable de 2 000 € est généré.

Le régime réel est souvent plus avantageux pour les propriétaires en zones tendues, où les charges (notamment les intérêts d’emprunt) sont élevées. En revanche, le micro-foncier simplifie la déclaration, notamment via le prélèvement à la source, mais exclut toute optimisation via un déficit foncier reportable.

Prélèvement à la source et exonération revenus fonciers

Le prélèvement à la source (PAS) a modifié la manière dont les revenus fonciers sont déclarés et imposés, y compris en cas d’exonération revenus fonciers. Voici les règles à connaître pour éviter les erreurs et optimiser votre fiscalité.

1. Déclaration des revenus exonérés :

Les revenus fonciers inférieurs à 15 000 € (location nue) ou bénéficiant d’un abattement (location meublée) doivent être déclarés en case 4BE de la déclaration 2042. Cette case permet d’indiquer les revenus exonérés d’impôt sur le revenu, mais soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %). Exemple : pour 12 000 € de loyers en location nue, vous déclarez 12 000 € en 4BE et 0 € en case 4BA (revenus imposables).

2. Impact sur les acomptes :

Le PAS fonctionne via des acomptes mensuels ou trimestriels, calculés sur la base des revenus de l’année précédente. Si vos revenus fonciers étaient imposables en N-1 mais deviennent exonérés en N (ex. : passage sous le seuil de 15 000 €), vous devez signaler cette baisse via votre espace particulier sur impots.gouv.fr pour ajuster ou supprimer les acomptes. À défaut, l’administration continuera à prélever des acomptes, générant un crédit d’impôt (CIMR) l’année suivante.

3. Cas particulier du CIMR :

Le Crédit d’Impôt Modernisation du Recouvrement (CIMR) a été instauré pour éviter une double imposition en 2019 lors de la mise en place du PAS. Bien que son rôle soit désormais limité, il peut encore s’appliquer en cas de régularisation de revenus fonciers. Par exemple, si vous avez payé des acomptes en 2023 sur des revenus exonérés en 2024, un CIMR vous sera accordé pour neutraliser cette imposition.

4. Location nue vs meublée :

Pour les locations meublées, le PAS s’applique différemment selon le régime (micro-BIC ou réel). En micro-BIC, les acomptes sont calculés après abattement (50 % ou 71 % pour les locations saisonnières classées). En régime réel, les acomptes sont basés sur le bénéfice déclaré l’année précédente, avec possibilité d’ajustement en cas de variation des revenus ou des charges (ex. : travaux de rénovation énergétique).

Report de déficit foncier : règles et exemples concrets

Le déficit foncier reportable est un outil puissant pour réduire son imposition, mais ses règles sont strictes et souvent mal comprises. Voici ce que vous devez savoir pour l’utiliser efficacement, avec des exemples chiffrés.

1. Conditions de report :

Un déficit foncier est généré lorsque les charges déductibles dépassent les revenus fonciers. Il est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes, à hauteur du bénéfice foncier annuel. Exemple : un déficit de 5 000 € en 2024 peut être imputé sur les revenus 2025, 2026, etc., jusqu’à épuisement. Attention, les intérêts d’emprunt ne sont reportables que sur 6 ans (article 156 du CGI).

2. Charges éligibles :

Seules certaines charges ouvrent droit à un déficit reportable :

  • Travaux de rénovation énergétique (isolation, chauffage, etc.)
  • Intérêts d’emprunt (dans la limite des revenus fonciers)
  • Taxes foncières et charges de copropriété
  • Frais de gestion et assurances
  • Dons aux associations (si liés à la location, ex. : dons à une association de défense des locataires)

Exemple concret :

Un propriétaire en régime réel foncier perçoit 20 000 € de loyers en 2024. Ses charges déductibles s’élèvent à 28 000 €, dont 10 000 € d’intérêts d’emprunt et 15 000 € de travaux de rénovation énergétique. Le déficit foncier est de 8 000 € (28 000 € - 20 000 €). Ce déficit est imputable sur les revenus fonciers des 10 prochaines années, mais les 10 000 € d’intérêts ne sont reportables que sur 6 ans.

3. Pièges à éviter :

  • Les déficits liés aux locations saisonnières classées ne sont pas reportables (sauf si le bien est loué nu une partie de l’année).
  • En SCI à l’IR, le déficit foncier est réparti entre les associés au prorata de leurs parts. Chaque associé peut l’imputer sur ses revenus fonciers personnels.
  • Les travaux de construction ou d’agrandissement ne sont pas déductibles (seules les dépenses de réparation et d’entretien le sont).

4. Optimisation :

Pour maximiser le déficit foncier reportable, concentrez les travaux sur une seule année (ex. : 2024) plutôt que de les étaler. Utilisez le simulateur impots.gouv.fr pour estimer l’impact fiscal avant de lancer les travaux.

Exonérations et locations saisonnières : meublés classés et abattements

Les locations saisonnières, notamment les meublés classés, bénéficient d’un régime fiscal spécifique qui peut ouvrir droit à une exonération revenus fonciers partielle. Voici les conditions et seuils à respecter pour en profiter.

1. Meublés classés : conditions et avantages :

Pour bénéficier de l’abattement de 71 % (au lieu de 50 %), le logement doit être classé en tant que meublé de tourisme (label officiel) et loué à la semaine ou au mois. Les critères de classement (étoiles, confort, équipements) sont définis par l’arrêté du 2 août 2010. Exemple : un meublé classé 3 étoiles en zone tendue (ex. : Paris) avec 30 000 € de loyers annuels verra ses revenus imposables réduits à 8 700 € (30 000 € × 29 %).

2. Location saisonnière classée vs location nue :

Contrairement à la location nue, les revenus des meublés classés relèvent des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) et non des revenus fonciers. Cela signifie que l’exonération revenus fonciers ne s’applique pas directement, mais l’abattement de 71 % peut aboutir à une imposition très faible, voire nulle. Exemple : pour 12 000 € de loyers, l’abattement de 71 % réduit les revenus imposables à 3 480 €, soit une imposition marginale de quelques centaines d’euros.

3. Seuils et limites :

  • L’abattement de 71 % s’applique uniquement aux meublés classés. Les meublés non classés bénéficient d’un abattement de 50 %.
  • Les locations saisonnières en zones tendues (ex. : littoral, stations de ski) sont soumises à des règles spécifiques, comme l’obligation de déclaration en mairie.
  • Les revenus des locations saisonnières classées sont soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %), même après abattement.

4. Cas particulier : cession de bien immobilier :

Si vous vendez un meublé classé, la plus-value immobilière est calculée sur la base du prix d’acquisition (hors amortissement). En revanche, les déficits éventuels (si les charges dépassent les loyers) ne sont pas reportables, contrairement au régime réel foncier pour les locations nues.

FAQ : questions techniques sur l’exonération revenus fonciers

1. Puis-je cumuler micro-foncier et LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) ?

Non, ces deux régimes sont exclusifs. Le micro-foncier s’applique aux locations nues, tandis que le LMNP concerne les locations meublées. Si vous louez un même bien à la fois nu et meublé (ex. : 6 mois nu, 6 mois meublé), vous devez déclarer les revenus séparément : micro-foncier pour la partie nue (si < 15 000 €) et micro-BIC ou réel pour la partie meublée.

2. Comment déclarer un déficit foncier en SCI à l’IR ?

En SCI à l’IR, le déficit foncier est réparti entre les associés au prorata de leurs parts. Chaque associé déclare sa quote-part dans sa déclaration personnelle (case 4BC de la 2042). Exemple : une SCI avec 2 associés à 50 % chacun et un déficit de 10 000 € en 2024. Chaque associé peut imputer 5 000 € sur ses revenus fonciers personnels des 10 prochaines années.

3. Quels travaux donnent droit à un déficit foncier reportable ?

Seuls les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration (hors construction ou agrandissement) sont déductibles. Exemples :

  • Travaux de rénovation énergétique (isolation, pompe à chaleur)
  • Remplacement d’une chaudière ou d’une toiture
  • Peinture, électricité, plomberie
  • Dons aux associations liées à la location (ex. : association de défense des locataires)

4. Comment le prélèvement à la source impacte-t-il l’exonération revenus fonciers ?

Les revenus exonérés (ex. : < 15 000 € en location nue) doivent être déclarés en case 4BE de la 2042. Le PAS ne s’applique pas à ces revenus, mais les prélèvements sociaux (17,2 %) restent dus. Si vous passez sous le seuil d’exonération, vous devez ajuster vos acomptes via impots.gouv.fr pour éviter des prélèvements inutiles.

5. Peut-on bénéficier de l’exonération revenus fonciers pour une location saisonnière classée ?

Non, l’exonération revenus fonciers ne s’applique qu’aux locations nues. En revanche, les meublés classés bénéficient d’un abattement de 71 % (ou 50 % pour les non classés), ce qui peut aboutir à une imposition très faible. Exemple : pour 15 000 € de loyers en meublé classé, l’abattement de 71 % réduit les revenus imposables à 4 350 €.

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L’exonération revenus fonciers et les dispositifs fiscaux associés (régime réel foncier, déficit foncier reportable, etc.) offrent des opportunités d’optimisation, mais leur complexité nécessite souvent l’accompagnement d’un expert. Locafis, spécialiste de la fiscalité immobilière, propose des solutions sur mesure pour :

  • Analyser votre situation (location nue vs meublée, SCI à l’IR, zones tendues) et choisir le régime le plus avantageux.
  • Identifier les travaux éligibles au déficit foncier reportable (rénovation énergétique, etc.) et maximiser vos économies d’impôt.
  • Simuler l’impact du prélèvement à la source et ajuster vos acomptes pour éviter les régularisations.
  • Déclarer vos revenus fonciers en toute conformité, y compris pour les locations saisonnières classées ou les cessions de bien immobilier.

Que vous soyez propriétaire bailleur, investisseur en SCI ou loueur en meublé, Locafis vous aide à naviguer dans les méandres de la fiscalité immobilière et à tirer parti des exonérations et abattements disponibles. Utilisez leur simulateur en ligne pour estimer vos économies potentielles et prenez rendez-vous avec un conseiller pour une analyse personnalisée.

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