Un locataire bruyant, un chien qui aboie toute la journée, des fêtes répétées ou des odeurs dans la cage d'escalier suffisent à dégrader durablement les relations dans un immeuble ou un quartier. Le bailleur se trouve alors pris entre deux obligations. Il doit assurer à son locataire une jouissance paisible du logement, mais il doit aussi faire cesser les troubles que ce même locataire cause aux voisins, sous peine d'engager sa propre responsabilité.
Ce chapitre présente les règles applicables, la façon de recevoir et de traiter une plainte, les preuves utiles, les sanctions encourues par l'auteur des troubles et les voies qui permettent, en dernier recours, de mettre fin au bail. Il traite aussi la situation inverse, celle du locataire qui subit lui-même des nuisances, ainsi que les cas des animaux et de la copropriété. Le chapitre 105 en donne une première approche dans le cadre de la vie du bail.
Les règles en jeu
Plusieurs textes s'appliquent en même temps. Ils n'ont ni le même objet ni les mêmes sanctions, ce qui explique que plusieurs procédures puissent être menées en parallèle.
| Règle | Fondement | Ce qu'elle impose |
|---|---|---|
| Usage paisible | Article 7 b de la loi du 6 juillet 1989, article 1728 du Code civil | Le locataire use paisiblement des locaux loués suivant leur destination |
| Jouissance paisible | Article 1719 du Code civil | Le bailleur fait jouir paisiblement le locataire du logement pendant le bail |
| Action du bailleur | Article 6-1 de la loi du 6 juillet 1989 | Le bailleur utilise les droits dont il dispose pour faire cesser les troubles causés par son locataire |
| Trouble anormal | Article 1253 du Code civil | Celui qui est à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux du voisinage répond du dommage |
| Résiliation | Article 1729 du Code civil, article 4 g de la loi du 6 juillet 1989 | Le bail peut être résilié lorsque le locataire n'use pas raisonnablement du logement |
| Bruit | Article R. 1336-5 du Code de la santé publique, article R. 623-2 du Code pénal | Aucun bruit ne doit porter atteinte à la tranquillité du voisinage, le tapage est puni d'une amende |
Ces fondements sont cités par service-public.gouv.fr et service-public.gouv.fr. Un même fait peut ainsi justifier une amende pénale, une action en dommages et intérêts et une action en résiliation du bail.
Ce qu'est un trouble anormal
Tout désagrément n'est pas un trouble au sens juridique. Le bruit ou la nuisance doit dépasser les inconvénients ordinaires de la vie en collectivité. Les bruits de la vie courante, comme des pas, une conversation ou un appareil ménager utilisé à des heures normales, ne suffisent pas (service-public.gouv.fr).
Trois critères permettent d'apprécier l'anormalité. Il s'agit de l'intensité de la nuisance, de sa durée et de sa répétition, une gêne récurrente étant plus souvent retenue qu'un fait ponctuel. Le troisième critère est le contexte local, qui n'est pas le même en centre-ville, dans un lotissement ou en zone rurale (service-public.gouv.fr).
Un trouble peut être constitué de jour comme de nuit. Il n'existe pas, au niveau national, de plage horaire pendant laquelle le bruit serait toujours permis ou toujours interdit, sauf le tapage nocturne entre 22 heures et 7 heures. Les maires peuvent toutefois fixer par arrêté des horaires pour certaines activités, comme l'usage d'une tondeuse ou d'une perceuse (service-public.gouv.fr).
| Source | Exemples |
|---|---|
| Personnes | Cris, fêtes répétées, disputes, allées et venues nocturnes |
| Objets | Musique, téléviseur, instrument, outils de bricolage ou de jardinage, pompe à chaleur |
| Animaux | Aboiements prolongés, cris, odeurs, déjections |
| Comportements | Encombrement des parties communes, dépôts de déchets, odeurs, fumées |
Les obligations du locataire
Le locataire doit user paisiblement des locaux loués, c'est-à-dire respecter la destination du logement et la tranquillité du voisinage. Il répond aussi des troubles causés par les personnes qu'il héberge, même majeures, ainsi que par ses animaux (service-public.gouv.fr).
Cette obligation est une obligation du bail. Son non-respect constitue un manquement contractuel, qui peut justifier une mise en demeure, une action en résiliation ou un congé pour motif légitime et sérieux à l'échéance. Il peut aussi engager la responsabilité du locataire envers les voisins, qui peuvent agir directement contre lui.
La responsabilité du bailleur du fait de son locataire
Le propriétaire est responsable des troubles causés par son locataire et doit prendre les dispositions nécessaires pour les faire cesser (service-public.gouv.fr). Sa responsabilité peut être recherchée lorsque les troubles excèdent les inconvénients normaux du voisinage et qu'il n'agit pas pour les faire cesser dès qu'il en a connaissance (service-public.gouv.fr).
L'article 6-1 de la loi du 6 juillet 1989 l'oblige, après une mise en demeure dûment motivée, à utiliser les droits dont il dispose pour faire cesser les troubles causés aux tiers par les occupants (chapitre 105). En pratique, le voisin informe le bailleur par lettre recommandée et lui demande d'agir. S'il ne connaît pas le propriétaire, il peut passer par le syndic. Si le bailleur reste inactif, le voisin peut saisir le tribunal du lieu de l'immeuble pour engager sa responsabilité et demander des dommages et intérêts (service-public.gouv.fr).
| Situation | Risque pour le bailleur |
|---|---|
| Plainte reçue, aucune réaction | Responsabilité engagée envers le voisin, dommages et intérêts |
| Plainte transmise oralement au locataire | Preuve difficile de vos diligences |
| Mise en demeure écrite et motivée, suivie d'une action si les troubles persistent | Diligences démontrées |
| Trouble causé par un équipement du logement, comme une pompe à chaleur | Responsabilité directe, au titre du trouble anormal |
Recevoir une plainte pas à pas
- Accuser réception de la plainte par écrit, en demandant au voisin de préciser la nature des troubles, leurs dates, leurs horaires et les éléments dont il dispose.
- Entendre le locataire. Prenez contact avec lui, exposez les faits reprochés et recueillez sa version. Certaines plaintes reposent sur un malentendu ou visent un autre logement.
- Vérifier l'origine du bruit. Un bruit d'impact peut venir d'un défaut d'isolation, d'un équipement défectueux ou d'un autre logement. Si la cause tient au bâtiment, la réponse relève de vos travaux, non du comportement du locataire.
- Adresser un rappel écrit au locataire, qui reprend l'obligation d'usage paisible et les faits signalés.
- Mettre le locataire en demeure par lettre recommandée avec avis de réception ou par acte de commissaire de justice si les troubles continuent. Décrivez les faits, leurs dates et les pièces qui les établissent. Indiquez aussi les suites envisagées.
- Informer le voisin des démarches accomplies, sans lui transmettre de données personnelles sur le locataire au-delà du nécessaire.
- Proposer une solution amiable, par exemple une rencontre ou le recours à un conciliateur de justice.
- Réunir les preuves en vue d'une action en justice si rien ne change, puis engager la procédure adaptée, résiliation ou congé.
Prouver les troubles
La preuve est le point faible de la plupart des dossiers. Des plaintes vagues ou anonymes ne suffisent pas à convaincre un juge. Les éléments suivants sont admis et se complètent (service-public.gouv.fr).
- Les courriers échangés entre voisins, avec le syndic et avec le bailleur.
- Le procès-verbal de constat d'un commissaire de justice, qui peut comporter des mesures sonores, des photographies ou des enregistrements.
- Les constatations de la police ou de la gendarmerie et les éventuels procès-verbaux d'infraction.
- Le récépissé d'une plainte ou d'une main courante.
- Les témoignages et les pétitions de plusieurs voisins.
- Un certificat médical attestant les conséquences des nuisances.
Les preuves doivent être recueillies de façon loyale. Filmer un voisin à son insu dans son domicile n'est pas admis (service-public.gouv.fr). Le bailleur n'a pas à se rendre lui-même chez le locataire pour constater les faits. Il s'appuie sur les éléments réunis par les voisins et, si nécessaire, sur un constat de commissaire de justice.
Les attestations écrites de voisins sont plus utiles lorsqu'elles décrivent des faits précis, datés et constatés personnellement par leur auteur. Demandez qu'elles soient accompagnées d'une copie de la pièce d'identité du témoin. Plusieurs attestations concordantes émanant de voisins différents ont plus de poids qu'une seule plainte répétée.
Les sanctions de l'auteur des troubles
Les sanctions pénales
Les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité d'autrui sont punis d'une amende pouvant atteindre 450 €, avec confiscation possible du matériel ayant servi à commettre l'infraction. En cas d'amende forfaitaire, le montant est de 68 € s'il est réglé immédiatement ou dans les quarante-cinq jours, puis de 180 € au-delà, selon la fiche vérifiée le 24 octobre 2025 (service-public.gouv.fr).
Ces sanctions sont prononcées contre l'auteur du bruit, pas contre le bailleur. Elles n'interrompent pas le bail mais constituent des preuves utiles. À l'inverse, celui qui dénonce mensongèrement des faits à la police ou à la gendarmerie s'expose à des poursuites pour dénonciation calomnieuse, punie de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende (service-public.gouv.fr).
Le rôle du maire et des forces de l'ordre
Le maire dispose de pouvoirs de police pour assurer la tranquillité publique. Il peut fixer par arrêté des horaires pour les bruits de bricolage et de jardinage et doit être informé du non-respect des arrêtés municipaux ou préfectoraux. La police ou la gendarmerie peuvent constater le bruit et verbaliser l'auteur (service-public.gouv.fr).
Chaque département dispose en outre d'un règlement sanitaire départemental, arrêté par le préfet, qui fixe des règles d'hygiène applicables aux habitations et à leurs abords. Il peut viser par exemple l'entretien des logements, l'évacuation des déchets ou la détention d'animaux. La mairie, souvent par son service d'hygiène, en contrôle l'application et peut intervenir en cas d'odeurs ou d'insalubrité causées par un occupant.
La tentative de règlement amiable
Avant de saisir le juge pour un trouble anormal de voisinage, une tentative de règlement amiable est en principe obligatoire. Elle peut prendre la forme d'une conciliation, gratuite, d'une médiation, payante, ou d'une procédure participative avec avocats (service-public.gouv.fr). Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole, qui se saisit directement par les parties (service-public.gouv.fr).
Cette obligation connaît des exceptions, notamment lorsqu'aucun conciliateur n'est disponible dans un délai raisonnable (service-public.gouv.fr). Même lorsqu'elle n'est pas exigée, une conciliation aboutit souvent à des engagements précis, comme des horaires ou un tapis acoustique, consignés dans un constat d'accord. Les modes amiables sont détaillés au chapitre 118.
Mettre fin au bail
La résiliation avec clause résolutoire
Le bail peut contenir une clause résolutoire visant le manquement du locataire à son obligation d'user paisiblement des lieux, résultant de troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée (article 4 g de la loi du 6 juillet 1989). Si les démarches amiables échouent, le bailleur saisit le juge pour faire constater la résiliation et ordonner l'expulsion (service-public.gouv.fr).
Cette clause suppose donc une décision de justice préalable constatant les troubles. Elle est utile lorsque le locataire a déjà été condamné, par exemple à la suite d'une action engagée par un voisin. Vérifiez sa rédaction dans votre bail avec un professionnel avant de l'invoquer.
La résiliation judiciaire
Sans clause, ou lorsque ses conditions ne sont pas réunies, le bailleur demande au juge de prononcer la résiliation du bail et l'expulsion. Il doit prouver le manquement du locataire et le juge apprécie souverainement si la faute est suffisamment grave (service-public.gouv.fr). Le juge compétent est le juge des contentieux de la protection du lieu de l'immeuble et la représentation par un avocat est recommandée (service-public.gouv.fr).
La gravité s'apprécie au vu de la durée des troubles, de leur répétition après mise en demeure, du nombre de voisins concernés et des éventuelles condamnations pénales. Un dossier qui montre des troubles persistants malgré plusieurs rappels écrits et un constat a plus de chances d'aboutir. Une fois la résiliation prononcée, l'exécution suit les étapes du chapitre 113.
Le congé pour motif légitime et sérieux
À l'échéance du bail, le bailleur peut aussi délivrer un congé pour motif légitime et sérieux, au moins six mois avant le terme en location vide (service-public.gouv.fr) et trois mois avant en location meublée. Le congé doit décrire les troubles et le bailleur doit pouvoir les prouver en cas de contestation. La forme et le contrôle du congé sont détaillés au chapitre 115.
| Voie | Délai d'effet | Condition principale |
|---|---|---|
| Clause résolutoire | Après décision du juge | Troubles déjà constatés par une décision passée en force de chose jugée |
| Résiliation judiciaire | Après décision du juge | Manquement suffisamment grave prouvé |
| Congé pour motif légitime | À l'échéance du bail | Préavis respecté et motif prouvé |
Lorsque votre locataire subit des nuisances
La situation inverse est fréquente. Le bailleur n'est en principe pas tenu de garantir le locataire contre les troubles que des tiers apportent par voies de fait à sa jouissance, le locataire pouvant les poursuivre en son nom personnel (article 1725 du Code civil, chapitre 105). Le locataire gêné par un voisin peut donc engager lui-même les démarches décrites plus haut.
Il en va autrement lorsque la nuisance tient au logement ou à l'immeuble. Un équipement bruyant, un défaut d'isolation ou une installation défectueuse relèvent de l'obligation du bailleur d'assurer une jouissance paisible et de délivrer un logement en bon état (chapitres 88 et 106). Si l'auteur des troubles est un autre de vos locataires, vous disposez contre lui des droits décrits dans ce chapitre et vous avez intérêt à les exercer rapidement.
En copropriété, transmettez au syndic les signalements de votre locataire qui concernent un autre lot ou les parties communes. Le syndic veille au respect du règlement de copropriété (service-public.gouv.fr).
Les nuisances qui viennent du logement lui-même
Une partie des plaintes ne tient pas au comportement du locataire mais au logement. Un parquet posé sans sous-couche acoustique, une ventilation bruyante, une pompe à chaleur ou un climatiseur mal implanté, une canalisation qui résonne ou une porte palière qui claque peuvent gêner les voisins alors que l'occupant vit normalement. Dans ce cas, mettre en demeure le locataire ne règle rien et peut même fragiliser votre position.
Lorsque l'équipement en cause vous appartient, c'est vous qui êtes à l'origine du trouble au sens de l'article 1253 du Code civil. Faites intervenir un professionnel pour identifier la source et la traiter, par exemple par des plots antivibratiles, un déplacement de l'unité extérieure ou un réglage. Vérifiez aussi que l'installation respecte les règles d'urbanisme et le règlement de copropriété, qui peut soumettre l'implantation d'un équipement en façade ou en toiture à une autorisation de l'assemblée générale (chapitre 109).
En copropriété, le remplacement d'un revêtement de sol par un matériau plus sonore est une source fréquente de litiges. Avant des travaux dans le logement, lisez les clauses du règlement relatives aux revêtements et à l'isolation phonique et choisissez des matériaux adaptés (chapitre 93). Si le locataire a lui-même modifié les sols ou installé un équipement sans votre accord, la question relève des transformations soumises à autorisation écrite (chapitre 105).
Les nuisances liées aux locations de courte durée
Les rotations fréquentes de voyageurs multiplient les risques de bruit, d'arrivées tardives et de mauvais usage des parties communes. Le loueur répond des troubles causés par ses occupants comme tout bailleur, mais il dispose d'outils propres à ce type de location, comme le règlement intérieur remis aux voyageurs, un nombre maximal d'occupants et une réaction rapide pendant le séjour. Ces mesures sont détaillées aux chapitres 36 et 38.
Les animaux
Le locataire d'un logement loué à titre de résidence principale peut détenir un ou plusieurs animaux familiers, à condition de respecter la tranquillité du voisinage. Le bail peut seulement interdire la détention d'un chien de première catégorie, dit chien d'attaque (article 10 de la loi n° 70-598 du 9 juillet 1970). Le contrat d'un meublé de tourisme peut en revanche interdire tout animal (service-public.gouv.fr).
Le locataire est responsable des dégâts et des troubles anormaux de voisinage causés par ses animaux (service-public.gouv.fr). Les aboiements répétés, les cris ou les odeurs relèvent donc des mêmes démarches que les autres nuisances. Le propriétaire d'un animal répond de ses bruits comme de ceux de ses enfants ou de ses appareils (service-public.gouv.fr).
Un nombre excessif d'animaux dans un logement peut aussi poser une question d'hygiène, relevant du règlement sanitaire départemental, ainsi qu'une question de dégradations, réglée à la sortie sur le dépôt de garantie (chapitre 104). Dans les cas graves, comme l'accumulation d'animaux ou de déchets, saisissez le service d'hygiène de la mairie.
La copropriété
En copropriété, le règlement peut interdire tout bruit troublant la tranquillité de l'immeuble et fixer des règles d'usage des parties communes (service-public.gouv.fr). Le bail doit être accompagné des extraits de ce règlement relatifs à la destination de l'immeuble et à la jouissance et à l'usage des parties privatives et communes (chapitre 102). Leur communication rend ces règles opposables au locataire.
Le copropriétaire bailleur répond envers le syndicat des manquements des occupants de son lot au règlement. Le syndic peut lui transmettre les plaintes et le mettre en demeure d'agir. Le syndicat peut en outre agir en justice pour faire cesser une infraction au règlement (chapitre 38).
Un voisin copropriétaire peut aussi agir lui-même en résiliation du bail lorsque le bailleur reste inactif. Cette action dite oblique, fondée sur l'article 1341-1 du Code civil, l'oblige à prouver la violation du règlement de copropriété, la carence du bailleur et son propre préjudice (service-public.gouv.fr).
| Acteur | Ce qu'il peut faire |
|---|---|
| Voisin | Mettre en demeure l'auteur et le bailleur, faire constater, saisir le juge |
| Syndic | Rappeler le règlement, alerter le copropriétaire bailleur |
| Syndicat | Agir en justice pour faire cesser une infraction au règlement |
| Bailleur | Mettre en demeure le locataire, agir en résiliation, donner congé |
| Maire | Faire respecter les arrêtés et le règlement sanitaire départemental |
Un exemple de calendrier
Exemple illustratif, construit sur des dates hypothétiques. Un bail vide a pris effet le 1er septembre 2024, pour trois ans, avec une échéance au 31 août 2027. Le 12 janvier 2027, le bailleur reçoit du syndic une lettre signalant des fêtes nocturnes répétées depuis l'automne.
| Date | Étape |
|---|---|
| 14 janvier 2027 | Accusé de réception au syndic, demande de précisions et d'attestations |
| 18 janvier 2027 | Entretien téléphonique avec le locataire puis rappel écrit |
| 3 février 2027 | Nouvelle plainte de deux voisins avec attestations datées |
| 5 février 2027 | Mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception |
| 20 février 2027 | Congé pour motif légitime et sérieux signifié par commissaire de justice |
| 28 février 2027 | Date limite de réception du congé pour l'échéance du 31 août 2027 |
| 31 août 2027 | Fin du bail si le congé n'est pas contesté ou s'il est validé |
Dans cet exemple, le bailleur dispose de six semaines entre la première plainte et la date limite du congé. Sans congé reçu au 28 février 2027, le bail serait reconduit jusqu'au 31 août 2030 et seule la résiliation judiciaire resterait possible avant cette date. Si un voisin obtient une amende forfaitaire pour tapage nocturne, le contrevenant paie 68 € dans les quarante-cinq jours ou 180 € au-delà, soit 112 € de plus en cas de retard.
Les erreurs fréquentes
- Ignorer une plainte ou se contenter d'en informer le locataire par téléphone.
- Prendre parti sans avoir entendu le locataire ni vérifié l'origine réelle des nuisances.
- Pénétrer dans le logement pour constater les troubles sans l'accord du locataire.
- Délivrer un congé pour motif légitime sans preuves écrites et datées.
- Oublier la tentative de règlement amiable avant de saisir le juge.
- Insérer dans le bail une interdiction générale des animaux, sans effet pour une résidence principale.
- Omettre d'annexer au bail les extraits du règlement de copropriété.
- Laisser passer l'échéance du bail alors que les troubles étaient connus.
Liste de contrôle
- Plainte reçue enregistrée et accusé de réception envoyé.
- Version du locataire recueillie et origine des nuisances vérifiée.
- Rappel écrit puis mise en demeure motivée adressés au locataire.
- Preuves réunies, comme les attestations, le constat, les plaintes et les courriers du syndic.
- Voisin et syndic informés des démarches accomplies.
- Tentative de règlement amiable engagée ou motif d'exception identifié.
- Clause résolutoire du bail relue et ses conditions vérifiées.
- Date d'échéance du bail et date limite du congé calculées.
- Action en résiliation ou congé engagés selon le calendrier.
- Extraits du règlement de copropriété annexés aux baux en cours et futurs.
- Équipements et isolation du logement vérifiés lorsque la nuisance peut venir du bâtiment.