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Locafis

Guide du bailleur, chapitre 36

Gérer une location saisonnière au quotidien

À jour au

Une location saisonnière se gère séjour après séjour. Entre deux voyageurs, il faut remettre les clés, nettoyer, changer le linge, contrôler l'état du logement, répondre aux messages et ajuster les prix. Ces tâches se répètent des dizaines de fois par an et conditionnent les avis, donc le remplissage des saisons suivantes.

Ce chapitre suit le déroulement d'un séjour, de la réservation au départ du voyageur, puis présente l'organisation d'ensemble de la saison. Les obligations déclaratives et le changement d'usage sont traités au chapitre 28, le contrat et les litiges au chapitre 37, la copropriété au chapitre 38 et la fiscalité au chapitre 39. Les règles citées valent pour le meublé de tourisme, c'est-à-dire un logement meublé loué à une clientèle de passage qui en a l'usage exclusif et n'y élit pas domicile.

Les fondamentaux à maîtriser avant la première réservation

Ce qu'est juridiquement un séjour

Un meublé de tourisme est loué à la journée, à la semaine ou au mois. Un même client ne peut pas totaliser plus de 90 jours consécutifs de location par année civile (service-public.gouv.fr). Au-delà, la location ne relève plus du tourisme et l'occupant risque de faire du logement sa résidence principale, ce qui le ferait entrer dans le champ protecteur de la loi du 6 juillet 1989.

Le voyageur occupe un logement que vous ne partagez pas avec lui pendant le séjour. Si vous restez sur place et fournissez le petit-déjeuner, l'activité relève en principe de la chambre d'hôtes (chapitre 32). Si vous louez une partie de votre propre logement, le chapitre 17 détaille les règles applicables.

L'équipement minimal

Le logement doit comporter au minimum les équipements suivants, selon service-public.gouv.fr (service-public.gouv.fr).

  • Une literie avec couette ou couverture, ainsi que des volets ou rideaux dans les chambres.
  • Des plaques de cuisson, un four ou un four à micro-ondes et un réfrigérateur.
  • Un congélateur ou un compartiment à congélation d'au moins moins 6 °C.
  • De la vaisselle en quantité suffisante pour les repas, des ustensiles de cuisine, une table, des sièges, des étagères de rangement et des luminaires.
  • Du matériel d'entretien adapté au logement, par exemple un aspirateur pour la moquette ou un balai et une serpillière pour le carrelage.

Les voyageurs comparent aussi les annonces sur la connexion internet, le linge fourni, le lave-linge ou le stationnement. L'équipement d'un meublé en général est présenté au chapitre 94.

Le numéro d'enregistrement et l'annonce

Chaque annonce doit porter le numéro d'enregistrement délivré par la mairie lorsque la commune l'exige, ainsi que la mention « annonce d'un particulier » ou « annonce d'un professionnel » (service-public.gouv.fr). Si vous confiez la diffusion à un intermédiaire, celui-ci doit vous informer des démarches préalables et vous faire signer une déclaration sur l'honneur avant de publier l'annonce. Les démarches d'enregistrement elles-mêmes sont détaillées au chapitre 28 et le rôle des plateformes au chapitre 35.

La réservation

Fixer et publier les conditions

Les conditions que vous annoncez au moment de la réservation fixent le cadre de toute la relation. Elles doivent couvrir au minimum le prix total, les éventuels frais de ménage, la taxe de séjour, le dépôt de garantie, les horaires d'arrivée et de départ, le nombre maximal d'occupants, la présence ou non d'animaux et les conditions d'annulation. Lorsque la réservation passe par une plateforme, une partie de ces conditions est imposée par les conditions générales de celle-ci. Vous les complétez par votre règlement intérieur.

Le loueur fixe librement le prix de la location et peut interdire les animaux dans le contrat (service-public.gouv.fr). Le contrat écrit, l'état descriptif, les arrhes et l'acompte sont traités en détail au chapitre 37.

Le règlement intérieur

Un règlement intérieur court, remis avec la confirmation de réservation puis affiché dans le logement, évite la plupart des malentendus. Il rappelle les règles de vie dans l'immeuble ou le voisinage, le tri des déchets, l'usage des équipements fragiles, l'interdiction de fumer si vous la retenez, les heures de calme et la conduite à tenir en cas de panne. En copropriété, il reprend les règles du règlement de copropriété qui concernent les occupants, comme l'usage des parties communes ou l'interdiction de stationner dans la cour (chapitre 38).

Un règlement intérieur n'a de valeur contractuelle que s'il a été porté à la connaissance du voyageur avant la réservation ou avec le contrat. Joignez-le au contrat ou faites-y référence dans l'annonce.

Les échanges avant l'arrivée

Trois messages suffisent généralement, à savoir la confirmation avec les conditions, les informations d'accès quelques jours avant l'arrivée, puis les codes éventuels la veille. Gardez ces échanges sur un support écrit et daté, car ils servent de preuve en cas de désaccord (chapitre 37).

L'accueil et la remise des clés

Accueil en personne ou arrivée autonome

L'accueil en personne permet de présenter le logement, de faire l'état des lieux contradictoire et de vérifier le nombre d'occupants. Il suppose une disponibilité aux heures d'arrivée, souvent tardives. L'arrivée autonome, au moyen d'une boîte à clés ou d'une serrure à code, libère le loueur mais prive l'état des lieux de son caractère contradictoire.

ModeAvantagesLimites
Accueil en personneÉtat des lieux signé, contrôle des occupants, présentation des équipementsDisponibilité, déplacements, horaires tardifs
Boîte à clésCoût faible, souplesse des horairesRisque de perte ou de copie des clés, installation à autoriser en copropriété
Serrure à codeCode changé à chaque séjour, pas de clé à perdreCoût d'achat, dépendance aux piles ou au réseau
Proche ou prestatairePrésence humaine sans déplacement du loueurCoût, qualité variable, mandat à formaliser

Une boîte à clés fixée sur un mur ou une grille des parties communes est une installation sur une partie commune. En copropriété, elle suppose en principe une autorisation de l'assemblée générale, accordée à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 pour les travaux d'un copropriétaire affectant les parties communes (chapitre 109). Renseignez-vous auprès du syndic avant toute installation. Interrogez aussi la mairie si l'équipement doit être fixé sur la voie publique.

La procédure d'arrivée pas à pas

  1. Vérifiez la veille que le ménage a été fait, que le linge est en place et que les équipements fonctionnent.
  2. Relevez les compteurs si votre contrat prévoit une refacturation des consommations.
  3. Transmettez au voyageur les instructions d'accès et, pour une arrivée autonome, un code ou une clé valable pour la durée du séjour seulement.
  4. Accueillez le voyageur ou contrôlez son arrivée par message.
  5. Faites ou faites faire l'état des lieux d'entrée et l'inventaire puis remettez-en un exemplaire au voyageur.
  6. Encaissez ou faites constater le dépôt de garantie s'il est prévu.
  7. Faites remplir la fiche de police si le voyageur est de nationalité étrangère.
  8. Encaissez la taxe de séjour si la plateforme ne la collecte pas.

La fiche de police

Le loueur doit faire remplir une fiche de police à tout client qui n'a pas la nationalité française. Cette fiche est conservée six mois et remise aux services de police ou de gendarmerie qui la demandent (service-public.gouv.fr). Les données qu'elle contient sont des données personnelles, à conserver de façon sécurisée et à détruire à l'expiration du délai.

La taxe de séjour

Lorsque la commune ou l'intercommunalité a institué la taxe de séjour, elle est due par le voyageur. Vous la collectez puis la reversez à la collectivité. Lorsque la plateforme encaisse le paiement pour votre compte, c'est elle qui collecte et reverse la taxe (service-public.gouv.fr). Vérifiez séjour par séjour qui collecte, afin de ne pas la percevoir deux fois ni oublier de la percevoir. Les tarifs, les exonérations et les déclarations sont présentés au chapitre 34.

L'état des lieux et le dépôt de garantie

Un état des lieux recommandé

L'état des lieux n'est pas obligatoire en location saisonnière, mais il est recommandé. Il doit être établi par écrit, en présence des deux parties et en deux exemplaires. Il est accompagné d'un inventaire détaillé. Il signale les éléments qui ne correspondent pas à la description du logement (service-public.gouv.fr).

L'état des lieux de sortie compte autant que celui d'entrée. Lorsqu'un état des lieux d'entrée a été dressé mais pas d'état des lieux de sortie, le client peut être tenu pour responsable des dégradations constatées après son départ, selon service-public.gouv.fr. En pratique, cette présomption joue contre le voyageur, mais elle ne dispense pas le loueur de prouver l'existence du dommage et son montant.

Une méthode adaptée aux séjours courts

Un état des lieux saisonnier doit être rapide pour rester réaliste. Une méthode efficace consiste à préparer une fois pour toutes un état des lieux de référence, pièce par pièce, illustré de photographies datées, puis à le faire confirmer ou annoter à chaque arrivée et à chaque départ. Les points sensibles sont toujours les mêmes, à savoir la literie, les canapés, les sols, la vaisselle, l'électroménager, les télécommandes et les extérieurs.

Lorsque l'arrivée est autonome, demandez au voyageur de signaler par écrit dans les premières heures tout défaut constaté, photographies à l'appui. Faites de même au départ, en passant dans le logement avant l'arrivée suivante. Ce contrôle unilatéral a une valeur probante plus faible qu'un état des lieux contradictoire, mais il vaut mieux qu'aucun constat. La méthode générale de l'état des lieux et le calcul de la vétusté sont détaillés au chapitre 103.

Le dépôt de garantie

Le loueur peut demander un dépôt de garantie à la signature du contrat. Il le restitue à la fin de la location dans les conditions prévues au contrat. Il peut en retenir les consommations d'eau, de chauffage et d'électricité si le contrat le prévoit, ainsi que le coût des réparations des dégradations causées par le client, hors vétusté et force majeure. Le client peut demander les justificatifs des sommes retenues. Si le dépôt ne suffit pas, le loueur peut réclamer un complément (service-public.gouv.fr).

Aucun plafond légal n'est fixé pour ce dépôt en meublé de tourisme, contrairement au bail d'habitation (chapitre 104). Un montant disproportionné décourage toutefois les réservations. Le contrat doit préciser le montant, la forme du dépôt, le délai de restitution et les retenues possibles (chapitre 37).

En pratique, trois formes coexistent. Le chèque non encaissé est de moins en moins accepté par les voyageurs. La préautorisation sur carte bancaire bloque une somme sans la débiter, pour une durée limitée fixée par la banque. Lorsque la réservation passe par une plateforme, certaines proposent leur propre dispositif d'indemnisation des dommages, dont les conditions et les délais de déclaration sont fixés par leurs conditions générales.

Le ménage et le linge

Organiser la rotation

Le ménage entre deux séjours est la tâche la plus contraignante. Il doit tenir dans le créneau qui sépare le départ d'un voyageur de l'arrivée du suivant, souvent entre 11 heures et 16 heures. Une liste de contrôle écrite, identique pour chaque passage, garantit une qualité constante, que le ménage soit fait par vous ou par un prestataire.

La liste de contrôle d'un ménage de rotation couvre en général les points suivants.

  • Aération, vidage des poubelles et tri des déchets.
  • Changement complet du linge de lit et de toilette.
  • Nettoyage de la cuisine, de l'électroménager, du réfrigérateur et de la vaisselle oubliée.
  • Nettoyage de la salle de bains, des sanitaires et des miroirs.
  • Dépoussiérage, aspiration et lavage des sols.
  • Contrôle des consommables de base, comme le papier toilette, le savon et les sacs poubelle.
  • Contrôle visuel des dégradations et photographies en cas d'anomalie.
  • Vérification du fonctionnement des équipements et des télécommandes.

Le linge

Vous pouvez fournir le linge et l'entretenir vous-même, ce qui suppose deux à trois jeux par lit, ou le louer à une blanchisserie qui le livre et le reprend à chaque séjour. Demander aux voyageurs d'apporter leurs draps réduit le travail mais pèse sur l'attractivité de l'annonce.

Ménage, linge et TVA

La fourniture du linge de maison et le nettoyage régulier des locaux font partie des quatre prestations dites para-hôtelières, avec le petit-déjeuner et l'accueil de la clientèle. Le loueur qui fournit au moins trois de ces quatre prestations peut relever de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) (chapitres 39 et 123). Le ménage fait entre deux séjours n'a pas la même portée qu'un nettoyage régulier pendant le séjour. Le Conseil d'État a d'ailleurs précisé en novembre 2025 les conditions dans lesquelles ces prestations sont réputées fournies (chapitre 121). Avant d'ajouter des services, faites examiner la question par un professionnel.

Le prestataire de ménage

Si vous faites appel à une personne pour le ménage, deux cadres sont possibles. Vous pouvez recourir à une entreprise ou à un travailleur indépendant qui vous facture ses prestations. Vous pouvez aussi employer directement une personne, avec les obligations d'un employeur. Dans tous les cas, ne rémunérez jamais une personne sans déclaration, car le travail dissimulé expose l'employeur à des sanctions pénales.

Pendant le séjour

Répondre aux demandes

Prévoyez un numéro joignable pendant tout le séjour et une liste d'intervenants de dépannage, à savoir un plombier, un électricien, un serrurier et une personne de confiance capable de se rendre sur place. Une panne non traitée pendant un séjour court se transforme vite en réclamation, voire en demande de remboursement.

Les règles de sécurité

Les obligations de sécurité d'un logement ordinaire s'appliquent au meublé de tourisme. Les principales sont résumées ci-dessous.

ÉquipementRèglePour aller plus loin
Détecteur de fuméeDans les logements saisonniers et les locations meublées, le propriétaire assume l'installation, l'entretien et le renouvellementservice-public.gouv.fr
Piscine enterrée non closeDispositif de sécurité normalisé obligatoireChapitre 26
Installation électrique et gazInstallation sûre, appareils entretenusChapitres 87 et 106
Garde-corps et escaliersEntretien et soliditéChapitre 88

Le détecteur de fumée doit porter le marquage CE accompagné de la référence à la norme NF EN 14604 (service-public.gouv.fr). Testez-le à chaque rotation, puisque l'entretien vous incombe. Affichez dans le logement les numéros d'urgence, l'adresse exacte et l'emplacement du compteur électrique et de la vanne d'eau.

Le voisinage

Les nuisances causées par les voyageurs sont la principale source de conflits avec les voisins. Le propriétaire est responsable du comportement et des troubles causés par son locataire, selon service-public.gouv.fr, qui renvoie à l'article 1253 du Code civil relatif au trouble anormal de voisinage (service-public.gouv.fr). Un nombre maximal d'occupants, l'interdiction des fêtes inscrite au règlement intérieur et un contact direct laissé aux voisins limitent ces risques. La procédure en cas de nuisances et la situation en copropriété sont détaillées aux chapitres 38 et 119.

Le départ du voyageur

La procédure de départ pas à pas

  1. Rappelez la veille l'heure de départ et les consignes de sortie, comme les poubelles, la vaisselle et les fenêtres.
  2. Faites l'état des lieux de sortie en présence du voyageur, ou contrôlez le logement le plus tôt possible après son départ.
  3. Photographiez toute dégradation et l'inventaire manquant.
  4. Relevez les compteurs si une refacturation est prévue.
  5. Récupérez les clés ou désactivez le code d'accès.
  6. Restituez le dépôt de garantie dans le délai prévu, ou adressez le détail des retenues avec les justificatifs.
  7. Laissez un avis sur le voyageur si la plateforme le permet.

Le voyageur qui ne part pas

Un client qui reste dans le logement après la fin du contrat sans autorisation est un occupant sans droit ni titre. Il est interdit de le contraindre soi-même à partir. Deux voies existent, la procédure accélérée auprès du préfet et la procédure devant le juge. La trêve hivernale ne s'applique pas (service-public.gouv.fr). Ces procédures sont détaillées aux chapitres 37 et 117.

Gérer les avis

Pourquoi les avis comptent

Sur les plateformes, la note et le contenu des avis influencent le classement de l'annonce et la décision des voyageurs. Quelques avis négatifs sur la propreté ou l'exactitude de l'annonce suffisent à faire baisser le taux de réservation.

Répondre à un avis négatif

Une réponse publique à un avis négatif s'adresse surtout aux futurs clients. Elle reste courtoise et factuelle, reconnaît ce qui doit l'être et indique la mesure prise. Elle ne divulgue aucune information personnelle sur le voyageur. Lorsqu'un avis est injurieux ou manifestement faux, signalez-le à la plateforme selon la procédure prévue par ses conditions générales.

SituationRéponse adaptée
Critique fondéeRemerciement, reconnaissance du problème, correction effectuée
Critique exagéréeRappel factuel et mesuré de ce qui était prévu dans l'annonce
Avis injurieux ou sans lien avec le séjourSignalement à la plateforme, réponse brève ou absence de réponse
Avis de représailles après une retenueExposé factuel de la retenue sans détail personnel, signalement si les règles de la plateforme sont enfreintes

Les pratiques interdites

Publier ou faire publier de faux avis, ou déformer des avis à des fins commerciales, constitue une pratique commerciale trompeuse en toutes circonstances. Une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 1er août 2023 rappelle que ces pratiques sont passibles de deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 300 000 €, qui peut être portée à 10 % du chiffre d'affaires annuel. Solliciter un avis favorable en échange d'une remise ou d'un cadeau risque d'être regardé comme une déformation des avis. Mieux vaut inviter tous les voyageurs à laisser un avis, sans condition ni contrepartie.

La tarification saisonnière

Les principes

Le prix se fixe librement. Il varie selon la saison, le jour de la semaine, les événements locaux et le délai avant l'arrivée. Une tarification efficace combine quatre leviers, à savoir le prix par nuit, la durée minimale de séjour, les frais de ménage et les remises pour longs séjours.

LevierEffet recherchéPoint de vigilance
Prix par nuit selon la saisonSuivre la demandeComparer avec des annonces réellement équivalentes
Durée minimale de séjourRéduire le nombre de rotationsPeut laisser des nuits isolées invendues
Frais de ménageCouvrir le coût de rotationUn montant élevé pénalise les séjours courts
Remise à la semaine ou au moisRemplir la basse saisonNe pas dépasser 90 jours consécutifs pour un même client

Exemple chiffré illustratif

Les chiffres qui suivent sont illustratifs et ne constituent pas une estimation de marché. Un deux-pièces non classé est loué sur toute l'année. Le loueur distingue trois saisons, applique une durée moyenne de séjour de trois nuits, facture 40 € de frais de ménage par séjour et paie 60 € par rotation pour le ménage et le linge. La plateforme prélève une commission supposée égale à 15 % des recettes.

SaisonJoursTaux d'occupationNuits louéesPrix par nuitRecettes
Haute6185 %5295 €4 940 €
Moyenne12260 %7375 €5 475 €
Basse18235 %6455 €3 520 €
Total36552 % environ18913 935 €

Les 189 nuits correspondent à 63 séjours de trois nuits. Les frais de ménage facturés rapportent 2 520 € et les rotations coûtent 3 780 €. Les recettes totales atteignent 16 455 €, la commission 2 468,25 € et le solde avant charges fixes, impôts et amortissements 10 206,75 €. Le ménage facturé ne couvre donc pas son coût réel, ce qui est fréquent et doit être intégré au prix des nuits.

Cet exemple montre aussi un enjeu fiscal. Avec 16 455 € de recettes, le logement non classé dépasse le seuil de 15 000 € du micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) applicable depuis les revenus 2025 aux meublés de tourisme non classés, alors qu'un meublé classé resterait dans ce régime (chapitres 33 et 39). Une hausse de prix en basse saison n'améliore pas toujours le résultat. Si le prix passait de 55 € à 60 € et que le taux d'occupation tombait de 35 % à 30 %, les recettes de basse saison passeraient de 3 520 € à 3 300 €.

Le calendrier de réservation

Un calendrier unique, à jour en permanence, est indispensable dès que le logement est proposé sur plusieurs canaux. Une double réservation oblige à annuler l'un des séjours, avec les conséquences financières prévues par le contrat, comme la restitution du double des arrhes (chapitre 37). Bloquez aussi dans le calendrier les périodes d'occupation personnelle, de travaux et de grand ménage.

Si le logement est votre résidence principale, le calendrier sert aussi à respecter le plafond annuel de 120 jours, que la commune peut abaisser jusqu'à 90 jours (chapitre 30). Les plateformes bloquent les réservations au-delà du plafond déclaré, mais ce blocage ne vaut que pour leur propre canal. Si vous louez aussi en direct ou sur plusieurs plateformes, le décompte total vous incombe.

La conciergerie et la délégation

Déléguer tout ou partie de la gestion est fréquent dès que le loueur habite loin du logement ou gère plusieurs biens. Les prestations proposées vont de la simple remise des clés à la gestion complète, avec annonce, tarification, encaissement, ménage et linge. Le mode de rémunération le plus courant est un pourcentage des recettes, auquel s'ajoutent parfois les frais de ménage.

L'entremise dans la location saisonnière fait partie des transactions immobilières qui exigent une carte professionnelle portant la mention de l'activité exercée (entreprendre.service-public.gouv.fr). Lorsque le prestataire recherche des clients, négocie ou encaisse des fonds pour votre compte, vérifiez qu'il détient cette carte et demandez un mandat écrit. Un prestataire limité à l'accueil et au ménage, sans entremise ni maniement de fonds, relève d'un simple contrat de prestation de services. Le choix entre gestion directe et délégation est traité au chapitre 143.

Avant de signer, comparez au moins les points suivants.

  • L'étendue exacte des prestations et ce qui reste à votre charge.
  • La rémunération, son assiette et les frais annexes.
  • Le délai de reversement des recettes et la fréquence des comptes rendus.
  • La responsabilité du prestataire en cas de dommage ou de séjour annulé.
  • La durée du contrat et les conditions de résiliation.
  • La collecte de la taxe de séjour et la tenue du décompte des nuitées.

L'assurance

Aucune obligation légale d'assurance ne s'impose en location saisonnière, mais une assurance est vivement recommandée au loueur comme au client (service-public.gouv.fr). Le contrat habitation classique d'un propriétaire ne couvre pas toujours la location à des voyageurs. Déclarez l'activité à votre assureur et vérifiez par écrit que le contrat couvre la responsabilité civile du loueur, les dommages causés par les voyageurs, le vol, ainsi que la perte de revenus en cas de sinistre rendant le logement inhabitable.

Côté voyageur, beaucoup de contrats d'assurance habitation incluent une garantie villégiature, mais ce n'est pas systématique. Vous pouvez demander au voyageur une attestation, sans pouvoir l'imposer si le contrat ne le prévoit pas. Les garanties proposées par certaines plateformes ne remplacent pas votre propre assurance, car leurs conditions et leurs exclusions sont fixées par elles. La gestion des sinistres en général est présentée au chapitre 108.

Les erreurs fréquentes

ErreurConséquencePrévention
Annonce sans numéro d'enregistrementRetrait de l'annonce, amendeVérifier le numéro sur chaque canal
Aucun état des lieuxImpossibilité de prouver une dégradationConstat photographique daté à chaque rotation
Calendriers non synchronisésDouble réservation et indemnisation du voyageurCalendrier unique pour tous les canaux
Retenue forfaitaire sur le dépôtContestation et mauvais avisRetenir uniquement sur justificatif
Avis sollicités contre une remiseRisque de pratique commerciale trompeuseNe jamais conditionner un avantage à un avis
Taxe de séjour oubliéeRégularisation demandée par la collectivitéVérifier pour chaque séjour qui la collecte
Assurance non adaptéeSinistre non indemniséDéclarer l'activité à l'assureur

Liste de contrôle

  • Le logement est déclaré en mairie et le numéro d'enregistrement figure sur chaque annonce.
  • L'équipement minimal du meublé de tourisme est présent et en état.
  • Le détecteur de fumée est installé, conforme et testé à chaque rotation.
  • L'assurance couvre explicitement la location saisonnière.
  • Le règlement de copropriété autorise l'activité et le syndic a été informé (chapitre 38).
  • Les conditions de réservation, d'annulation et de dépôt de garantie sont écrites et communiquées.
  • Un règlement intérieur est remis avec le contrat et affiché dans le logement.
  • Un état des lieux de référence avec photographies datées est prêt.
  • La procédure d'arrivée et la procédure de départ sont écrites.
  • La fiche de police est prévue pour les voyageurs étrangers.
  • La collecte de la taxe de séjour est vérifiée pour chaque séjour.
  • La liste de contrôle du ménage est utilisée à chaque rotation.
  • Les intervenants de dépannage sont identifiés et joignables.
  • Le calendrier est unique et à jour sur tous les canaux.
  • Le nombre de nuits est suivi si le logement est votre résidence principale.
  • Le coût réel d'une rotation est intégré au prix.
  • La carte professionnelle et le mandat de la conciergerie sont vérifiés en cas de délégation.
  • Les réponses aux avis restent factuelles et aucun avis n'est sollicité contre un avantage.