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Guide des stratégies immobilières, chapitre 32

Nantissement, assurance vie et crédit lombard

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Un investisseur qui détient une épargne financière importante se pose une question simple avant chaque acquisition. Faut-il retirer cette épargne pour constituer l'apport, ou la laisser investie et la donner en garantie à la banque ? La première solution réduit le crédit et ses intérêts. La seconde conserve le placement, son antériorité fiscale et son potentiel de rendement, mais elle augmente la dette et lie deux risques, celui de l'immeuble et celui des marchés financiers.

Ce chapitre compare ces solutions sur un plan stratégique. Il présente le nantissement d'un contrat d'assurance vie en garantie d'un prêt amortissable, le crédit in fine adossé à un contrat, le crédit lombard garanti par un portefeuille de titres et l'avance sur contrat. Il les chiffre sur quinze ans avec un rendement de l'épargne posé en hypothèse explicite, puis mesure les risques d'une baisse de valeur de la garantie et des appels de marge. La mécanique bancaire du crédit in fine figure dans le Guide du bailleur professionnel, Le crédit amortissable et le crédit in fine. Les règles et données sont celles en vigueur au 26 octobre 2026.

Les façons de mobiliser une épargne financière

Cinq solutions qui ne portent pas le même risque

SolutionCe que devient l'épargneCe que devient la detteRisque principal
Apport par rachatDiminue et cesse de produire sur la somme retiréePlus faible, amortissableFiscalité du rachat, épargne de précaution réduite
Nantissement et prêt amortissableReste investie, bloquée en garantiePlus élevée, amortissableRendement inférieur au coût net de la dette
Prêt in fine adosséReste investie et alimentée, bloquée jusqu'au termeConstante jusqu'au remboursement finalPlacement insuffisant au terme
Crédit lombardReste investie, nantie selon une quotitéSouvent courte, in fine ou renouvelable, taux souvent variableAppel de marge en cas de baisse des marchés
Avance sur contratReste investiePrêt de l'assureur, à rembourserRequalification en rachat si elle n'est pas remboursée

Aucune de ces solutions n'est avantageuse en soi. Elles se distinguent par la personne qui supporte le risque de marché, par la liquidité laissée à l'investisseur et par l'effet sur sa capacité d'emprunt. L'apport en numéraire et ses effets sur le rendement des fonds propres sont analysés au chapitre 27, la structure du crédit au chapitre 28 et le choix du taux au chapitre 29.

Le nantissement d'un contrat d'assurance vie

Le mécanisme

Le nantissement affecte un bien incorporel, ici les droits sur un contrat d'assurance vie ou de capitalisation, au remboursement d'une dette. Le contrat reste la propriété de l'assuré et continue de produire, mais les rachats, les avances et le changement de bénéficiaire sont en pratique soumis à l'accord de la banque pendant la durée du prêt. Le nantissement se formalise par un acte signé avec la banque et notifié à l'assureur, souvent sous la forme d'un avenant tripartite (Guide du bailleur professionnel, Les garanties exigées par les banques).

La banque peut nantir tout le contrat ou une somme déterminée. Elle peut exiger le maintien d'une valeur minimale, une part de fonds en euros ou une liste de supports autorisés. Ces clauses se lisent avant de signer, car elles fixent ce que vous pourrez encore faire de votre épargne pendant quinze ou vingt ans.

Le bénéficiaire acceptant

Lorsque le bénéficiaire a accepté sa désignation depuis le 19 décembre 2007 dans les formes légales, tout rachat suppose son accord (service-public.gouv.fr). Un contrat dont un enfant est bénéficiaire acceptant est donc moins souple. Vérifiez avec l'assureur si l'intervention du bénéficiaire acceptant est requise pour le nantissement lui-même.

Ce qui se passe au décès

Si l'emprunteur décède, l'assurance emprunteur prend en charge tout ou partie du capital restant dû selon la quotité assurée. Le nantissement est alors levé pour la part remboursée et les bénéficiaires du contrat perçoivent le capital. Sans assurance emprunteur suffisante, la banque créancière nantie se paie sur le capital décès dans la limite de sa créance. Le traitement successoral de la dette et du capital dépend de la rédaction de la clause et de l'acte de nantissement (Guide de la fiscalité immobilière, L'assurance vie et la transmission immobilière).

Le crédit in fine adossé

Le prêt in fine ne rembourse que les intérêts pendant sa durée, le capital étant remboursé en une fois au terme, en général par un rachat sur le contrat nanti. Les intérêts sont constants et déductibles des revenus fonciers au régime réel, alors que les versements sur le contrat ne le sont pas (Guide de la fiscalité immobilière, Les intérêts d'emprunt et les frais financiers). Le coût total des intérêts est nettement plus élevé qu'avec un prêt amortissable.

À l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), la dette in fine n'est déductible que selon un amortissement fictif linéaire. Un prêt in fine de 250 000 € sur quinze ans n'est plus déductible que pour 166 666,67 € après cinq années entières et pour 16 666,67 € après quatorze années, alors que la banque attend toujours 250 000 € (BOI-PAT-IFI-20-40-20, § 20 et § 30). Le placement nanti, s'il n'est pas investi en actifs immobiliers, n'entre pas dans l'assiette de l'IFI.

La décision du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) s'applique aux prêts in fine instruits comme des crédits immobiliers aux particuliers. Comme le taux d'effort se calcule sur la charge annuelle la plus élevée, l'année du remboursement du capital le fait dépasser 35 % et le prêt relève presque toujours de la marge de flexibilité des banques (Guide du bailleur professionnel, Les normes HCSF et le bailleur professionnel).

Le crédit lombard

La définition

Le crédit lombard est un crédit garanti par le nantissement d'actifs financiers, comme un compte de titres, un plan d'épargne ou un contrat d'assurance vie. La banque prête une fraction de la valeur des actifs, appelée quotité ou ratio de prêt, plus élevée pour un fonds en euros ou des obligations que pour des actions. Le crédit est souvent court, remboursable in fine ou renouvelable, avec un taux fréquemment variable. Aucune définition légale propre n'existe. Le contrat fixe la quotité, le seuil d'alerte, le délai pour reconstituer la garantie et le droit de la banque de vendre les titres nantis.

Les usages dans une stratégie immobilière

Le crédit lombard sert à financer un apport sans vendre un portefeuille, à financer une acquisition en attendant un prêt bancaire ou une vente, ou à éviter de réaliser une plus-value sur titres à un moment défavorable. Il convient à des patrimoines financiers importants et diversifiés, dont la valeur couvre largement le crédit. Il est inadapté lorsque le portefeuille nanti est concentré sur quelques titres ou constitue la seule épargne de précaution.

La fiscalité des intérêts et la dette à l'IFI

Les intérêts d'un crédit lombard qui finance l'acquisition d'un immeuble loué sont déductibles des revenus fonciers, la déduction dépendant de l'emploi des fonds et non du bien donné en garantie. Des fonds employés à des dépenses personnelles n'ouvrent droit à aucune déduction. Il faut pouvoir relier chaque tirage à la dépense qu'il finance (BOI-RFPI-BASE-20-80, § 270).

À l'IFI, un crédit lombard remboursable au terme suit la règle du prêt in fine. S'il ne prévoit aucun terme, il est traité comme un prêt de vingt ans remboursé linéairement et n'est déductible que pour son montant diminué d'un vingtième par année entière écoulée. Un crédit sans terme de 150 000 € n'est ainsi plus déductible que pour 105 000 € après six années (BOI-PAT-IFI-20-40-20, § 40). Le détail figure dans le Guide de la fiscalité immobilière, Les dettes déductibles à l'IFI.

L'avance sur contrat d'assurance vie

L'avance est un prêt consenti par l'assureur, lorsque le contrat le prévoit, dans la limite d'un pourcentage de la valeur de rachat. Elle porte intérêts, doit être remboursée et, à défaut, vient en déduction des sommes versées au dénouement. Elle n'est pas imposable en elle-même, mais l'administration peut la requalifier en rachat lorsque le contribuable a voulu disposer définitivement de l'épargne sous couvert d'avances (service-public.gouv.fr et BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 130 à § 150).

L'avance convient à un besoin court et certain, comme un apport à reconstituer après la vente d'un autre bien. Une avance de 50 000 € à un taux contractuel supposé de 4 % pendant deux ans coûte 4 000 € d'intérêts. La déduction de ces intérêts des revenus fonciers suit les conditions générales de la déduction des intérêts d'emprunt, ce qui suppose de prouver l'emploi des fonds et le paiement effectif des intérêts.

Un exemple chiffré sur quinze ans, apporter ou nantir

Les hypothèses

L'exemple qui suit est illustratif. Claire, 52 ans, célibataire, imposée dans la tranche marginale de 41 %, achète un appartement loué nu dans une métropole et déclare ses revenus fonciers au régime réel. Elle détient un contrat d'assurance vie de plus de huit ans investi en unités de compte, d'une valeur de 200 000 € pour 150 000 € de primes versées depuis le 27 septembre 2017. Aucune hypothèse de rendement ou d'évolution des prix n'est une prévision.

HypothèseValeur retenue
Coût total de l'acquisition250 000 €
Loyer1 050 € par mois, vacance d'un demi-mois par an
Charges non récupérables et taxe foncière2 600 € par an
Taux du crédit amortissable3,4 % fixe sur quinze ans
Taux du crédit in fine3,7 % fixe sur quinze ans
Assurance emprunteur0,25 % par an du capital initial
Frais d'acte de nantissement300 €
Rendement du contrat3 % par an net de frais de gestion dans le cas central
Imposition des revenus fonciers41 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux
Sortie du contratImposition des gains à 7,5 % ou 12,8 % après abattement de 4 600 €, prélèvements sociaux de 17,2 %

La fiscalité retenue pour le contrat est celle des primes versées depuis le 27 septembre 2017 sur un contrat de plus de huit ans. Les gains sont imposés à 7,5 % pour la part des primes qui n'excède pas 150 000 € et à 12,8 % au-delà, après un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, avec des prélèvements sociaux de 17,2 % (service-public.gouv.fr et service-public.gouv.fr, où le taux de 17,2 % reste applicable à l'assurance vie en 2026).

Trois solutions sont comparées.

  • Solution A, l'apport. Claire rachète 50 000 € sur son contrat et emprunte 200 000 € en amortissable. Le rachat comprend 12 500 € de gains, qui supportent 592,50 € d'impôt après abattement et 2 150 € de prélèvements sociaux, soit 2 742,50 €.
  • Solution B, le nantissement. Claire conserve son contrat, le nantit et emprunte 250 000 € en amortissable.
  • Solution C, l'in fine. Claire emprunte 250 000 € in fine adossés à son contrat nanti. Elle rembourse le capital au bout de quinze ans par un rachat.

Pour comparer à effort égal, Claire décaisse chaque mois dans chaque solution le même montant, égal à la sortie de trésorerie la plus lourde des trois, impôt foncier compris. L'écart est versé sur le contrat d'assurance vie. Au bout de quinze ans, le bien est identique dans les trois cas et les crédits amortissables sont soldés. On compare donc la valeur du contrat après impôt latent de sortie, diminuée du capital in fine dans la solution C.

Les échéances

SolutionCapital empruntéÉchéance hors assuranceAssuranceIntérêts sur quinze ans
A, apport200 000 €1 419,96 €41,67 €55 593,47 €
B, nantissement250 000 €1 774,95 €52,08 €69 491,84 €
C, in fine250 000 €770,83 € d'intérêts52,08 €138 750,00 €

Les résultats dans le cas central

SolutionVersements complémentaires sur le contratValeur du contrat à quinze ansImpôt latent de sortieDette restantePatrimoine financier net
A, apport56 593,27 €304 148,89 €33 794,45 €0 €270 354,43 €
B, nantissement0 €315 398,82 €40 039,69 €0 €275 359,13 €
C, in fine217 558,09 €585 457,00 €59 517,57 €250 000 €275 939,43 €

Avec un rendement de 3 % et un crédit à 3,4 %, le nantissement procure 5 004,70 € de plus que l'apport au bout de quinze ans et l'in fine 5 585,00 €. Ces écarts représentent environ 2 % du patrimoine financier en jeu et reposent entièrement sur l'hypothèse de rendement. Ils s'expliquent par la déduction des intérêts supplémentaires à 58,2 %, qui ramène le coût net d'impôt du crédit à 3,4 % à environ 1,42 % tant que les revenus fonciers restent bénéficiaires.

Le point mort de rendement

Le rendement net de frais du contrat à partir duquel le nantissement devient plus intéressant que l'apport atteint 1,95 % par an avec un crédit à 3,4 % et une tranche marginale de 41 %. Pour l'in fine, ce seuil monte à 2,69 %, car la dette reste entière pendant quinze ans. Le point mort dépend fortement de la fiscalité de l'investisseur.

Tranche marginalePoint mort du nantissement face à l'apport
11 %3,15 %
30 %2,39 %
41 %1,95 %
45 %1,78 %

Un investisseur peu imposé déduit ses intérêts à un taux faible, si bien que le crédit lui coûte presque son taux facial. Il doit obtenir de son épargne un rendement proche du taux du crédit pour que le nantissement se justifie. Un investisseur fortement imposé dont les revenus fonciers sont bénéficiaires profite davantage de la déduction.

La sensibilité au rendement et au taux

Taux du crédit amortissable et écart mesuréRendement nulRendement de 1,5 %Rendement de 3 %Rendement de 4,5 %
3,0 %, nantissement moins apportMoins 6 357 €Moins 1 099 €5 789 €14 693 €
3,4 %, nantissement moins apportMoins 7 080 €Moins 1 852 €5 005 €13 875 €
4,0 %, nantissement moins apportMoins 8 187 €Moins 3 038 €3 725 €12 482 €
3,0 %, in fine moins apportMoins 34 094 €Moins 12 062 €13 825 €44 257 €
3,4 %, in fine moins apportMoins 40 914 €Moins 19 542 €5 585 €35 141 €
4,0 %, in fine moins apportMoins 58 887 €Moins 39 140 €Moins 15 880 €11 532 €

Dans les lignes de l'in fine, le taux indiqué est celui du crédit amortissable des solutions A et B, l'in fine étant supposé coûter 0,3 point de plus. Le tableau montre l'asymétrie de l'in fine. Il amplifie le résultat dans les deux sens, parce que toute l'épargne versée pendant quinze ans reste exposée au rendement du contrat alors que la dette ne diminue pas.

Le scénario défavorable combiné

Supposons un crédit à 4 % pour l'amortissable et 4,3 % pour l'in fine, une baisse de 15 % des unités de compte la deuxième année puis un rendement de 1,5 % par an. Au bout de quinze ans, le patrimoine financier net atteint 207 932,30 € avec l'apport, 197 554,35 € avec le nantissement et 160 226,37 € avec l'in fine. Le nantissement coûte 10 377,95 € par rapport à l'apport et l'in fine 47 705,93 €. Dans ce scénario, le contrat de la solution C couvre encore le capital à rembourser, mais la marge s'est réduite au point qu'une baisse supplémentaire en fin de période aurait obligé Claire à compléter le remboursement par d'autres ressources ou par une vente.

Un second exemple, le crédit lombard et l'appel de marge

Les hypothèses

L'exemple qui suit est illustratif. Marc, 60 ans, détient un compte de titres de 400 000 € investi en actions diversifiées. Pour acheter un immeuble en attendant la vente d'un autre bien, il obtient un crédit lombard de 150 000 € remboursable in fine à cinq ans. Le contrat retient une quotité de 50 % pour les actions et un taux variable supposé de 3,3 % la première année, soit 4 950 € d'intérêts par an et 24 750 € sur cinq ans. Le ratio initial entre le crédit et la valeur du portefeuille est de 37,5 %.

La baisse de valeur de la garantie

Le crédit reste couvert tant que le portefeuille vaut au moins 300 000 €, soit une baisse admissible de 25 %. Au-delà, la banque exige un remboursement partiel ou de nouveaux titres en garantie.

Baisse du portefeuilleValeur des titresCrédit maximal à 50 %Remboursement exigéOu titres supplémentaires à nantir
10 %360 000 €180 000 €0 €0 €
25 %300 000 €150 000 €0 €0 €
35 %260 000 €130 000 €20 000 €40 000 €
50 %200 000 €100 000 €50 000 €100 000 €

L'appel de marge survient au moment où les marchés ont baissé. Vendre des titres pour rembourser revient à réaliser une perte au plus mauvais moment. Si Marc ne peut ni payer ni compléter la garantie, la banque peut vendre elle-même les titres nantis selon les termes du contrat.

La sensibilité au montant emprunté

Crédit et ratio initialBaisse de 10 %Baisse de 25 %Baisse de 35 %Baisse de 50 %
120 000 €, 30 %0 €0 €0 €20 000 €
160 000 €, 40 %0 €10 000 €30 000 €60 000 €
200 000 €, 50 %20 000 €50 000 €70 000 €100 000 €

Un crédit tiré jusqu'à la quotité maximale ne laisse aucune marge. La moindre baisse déclenche un appel. Un ratio initial de 30 % résiste à une baisse de 40 % du portefeuille avec la même quotité.

Le scénario défavorable combiné

Supposons une baisse de 35 % des actions, une hausse de deux points du taux variable et un retard d'un an dans la vente de l'autre bien. Marc doit trouver 20 000 € pour l'appel de marge, ses intérêts passent de 4 950 € à 7 950 € par an et le crédit doit être prolongé ou refinancé à son échéance. La stratégie cesse de fonctionner lorsque ces trois événements surviennent ensemble et que Marc n'a pas de trésorerie disponible hors du portefeuille nanti.

Les risques liés à la garantie financière

Les risques à surveiller

  • La baisse des marchés. Elle réduit la valeur de la garantie et peut déclencher un appel de marge, en particulier pour un crédit lombard ou un nantissement d'unités de compte.
  • La hausse des taux. Un crédit lombard à taux variable voit son coût monter alors que le loyer du bien financé ne suit pas.
  • Le risque de refinancement. Un crédit court ou in fine doit être remboursé ou renouvelé à une date fixe, quelle que soit la situation du marché immobilier et financier.
  • La perte de liquidité. L'épargne nantie ne sert plus de réserve. Une vacance ou des travaux doivent être financés par une autre trésorerie (chapitre 116).
  • Le changement fiscal. La fiscalité de l'assurance vie, des revenus de capitaux ou de la déduction des intérêts peut évoluer pendant la durée du crédit.

L'état du projet de loi de finances pour 2027

Le projet de loi de finances pour 2027 a été déposé le 1er octobre 2026 et il est en discussion au 26 octobre 2026. Aucune de ses mesures ne doit être tenue pour adoptée. Le suivi des mesures touchant l'épargne et l'immobilier est assuré dans le Guide du bailleur professionnel, La loi de finances et le projet de loi de finances pour 2027. Vérifiez le texte promulgué avant de fonder un montage sur la fiscalité de sortie d'un contrat.

Les situations particulières

Les couples mariés, pacsés et concubins

Sous un régime de communauté, un contrat alimenté par des fonds communs fait partie des biens à prendre en compte à la dissolution, même s'il est au nom d'un seul époux. Le nantissement d'un tel contrat pour un prêt destiné à un bien propre de l'autre époux, ou à un bien indivis, crée des comptes à régler en cas de divorce ou de décès. Des partenaires d'un pacte civil de solidarité (PACS) ou des concubins qui achètent ensemble doivent savoir lequel engage son épargne pour une dette commune et prévoir par écrit le remboursement entre eux (Guide des sociétés immobilières, La SCI entre partenaires de PACS et concubins).

Les familles recomposées

Le bénéficiaire du contrat nanti et les héritiers du bien financé ne sont pas forcément les mêmes. Si la banque se paie sur le capital décès, les enfants bénéficiaires du contrat financent le bien qui revient à d'autres héritiers. Une clause bénéficiaire et un plan de financement rédigés ensemble évitent ce transfert involontaire (chapitre 105).

L'indivision et le démembrement

Un contrat nanti pour un bien indivis engage l'épargne d'un seul indivisaire pour une dette commune. La convention d'indivision doit prévoir la créance de celui qui supporte le remboursement final. Lorsque la clause bénéficiaire du contrat est démembrée, le nantissement et le remboursement de la dette par prélèvement sur le capital modifient les droits respectifs de l'usufruitier et des nus-propriétaires, ce qui suppose un examen notarial.

Les sociétés à l'impôt sur le revenu et à l'impôt sur les sociétés

Une société civile immobilière (SCI) qui emprunte peut obtenir de ses associés le nantissement de leurs contrats personnels. L'associé garantit alors la dette d'un tiers, la société, avec son épargne. La déductibilité des intérêts se juge au niveau de la société. Une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) peut aussi détenir un contrat de capitalisation et le nantir, avec une fiscalité propre aux produits de placement de la société (Guide des sociétés immobilières, Assurance vie et société).

Les non-résidents et l'outre-mer

Pour un non-résident, les revenus de placement comme ceux de l'assurance vie ne supportent pas les prélèvements sociaux français, alors que les revenus fonciers et les plus-values immobilières y restent soumis à 17,2 % (service-public.gouv.fr). Le calcul du point mort change donc. Une banque française accepte plus difficilement en garantie un contrat ou un portefeuille détenu à l'étranger. Les règles sont les mêmes dans les départements d'outre-mer, sous réserve des dispositifs locaux (chapitre 88).

L'effet de l'âge et de l'horizon

À 40 ans, l'investisseur a le temps de laisser l'épargne nantie traverser plusieurs cycles de marché, ce qui rend la stratégie de nantissement plus défendable sur quinze ou vingt ans. À 60 ans, l'horizon se raccourcit, l'assurance emprunteur coûte plus cher et l'échéance d'un in fine coïncide souvent avec la retraite. Un appel de marge ou un rendement insuffisant ne peut plus être compensé par des revenus d'activité.

L'âge compte aussi pour la transmission. Les primes versées avant et après 70 ans ne relèvent pas du même régime au décès. Alimenter un contrat nanti après 70 ans pour rembourser un in fine modifie donc la fiscalité de la transmission (Guide de la fiscalité immobilière, L'assurance vie et la transmission immobilière).

Le capital, le temps et l'horizon de chaque solution

SolutionCapital requisTemps de gestionHorizonLiquidité restanteQuand elle cesse de fonctionner
Apport par rachatL'apport, retiré du placementFaibleDurée du créditÉpargne restante libreQuand le rachat vide l'épargne de précaution
Nantissement et amortissableÉpargne d'une valeur supérieure à la garantie exigéeSuivi annuel du contratDurée du créditÉpargne bloquéeQuand le rendement net tombe sous le point mort
In fine adosséÉpargne initiale plus versements réguliersSuivi annuel de la trajectoire du contratLong, dix à vingt ansÉpargne bloquée jusqu'au termeQuand le contrat ne couvre pas le capital au terme
Crédit lombardPortefeuille nettement supérieur au créditSuivi de la valeur et du ratioCourt, quelques annéesFaible en cas de baisseQuand une baisse de marché déclenche un appel sans trésorerie disponible
AvanceContrat prévoyant l'avanceFaibleCourtContrat intactQuand l'avance n'est pas remboursée et devient un rachat

La méthode de décision pas à pas

  1. Mesurer l'épargne réellement disponible. Distinguez l'épargne de précaution, qui ne doit pas être nantie, de l'épargne de long terme.
  2. Calculer le coût net d'impôt du crédit. Multipliez le taux par un moins le taux d'imposition effectif des revenus fonciers, en vérifiant que ces revenus restent bénéficiaires.
  3. Estimer la fiscalité de sortie du placement. Ancienneté du contrat, primes avant ou après le 27 septembre 2017, seuil de 150 000 €, abattement, prélèvements sociaux.
  4. Calculer le point mort de rendement. Comparez l'apport et le nantissement à effort égal sur la durée du crédit, comme dans l'exemple.
  5. Tester le scénario défavorable. Baisse de 15 % à 35 % des actifs nantis, hausse du taux, rendement durablement faible.
  6. Lire les clauses de la garantie. Quotité, seuil d'alerte, délai de reconstitution, supports autorisés, droit de vente de la banque, levée de la garantie.
  7. Vérifier l'effet sur la capacité d'emprunt. Faites préciser si le prêt relève du crédit immobilier aux particuliers et de la marge de flexibilité de la banque.
  8. Prévoir la sortie. Pour un in fine ou un lombard, fixez trois à cinq ans avant le terme la source du remboursement et un plan de secours.

Les erreurs fréquentes et leur coût

  • Comparer le taux du crédit au rendement brut du placement. Le bon seuil est un rendement net de frais et d'impôt comparé à un coût de crédit net d'impôt. Dans l'exemple, ce seuil est de 1,95 % pour un crédit à 3,4 %.
  • Nantir son épargne de précaution. La première vacance ou les premiers travaux doivent alors être financés à crédit ou par la vente d'un actif.
  • Choisir l'in fine pour un rendement espéré. Avec un rendement nul, l'in fine coûte 40 914 € de plus que l'apport sur quinze ans dans l'exemple.
  • Tirer un crédit lombard jusqu'à la quotité maximale. Avec un ratio initial de 50 %, une baisse de 10 % suffit à déclencher un appel de 20 000 € sur un crédit de 200 000 €.
  • Ignorer le taux variable. Deux points de hausse portent les intérêts du crédit lombard de l'exemple de 4 950 € à 7 950 € par an.
  • Déduire les versements sur le contrat nanti. Ce sont des placements et non des charges.
  • Déduire à l'IFI le capital nominal d'un in fine. Après cinq ans, seuls 166 666,67 € sont déductibles sur 250 000 €.
  • Oublier le bénéficiaire acceptant. Son accord est requis pour un rachat et peut bloquer le remboursement d'un in fine.

Liste de contrôle

  1. L'épargne de précaution est identifiée et exclue de toute garantie.
  2. Le coût net d'impôt du crédit est calculé avec votre taux réel d'imposition des revenus fonciers.
  3. La fiscalité de sortie du contrat est connue, ancienneté, date des primes et seuil de 150 000 €.
  4. Le point mort de rendement a été calculé sur la durée du crédit.
  5. Un scénario de baisse de 15 % à 35 % des actifs nantis a été chiffré.
  6. Le ratio entre crédit et valeur des actifs nantis laisse une marge nettement inférieure à la quotité bancaire.
  7. Les clauses de l'acte de nantissement ont été lues, supports, rachats, seuil d'alerte et levée.
  8. La situation du bénéficiaire acceptant a été vérifiée avec l'assureur.
  9. Une trésorerie disponible hors du portefeuille nanti couvre un appel de marge plausible.
  10. Pour un in fine, la trajectoire du contrat est comparée chaque année au capital à rembourser.
  11. Le traitement de la dette à l'IFI est vérifié selon qu'elle est amortissable, in fine ou sans terme.
  12. L'emploi des fonds de chaque tirage est documenté pour la déduction des intérêts.
  13. Le régime du prêt au regard des normes du HCSF a été confirmé par écrit par la banque.
  14. L'état du projet de loi de finances pour 2027 est vérifié avant toute décision qui dépend de la fiscalité de l'épargne.