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Locafis

Guide du bailleur, chapitre 83

Vendre un terrain

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Vendre un terrain ne se prépare pas comme la vente d'un logement. La valeur dépend moins de la surface du sol que de ce qu'il permet de construire, l'acquéreur est souvent un professionnel qui pose ses conditions et la fiscalité distingue le terrain à bâtir des autres terrains. Un terrain mal décrit, non borné ou vendu sans les documents exigés expose le vendeur à une baisse de prix, à un retard ou à une action de l'acquéreur après la vente.

Ce chapitre suit l'ordre des décisions du vendeur. Il présente l'estimation, le bornage et la division préalable, puis les documents à fournir, le choix entre un particulier, un promoteur ou un lotisseur et la promesse sous conditions. Il détaille ensuite la plus-value, les taxes propres aux terrains devenus constructibles et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) éventuelle, avant un exemple chiffré et une liste de contrôle. L'achat d'un terrain est traité au chapitre 61, la division au chapitre 66, le lotissement au chapitre 67 et la fiscalité de la construction au chapitre 82.

Avant de mettre en vente

Savoir ce que vous vendez

Pour l'administration fiscale, un terrain à bâtir est un terrain sur lequel la construction est autorisée par le plan local d'urbanisme (PLU), par un document en tenant lieu ou, dans les petites communes qui en sont dépourvues, par la carte communale (impots.gouv.fr). Cette qualification commande la fiscalité de la vente, l'étude de sol exigée en zone d'argiles et l'absence de délai de rétractation pour l'acheteur.

Commencez par consulter le document d'urbanisme applicable et la zone dans laquelle se trouve le terrain. Demandez ensuite un certificat d'urbanisme opérationnel décrivant le projet que l'acquéreur pourra raisonnablement réaliser, par exemple une maison ou un nombre de logements. Ce certificat fige pour dix-huit mois les règles d'urbanisme et le taux des taxes applicables, ce qui rassure l'acquéreur (service-public.gouv.fr, chapitre 62).

Estimer le prix

Le prix d'un terrain se déduit d'abord des ventes récentes de terrains comparables dans la commune, que l'administration fiscale publie dans ses données de valeurs foncières (chapitre 4). Comparez des terrains de même zone, de même desserte et de même configuration. Un terrain viabilisé, borné et plat vaut davantage qu'un terrain en pente, éloigné des réseaux ou exposé aux argiles, parce que l'acquéreur déduira ces dépenses de son offre.

Pour un promoteur ou un lotisseur, la valeur du terrain résulte d'un raisonnement à rebours. Il part du prix auquel il pourra vendre les logements ou les lots, puis il retranche le coût des travaux, les honoraires, les taxes, les frais financiers et sa marge. Le solde, appelé charge foncière, est le prix maximal qu'il peut payer le terrain (chapitre 78). Un terrain qui autorise davantage de surface de plancher peut ainsi valoir nettement plus pour un promoteur que pour un particulier.

Faites établir un avis de valeur par un notaire, un agent immobilier ou un expert foncier, en précisant la surface constructible retenue. Un avis écrit vous sert aussi à apprécier une offre de promoteur et, plus tard, à justifier le prix si l'administration le contestait.

Borner le terrain

Le plan cadastral a une valeur fiscale et ne fixe pas les limites de propriété. Seul un bornage réalisé par un géomètre-expert les détermine. Pour un terrain à bâtir hors lotissement, le bornage n'est pas obligatoire, mais l'avant-contrat doit indiquer si le terrain a été borné ou non (service-public.gouv.fr).

Pour un lot de lotissement, le bornage est obligatoire et la promesse doit mentionner que le descriptif du terrain en résulte (article L. 115-4 du Code de l'urbanisme). Même lorsqu'il n'est pas obligatoire, un bornage préalable sécurise la surface vendue, qui sert au calcul des droits à construire. Il prévient aussi les litiges avec les voisins (chapitre 63).

Diviser avant de vendre

Le propriétaire d'une grande parcelle peut vendre l'ensemble ou détacher un ou plusieurs lots. La division d'un terrain en vue de construire suppose selon les cas une déclaration préalable ou un permis d'aménager, dont les critères sont présentés aux chapitres 66 et 67. Le lot détaché doit disposer d'un accès et pouvoir être raccordé aux réseaux. À défaut, l'acte doit créer les servitudes nécessaires, notamment de passage et de réseaux.

La division préalable peut augmenter le prix total, mais elle a un coût et des conséquences. Le vendeur paie le géomètre, parfois l'extension des réseaux. Il prend aussi le risque d'un refus. Une division avec travaux d'aménagement importants peut aussi faire basculer la vente dans un régime professionnel, ce qui est présenté plus bas.

Les documents et informations à fournir

Les documents exigés du vendeur

Le vendeur d'un terrain doit remettre l'état des risques dès la première visite. Avant la promesse ou, à défaut, l'acte de vente, il fournit aussi les documents propres aux zones dans lesquelles se trouve le terrain. Une annonce relative à un terrain situé dans une zone à risque doit mentionner le site Géorisques (service-public.gouv.fr).

DocumentQuand il est exigéMoment de la remise
État des risquesZone couverte par un plan de prévention des risques, zone de sismicité ou autre zone réglementéeDès la première visite, puis annexé à la promesse
Information sur la pollution des solsTerrain situé dans un secteur d'information sur les sols ou ayant accueilli une installation classéeAvant la promesse
État des nuisances sonores aériennesTerrain situé dans une zone d'un plan d'exposition au bruitAnnexé à la promesse
Étude géotechnique préalableTerrain non bâti constructible en zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argilesAnnexée à la promesse ou, à défaut, à l'acte
Documents du lotissementLot de lotissementRèglement, cahier des charges éventuel, arrêté et statuts de l'association syndicale

L'étude géotechnique en zone d'argiles

En zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, le vendeur d'un terrain non bâti constructible doit informer l'acquéreur du phénomène et lui fournir une étude géotechnique préalable. Elle comprend une enquête documentaire, une visite du site et, si nécessaire, des investigations complémentaires. L'étude de type G1 conforme à la norme NF P 94-500 vaut présomption de conformité. Elle reste valable trente ans (ecologie.gouv.fr).

Un arrêté du 9 janvier 2026 a mis à jour la carte d'exposition. Les zones moyennes et fortes couvrent désormais 55 % du territoire hexagonal, contre 48 % en 2020. Ce zonage s'applique aux promesses et actes de vente conclus à compter du 1er juillet 2026 (ecologie.gouv.fr). Un terrain qui était hors zone lors d'une précédente estimation peut donc exiger aujourd'hui une étude, à commander avant la signature de la promesse.

L'obligation générale d'information

Au-delà des documents réglementaires, le vendeur qui connaît une information déterminante pour le consentement de l'acquéreur doit la lui communiquer. Signalez par écrit les remblais, les anciennes constructions démolies, les cuves enterrées, les canalisations qui traversent le terrain, les servitudes non publiées que vous connaissez et les litiges de voisinage. Une omission peut conduire à l'annulation de la vente ou à une diminution du prix.

Rassemblez enfin votre titre de propriété, le plan cadastral, le procès-verbal de bornage s'il existe, le certificat d'urbanisme, les éventuelles autorisations de division et les justificatifs de vos dépenses de viabilisation. Ces dernières serviront au calcul de la plus-value.

Choisir son acquéreur

Vendre à un particulier

Le particulier achète pour faire construire sa maison ou un logement à louer. Sa promesse comporte en général une condition d'obtention du prêt, une condition d'obtention du permis de construire et parfois une condition liée à l'étude de sol. Le délai entre la promesse et l'acte est souvent de trois à quatre mois (service-public.gouv.fr).

L'acheteur d'un terrain à bâtir ne bénéficie ni du délai de rétractation de dix jours après la promesse, ni du délai de réflexion avant l'acte qui existent pour l'achat d'un logement (service-public.gouv.fr). Une fois la promesse signée, il ne peut se dégager que par le jeu des conditions suspensives.

Vendre à un promoteur

Le promoteur achète pour construire un immeuble ou plusieurs maisons et revendre les logements. Il propose en général un prix plus élevé qu'un particulier, mais sous des conditions plus nombreuses et sur une durée plus longue. Les conditions habituelles portent sur l'obtention d'un permis de construire pour un programme défini, purgé de tout recours et de tout retrait, sur la faisabilité technique, sur le financement et parfois sur un niveau minimal de réservations des futurs logements.

La promesse prévoit souvent une faculté de substitution, qui permet au promoteur de faire acquérir le terrain par la société constituée pour l'opération, fréquemment une société civile de construction-vente (chapitre 80). Le promoteur assujetti à la TVA qui prend l'engagement de construire dans l'acte ne paie qu'un droit fixe au lieu des droits de mutation (chapitre 82). Cette économie entre dans son calcul de charge foncière.

Le prix peut être payé en tout ou partie par la remise de locaux à construire, ce que la pratique appelle une dation en paiement. Ce montage reporte une partie du prix à l'achèvement et suppose des garanties solides. Faites-le examiner par le notaire et, le cas échéant, par un avocat.

Vendre à un lotisseur ou à un aménageur

Le lotisseur achète pour diviser le terrain, réaliser la voirie et les réseaux, puis vendre des lots à bâtir. Ses conditions portent sur l'obtention du permis d'aménager purgé, sur la faisabilité des raccordements et sur le coût des travaux. Une opération d'aménagement plus vaste peut être conduite par un aménageur dans le cadre d'une concession de la collectivité, avec des procédures et des délais propres.

Vendre à la commune ou à un titulaire de préemption

Dans les zones couvertes par un droit de préemption, le notaire adresse une déclaration d'intention d'aliéner (DIA) au titulaire du droit. La commune dispose de deux mois à compter de sa réception pour préempter et son silence vaut renonciation. L'acte ne peut être signé qu'après cette renonciation (service-public.gouv.fr). Un terrain agricole peut aussi être soumis au droit de préemption de la société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) et, s'il est loué, à celui du fermier en place (chapitre 57).

AcquéreurPrixDélai jusqu'à l'actePrincipales conditions
ParticulierPrix de marché des terrains comparablesTrois à quatre mois en généralPrêt, permis de construire, étude de sol
PromoteurFonction de la charge foncière, souvent plus élevéDouze mois et plus, davantage en cas de recoursPermis purgé, faisabilité, financement, réservations
LotisseurFonction du nombre de lots et du coût des travauxDouze mois et plusPermis d'aménager purgé, réseaux, coût des travaux
Commune par préemptionPrix de la DIA ou fixé par le jugeDeux mois pour décider, puis acteExercice du droit de préemption

La promesse sous conditions pas à pas

La vente d'un terrain est presque toujours précédée d'une promesse unilatérale ou d'un compromis. Dans la promesse unilatérale, vous vous engagez seul à vendre et l'acquéreur dispose d'une option qu'il est libre de lever. Dans le compromis, les deux parties s'engagent réciproquement. Les promoteurs privilégient la promesse unilatérale.

  1. Arrêter le projet de l'acquéreur. Faites décrire précisément le programme visé par la condition de permis, par exemple une surface de plancher ou un nombre de logements, pour éviter qu'un permis réduit ne soit refusé comme non conforme.
  2. Fixer les délais. Indiquez la date limite de dépôt de la demande de permis, la durée de purge des recours et du retrait, la date de levée de l'option et la date butoir de signature de l'acte.
  3. Prévoir l'indemnité d'immobilisation. Elle est le plus souvent comprise entre 5 % et 10 % du prix et de préférence versée chez le notaire. Elle vous reste acquise si l'acquéreur renonce sans motif prévu au contrat et lui est restituée si une condition défaille sans faute de sa part (service-public.gouv.fr).
  4. Choisir la forme. Lorsque la promesse ou le compromis signé par une personne physique dépasse dix-huit mois, la forme authentique est obligatoire. Pour une promesse unilatérale, l'indemnité d'immobilisation doit alors atteindre au moins 5 % du prix (article L. 290-2 du Code de la construction et de l'habitation).
  5. Faire enregistrer la promesse. Une promesse unilatérale sous signature privée doit être enregistrée dans les dix jours suivant son acceptation par l'acquéreur, à peine de nullité. Une promesse signée chez le notaire évite ce risque.
  6. Annexer les documents. Joignez l'état des risques, l'étude géotechnique préalable s'il y a lieu, l'état des nuisances sonores aériennes s'il y a lieu et le procès-verbal de bornage.
  7. Encadrer la substitution. Si l'acquéreur peut se substituer une société, prévoyez qu'il reste garant de ses engagements, notamment du versement de l'indemnité.
  8. Suivre l'exécution. Demandez à être informé du dépôt du permis, de son affichage et des recours éventuels. Une condition dont la réalisation est empêchée par l'acquéreur est réputée accomplie.

L'enregistrement d'une promesse unilatérale sous signature privée coûte 125 € selon l'administration (service-public.gouv.fr).

La fiscalité de la vente

La plus-value des particuliers sur un terrain à bâtir

Le particulier qui vend un terrain relève en principe du régime des plus-values immobilières des particuliers. La plus-value correspond au prix de vente diminué des frais supportés par le vendeur, moins le prix d'acquisition majoré de certains frais et dépenses. Elle est imposée à l'impôt sur le revenu au taux de 19 % et aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, après des abattements pour durée de détention (service-public.gouv.fr).

Plusieurs règles sont propres aux terrains. Les frais d'acquisition peuvent être retenus pour leur montant réel ou, pour un achat, par un forfait de 7,5 % du prix. Les frais de voirie, réseaux et distribution que vous avez payés pour un terrain à bâtir s'ajoutent au prix d'acquisition. Le forfait de 15 % pour travaux est en revanche réservé aux immeubles bâtis et ne s'applique pas à un terrain nu (bofip.impots.gouv.fr).

Durée de détentionAbattement pour l'impôt sur le revenuAbattement pour les prélèvements sociaux
Moins de 6 ans0 %0 %
De la 6e à la 21e année6 % par an1,65 % par an
22e année4 %1,60 %
De la 23e à la 30e annéeExonéré9 % par an
Plus de 30 ansExonéréExonéré

La surtaxe due lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 € ne s'applique pas aux ventes de terrains à bâtir (service-public.gouv.fr). C'est une différence notable avec la vente d'une maison ou d'un appartement. Le notaire calcule l'impôt, dépose la déclaration et prélève l'impôt sur le prix. Le calcul détaillé est présenté au chapitre 136.

Les exonérations

Les ventes dont le prix n'excède pas 15 000 € sont exonérées. Des exonérations existent aussi sous conditions, par exemple pour certaines ventes à un organisme de logement social (service-public.gouv.fr). Interrogez le notaire sur leur application à votre vente et sur leur durée.

L'exonération de la résidence principale couvre ses dépendances immédiates et nécessaires vendues en même temps. Selon la doctrine administrative, un terrain vendu comme terrain à bâtir ne peut pas être regardé comme une telle dépendance. La parcelle détachée de votre jardin et vendue pour y construire est donc imposable, même si vous vendez la maison en même temps.

Les taxes sur les terrains devenus constructibles

Deux taxes peuvent s'ajouter à l'impôt sur la plus-value lorsque le terrain est devenu constructible du fait d'une décision d'urbanisme. La première est une taxe forfaitaire communale facultative, que la commune institue par délibération (article 1529 du Code général des impôts, CGI). La seconde est une taxe nationale qui vise la vente de terrains nus rendus constructibles après le 13 janvier 2010, lorsque le gain réalisé est important au regard du prix d'acquisition (article 1605 nonies du CGI).

Ces taxes sont à la charge du vendeur et sont acquittées lors de la vente. Leur assiette, leurs taux et leurs exonérations sont présentés au chapitre 69. Interrogez la mairie sur l'existence de la taxe communale et le notaire sur l'historique du classement du terrain avant de fixer votre prix net.

La TVA éventuelle

Un particulier qui vend un terrain de son patrimoine privé n'est pas assujetti à la TVA. La personne qui cède un terrain reçu par succession ou donation, ou acquis pour son usage privé, est présumée ne pas exercer d'activité économique. Cette présomption tombe lorsque le vendeur entre dans une démarche active de commercialisation foncière avec des moyens comparables à ceux d'un professionnel, ou engage des dépenses d'aménagement significatives au regard du prix des lots (bofip.impots.gouv.fr).

Le vendeur assujetti, comme un lotisseur, un aménageur ou un marchand de biens, vend le terrain à bâtir avec une TVA de 20 % sur le prix total ou, sous conditions désormais restreintes, sur la marge. Ce régime et ses effets sur les droits de l'acquéreur sont présentés au chapitre 82.

Quand la vente devient une opération professionnelle

L'article 35 du CGI range dans les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) le profit des personnes qui divisent un terrain en lots destinés à être construits et vendent ces lots. Selon la doctrine administrative, la vente en bloc d'un terrain après obtention d'une autorisation de lotir peut aussi constituer un profit de lotissement, même sans travaux (bofip.impots.gouv.fr). Le lotissement immédiat d'un terrain acheté est par ailleurs un indice d'intention spéculative propre aux marchands de biens.

Le profit imposé en BIC ne bénéficie pas des abattements pour durée de détention. Pour un terrain détenu depuis longtemps, l'écart avec la plus-value d'un particulier peut être considérable. Avant d'obtenir vous-même un permis d'aménager pour vendre ensuite, faites chiffrer les deux régimes par le notaire et un expert-comptable (chapitres 66, 67 et 81).

Exemple chiffré

L'exemple qui suit est une illustration. Les montants sont des hypothèses et ne valent ni estimation ni calcul pour votre situation.

Un particulier a acheté en juin 2012 un terrain à bâtir de 1 500 m² pour 60 000 €, avec 4 800 € de frais d'acquisition justifiés. Il a payé 15 000 € d'extension des réseaux. Il reçoit deux offres. Un particulier propose 200 000 € avec une signature en novembre 2026. Un promoteur propose 260 000 € sous condition de permis purgé, avec une signature prévue en novembre 2028. Dans les deux cas, le vendeur paie 6 000 € de commission d'agence et 1 500 € d'étude géotechnique préalable, cette dernière n'étant pas retenue dans le calcul fiscal par prudence.

ÉtapeVente au particulier en 2026Vente au promoteur en 2028
Prix de vente200 000 €260 000 €
Prix de vente diminué de la commission194 000 €254 000 €
Prix d'acquisition majoré des frais et des réseaux79 800 €79 800 €
Plus-value brute114 200 €174 200 €
Durée de détention14 ans16 ans
Abattement pour l'impôt sur le revenu54 %66 %
Base imposable à l'impôt sur le revenu52 532 €59 228 €
Impôt sur le revenu à 19 %9 981 €11 253 €
Abattement pour les prélèvements sociaux14,85 %18,15 %
Base imposable aux prélèvements sociaux97 241 €142 583 €
Prélèvements sociaux à 17,2 %16 726 €24 524 €
SurtaxeAucune, terrain à bâtirAucune, terrain à bâtir
Impôt total26 707 €35 777 €
Net pour le vendeur après commission, étude et impôt165 793 €216 723 €

La base imposable à l'impôt sur le revenu dépasse 50 000 € dans les deux cas, mais aucune surtaxe n'est due puisqu'il s'agit d'un terrain à bâtir. L'offre du promoteur procure environ 50 900 € de plus, mais seulement si le permis est obtenu et purgé. En cas d'échec, le vendeur aura immobilisé son terrain deux ans et devra restituer l'indemnité d'immobilisation, puisque la condition aura défailli sans faute de l'acquéreur.

L'exemple ne tient compte ni de la taxe communale ou nationale sur les terrains devenus constructibles, qui s'ajouterait si le terrain en relevait, ni d'une éventuelle hausse ou baisse du marché pendant la durée de la promesse. Une offre plus élevée sous conditions longues se compare donc à une offre ferme en tenant compte de sa probabilité de réalisation.

Cas particuliers

Le terrain reçu par succession ou par donation

Le prix d'acquisition est alors la valeur retenue dans la déclaration de succession ou dans l'acte de donation. Le forfait de 7,5 % est réservé aux acquisitions à titre onéreux. Seuls les frais réellement payés, comme les droits de mutation et les frais d'acte, peuvent être ajoutés sur justificatifs. Une valeur sous-estimée lors de la succession augmente la plus-value à la revente.

Le terrain en indivision

La vente d'un terrain indivis suppose en principe l'accord de tous les indivisaires, sauf procédures particulières prévues par le Code civil. La plus-value est calculée pour chaque indivisaire sur sa quote-part, avec sa propre durée de détention. La sortie d'indivision est présentée aux chapitres 128 et 149.

Le terrain loué à un exploitant agricole

Un terrain agricole donné à bail rural ne peut pas être vendu librement. Le preneur qui remplit les conditions légales bénéficie d'un droit de préemption d'ordre public et la vente conclue en méconnaissance de ce droit peut être annulée. Le terrain doit en outre être libéré avant toute construction, ce que le statut du fermage encadre strictement (chapitre 57).

Le terrain pollué ou remblayé

Lorsque le terrain a accueilli une installation classée ou se situe dans un secteur d'information sur les sols, le vendeur doit en informer l'acquéreur. Un promoteur fera réaliser un diagnostic de pollution et en déduira le coût de la dépollution de son offre. Anticipez cette étape si vous connaissez l'histoire du site (chapitre 65).

Le terrain grevé de servitudes

Une canalisation, une ligne électrique ou un droit de passage au profit d'un voisin réduisent la surface utile et peuvent empêcher certaines implantations. Recensez ces servitudes avec le notaire et le géomètre avant de fixer le prix. Une servitude découverte après la promesse ouvre la voie à une renégociation ou à un refus de l'acquéreur (chapitre 63).

Erreurs fréquentes

  • Annoncer un terrain comme constructible sans certificat d'urbanisme qui le confirme.
  • Vendre sans bornage une parcelle dont la surface cadastrale est approximative, puis subir une baisse de prix.
  • Oublier l'étude géotechnique préalable alors que le terrain est entré en zone d'argiles moyenne ou forte depuis le 1er juillet 2026.
  • Signer avec un promoteur une promesse sans date butoir ni indemnité d'immobilisation suffisante.
  • Croire que la parcelle détachée du jardin bénéficie de l'exonération de la résidence principale.
  • Ajouter le forfait de 15 % pour travaux au prix d'acquisition d'un terrain nu.
  • Obtenir soi-même un permis d'aménager puis vendre en bloc sans avoir mesuré le risque d'imposition en BIC.
  • Négliger la taxe communale ou nationale sur les terrains devenus constructibles dans le calcul du prix net.

Liste de contrôle

  1. Vérifier la constructibilité dans le document d'urbanisme et obtenir un certificat d'urbanisme opérationnel.
  2. Estimer le prix à partir des ventes comparables et, pour un promoteur, de la charge foncière, avec un avis de valeur écrit.
  3. Faire borner le terrain par un géomètre-expert ou indiquer clairement dans l'avant-contrat qu'il ne l'est pas.
  4. Décider de la division en mesurant son coût, ses délais et son effet sur le régime fiscal.
  5. Commander l'état des risques et, en zone d'argiles moyenne ou forte, l'étude géotechnique préalable avant la promesse.
  6. Recenser par écrit les informations connues sur le sol, les servitudes, les remblais et les litiges.
  7. Comparer les offres en tenant compte des conditions, des délais et de leur probabilité de réalisation.
  8. Rédiger la promesse avec un programme précis, des délais datés, une date butoir et une indemnité d'immobilisation adaptée.
  9. Respecter la forme authentique au-delà de dix-huit mois et faire enregistrer une promesse unilatérale sous signature privée.
  10. Rassembler les justificatifs du prix d'acquisition, des frais et des dépenses de réseaux pour le calcul de la plus-value.
  11. Faire calculer par le notaire la plus-value, les taxes sur les terrains devenus constructibles et le prix net.
  12. Évaluer le risque professionnel pour la TVA et l'impôt sur le revenu avant d'aménager ou de lotir vous-même.