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Guide du bailleur professionnel, chapitre 17

Le pilotage par indicateurs

À jour au

Un parc de plusieurs dizaines de lots ne se pilote pas à l'intuition. Les écarts qui comptent, comme une vacance qui s'allonge, un impayé qui vieillit ou un coût d'entretien qui dérape sur un immeuble, restent invisibles dans le solde bancaire jusqu'au moment où ils pèsent sur la trésorerie. Des indicateurs bien définis et suivis à date fixe les font apparaître plusieurs mois plus tôt.

Ce chapitre s'adresse au loueur en meublé professionnel (LMP) et au bailleur qui détient un parc important en nom propre. Il définit les indicateurs utiles, leur mode de calcul et leurs pièges, puis construit un tableau de bord mensuel et un bilan annuel sur un exemple chiffré de 22 lots. Les cinq indicateurs de base d'un petit patrimoine sont présentés dans le Guide du bailleur privé, Tenir ses comptes et piloter son patrimoine. La comptabilité analytique par immeuble, qui fournit les données de coût, fait l'objet du chapitre 103.

Les principes d'un bon indicateur

Un indicateur n'a de valeur que s'il est comparable dans le temps et entre les lots. Cela suppose quatre règles, à fixer par écrit avant le premier calcul.

  1. Une définition stable. Le numérateur, le dénominateur et la période sont écrits une fois pour toutes. Un changement de définition oblige à recalculer l'historique.
  2. Un périmètre clair. Chaque indicateur précise s'il porte sur le lot, l'immeuble, le segment ou le parc entier. Il indique aussi comment sont traités les lots achetés ou vendus en cours d'année.
  3. Une source unique. Les données proviennent de l'outil de gestion et de la comptabilité, jamais d'une ressaisie manuelle (chapitre 16).
  4. Un seuil d'alerte. Chaque indicateur suivi chaque mois porte un seuil au-delà duquel une action est déclenchée et une personne responsable de cette action.

Le nombre d'indicateurs doit rester limité. Une dizaine d'indicateurs mensuels et une quinzaine d'indicateurs annuels suffisent à un parc de cent lots. Au-delà, le tableau de bord n'est plus lu.

Les indicateurs d'occupation

Le taux d'occupation physique

Le taux d'occupation physique rapporte le nombre de jours pendant lesquels les lots sont loués au nombre de jours pendant lesquels ils auraient pu l'être. Il se calcule en lots-jours ou, plus simplement, en lots-mois. Un lot acquis en cours d'année n'entre dans le dénominateur qu'à partir de sa date d'acquisition.

Cet indicateur mesure l'usage du parc, sans tenir compte du loyer. Un studio vide pèse autant qu'une grande maison. Il est utile pour piloter l'activité commerciale et le rythme des relocations, mais il ne mesure pas la perte de revenus.

Le taux d'occupation financier et la vacance financière

Le taux d'occupation financier rapporte les loyers appelés aux loyers potentiels, c'est-à-dire aux loyers qui auraient été appelés si tous les lots avaient été loués toute la période. La vacance financière en est le complément. Elle mesure la part des loyers potentiels perdue faute de locataire.

Deux définitions du loyer potentiel coexistent. La première retient le dernier loyer pratiqué pour chaque lot. La seconde retient un loyer de marché, ce qui fait aussi apparaître le manque à gagner des loyers inférieurs au marché. La première est plus simple et plus objective. La seconde est plus exigeante mais suppose une estimation régulière et prudente des loyers de marché, en respectant les règles d'encadrement et de révision applicables (chapitre 53).

Décomposer la vacance

Un taux global de vacance ne dit pas quoi faire. Décomposez la vacance selon sa cause, car chacune appelle une action différente.

CauseExempleAction
RelocationDélai entre deux locatairesAccélérer la commercialisation, anticiper les préavis (chapitre 63)
TravauxLot neutralisé pour rénovationPlanifier les travaux pendant les périodes creuses (chapitre 65)
SaisonnièreStudio étudiant vide l'étéBail de neuf mois assumé, location courte estivale ou loyer adapté (chapitre 55)
CommercialeLot qui ne trouve pas preneurRevoir le loyer, la typologie ou l'équipement
VolontaireLot réservé à un usage familial ou mis en venteSortir le lot du périmètre ou le signaler à part

La définition statistique du logement vacant retenue par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) couvre notamment le logement proposé à la location ou à la vente, déjà attribué à un locataire en attente d'emménagement ou laissé sans affectation par son propriétaire (insee.fr). Elle sert aux études de marché. Pour piloter votre parc, la décomposition par cause est plus utile que la notion statistique.

La durée de relocation

La durée moyenne de relocation rapporte le nombre de lots-mois vacants pour cause de relocation au nombre de départs. Suivez aussi la part des relocations réalisées sans aucun jour de vacance, c'est-à-dire avec un nouveau locataire entrant le lendemain du départ du précédent. Cet indicateur mesure directement l'efficacité du processus de relocation décrit au chapitre 49.

Les indicateurs d'encaissement

Des loyers potentiels aux loyers encaissés

Trois montants doivent être distingués et suivis chaque mois. Les loyers potentiels mesurent le revenu maximal du parc. Les loyers appelés, ou quittancés, sont ceux réclamés aux locataires en place. Les loyers encaissés sont ceux réellement reçus.

ÉcartCe qu'il mesureIndicateur
Potentiels moins appelésLa vacanceVacance financière
Appelés moins encaissésLes retards et les impayésTaux d'encaissement
Encaissés moins chargesLa performance d'exploitationRevenu net

Le taux d'encaissement et le taux d'impayé

Le taux d'encaissement du mois rapporte les sommes encaissées aux sommes appelées pour ce mois, à une date fixe, par exemple le dernier jour du mois. Le taux d'impayé annuel rapporte les sommes restant dues à la clôture aux loyers appelés de l'année. Ces deux indicateurs ne se confondent pas. Un taux d'encaissement mensuel médiocre peut résulter de simples retards, rattrapés le mois suivant.

La balance âgée des créances

La balance âgée classe les sommes dues par ancienneté, par exemple moins de trente jours, de trente à soixante jours, de soixante à quatre-vingt-dix jours et plus de quatre-vingt-dix jours. Elle est l'indicateur le plus utile pour le recouvrement. Une dette de moins de trente jours se règle souvent par une simple relance, alors qu'une dette ancienne appelle la caution, la garantie ou la procédure (chapitre 113).

Les délais de déclaration prévus par les contrats de garantie des loyers impayés (GLI) et par Visale s'apprécient eux aussi à partir de l'ancienneté de la dette. La balance âgée doit donc faire apparaître, pour chaque dossier, la date limite de déclaration à la garantie (chapitre 52).

Les indicateurs de rentabilité

Le revenu net et le rendement net par lot

Le revenu net d'un lot correspond aux loyers encaissés diminués des charges non récupérées sur le locataire, comme la taxe foncière hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères, les assurances, l'entretien, la cotisation foncière des entreprises (CFE) affectée et une quote-part des frais de gestion. Le rendement net rapporte ce revenu au prix de revient du lot, frais d'acquisition, travaux initiaux et mobilier compris. Le calcul de base est détaillé dans le Guide du bailleur privé, Calculer la rentabilité d'un investissement locatif.

Ce rendement se calcule avant crédit, avant impôt et avant amortissement. Il mesure la performance de l'actif lui-même et permet de comparer des lots achetés à des époques et avec des financements différents. Le revenu net par lot, exprimé en euros, complète utilement le pourcentage, car un lot à faible prix de revient peut afficher un rendement élevé pour un revenu absolu modeste.

La couverture de la dette

Le ratio de couverture de la dette rapporte le revenu net de l'année aux annuités d'emprunt, intérêts, capital et assurance compris. Un ratio inférieur à un signifie que les loyers ne suffisent pas à rembourser les prêts et que la différence est prélevée sur la trésorerie ou sur d'autres revenus. Les banques examinent souvent cet indicateur lors d'une demande de financement ou de refinancement (chapitres 37 et 41).

Le cash-flow d'exploitation

Le cash-flow d'exploitation correspond au revenu net diminué des annuités d'emprunt. Il reste un montant avant impôt, avant cotisations sociales et avant prélèvements personnels de l'exploitant. Son affectation entre réserves, travaux, remboursement anticipé et revenus du foyer relève de la gestion de trésorerie (chapitre 18).

Les indicateurs de coût et de rotation

Le coût de gestion

Le coût de gestion réunit les dépenses consacrées à l'administration du parc, comme les honoraires de l'expert-comptable, les abonnements aux logiciels, les frais bancaires, les frais d'annonces et, le cas échéant, le salaire d'un assistant. Il s'exprime en euros par lot et par an, ainsi qu'en pourcentage des loyers encaissés.

Pour un loueur qui gère lui-même, le coût direct sous-estime fortement le coût réel. Valorisez votre temps à un taux horaire fixé une fois pour toutes, sur la base d'un relevé de vos heures pendant quelques semaines représentatives. Le coût complet ainsi obtenu permet de comparer objectivement la gestion directe, le recrutement d'un salarié et un mandat de gestion (chapitres 12 et 14).

La rotation et son coût

Le taux de rotation rapporte le nombre de départs de l'année au nombre de lots. Il varie fortement selon la clientèle. Un parc d'étudiants connaît une rotation élevée par nature, un parc de familles en location nue une rotation faible. Comparez chaque segment à lui-même d'une année sur l'autre, plutôt qu'à une moyenne générale.

Chaque rotation a un coût, qui additionne la vacance, la remise en état non imputable au locataire, le ménage, les frais d'annonce et le temps passé aux états des lieux et aux visites. Calculez ce coût moyen par segment. Il montre qu'une baisse modérée de la rotation, obtenue par un meilleur service ou des loyers maîtrisés, peut rapporter davantage qu'une hausse de loyer (chapitre 59).

Les indicateurs techniques

L'entretien se suit en euros par lot ou par mètre carré et par an, en séparant l'entretien courant, la remise en état entre deux locataires et les travaux d'amélioration immobilisés (chapitre 71). Le délai moyen de traitement des demandes d'intervention, de la demande à la clôture, mesure la qualité de service. Le nombre d'interventions par équipement révèle les appareils en fin de vie, à remplacer avant la panne.

Les indicateurs de conformité

Un parc important doit aussi suivre des indicateurs de conformité, qui ne mesurent aucune performance financière mais préviennent des risques juridiques. Il s'agit notamment du nombre de diagnostics arrivant à échéance dans les six mois, du nombre de locataires sans attestation d'assurance à jour et de la répartition des lots par classe du diagnostic de performance énergétique (DPE). Les logements classés G sont soumis à des restrictions de location depuis 2025, ceux classés F le seront en 2028 et ceux classés E en 2034, selon les règles détaillées dans le Guide du bailleur privé, Le DPE et le calendrier énergétique et au chapitre 66.

Le suivi du seuil de recettes du LMP

Le loueur en meublé suit enfin ses recettes de l'année au regard des conditions du statut professionnel. Celui-ci suppose des recettes annuelles de location meublée du foyer fiscal supérieures à 23 000 € et supérieures aux autres revenus d'activité du foyer (chapitre 2). Les recettes retenues sont les loyers acquis toutes taxes comprises, charges facturées au locataire comprises.

Un cumul mensuel des recettes acquises depuis le 1er janvier, rapproché des autres revenus d'activité attendus, permet d'anticiper un franchissement ou une perte du statut, avec ses conséquences fiscales et sociales (chapitres 3 et 91). Le seuil s'apprécie par année civile, avec un ajustement au prorata en cas de début ou de cessation d'activité en cours d'année.

Récapitulatif des formules

Le tableau suivant reprend les définitions retenues dans ce chapitre. Recopiez-le en tête de votre propre tableau de bord, en l'adaptant si nécessaire, puis ne le modifiez plus sans recalculer l'historique.

IndicateurFormuleFréquence
Occupation physiqueLots-mois loués divisés par lots-mois disponiblesMensuelle et annuelle
Occupation financièreLoyers appelés divisés par loyers potentielsMensuelle et annuelle
Taux d'encaissementSommes encaissées à date fixe divisées par sommes appelées du moisMensuelle
Taux d'impayéSommes dues à la clôture divisées par loyers appelés de l'annéeAnnuelle
Rendement netRevenu net divisé par prix de revientAnnuelle
Couverture de la detteRevenu net divisé par annuités d'empruntAnnuelle
Cash-flow d'exploitationRevenu net moins annuités d'empruntAnnuelle
RotationDéparts de l'année divisés par nombre de lotsAnnuelle
Vacance par départLots-mois vacants pour relocation divisés par départsAnnuelle
Coût de gestionFrais de gestion, temps valorisé compris, divisés par lotsAnnuelle
Marge sur le statutRecettes meublées du foyer moins le plus élevé du seuil et des autres revenus d'activitéMensuelle en cumul

Le tableau de bord mensuel

Sa structure

Le tableau de bord mensuel tient sur une page. Il s'établit à date fixe, dans les premiers jours du mois suivant, après le rapprochement bancaire. Il réunit les indicateurs qui exigent une réaction rapide, avec leur valeur, leur seuil d'alerte et l'action engagée.

  1. Occupation. Lots vacants en fin de mois, préavis reçus, lots en travaux.
  2. Encaissement. Loyers appelés, loyers encaissés, taux d'encaissement.
  3. Créances. Balance âgée et dossiers à déclarer à la garantie.
  4. Technique. Demandes d'intervention ouvertes et délai moyen de traitement.
  5. Conformité. Attestations d'assurance manquantes et diagnostics à échéance.
  6. Trésorerie. Solde disponible, comparaison avec la prévision et avec la réserve minimale (chapitre 18).
  7. Dépôts de garantie. Rapprochement du compte des dépôts avec la liste des baux en cours.
  8. Statut. Recettes acquises cumulées depuis le 1er janvier.

La routine mensuelle

La valeur du tableau de bord tient à sa régularité. Fixez une date, par exemple le cinquième jour ouvré du mois, ainsi qu'une durée, par exemple une heure. Chaque dépassement de seuil donne lieu à une action datée, notée dans le tableau. Le tableau du mois suivant commence par le point sur ces actions.

Un exemple chiffré sur 22 lots

L'exemple qui suit est une illustration. Les montants sont des hypothèses et ne valent pas calcul pour votre situation.

Le parc

Un loueur en meublé professionnel détient trois segments. Le premier est une résidence de 14 studios loués 430 € par mois hors charges à des étudiants. Le deuxième réunit 6 deux-pièces meublés loués 590 € par mois. Le troisième compte 2 trois-pièces meublés loués 720 € par mois. Le loyer potentiel mensuel du parc atteint 11 000 €, soit 132 000 € par an.

Au cours de l'année, 4 studios restent vides en juillet et en août, puis un studio un mois en octobre. Les deux-pièces cumulent 3 mois de vacance entre locataires. Un trois-pièces est neutralisé deux mois pour travaux. À la clôture, 1 450 € restent dus, soit deux mois d'un studio et un mois d'un deux-pièces. Le parc a connu 9 départs.

Le bilan annuel par segment

Poste annuelStudiosDeux-piècesTrois-piècesParc
Nombre de lots146222
Prix de revient868 000 €570 000 €240 000 €1 678 000 €
Loyers potentiels72 240 €42 480 €17 280 €132 000 €
Loyers appelés68 370 €40 710 €15 840 €124 920 €
Loyers encaissés67 510 €40 120 €15 840 €123 470 €
Taxe foncière4 200 €2 400 €1 300 €7 900 €
Assurances, dont GLI1 300 €900 €400 €2 600 €
Entretien et remise en état6 200 €2 100 €2 400 €10 700 €
CFE500 €280 €120 €900 €
Frais de gestion directs2 545 €1 091 €364 €4 000 €
Revenu net52 765 €33 349 €11 256 €97 370 €

Les frais de gestion directs, soit 4 000 €, réunissent l'expert-comptable, les logiciels, les frais bancaires et divers frais administratifs. Ils sont répartis au prorata du nombre de lots. Les annuités d'emprunt du parc atteignent 81 600 € par an.

Les indicateurs annuels

IndicateurStudiosDeux-piècesTrois-piècesParc
Taux d'occupation physique94,6 %95,8 %91,7 %94,7 %
Taux d'occupation financier94,6 %95,8 %91,7 %94,6 %
Taux d'impayé1,3 %1,4 %0 %1,2 %
Rendement net6,1 %5,9 %4,7 %5,8 %
Revenu net par lot3 769 €5 558 €5 628 €4 426 €
Entretien par lot443 €350 €1 200 €486 €
Taux de rotation42,9 %33,3 %50 %40,9 %
Vacance par départ1,5 mois1,5 mois2 mois1,6 mois

Au niveau du parc, la couverture de la dette s'établit à 1,19, soit 97 370 € de revenu net pour 81 600 € d'annuités. Le cash-flow d'exploitation atteint 15 770 € avant impôt, cotisations sociales et prélèvements personnels. Les frais de gestion directs représentent 3,2 % des loyers encaissés, soit environ 182 € par lot et par an.

La décomposition de la vacance

CauseLots-moisLoyers perdusPart des loyers potentiels
Saisonnière, studios en été83 440 €2,6 %
Relocation42 200 €1,7 %
Travaux21 440 €1,1 %
Total147 080 €5,4 %

La lecture

Le taux d'occupation physique du parc, de 94,7 %, diffère légèrement du taux financier, de 94,6 %. L'écart vient de la pondération, puisque le premier compte chaque lot pour un et que le second pondère par le loyer. Il serait plus marqué si la vacance touchait surtout les grands lots.

Près de la moitié de la vacance est saisonnière et tient à la clientèle étudiante. Elle relève d'un choix de modèle plutôt que d'un défaut de gestion. La question à se poser est de savoir si une location de courte durée en été rapporterait davantage que son coût, compte tenu des règles propres au meublé de tourisme et de leurs effets fiscaux (chapitres 55 et 57). La vacance de relocation, de 1,7 %, est le véritable indicateur de l'efficacité commerciale.

Le segment des trois-pièces affiche le rendement le plus faible, de 4,7 %, alors que son revenu net par lot est le plus élevé. L'explication tient aux travaux de l'année, qui pèsent à la fois sur la vacance et sur l'entretien. Avant toute conclusion, vérifiez si ces travaux sont ponctuels ou récurrents, en comparant avec les années précédentes. Les studios, malgré une rotation de 42,9 %, restent le segment le plus rentable rapporté au prix de revient.

Enfin, le coût de gestion direct de 3,2 % donne une image flatteuse. Si le loueur consacre 300 heures par an à la gestion et valorise son temps à 30 € de l'heure, le coût complet atteint 13 000 €, soit 10,5 % des loyers encaissés et environ 591 € par lot. C'est ce chiffre qu'il faut comparer au coût d'un mandat ou d'un salarié.

Le tableau de bord du mois de novembre

IndicateurValeurSeuil d'alerteAction
Lots vacants en fin de mois0Plus de 2Aucune
Préavis reçus1 deux-pièces, départ fin décembreTout préavisAnnonce publiée, visites planifiées
Loyers appelés11 000 €Sans objetSans objet
Loyers encaissés au 3010 570 €Sans objetSans objet
Taux d'encaissement96,1 %Moins de 97 %Relance du studio concerné
Créances de plus de 30 jours0 €Plus de 0 €Aucune
Demandes d'intervention ouvertes4, délai moyen de 6 joursDélai de plus de 10 joursAucune
Attestations d'assurance manquantes1Plus de 0Demande écrite au locataire
Trésorerie disponible11 980 €Moins de 8 000 €Aucune
Dépôts de garantie22 000 € au compte, 22 000 € selon les bauxTout écartAucune
Recettes acquises depuis janvier113 920 €Sans objetStatut LMP à confirmer avec les autres revenus du foyer

En novembre, un seul indicateur dépasse son seuil financier. La relance du studio est engagée dès le rapprochement. Si la somme n'est pas réglée en décembre, elle passera dans la tranche de plus de trente jours de la balance âgée et appellera la caution ou la garantie.

Un second exemple, quatre lots et le statut

L'exemple qui suit est une illustration. Les montants sont des hypothèses et ne valent pas calcul pour votre situation.

Un couple marié loue quatre studios meublés à 520 € par mois, avec une provision sur charges de 40 € facturée à chaque locataire. Les recettes potentielles, charges facturées comprises, atteignent 26 880 € par an. Un studio reste vide deux mois entre deux étudiants, ce qui ramène les recettes acquises à 25 760 €. Le conjoint qui n'exploite pas perçoit un salaire dont le montant net retenu pour la comparaison est de 24 000 €. Le foyer n'a pas d'autre revenu d'activité.

SituationRecettes meubléesAutres revenus d'activitéMarge sur le statut
Année prévue25 760 €24 000 €1 760 €
Salaire en hausse de 3 %25 760 €24 720 €1 040 €
Recettes calculées hors charges facturées23 840 €24 000 €moins 160 €

Les deux conditions du statut de LMP sont remplies l'année prévue, mais la marge sur la seconde ne représente qu'un peu plus de trois mois de recettes d'un studio. Une vacance plus longue, une hausse de salaire ou une vente peuvent faire basculer le foyer d'une année sur l'autre. La dernière ligne montre l'erreur qui consiste à oublier les charges facturées, que la doctrine inclut dans les recettes. Elle conduirait ce couple à se croire non professionnel alors qu'il est professionnel.

Pour ce petit parc, l'indicateur le plus utile n'est donc ni le rendement ni la rotation, mais la marge cumulée sur le statut, suivie chaque mois. C'est elle qui annonce les changements de régime social et fiscal décrits aux chapitres 3 et 91.

Les cas particuliers

La colocation et la location à la chambre

En colocation avec baux individuels, l'unité de mesure est la chambre et non le logement. Un logement de quatre chambres dont une est vide affiche une occupation physique de 75 %, alors qu'un calcul par logement le présenterait comme occupé. Choisissez l'unité de mesure la plus fine qui correspond à vos baux (chapitre 54).

Les locaux non résidentiels

Un local commercial ou professionnel détenu dans le parc a des cycles très différents, avec des baux longs, des vacances rares mais longues et des loyers indexés sur d'autres indices. Suivez-le dans un segment distinct. Mélangé aux logements, il fausse la lecture de la vacance et de la rotation.

Les acquisitions et les cessions en cours d'année

Un lot acquis en cours d'année entre dans les indicateurs à sa date d'acquisition, au prorata. Un lot vendu en sort à sa date de cession. Pour le rendement, retenez le revenu de la période de détention rapporté sur douze mois, ou signalez le lot à part, faute de quoi l'année d'acquisition paraît anormalement faible.

Les lots en travaux lourds

Un lot neutralisé pendant plusieurs mois pour une rénovation complète peut être sorti du périmètre de l'occupation et suivi à part, avec son budget et son calendrier (chapitre 67). Indiquez-le explicitement dans le tableau de bord, afin que le taux d'occupation reste comparable d'une année sur l'autre.

Le foyer, le couple et le parc mixte

Le seuil du statut s'apprécie sur les recettes de tous les membres du foyer fiscal. Lorsque chaque époux ou partenaire de PACS exploite ses propres lots, le cumul mensuel du statut additionne les deux parcs, même si chacun tient ses propres indicateurs de gestion. Les loyers des logements loués nus relèvent des revenus fonciers et ne comptent pas dans les recettes du statut (chapitre 4). Suivez-les dans un segment distinct, exclu du cumul.

Lorsque des lots sont détenus par une société de personnes soumise à l'impôt sur le revenu, la situation s'apprécie au niveau de chaque associé, à proportion de ses droits. Ses recettes s'ajoutent à celles qu'il perçoit en direct, selon les règles rappelées dans le Guide du bailleur privé, Le statut de loueur en meublé professionnel. Le tableau de bord de la société et celui du foyer se tiennent alors séparément.

L'année du début ou de la fin d'activité

L'année où l'activité commence, les recettes sont ramenées à douze mois au prorata du nombre de jours. Un loueur qui encaisse 12 000 € entre le 1er juillet et le 31 décembre, soit sur 184 jours, est réputé avoir encaissé environ 23 804 € sur l'année et franchit donc le seuil de 23 000 €. Le cumul mensuel doit appliquer ce prorata, faute de quoi il sous-estime fortement la situation de la première année.

Ce que vérifie l'administration

Les indicateurs de gestion n'ont pas à être produits à l'administration. Les données qui les alimentent servent en revanche de base aux déclarations et sont examinées en cas de contrôle (chapitre 89). Trois points méritent une attention particulière.

  1. Les recettes du statut. Elles s'entendent toutes taxes comprises, charges facturées comprises, pour l'ensemble du foyer. Un statut retenu à tort peut entraîner des rectifications portant sur les déficits imputés, les plus-values et les cotisations.
  2. La cohérence entre baux et recettes. Les loyers potentiels de votre base doivent se retrouver dans les recettes déclarées, sous réserve de la vacance et des impayés documentés. Un écart inexpliqué appelle des questions.
  3. Les créances abandonnées. Une créance passée en perte doit pouvoir être justifiée par les démarches de recouvrement engagées (chapitre 106).

Les erreurs fréquentes

  1. Changer de définition d'une année sur l'autre sans recalculer l'historique, ce qui rend les comparaisons trompeuses.
  2. Confondre loyers appelés et loyers encaissés et masquer ainsi les impayés.
  3. Suivre une vacance globale sans la décomposer par cause.
  4. Comparer des segments différents à une moyenne de parc qui ne représente aucun d'eux.
  5. Ignorer le temps du loueur dans le coût de gestion et conclure trop vite que la gestion directe ne coûte rien.
  6. Juger un lot sur une seule année marquée par des travaux ou un impayé exceptionnel.
  7. Multiplier les indicateurs au point que le tableau de bord n'est plus lu.
  8. Laisser vieillir une créance au-delà du délai de déclaration de la garantie faute de balance âgée.

Sur les exemples de ce chapitre, plusieurs de ces erreurs se chiffrent directement. Ignorer le temps du loueur fait apparaître un coût de gestion de 3,2 % des loyers au lieu de 10,5 %. Calculer les recettes du statut hors charges facturées les minore de 1 920 € sur le parc de quatre lots, assez pour inverser la conclusion. Comparer les trois-pièces à la moyenne du parc les fait paraître moins rentables de 1,1 point, alors que l'écart tient à une seule année de travaux.

Ce qui change entre petit et grand parc

ÉlémentQuelques lotsParc important
Nombre d'indicateurs mensuelsQuatre ou cinqUne dizaine
Indicateur prioritaireMarge sur le statut et solde bancaireVacance de relocation, balance âgée, trésorerie
Unité de suiviLe lotLe segment, l'immeuble puis le lot
ResponsableLe loueur seulUn responsable par indicateur
Bilan annuelUne pageUn tableau par segment avec historique

Liste de contrôle

  1. Définitions. Chaque indicateur a une définition écrite, un périmètre et une source.
  2. Seuils. Chaque indicateur mensuel porte un seuil d'alerte et un responsable.
  3. Occupation. Les taux d'occupation physique et financier sont calculés et la vacance est décomposée par cause.
  4. Encaissement. Loyers potentiels, appelés et encaissés sont suivis chaque mois, avec le taux d'encaissement.
  5. Créances. La balance âgée est tenue et les dates limites de déclaration aux garanties y figurent.
  6. Rentabilité. Le revenu net, le rendement net par lot et la couverture de la dette sont calculés chaque année par segment.
  7. Coût de gestion. Le coût direct et le coût complet, temps du loueur valorisé, sont calculés.
  8. Rotation. Le taux de rotation et le coût moyen d'une rotation sont suivis par segment.
  9. Conformité. Les diagnostics à échéance, les attestations d'assurance et la répartition du parc par classe de DPE sont suivis.
  10. Statut. Le cumul des recettes acquises est rapproché chaque mois des conditions du statut de LMP.
  11. Routine. Le tableau de bord mensuel est établi à date fixe et chaque dépassement donne lieu à une action datée.
  12. Foyer. Le cumul du statut additionne les recettes meublées de tous les membres du foyer, exclut les loyers nus et applique le prorata l'année du début d'activité.