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Guide des stratégies immobilières, chapitre 117

Assurances et couvertures dans une stratégie

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Un investisseur immobilier peut assurer presque tout, son décès, son incapacité, ses loyers, ses biens, sa responsabilité, ses litiges et même la disparition de la personne qui gère. Chaque contrat a un coût certain et une indemnité incertaine, encadrée par des définitions, des franchises et des exclusions. La question stratégique n'est donc pas de savoir s'il faut s'assurer, mais quels risques transférer à un assureur, lesquels garder à sa charge grâce à la réserve et à quel prix.

Ce chapitre propose une méthode pour comparer le coût d'une couverture au risque qu'elle couvre. Il passe en revue l'assurance emprunteur, l'assurance propriétaire non occupant, la garantie des loyers impayés, la prévoyance et l'assurance dite homme clé, avec deux exemples chiffrés et un exemple de parc. Le fonctionnement des contrats et la conduite d'un sinistre sont présentés dans le Guide du bailleur privé, Assurances et sinistres et l'assurance d'un parc important dans le Guide du bailleur professionnel, L'assurance d'un grand parc. Les données sont arrêtées au 26 octobre 2026. Les tarifs utilisés sont des hypothèses, faute de série publique de prix d'assurance.

Transférer ou garder un risque

Fréquence et gravité

Tout risque se décrit par sa fréquence et sa gravité. Un risque fréquent et peu grave, comme une petite réparation ou un mois de vacance, se garde à sa charge, car la prime d'un contrat qui le couvrirait comprendrait le coût du sinistre, les frais de l'assureur et sa marge. Un risque rare et très grave, comme un décès avec un prêt important ou un incendie engageant la responsabilité du propriétaire, se transfère, car aucune réserve raisonnable ne peut l'absorber.

FréquenceGravité faibleGravité forte
RareGarder, sans provision particulièreTransférer à un assureur
FréquenteGarder, financer par le budget et la réserveRéduire le risque avant de l'assurer, ou renoncer au projet

Entre ces deux pôles, la décision dépend de la taille du patrimoine. Un impayé de six mois est grave pour le propriétaire d'un seul logement et ordinaire pour celui de quinze, dont la réserve mutualisée l'absorbe (chapitre 116).

Le coût rapporté au risque couvert

Trois mesures permettent de comparer une prime au risque qu'elle couvre. Elles se calculent sans connaître la probabilité réelle du sinistre, qui n'est presque jamais publiée par logement ou par profil.

  • Le taux de prime rapporté au capital couvert, par exemple la prime d'assurance emprunteur divisée par le capital restant dû de l'année.
  • La probabilité d'équilibre, égale à la prime divisée par la perte qu'un sinistre provoquerait. Si vous estimez la probabilité réelle inférieure, la couverture vous coûte plus en moyenne qu'elle ne vous rapporte.
  • La perte maximale évitée, qui compte davantage que la moyenne lorsque cette perte forcerait une vente ou mettrait le foyer en difficulté.

Une couverture peut coûter plus que sa perte espérée et rester rationnelle, si elle supprime une perte que le foyer ne pourrait pas supporter. Elle peut aussi coûter peu et rester inutile, si la perte qu'elle couvre est déjà absorbée par la réserve.

La méthode de décision pas à pas

  1. Dressez la liste des risques du patrimoine et du foyer, en vous aidant de la cartographie du chapitre 107 et des risques personnels du chapitre 115.
  2. Chiffrez la perte de chaque risque dans le scénario défavorable, en trésorerie et en patrimoine.
  3. Comparez chaque perte à la réserve disponible. Celles que la réserve absorbe peuvent être gardées.
  4. Recensez les couvertures existantes, y compris celles de l'employeur, de la copropriété et du locataire, pour éviter les doublons.
  5. Demandez des offres et lisez les définitions, franchises, plafonds, exclusions et délais de déclaration.
  6. Calculez le coût après impôt, le taux de prime rapporté au capital couvert et la probabilité d'équilibre.
  7. Décidez risque par risque et notez la raison du choix.
  8. Revoyez les contrats à chaque acquisition, à chaque changement familial et lors de la revue annuelle (chapitre 119).

Le tableau risque par risque

CouvertureRisque couvertCoût indicatif retenuTraitement fiscal pour un bailleur nu au réelPrincipales limites
Assurance emprunteur décès et perte totale et irréversible d'autonomieRemboursement du capital restant dû selon la quotitéHypothèse de 0,15 % du capital restant dû à 0,30 % du capital initial par an et par têteDéductible avec les intérêtsExclusions, âge limite, questionnaire de santé
Garanties incapacité et invaliditéPrise en charge des échéancesComprises ou en optionDéductible avec les intérêtsFranchise, définition de l'incapacité, mode indemnitaire
Propriétaire non occupantResponsabilité civile, dommages non couverts ailleurs, vacanceHypothèse de 100 € à 200 € par an et par lotDéductibleFranchise, garanties optionnelles
Garantie des loyers impayésLoyers, charges, souvent frais de procédure et dégradationsHypothèse de 3 % des loyers charges comprisesDéductibleCritères de solvabilité, plafonds, carence, interdiction de cumul avec une caution
VisaleLoyers impayés pour les locataires éligiblesGratuit pour le bailleurSans objetConditions d'éligibilité et de déclaration
Prévoyance individuelleRevenus du foyer, capital décèsSelon l'âge et les garantiesNon déductible des revenus fonciersPlafonds, franchises, âge limite
Homme cléPerte subie par une société à la disparition de son dirigeantSelon le capital et l'âgeÀ valider par l'expert-comptableRéservée en pratique aux sociétés
Protection juridiqueFrais de litige avec un locataire, un voisin, une entrepriseFaibleSelon le contratSeuils d'intervention, plafonds
Dommages-ouvragePréfinancement des désordres de nature décennaleSelon le chantierSelon la nature des travauxDoit être souscrite avant l'ouverture du chantier

Au régime réel des revenus fonciers, l'assurance emprunteur se déclare avec les intérêts à la ligne 250 de la déclaration 2044, les primes de propriétaire non occupant et de garantie des loyers impayés à la ligne 223 (Guide de la fiscalité immobilière, Les charges déductibles des revenus fonciers). Au micro-foncier, aucune prime n'est déductible en plus de l'abattement forfaitaire. Le coût réel d'une couverture dépend donc du régime fiscal et du taux marginal d'imposition.

L'assurance emprunteur

Ce que la loi garantit à l'emprunteur

Selon l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL), la loi n° 2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine, permet de résilier à tout moment l'assurance d'un crédit immobilier, pour les offres émises depuis le 1er juin 2022 et pour les contrats en cours depuis le 1er septembre 2022. La banque doit émettre l'avenant dans un délai de dix jours ouvrés à compter de la réception de la demande de substitution et motiver tout refus. Le questionnaire de santé est supprimé lorsque la part assurée sur l'encours cumulé des crédits est inférieure à 200 000 € par assuré et que le remboursement prend fin avant le soixantième anniversaire de l'assuré. Le droit à l'oubli est ramené à cinq ans après la fin du protocole thérapeutique pour les cancers et étendu à l'hépatite C (anil.org).

Ces règles relèvent du crédit immobilier du Code de la consommation. Un prêt destiné à une activité professionnelle, comme celui d'un loueur en meublé professionnel, ou un prêt consenti à une société peut en sortir. Faites alors inscrire la faculté de substitution dans l'offre (Guide du bailleur professionnel, L'assurance emprunteur du professionnel).

Le premier exemple chiffré, groupe ou délégation

Exemple illustratif. Un investisseur de quarante ans emprunte 200 000 € sur vingt ans à 3,4 % pour un logement loué nu au régime réel. La mensualité hors assurance est de 1 149,67 €. Le contrat de groupe de la banque coûte, par hypothèse, 0,30 % par an du capital initial pour une quotité de 100 %. Un contrat individuel en délégation coûte, par hypothèse, 0,15 % par an du capital restant dû. Les garanties sont supposées équivalentes.

IndicateurContrat de groupeDélégation
Prime de l'année 1600 €300 €
Prime de l'année 10600 €190 €
Prime de l'année 20600 €20 €
Coût total sur vingt ans12 000 €3 486 €
Coût après impôt, taux marginal de 30 % et prélèvements sociaux de 17,2 %6 336 €1 841 €
Coût après impôt, taux marginal de 11 % et prélèvements sociaux de 17,2 %8 616 €2 503 €

L'écart atteint 8 514 € sur la durée du prêt pour une tête et 17 028 € pour deux têtes assurées à 100 %. Il tient à la base de calcul. La prime du contrat de groupe reste constante alors que le capital couvert diminue.

AnnéeCapital restant dû en début d'annéePrime du groupe rapportée au capital couvertPrime de la délégation rapportée au capital couvert
1200 000 €0,30 %0,15 %
5170 069 €0,35 %0,15 %
10126 461 €0,47 %0,15 %
1574 784 €0,80 %0,15 %
2013 545 €4,43 %0,15 %

La dernière année, le contrat de groupe facture 4,43 % du capital qu'il couvre. Il faudrait une probabilité annuelle de décès ou d'invalidité de cet ordre pour qu'il soit équilibré pour l'assuré. L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publie des tables de mortalité par âge qui permettent de situer ces taux. Un contrat de groupe peut néanmoins rester compétitif pour un emprunteur âgé ou présentant un risque de santé, dont le tarif individuel serait majoré ou assorti d'exclusions.

La sensibilité au tarif et à la quotité

Tarif annuelQuotité totale de 100 %Quotité totale de 150 %Quotité totale de 200 %
0,10 % du capital restant dû2 324 €3 486 €4 648 €
0,15 % du capital restant dû3 486 €5 229 €6 972 €
0,25 % du capital restant dû5 810 €8 715 €11 620 €
0,40 % du capital restant dû9 296 €13 944 €18 592 €
0,30 % du capital initial12 000 €18 000 €24 000 €

Pour un couple, passer d'une quotité totale de 100 % à 200 % double le coût. Avec une délégation à 0,15 %, l'écart est de 3 486 € sur vingt ans. Avec un contrat de groupe, il est de 12 000 €. Le chapitre 115 montre que cette différence décide souvent de la survie du patrimoine au décès du principal apporteur de revenus.

Le scénario défavorable

Supposons que le même prêt soit souscrit par un couple, avec des quotités de 50 % sur chaque tête en délégation. L'un des deux décède au début de la sixième année. Le capital restant dû est de 161 929 €. L'assureur rembourse 80 965 € et le survivant doit poursuivre une mensualité de 574,83 €. Les cinq premières années, le choix de quotités de 50 % plutôt que de 100 % sur chaque tête n'a fait économiser que 1 390 € de primes.

Les garanties incapacité et invalidité

Les garanties incapacité et invalidité sont souvent facultatives pour un prêt locatif. Leur valeur dépend de trois points.

La franchise, souvent de quatre-vingt-dix jours, fixe la part du choc que la réserve doit financer. Le mode d'indemnisation, forfaitaire ou indemnitaire, décide si l'assureur paie l'échéance ou seulement la perte de revenus constatée. La définition de l'invalidité, appréciée par rapport à la profession exercée ou à toute profession, décide si l'assuré sera indemnisé. Le chapitre 115 montre qu'une garantie incapacité ramène le besoin d'un arrêt combiné à un impayé de 7 756 € à 128 € pour le foyer de référence.

La franchise comme variable de décision

La franchise d'une garantie incapacité est la part du risque que l'assuré garde à sa charge. Plus elle est longue, plus la prime baisse, mais plus la réserve doit être élevée. Pour le foyer de référence du chapitre 115, dont les mensualités atteignent 2 542,61 €, une franchise de 90 jours représente 7 628 € d'échéances à financer seul et une franchise de 180 jours 15 256 €. Le bon niveau de franchise est celui que la réserve du foyer couvre sans entamer la réserve d'exploitation des biens (chapitre 116). Demandez à l'assureur le tarif de plusieurs franchises et comparez l'économie de prime annuelle au supplément de réserve qu'elle exige.

Le même raisonnement vaut pour la franchise de l'assurance propriétaire non occupant (PNO), pour le délai de carence de la garantie des loyers impayés (GLI) et pour le seuil d'intervention de la protection juridique. Chaque euro de franchise est un risque gardé, qui doit figurer dans le calcul de la réserve.

L'assurance propriétaire non occupant

Chaque copropriétaire, occupant ou non, doit s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre. Le bailleur d'un lot en copropriété satisfait cette obligation par une assurance propriétaire non occupant (PNO). Pour une maison, aucune obligation ne s'applique (Guide du bailleur privé, Assurances et sinistres).

Sur le plan stratégique, la PNO est l'exemple d'un risque rare et de gravité potentiellement illimitée, la responsabilité du propriétaire envers un locataire ou un voisin. Sa prime, de 100 € à 200 € par an et par lot selon l'hypothèse retenue, est faible au regard de cette exposition. Elle couvre aussi le logement pendant la vacance, quand aucun locataire n'est assuré. Les points à vérifier sont la couverture du mobilier en location meublée, celle de la location saisonnière, la garantie de perte de loyers après sinistre et le recours contre un locataire non assuré.

La garantie catastrophe naturelle est incluse dans tout contrat de dommages aux biens. En 2026, sa franchise légale est de 380 € pour les biens à usage d'habitation et de 1 520 € pour les dommages dus à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Cette franchise reste à la charge du bailleur et entre dans le calcul de la réserve (chapitre 92).

La garantie des loyers impayés et ses alternatives

Les règles qui encadrent le choix

Le bailleur qui souscrit une garantie des loyers impayés (GLI) ne peut pas exiger en plus une caution personne physique, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Visale, garantie gratuite d'Action Logement, se substitue à la caution pour les locataires éligibles et ne se cumule pas avec une GLI hors de ces cas (Guide du bailleur privé, Trouver le locataire et sécuriser les loyers). Le choix se fait donc entre trois stratégies, la GLI, la caution ou Visale, ou l'absence de garantie compensée par une réserve.

Le second exemple chiffré, un lot

Exemple illustratif. Un logement est loué 760 € par mois charges comprises. La GLI coûte, par hypothèse, 3 % des loyers charges comprises, soit 273,60 € par an. Un sinistre type représente six mois d'impayés et 1 500 € de frais de procédure, soit 6 060 €. La probabilité d'équilibre est de 4,51 % par an.

Après impôt, au taux marginal de 30 % et 17,2 % de prélèvements sociaux, la prime nette est de 144,46 € et la perte nette de 3 200 €, puisque les loyers non encaissés ne sont pas imposés et que les frais sont déductibles. Le rapport reste le même.

Le tableau donne le gain annuel moyen de la GLI, égal à la perte espérée évitée diminuée de la prime, selon la durée de l'impayé et la probabilité annuelle de sinistre retenue. Un chiffre négatif signifie que la garantie coûte en moyenne plus qu'elle ne rapporte.

Durée de l'impayéProbabilité de 2 %Probabilité de 4 %Probabilité de 6 %Probabilité de 8 %Probabilité d'équilibre
3 mois-198 €-122 €-47 €29 €7,24 %
6 mois-152 €-31 €90 €211 €4,51 %
12 mois-61 €151 €364 €576 €2,58 %

Aucune source publique ne donne la fréquence des impayés par logement et par profil de locataire. Ces probabilités sont des hypothèses de travail. Le tableau montre que la GLI se justifie d'autant plus que les procédures sont longues, que la sélection du locataire est difficile et que le bailleur ne peut pas supporter la perte. Elle couvre aussi, selon les contrats, des dégradations et des frais de procédure que le tableau ne valorise pas.

L'exemple d'un parc de quinze lots

Pour quinze lots identiques, les primes atteignent 4 104 € par an. Le tableau compare ce coût à la perte espérée et donne la probabilité de subir plusieurs sinistres la même année, en supposant les sinistres indépendants entre lots.

Probabilité par lotPerte espérée par anAucun sinistre dans l'annéeAu moins deux sinistresAu moins trois sinistresPrimes moins pertes espérées sur dix ans
2 %1 818 €73,9 %3,5 %0,3 %22 860 €
4 %3 636 €54,2 %11,9 %2,0 %4 680 €
6 %5 454 €39,5 %22,6 %5,7 %-13 500 €

Avec une probabilité de 2 % ou 4 %, l'auto-assurance coûte moins en moyenne que la GLI. Une réserve de 18 180 €, égale à trois sinistres, couvre une année qui n'arrive qu'avec une probabilité de 0,3 % à 2,0 %. Avec 6 %, la GLI devient moins chère en moyenne. L'hypothèse d'indépendance est la plus fragile. Un parc concentré sur une même clientèle ou un même bassin d'emploi subit des impayés corrélés, ce qui augmente la probabilité d'années difficiles (chapitre 114).

La prévoyance

L'assurance emprunteur ne paie que des échéances déterminées. La prévoyance individuelle verse des indemnités journalières, une rente d'invalidité ou un capital décès, librement utilisables par le foyer. Elle complète la protection lorsque les revenus du foyer financent l'effort d'épargne ou lorsque le survivant doit pouvoir faire face à des droits de succession.

Le salarié dispose souvent d'une prévoyance collective par son employeur, dont il faut lire les garanties avant de souscrire un contrat individuel. Le travailleur indépendant ou le loueur en meublé professionnel affilié à ce titre dépend davantage de contrats individuels, dont les cotisations peuvent relever d'un cadre fiscal particulier (Guide du bailleur professionnel, Le travailleur non salarié et ses assurances). Pour un bailleur en revenus fonciers, les cotisations de prévoyance personnelle ne sont pas des charges de la location.

Le capital décès d'un contrat de prévoyance ou d'assurance vie se dimensionne à partir du chapitre 115. Il doit couvrir la dette restante après l'assurance emprunteur, les droits de succession du bénéficiaire et quelques mois de déficit pendant la réorganisation.

L'assurance homme clé et la continuité de gestion

L'assurance homme clé est souscrite par une société sur la tête d'une personne dont la disparition ou l'incapacité lui causerait une perte. Pour un parc géré par son propriétaire, la perte principale est le coût de la gestion à confier à un tiers. Dans le grand patrimoine du chapitre 116, qui encaisse 113 760 € de loyers par an, un mandat de gestion à 6 % ou 8 % des loyers coûterait, par hypothèse, 6 826 € ou 9 101 € par an, soit 18 202 € sur deux ans au taux de 8 %.

Le traitement fiscal des primes et des indemnités dépend de la forme de l'entreprise et des caractéristiques du contrat. Il se valide avec l'expert-comptable avant la souscription. Pour un particulier en nom propre, le même besoin se couvre par la prévoyance et par une organisation qui permet à un tiers de reprendre la gestion, avec un mandat de protection future, une procuration et un dossier des baux à jour (Guide du bailleur professionnel, Le décès ou l'incapacité du loueur).

Capital, temps, horizon et liquidité

Stratégie de couvertureCapital requisTemps de gestionHorizonLiquiditéRisque principalCesse de fonctionner si
Tout assurerAucun, primes élevéesSélection, déclarations, suivi des contratsDurée des contratsSans objetPayer pour des risques que la réserve absorberaitLes exclusions ou les critères écartent le sinistre
Assurer le grave, garder le fréquentRéserve moyenneModéréPermanentImmédiate pour la réserveSous-estimer un risque gardéLa réserve n'est pas reconstituée
Auto-assurance d'un parcRéserve mutualiséeSuivi des sinistresPermanentImmédiateCorrélation des sinistresPlusieurs chocs frappent ensemble
Assurance minimale légaleRéserve élevéeFaiblePermanentImmédiateChoc grave non couvertUn décès ou une invalidité survient

Les situations particulières

Le couple, la famille recomposée et l'indivision

Pour un couple, la répartition des quotités entre les deux têtes se raisonne selon les revenus de chacun et la propriété des biens. Entre concubins, une assurance décès au profit du survivant peut financer les droits de succession de 60 % sur la part léguée du bien (chapitre 115). Dans une famille recomposée, la clause bénéficiaire d'un capital décès ou d'une assurance vie décide qui, du conjoint ou des enfants d'une autre union, reçoit les fonds. Elle se rédige avec soin et se relit après chaque événement familial.

En indivision, chaque indivisaire doit être assuré au moins à hauteur de sa part de la dette solidaire. Une assurance croisée, chacun assurant la tête de l'autre, permet aux survivants de racheter la part du défunt à ses héritiers.

Le démembrement

L'usufruitier et le nu-propriétaire ont chacun un intérêt à l'assurance du bien. L'usufruitier perçoit les loyers et répond de l'entretien, le nu-propriétaire supporte les grosses réparations et voit son bien reconstruit après un sinistre. La convention de démembrement ou l'acte de donation précise qui souscrit la PNO et au profit de qui. Lorsque le prêt est porté par le nu-propriétaire, son assurance emprunteur reste nécessaire même si l'usufruitier perçoit les loyers (chapitres 58 et 59).

La société civile immobilière et la société à l'impôt sur les sociétés

Une société civile immobilière (SCI) à l'impôt sur le revenu (IR) ou une société à l'impôt sur les sociétés (IS) souscrit les contrats de dommages et de responsabilité à son nom. L'assurance emprunteur porte sur la tête des associés ou du gérant, avec des quotités que la banque fixe selon ceux dont elle estime dépendre le remboursement (Guide des sociétés immobilières, L'assurance emprunteur des associés). Les primes suivent le régime de la société, revenus fonciers pour une SCI à l'IR, charges de l'exercice pour une société à l'IS. Les associés qui ont donné une caution doivent vérifier que l'assurance couvre le prêt garanti, faute de quoi leur caution pourra être appelée après le décès d'un coassocié, puis transmise à leurs propres héritiers pour les dettes nées avant leur décès (Guide des sociétés immobilières, Les assurances de la société).

Le non-résident

Un emprunteur résidant à l'étranger trouve une offre d'assurance emprunteur plus étroite, certains assureurs limitant la couverture selon le pays de résidence. La gestion des déclarations de sinistre à distance suppose aussi un mandataire ou un gestionnaire réactif. Ces contraintes se vérifient avant l'offre d'achat, car elles peuvent conditionner le financement (chapitre 103).

L'outre-mer et les risques naturels

En outre-mer, l'exposition aux cyclones, aux séismes et aux submersions renchérit l'assurance des biens, quand elle ne la limite pas. La franchise catastrophe naturelle, les délais d'expertise et l'éventuelle perte de loyers pendant les réparations se chiffrent avant l'achat (chapitre 88). En métropole, un bien exposé au retrait-gonflement des argiles ou à l'inondation pose les mêmes questions (chapitre 92).

Le type de marché

En zone tendue, la sélection du locataire est plus facile et le loyer plus élevé, si bien que la GLI coûte davantage en euros pour un risque parfois plus faible. En ville moyenne ou en zone rurale, la clientèle plus modeste rend Visale plus fréquemment accessible. Une vacance plus longue renforce l'intérêt d'une PNO qui couvre bien les périodes sans locataire. Le choix d'une couverture se fait donc bien par bien, non une fois pour tout le patrimoine.

L'âge et l'horizon

Le coût de l'assurance emprunteur augmente avec l'âge, de même que la probabilité d'exclusions ou de surprimes. Les garanties incapacité et invalidité cessent en général à un âge limite fixé par le contrat, souvent avant la fin d'un prêt long souscrit tard. Un investisseur de cinquante-cinq ans qui emprunte sur vingt ans doit vérifier ce qui restera couvert à soixante-cinq ans.

L'horizon modifie aussi le raisonnement. Un prêt qui s'achève dans trois ans laisse un capital restant dû faible, qu'une réserve peut absorber, alors qu'un contrat de groupe continue de facturer une prime calculée sur le capital initial. À l'inverse, un jeune investisseur qui enchaîne les acquisitions dépassera vite le seuil de 200 000 € au-delà duquel le questionnaire de santé redevient exigé (chapitre 30).

Les points de vigilance juridiques et fiscaux

Les indemnités d'assurance ne sont pas neutres. En revenus fonciers, elles se déclarent en principe avec les recettes, leur traitement dépendant de ce qu'elles compensent. En location meublée, elles comptent parmi les recettes retenues pour apprécier le statut de loueur professionnel, ce qui peut faire franchir le seuil de 23 000 € une année de sinistre important (Guide du bailleur professionnel, Le statut de loueur en meublé professionnel en détail).

L'assurance vie utilisée pour protéger un proche reste hors succession, sauf primes manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur. Un montage dont le seul but serait d'éluder des droits de succession relève de l'abus de droit des articles L64 et L64 A du Livre des procédures fiscales (LPF) (Guide de la fiscalité immobilière, L'abus de droit fiscal).

Le projet de loi de finances pour 2027

Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, est en discussion au 26 octobre 2026 et aucune de ses mesures n'est adoptée. Les analyses présentées dans le Guide de la fiscalité immobilière, La loi de finances pour 2026 et le projet de loi de finances pour 2027 ne signalent aucune mesure sur la déductibilité des primes d'assurance des bailleurs, sur la fiscalité de l'assurance vie ou sur la garantie des loyers impayés. Un éventuel changement du barème modifierait seulement le coût après impôt des primes déductibles.

Petit et grand patrimoine

Les erreurs fréquentes

  • Garder le contrat de groupe sans comparer. Dans l'exemple, il coûte 8 514 € de plus par tête sur vingt ans à garanties supposées équivalentes.
  • Comparer les prix avant les garanties. Une garantie incapacité indemnitaire moins chère peut ne rien verser à un assuré dont les revenus ne baissent pas.
  • Choisir des quotités de 50 % pour économiser. L'économie de 1 390 € sur cinq ans laisse au survivant une mensualité de 574,83 €.
  • Assurer ce que la réserve absorbe. Pour un parc de quinze lots et une probabilité de 2 %, la GLI coûte 22 860 € de plus que les pertes espérées sur dix ans.
  • Ne pas assurer ce qu'elle n'absorbe pas. Pour un lot unique, un impayé de douze mois avec frais représente 10 620 €, plus que la réserve de nombreux petits bailleurs.
  • Exiger une caution en plus d'une GLI hors locataire étudiant ou apprenti, au risque de la nullité du cautionnement.
  • Résilier un contrat avant l'acceptation du nouveau. Le prêt reste sans l'assurance exigée par la banque.
  • Oublier les franchises. Celle de catastrophe naturelle, 380 € ou 1 520 € en cas de sécheresse en 2026, reste due par le bailleur.

Liste de contrôle

  1. La liste des risques du patrimoine et du foyer est établie avec la perte de chacun dans le scénario défavorable.
  2. Chaque perte est comparée à la réserve disponible pour décider de la garder ou de la transférer.
  3. Les couvertures existantes de l'employeur, de la copropriété et du locataire sont recensées.
  4. L'assurance emprunteur est comparée en délégation, prêt par prêt, avec ses définitions et son coût après impôt.
  5. Les quotités reflètent les revenus de chacun et la propriété des biens.
  6. Une PNO couvre chaque lot en copropriété et la vacance.
  7. Le choix entre GLI, caution ou Visale est fait bien par bien selon le profil du locataire.
  8. La prévoyance complète l'assurance emprunteur pour les revenus du foyer et les droits de succession.
  9. La continuité de gestion est organisée, par une assurance homme clé en société ou par des mandats.
  10. Les franchises sont intégrées à la réserve de précaution.
  11. Les indemnités sont déclarées selon leur nature et leur effet sur le statut de loueur en meublé est vérifié.
  12. Les contrats sont revus à chaque acquisition, à chaque changement familial et lors de la revue annuelle.