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Locafis

Guide du bailleur, chapitre 35

Les plateformes de réservation et leurs obligations

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Les plateformes de réservation en ligne sont devenues le principal canal de commercialisation des meublés de tourisme. Elles ne sont pas de simples vitrines. La loi française et le droit de l'Union européenne (UE) leur imposent de vérifier certaines informations, de bloquer des annonces, de collecter la taxe de séjour et de transmettre des données sur vos locations aux communes et à l'administration fiscale. Le loueur doit connaître ces obligations, car elles conditionnent la publication de ses annonces et rendent son activité visible.

Ce chapitre présente d'abord les obligations des plateformes envers les pouvoirs publics, puis la relation contractuelle entre le loueur et la plateforme, avec les commissions, les avis, les suspensions de compte et les litiges. Les règles applicables au loueur lui-même, comme la déclaration en mairie et le changement d'usage, sont présentées au chapitre 28. La taxe de séjour fait l'objet du chapitre 34 et la fiscalité de la location saisonnière du chapitre 39.

Qui est concerné

Les intermédiaires de location

Le Code du tourisme vise toute personne qui, contre rémunération, par une activité d'entremise ou de négociation ou par la mise à disposition d'une plateforme numérique, se prête ou prête son concours à la mise en location d'un meublé de tourisme. Les textes et la direction générale des entreprises du ministère de l'Économie les désignent sous le nom d'intermédiaires de location de meublés de tourisme. Les grandes plateformes de réservation en ligne en font partie, tout comme les agences, les conciergeries ou les sites spécialisés qui publient des annonces et encaissent des réservations.

Leurs obligations figurent principalement à l'article L. 324-2-1 du Code du tourisme, complété par la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, dite loi ELAN, ainsi que par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur. S'y ajoutent les règles fiscales issues de la directive (UE) 2021/514, dite DAC7, ainsi que le règlement (UE) 2024/1028 sur la collecte et le partage des données relatives aux locations de courte durée.

Le loueur utilisateur de plateformes

Le loueur qui publie une annonce sur une plateforme accepte ses conditions générales et devient son client. Selon les cas, il agit à titre non professionnel, par exemple lorsqu'il loue sa résidence principale quelques semaines par an, ou à titre professionnel lorsqu'il exploite plusieurs logements. Cette distinction compte pour la taxe de séjour, pour la protection dont il bénéficie face à la plateforme et pour l'application du droit de la consommation envers ses propres clients.

Les obligations des plateformes envers les pouvoirs publics

Informer le loueur et recueillir une déclaration sur l'honneur

Avant la publication d'une annonce, l'intermédiaire doit informer le loueur des démarches préalables à la location d'un meublé de tourisme. Il doit aussi lui réclamer une déclaration sur l'honneur attestant du respect de ces obligations, selon un modèle référencé par service-public.gouv.fr (service-public.gouv.fr). Vous devez notamment y indiquer si le logement est votre résidence principale ou secondaire et y reporter votre numéro d'enregistrement.

Cette déclaration engage votre responsabilité. Une fausse déclaration ou un faux numéro d'enregistrement exposera, à une date fixée par décret, à une amende administrative pouvant atteindre 20 000 €, selon l'analyse de la loi Le Meur par l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL) (anil.org).

Publier le numéro d'enregistrement

Le numéro d'enregistrement, composé de treize caractères, doit figurer sur chaque annonce, y compris sur les plateformes (service-public.gouv.fr). Les plateformes doivent déconnecter les annonces qui en sont dépourvues dans les communes où l'enregistrement est exigé, selon la direction générale des entreprises.

L'enregistrement doit être généralisé à toutes les communes par un téléservice national, dont la mise en service est annoncée au quatrième trimestre 2026. Les numéros déjà délivrés par les communes pourront être renouvelés sur ce téléservice pendant une période transitoire de plusieurs mois, à l'issue de laquelle tous les anciens numéros deviendront invalides (service-public.gouv.fr). Prévoyez de mettre à jour le numéro sur chacune de vos annonces dès que vous l'aurez obtenu, car une annonce portant un numéro périmé risque d'être retirée.

Afficher la qualité de l'annonceur

L'annonce doit comporter la mention « annonce d'un particulier » ou « annonce d'un professionnel », de façon visible et lisible (service-public.gouv.fr). Les plateformes vous demandent de choisir votre statut lors de la création du compte ou de l'annonce. Ce choix doit correspondre à votre situation réelle, car il a des conséquences sur les droits de vos clients et sur la collecte de la taxe de séjour.

Bloquer la résidence principale au-delà du plafond

Lorsque le logement est déclaré comme la résidence principale du loueur, la location en meublé de tourisme est limitée à 120 jours par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. Depuis le 1er janvier 2025, la commune peut abaisser ce plafond jusqu'à 90 jours par délibération motivée (anil.org). Dans les communes qui ont instauré l'enregistrement, la plateforme doit déconnecter l'annonce d'une résidence principale qui a atteint le plafond, selon la direction générale des entreprises.

Chaque plateforme ne connaît que les nuits réservées par son intermédiaire. Si vous louez sur plusieurs plateformes et en direct, aucune ne bloque l'ensemble. C'est à vous de tenir le compte global. Le dépassement du plafond est sanctionné par une amende civile, dont service-public.gouv.fr indique le plafond à 10 000 €, porté à 15 000 € par la loi Le Meur à une date fixée par décret selon l'ANIL (chapitre 30).

Exemple illustratif

Un loueur met sa résidence principale en location dans une commune qui a abaissé le plafond à 90 jours. Au cours de l'année, il loue 45 nuits par une première plateforme, 38 nuits par une seconde et 30 nuits à des clients en direct. Les chiffres sont illustratifs.

CanalNuits louéesBlocage automatique
Première plateforme45Non, son compteur reste sous 90
Seconde plateforme38Non, son compteur reste sous 90
Location directe30Aucun contrôle automatique
Total113Plafond dépassé de 23 nuits

Aucune plateforme n'a bloqué l'annonce, mais le loueur a dépassé le plafond communal de 23 nuits. Il s'expose à l'amende civile, même s'il a correctement déclaré sa résidence principale à chaque plateforme.

Transmettre des données aux communes

Depuis la loi ELAN, une commune qui a instauré l'enregistrement peut demander aux intermédiaires, une fois par an, le nombre de jours de location de chaque meublé situé sur son territoire. La direction générale des entreprises a mis en place une interface appelée API meublés, qui centralise les données d'activité transmises par les intermédiaires et permet à chaque commune ou EPCI (établissement public de coopération intercommunale) d'y accéder en un seul point. Ces données comprennent notamment le numéro d'enregistrement, l'adresse précise du meublé, le nombre de jours de location et l'adresse internet des annonces.

Une version de cette interface est ouverte aux communes qui ont instauré l'enregistrement. Une version suivante, prévue au quatrième trimestre 2026 avec le téléservice national, doit permettre à toutes les communes et à tous les EPCI compétents de s'y inscrire. La direction générale des entreprises cite à ce sujet le décret n° 2026-196, qui encadre le registre des numéros d'enregistrement tenu par les communes, ainsi qu'un avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) du 18 décembre 2025.

Retirer les annonces sur injonction

La loi Le Meur permet au maire de suspendre un numéro d'enregistrement et d'enjoindre aux plateformes de retirer ou de désactiver une annonce visée par un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité, selon l'ANIL (anil.org). Le loueur dont l'annonce est retirée pour ce motif doit d'abord régler la situation du logement avant de pouvoir le louer de nouveau (chapitre 116).

Collecter la taxe de séjour

Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes qui sont intermédiaires de paiement pour le compte de loueurs non professionnels collectent la taxe de séjour au réel et la reversent à la collectivité (service-public.gouv.fr). Elles déclarent pour chaque séjour notamment les dates, l'adresse, le nombre de personnes et de nuitées, le montant perçu et le numéro d'enregistrement, avec un reversement au plus tard le 30 juin et le 31 décembre, selon la question écrite n° 13144 publiée au Journal officiel du 24 février 2026.

Les manquements des plateformes à ces obligations exposent à une amende civile. Le Conseil constitutionnel a validé ce régime, qui prévoit une amende de 750 € à 2 500 € par manquement à l'obligation de collecte, par sa décision n° 2026-1214/1215 QPC (question prioritaire de constitutionnalité) du 31 juillet 2026, rendue sur des questions soulevées par des plateformes. Le détail du calcul, des exonérations et des obligations du loueur figure au chapitre 34.

Les obligations fiscales des plateformes

La directive DAC7

La directive (UE) 2021/514, dite DAC7, impose aux opérateurs de plateformes numériques de déclarer chaque année à l'administration fiscale les revenus perçus par leurs utilisateurs, notamment pour la location de biens immobiliers. Elle a été transposée en France aux articles 1649 ter A à 1649 ter E du Code général des impôts (CGI) par la loi de finances pour 2022. L'obligation s'applique depuis le 1er janvier 2023. La déclaration est due avant le 31 janvier de l'année qui suit. La plateforme doit communiquer à chaque utilisateur les informations déclarées le concernant dans le même délai.

La déclaration porte notamment sur l'identité du loueur, son adresse, son État de résidence, ses coordonnées bancaires lorsque le titulaire du compte n'est pas le loueur, le montant total versé par trimestre ainsi que les frais, commissions et taxes retenus par la plateforme, présentés séparément. Les autorités fiscales des États membres échangent ensuite ces informations entre elles. Les informations relatives aux plateformes et à la fiscalité des revenus de l'économie collaborative sont publiées sur le site impots.gouv.fr.

Les conséquences pour le loueur

Les données transmises permettent à l'administration de rapprocher vos recettes déclarées de celles que la plateforme lui a communiquées. Le relevé que la plateforme vous adresse en début d'année est un document utile, mais il ne remplace pas votre propre comptabilité. Il ne couvre que les réservations passées par cette plateforme et peut présenter les montants après déduction des commissions, alors que la recette à déclarer est en principe le montant payé par le voyageur pour la location.

Comparez chaque année le relevé de chaque plateforme avec vos propres enregistrements et faites corriger toute erreur auprès de la plateforme. Un écart non expliqué entre les données transmises et votre déclaration peut déclencher une demande de renseignements de l'administration (chapitre 139). Les règles de déclaration des recettes, au micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou au régime réel, sont présentées au chapitre 39.

L'information sur les obligations fiscales et sociales

Les plateformes doivent par ailleurs informer leurs utilisateurs des obligations fiscales et sociales attachées aux revenus qu'ils perçoivent par leur intermédiaire. Cette information, souvent présentée dans une rubrique d'aide ou lors de chaque paiement, reste générale. Elle ne tient pas compte de votre situation personnelle, du classement de votre logement ni des règles de votre commune.

Le règlement européen sur les locations de courte durée

Le règlement (UE) 2024/1028 du 11 avril 2024 relatif à la collecte et au partage des données concernant les services de location de logements de courte durée est entré en vigueur le 18 mai 2024 et s'applique depuis le 20 mai 2026. Il organise, dans les États membres qui ont mis en place une procédure d'enregistrement, la déclaration de chaque logement par l'hôte, la délivrance d'un numéro et la vérification des informations par les autorités. Il oblige les plateformes à transmettre régulièrement des données d'activité à un point d'entrée numérique unique désigné par chaque État membre.

Lors de l'enregistrement, l'hôte déclare notamment l'adresse exacte du logement, son type, son usage comme résidence principale ou secondaire, le nombre maximal de lits et d'occupants et, pour une personne physique, son nom, son identifiant, son adresse, son téléphone et son courriel. Les autorités peuvent vérifier ces informations après la délivrance du numéro et suspendre un numéro en cas de doute sérieux sur sa validité. La direction générale des entreprises indique que l'API meublés et le futur téléservice national tiennent compte des articles 7, 8 et 9 de ce règlement, consacrés aux obligations des plateformes.

La relation contractuelle avec la plateforme

Les conditions générales

En créant un compte, vous acceptez les conditions générales de la plateforme, qui forment un contrat d'adhésion. Elles fixent notamment le montant et le mode de calcul des commissions, les règles d'annulation proposées aux voyageurs, le calendrier des versements, les règles de publication des avis, les causes de suspension ou de fermeture du compte et le droit applicable. Lisez-les avant de publier puis conservez une copie datée de la version acceptée, car elles changent régulièrement.

Les commissions

Les plateformes se rémunèrent par une commission sur chaque réservation. Selon les plateformes et les options choisies, la commission est prélevée en tout ou partie sur le loueur, ou partagée entre le loueur et le voyageur. Les taux varient d'une plateforme à l'autre et dans le temps. Vérifiez-les dans vos conditions et sur chaque relevé de versement.

Un exemple illustratif, avec des taux fictifs choisis pour le calcul, montre l'effet du modèle retenu. Un séjour de cinq nuits à 100 €, avec 60 € de frais de ménage, représente 560 € de prix de base.

ModèleCe que paie le voyageurCommission du loueurVersé au loueur
Frais hôte560,00 €84,00 €476,00 €
Frais partagés638,40 €16,80 €543,20 €

Dans le modèle des frais hôte, une commission de 15 % est prélevée sur le seul loueur. Dans le modèle des frais partagés, la commission est de 3 % pour le loueur et de 14 % pour le voyageur, qui la paie en plus du prix de base.

Le prix payé par le voyageur et le montant qui vous est versé dépendent donc du modèle. Pour comparer deux plateformes, raisonnez sur le prix total affiché au client et sur le net encaissé plutôt que sur le seul taux de commission. La taxe de séjour collectée par la plateforme s'ajoute à ces montants et ne vous est pas versée.

Les versements

La plateforme encaisse le paiement du voyageur et vous reverse votre part selon le calendrier prévu par ses conditions, souvent après l'arrivée du voyageur. Elle agit alors comme intermédiaire de paiement. Les fonds conservés jusqu'au séjour ne sont pas encore à vous, ce qui compte en cas d'annulation, de litige ou de défaillance de la plateforme. Rapprochez chaque versement des réservations concernées, en particulier pour les séjours annulés ou modifiés.

Les conditions d'annulation et les garanties

Les plateformes proposent en général plusieurs politiques d'annulation, plus ou moins souples, entre lesquelles le loueur choisit. La politique retenue s'impose au voyageur qui réserve, mais la plateforme peut se réserver d'y déroger dans certains cas prévus par ses conditions, par exemple en cas de circonstances exceptionnelles. Lisez ces clauses, car elles déterminent ce que vous percevez en cas d'annulation tardive.

Certaines plateformes proposent aussi une garantie ou un programme de protection en cas de dégâts causés par les voyageurs. Il ne s'agit pas toujours d'un contrat d'assurance. Les plafonds, les exclusions et les délais de déclaration sont souvent stricts. Vérifiez qu'une assurance adaptée à la location saisonnière couvre le logement, indépendamment de ces programmes (chapitre 108).

La suspension ou la fermeture du compte

Le règlement (UE) 2019/1150, dit règlement « platform to business » ou P2B, applicable depuis le 12 juillet 2020, protège les entreprises utilisatrices des services d'intermédiation en ligne. La plateforme doit notifier toute modification de ses conditions générales sur un support durable au moins quinze jours à l'avance. Elle doit motiver toute restriction ou suspension de compte au plus tard au moment où elle prend effet. Elle doit notifier la résiliation de l'ensemble de ses services au moins trente jours à l'avance, sauf exceptions prévues par le règlement. Elle doit aussi décrire dans ses conditions les principaux paramètres de classement des annonces, offrir un système interne de traitement des plaintes et désigner au moins deux médiateurs, ces deux dernières obligations ne s'imposant pas aux plateformes qui sont de petites entreprises.

Le loueur qui agit à titre professionnel peut invoquer ces règles. Celui qui loue à titre purement occasionnel peut ne pas être regardé comme une entreprise utilisatrice. Le règlement (UE) 2022/2065 sur les services numériques, qui s'applique à tous les utilisateurs, oblige par ailleurs les plateformes à motiver leurs décisions de retrait de contenu ou de suspension et à mettre en place un système interne de réclamation.

Les avis des voyageurs

Les règles applicables aux avis

Le Code de la consommation, à l'article L. 111-7-2, impose à toute personne qui collecte, modère ou diffuse des avis de consommateurs de délivrer une information loyale, claire et transparente sur leurs modalités de publication et de traitement. Elle doit notamment indiquer si les avis font ou non l'objet d'un contrôle et, si oui, selon quelles caractéristiques. Les conditions générales de chaque plateforme précisent qui peut laisser un avis, dans quel délai et selon quelles règles de modération.

Publier de faux avis, en acheter ou en faire rédiger par des proches constitue une pratique commerciale trompeuse au sens du Code de la consommation. Le loueur qui s'y livre s'expose à des sanctions pénales et à la suppression de son compte. N'offrez pas non plus de contrepartie en échange d'un avis favorable.

Répondre à un avis négatif

Un avis négatif ne se supprime pas à la demande du loueur. La plupart des plateformes vous permettent d'y répondre publiquement. Répondez de façon factuelle et courtoise, sans divulguer d'information personnelle sur le voyageur, en exposant les faits et les mesures prises. Votre réponse s'adresse surtout aux futurs clients.

Si un avis contient des propos injurieux ou diffamatoires, des informations personnelles ou des allégations manifestement fausses, signalez-le à la plateforme selon sa procédure, en joignant vos preuves. Une action en justice reste possible, mais elle est rarement proportionnée à l'enjeu et suppose l'aide d'un avocat.

Les litiges

Les litiges avec un voyageur

Le contrat de location est conclu entre vous et le voyageur, même si la réservation passe par une plateforme. Le Code du tourisme et le Code civil s'appliquent à ce contrat. Le droit de la consommation s'y ajoute lorsque vous agissez à titre professionnel (chapitre 37). Les plateformes proposent en général un centre de résolution qui permet de demander un remboursement ou une indemnisation dans un délai court après le départ du voyageur. Respectez ce délai et documentez votre demande par des photographies datées, des devis et l'état des lieux.

Si la plateforme rejette votre demande, vous gardez la possibilité d'agir directement contre le voyageur. Cette action est souvent difficile lorsque le voyageur réside à l'étranger. Les voies de recours, la médiation de la consommation et les petites créances sont présentées aux chapitres 37 et 118.

Les litiges avec la plateforme

Un désaccord sur un versement, une commission, une suspension de compte ou un retrait d'annonce se traite d'abord par le service client puis par le système interne de réclamation de la plateforme. Formulez votre réclamation par écrit, en citant la clause des conditions générales en cause et en joignant vos preuves. Le loueur professionnel peut ensuite recourir à l'un des médiateurs désignés par la plateforme au titre du règlement P2B.

Les conditions générales des grandes plateformes désignent souvent un droit étranger et une juridiction étrangère. Ces clauses ne s'appliquent pas toujours, notamment face à un consommateur ou lorsque des règles impératives françaises sont en jeu. L'appréciation de leur validité relève d'un avocat, à consulter avant tout procès.

Les fraudes

Les comptes de loueurs sont une cible pour les fraudeurs, qui cherchent à détourner des versements ou à publier de fausses annonces avec vos photographies. Activez l'authentification renforcée sur chaque compte, ne communiquez jamais vos identifiants et refusez tout paiement proposé hors de la plateforme par un voyageur. Si une fausse annonce reprend votre logement, signalez-la immédiatement à la plateforme et déposez plainte (chapitre 117).

Les erreurs fréquentes

Les erreurs suivantes reviennent souvent chez les loueurs qui commercialisent par les plateformes.

  • Publier une annonce sans numéro d'enregistrement ou avec un numéro périmé après l'ouverture du téléservice national.
  • Déclarer le logement comme résidence principale alors qu'il n'est pas occupé au moins huit mois par an, pour échapper au changement d'usage.
  • Se fier au blocage automatique d'une plateforme alors que d'autres canaux de location s'ajoutent au compte des nuits.
  • Déclarer les recettes nettes de commission sans vérifier la règle applicable à son régime fiscal.
  • Croire que la plateforme a collecté la taxe de séjour pour tous les séjours, y compris ceux réservés en direct.
  • Ignorer le relevé annuel de la plateforme et laisser subsister un écart avec sa propre déclaration.
  • Accepter des paiements hors plateforme, ce qui fait perdre les garanties de la plateforme et expose à la fraude.
  • Répondre à un avis négatif de façon agressive ou en divulguant des informations sur le voyageur.

Liste de contrôle

Avant de publier et pendant toute la durée de la commercialisation, vérifiez les points suivants.

  1. Formalités préalables. Le meublé est déclaré ou enregistré, l'éventuelle autorisation de changement d'usage est obtenue et la copropriété permet la location.
  2. Numéro. Le numéro d'enregistrement figure sur chaque annonce et sera renouvelé sur le téléservice national dans le délai transitoire.
  3. Statut. La mention de particulier ou de professionnel correspond à votre situation réelle.
  4. Déclaration sur l'honneur. Les informations transmises à chaque plateforme sont exactes, en particulier le caractère de résidence principale ou secondaire.
  5. Plafond. Pour une résidence principale, le total des nuits louées par tous les canaux est suivi et reste sous le plafond de la commune.
  6. Taxe de séjour. Vous savez quelles plateformes collectent pour vous et la catégorie de classement est correctement paramétrée.
  7. Conditions générales. Les commissions, la politique d'annulation, le calendrier de versement et les règles de suspension sont connus et une copie datée est conservée.
  8. Assurance. Le logement est couvert par une assurance adaptée à la location saisonnière, indépendamment des garanties de la plateforme.
  9. Versements. Chaque versement est rapproché des réservations, des annulations et des commissions.
  10. Relevé annuel. Le relevé transmis par chaque plateforme avant le 31 janvier est comparé à votre comptabilité et les erreurs sont signalées.
  11. Avis. Les avis négatifs reçoivent une réponse factuelle et les avis illicites sont signalés selon la procédure de la plateforme.
  12. Sécurité. L'authentification renforcée est activée et aucun paiement n'est accepté hors plateforme.