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Guide du bailleur professionnel, chapitre 53

Gérer plusieurs types de baux

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Un parc professionnel juxtapose rarement des contrats identiques. Un même loueur peut avoir des appartements loués nus depuis des années, des studios meublés, des chambres d'étudiants, quelques baux mobilité, un meublé de courte durée, des parkings et un local loué à une profession libérale. Chacun de ces contrats obéit à un texte différent, avec sa durée, son dépôt, ses délais de congé, son mode de révision et sa fiscalité.

Le guide privé dresse la carte de ces régimes dans le Guide du bailleur privé, Les régimes juridiques de la location. Ce chapitre traite ce qui change lorsqu'on les gère tous en même temps. Il présente un tableau comparatif complet, les conséquences fiscales du mélange pour un loueur en meublé professionnel (LMP), l'organisation d'un registre des baux et d'un calendrier des échéances, puis les règles à respecter pour faire passer un lot d'un régime à un autre.

Pourquoi la diversité des baux est un sujet de gestion

La diversité des contrats répond souvent à une logique économique. Le meublé étudiant valorise de petites surfaces près d'un campus, le bail mobilité comble l'été ou une période de travaux, le local professionnel diversifie les locataires. Mais chaque régime ajoute ses propres délais et ses propres interdictions.

Les erreurs naissent presque toujours de l'application d'une règle d'un régime à un autre. Un congé délivré avec le préavis du meublé pour un logement loué nu, un dépôt de deux mois demandé en bail mobilité, une révision appliquée à un bail qui l'interdit ou un forfait de charges prévu dans un bail vide exposent le loueur à la nullité de l'acte ou au remboursement des sommes indues. Sur un parc, la même erreur se répète sur tous les lots gérés de la même façon.

Le tableau des régimes

Le tableau suivant compare les régimes que l'on rencontre le plus souvent dans un parc professionnel. Les durées et préavis sont les règles de principe. Les exceptions figurent dans les chapitres du guide privé cités plus loin.

BailTexteDuréeDépôt maximalDépart du locataireFin à l'initiative du bailleur
NuLoi de 1989, titre Ier3 ans, 6 ans si bailleur personne morale1 mois hors chargesPréavis de 3 mois, 1 mois en zone tendue ou cas légauxCongé pour l'échéance, 6 mois avant, pour vente, reprise ou motif légitime et sérieux
MeubléLoi de 1989, titre Ier bis1 an2 mois hors chargesPréavis d'1 moisCongé pour l'échéance, 3 mois avant, mêmes motifs
ÉtudiantLoi de 1989, titre Ier bis9 mois2 mois hors chargesPréavis d'1 moisFin au terme sans congé
MobilitéLoi de 1989, titre Ier ter1 à 10 moisAucunPréavis d'1 moisFin au terme sans congé
ColocationLoi de 1989, article 8-1Selon le bail, vide ou meubléSelon le bail, un par bailSelon le bailSelon le bail, congé adressé à chaque colocataire
TourismeCode du tourismeSéjour de 90 jours consécutifs au plusFixé par le contratFin du séjourFin du séjour
SociétéCode civilLibreLibreSelon le contratSelon le contrat
ProfessionnelLoi du 23 décembre 1986, article 57 A6 ansLibrePréavis de 6 mois à tout momentCongé pour l'échéance, 6 mois avant, sans indemnité
CommercialCode de commerce9 ansLibreFin de chaque période triennale, 6 mois avantRefus de renouvellement par acte de commissaire de justice, avec indemnité d'éviction sauf exception

Le bail nu et le bail meublé de résidence principale suivent les contrats types réglementaires. En colocation, le bail commun suit le modèle en vigueur à la date de signature, mais les baux individuels n'y sont pas soumis (service-public.gouv.fr). Le bail mobilité, le meublé de tourisme, le bail à une société et les baux professionnels et commerciaux n'entrent pas non plus dans ces modèles, comme le rappelle le Guide du bailleur privé, Les régimes juridiques de la location.

Pour le bail nu, la durée de six ans s'applique au bailleur personne morale, comme une société ou une association. La durée de trois ans vaut pour la personne physique (service-public.gouv.fr) et, selon le guide privé, pour la société civile constituée entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus. Le loueur professionnel qui exerce en nom propre, comme entrepreneur individuel, reste une personne physique au regard de ces règles (chapitre 8).

Les charges et la révision du loyer

BailChargesRévision du loyer
NuProvisions avec régularisation annuelleUne fois par an selon l'indice de référence des loyers (IRL), si le bail le prévoit
Meublé et étudiantProvisions ou forfaitUne fois par an selon l'IRL, si le bail le prévoit
MobilitéForfait obligatoireAucune révision pendant le bail
ColocationProvisions ou forfaitSelon le bail, dans les conditions de l'IRL
TourismeComprises dans le prix du séjourPrix fixé pour chaque séjour
SociétéSelon le contratSelon le contrat
Professionnel et commercialSelon le contrat et, pour le commercial, les règles du Code de commerce sur les chargesIndice des loyers commerciaux (ILC) ou des activités tertiaires (ILAT) selon le contrat

L'IRL est publié chaque trimestre par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Le détail de la révision et de la régularisation des charges figure dans le Guide du bailleur privé, Les charges récupérables en détail. Les charges d'un grand parc sont traitées au chapitre 60.

Les garanties selon le bail

Le dépôt de garantie, la caution et l'assurance contre les loyers impayés ne se combinent pas de la même façon selon le régime (chapitre 52). Le bail mobilité interdit le dépôt mais autorise la caution et Visale. Le bail meublé et le bail étudiant admettent un dépôt de deux mois. Les baux à des sociétés, les baux professionnels et les baux commerciaux reposent sur des garanties négociées, comme un dépôt plus élevé, une caution bancaire ou une garantie à première demande.

Choisir le bail lot par lot

Les questions dans l'ordre

Le choix du contrat ne relève pas de la seule préférence du loueur. Il découle de la situation réelle, que le juge rétablirait en cas de litige. Posez les questions suivantes dans l'ordre pour chaque lot et chaque nouvel occupant.

  1. Le bien est-il un logement, un local d'activité, un parking ou une annexe d'un logement loué par le même bailleur ?
  2. L'occupant en fera-t-il sa résidence principale, c'est-à-dire l'occupera-t-il au moins huit mois par an ?
  3. L'occupant est-il une personne physique ou une société qui loge un salarié ?
  4. Le logement est-il équipé du mobilier minimal fixé pour la location meublée ?
  5. L'occupant relève-t-il d'un des publics du bail mobilité ou du bail étudiant ?
  6. S'agit-il d'une clientèle de passage qui séjourne à la nuitée, à la semaine ou au mois sans y élire domicile ?
  7. Le preneur d'un local exerce-t-il une activité commerciale, artisanale ou libérale ? Est-il immatriculé ?

La réponse à ces questions désigne le régime et le modèle à utiliser. La méthode est détaillée dans le Guide du bailleur privé, Les régimes juridiques de la location.

Les arbitrages propres au professionnel

Pour un professionnel, le choix du régime dépend aussi de la stratégie d'exploitation. Le bail nu offre une durée longue et une rotation faible, mais il ne produit pas de recettes de location meublée. Le meublé à l'année produit des recettes en bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et permet l'amortissement au régime réel. Le bail étudiant et le bail mobilité augmentent la rotation et la charge de gestion, en contrepartie d'une meilleure maîtrise du calendrier.

Le meublé de tourisme suit une logique différente, avec ses propres autorisations, ses plafonds de jours dans certaines communes, sa taxe de séjour et des règles fiscales et sociales distinctes. Son intégration dans un parc de longue durée est traitée au chapitre 57. Les prestations para-hôtelières, qui peuvent faire entrer la location dans le champ de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), sont présentées au chapitre 58.

Les conséquences fiscales du mélange

Chaque catégorie de revenus se déclare à part

Les loyers d'un parc mixte ne relèvent pas tous de la même catégorie d'imposition. Les logements nus, les locaux professionnels ou commerciaux loués nus et les parkings loués seuls produisent en principe des revenus fonciers. Les logements meublés, quel que soit le bail, produisent des BIC. La location d'un local professionnel ou commercial équipé du matériel nécessaire à l'activité relève elle aussi des BIC.

CatégorieBaux concernésDéclarationStatut LMP
Revenus fonciersLogements nus, locaux nus, parkings loués seulsDéclaration des revenus fonciersNon concernés
BIC de location meubléeMeublé à l'année, étudiant, mobilité, colocation meublée, meublé de tourismeDéclaration professionnelle de résultatRecettes prises en compte
BIC d'autre natureLocal équipé, prestations para-hôtelièresSelon l'activitéSelon les cas, chapitre 5

Le statut de LMP s'apprécie sur les recettes de location meublée du foyer fiscal. Les loyers des logements nus n'entrent pas dans ces recettes. Un loueur peut donc être LMP pour ses meublés tout en déclarant des revenus fonciers pour ses logements nus (chapitres 2 et 4).

Un parc mixte, exemple chiffré

Exemple illustratif, sans valeur de calcul pour votre situation. Un loueur détient les lots suivants, loués toute l'année sauf indication contraire.

  • 8 logements nus loués 600 € hors charges par mois, soit 57 600 € par an.
  • 1 local loué nu à une profession libérale pour 900 € par mois, soit 10 800 € par an.
  • 4 parkings loués seuls pour 60 € par mois chacun, soit 2 880 € par an.
  • 14 logements meublés à l'année loués 520 € hors charges par mois, soit 87 360 € par an.
  • 6 studios loués à des étudiants par bail de neuf mois pour 450 € par mois, soit 24 300 € par an.
  • 2 logements en bail mobilité loués 700 € par mois et occupés dix mois sur douze, soit 14 000 € par an.

Les revenus fonciers bruts atteignent 57 600 + 10 800 + 2 880, soit 71 280 €. Ils dépassent le plafond de 15 000 € du micro-foncier, ce qui impose le régime réel pour cette catégorie (Guide du bailleur privé, La fiscalité de la location nue). Les recettes de location meublée atteignent 87 360 + 24 300 + 14 000, soit 125 660 €. Elles dépassent le seuil de 83 600 € du micro-BIC pour les revenus de 2026 et le seuil de 23 000 € du statut de LMP. Ce statut dépend toutefois aussi de la comparaison avec les autres revenus d'activité du foyer (chapitre 2).

Le même loueur déclare donc deux résultats distincts. Le déficit éventuel de l'une des catégories suit ses propres règles d'imputation et ne se compense pas librement avec le bénéfice de l'autre (chapitres 4 et 77). Les charges communes, comme les frais d'un logiciel de gestion ou d'un expert-comptable, se ventilent entre les deux catégories selon une clé justifiable.

Un petit parc mixte, second exemple

Exemple illustratif, sans valeur de calcul pour votre situation. Un loueur détient 3 logements nus loués 550 € par mois et 4 studios meublés loués 450 € de loyer et 30 € de forfait de charges, soit 480 € par mois. Ses revenus fonciers bruts atteignent 19 800 €, au-delà du plafond de 15 000 € du micro-foncier, ce qui impose le régime réel pour cette catégorie. Ses recettes meublées, qui s'entendent charges comprises (chapitre 2), atteignent 23 040 € si les quatre studios sont loués toute l'année.

Un seul mois de vacance sur un studio ramène ces recettes à 22 560 €, sous le seuil de 23 000 € du statut de LMP. Le loueur proche de ce seuil voit donc son statut dépendre de la rotation de quelques lots. Le passage d'un logement nu en meublé à la relocation peut suffire à le faire basculer. Ce type de décision se prend en mesurant ses effets sur les cotisations sociales, l'imposition des plus-values et la situation du foyer (chapitres 2 et 3).

La TVA et la cotisation foncière des entreprises

La location de logements nus ou meublés à usage d'habitation est en principe exonérée de TVA. La location de locaux professionnels nus peut être soumise à la TVA sur option du bailleur, jamais celle d'un logement nu. Les prestations para-hôtelières ou certains parkings font entrer le lot dans le champ de la taxe (chapitres 58 et 80). L'activité de location meublée est en principe soumise à la cotisation foncière des entreprises (CFE), dont le régime est présenté au chapitre 81.

Les situations mixtes du foyer

Le statut de LMP s'apprécie au niveau du foyer fiscal. Lorsque l'un des époux ou partenaires loue des logements nus et l'autre des meublés, les recettes meublées des deux sont additionnées pour le seuil de 23 000 €, tandis que les loyers nus restent en revenus fonciers (chapitre 21). Le registre identifie donc pour chaque lot le membre du foyer qui le loue.

En indivision, chaque indivisaire déclare la quote-part des loyers qui lui revient, dans la catégorie correspondant au bail. Un même indivisaire peut ainsi percevoir des revenus fonciers d'une indivision qui loue nu et des recettes meublées d'une autre. Une société civile immobilière (SCI) à l'impôt sur le revenu qui ajouterait des locations meublées habituelles à ses locations nues s'expose, selon le guide privé, à devenir passible de l'impôt sur les sociétés lorsque ces recettes commerciales dépassent 10 % de ses recettes totales hors taxes (Guide du bailleur privé, La SCI). Les meublés se détiennent alors en nom propre ou dans une structure adaptée (chapitre 124).

Le passage du statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) au statut LMP, ou l'inverse, ne modifie pas les baux en cours. Il change en revanche le régime des cotisations sociales, du déficit et des plus-values attachés aux seuls lots meublés, ce qui justifie de suivre les recettes meublées mois par mois lorsque le foyer est proche des seuils.

Le registre des baux

Ce qu'il contient

Le registre des baux est le document de pilotage central d'un parc mixte. Il recense une ligne par lot et une fiche par contrat en cours. Les rubriques suivantes en forment le minimum.

  • L'identifiant du lot, son adresse, sa surface et son classement au diagnostic de performance énergétique (DPE).
  • Le régime du bail, le texte applicable et le modèle utilisé.
  • L'identité du ou des locataires et de leurs garants.
  • La date de prise d'effet, la durée, la date d'échéance et la date de reconduction.
  • Le loyer, son indice de révision, le trimestre de référence et la date de la prochaine révision.
  • Le mode de paiement des charges, provisions ou forfait, ainsi que la date de la dernière régularisation.
  • Le montant du dépôt de garantie et la garantie retenue, caution, Visale ou assurance contre les loyers impayés.
  • La catégorie fiscale des loyers, revenus fonciers ou BIC.
  • Les formalités locales, comme le permis de louer ou l'enregistrement d'un meublé de tourisme.

Ce registre sert aussi à l'expert-comptable pour ventiler les recettes, à l'assureur pour vérifier la liste des lots couverts et au banquier pour apprécier la stabilité des revenus (chapitres 16 et 37).

Le calendrier des échéances

Chaque régime a ses propres dates à ne pas manquer. Le registre permet d'en tirer un calendrier, revu chaque mois, des actions à mener dans les six mois qui viennent.

Exemple illustratif. Le tableau suivant présente les dates à suivre pour quatre baux d'un même parc, au 25 octobre 2026. Les délais de congé se comptent à partir de la réception par le locataire, ce qui justifie un envoi anticipé de plusieurs semaines.

BailPrise d'effetÉchéanceAction et délai
Nu1er juillet 202430 juin 2027Congé du bailleur reçu au moins six mois avant l'échéance, donc avant la fin de décembre 2026
Meublé1er octobre 202530 septembre 2026, reconduit au 30 septembre 2027Congé du bailleur reçu au moins trois mois avant la nouvelle échéance, donc avant la fin de juin 2027
Étudiant1er septembre 202631 mai 2027Aucun congé, état des lieux de sortie à organiser fin mai 2027
Professionnel1er avril 202131 mars 2027Congé du bailleur délivré au moins six mois avant l'échéance, donc avant la fin de septembre 2026

Dans cet exemple, la date du congé pour le bail professionnel est déjà dépassée. Faute de congé, ce bail se reconduit tacitement pour une nouvelle durée de six ans, ce qui rappelle l'utilité d'un calendrier tenu plusieurs mois à l'avance. Pour le meublé, la reconduction automatique au 30 septembre 2026 a reporté l'échéance utile d'un an.

Les révisions de loyer

Les baux d'habitation se révisent selon l'IRL, à la date prévue au bail, s'ils contiennent une clause de révision. Le bail mobilité ne se révise pas. Les baux professionnels et commerciaux se révisent selon l'indice et la périodicité fixés au contrat, dans les limites du Code de commerce pour le bail commercial. Le bailleur qui laisse passer un an après la date de révision prévue au bail perd la révision de l'année écoulée, qui n'a pas d'effet rétroactif, selon les règles présentées dans le Guide du bailleur privé, La révision du loyer et l'IRL.

Sur un parc mixte, regroupez les révisions par indice et par trimestre de référence. La publication trimestrielle de l'IRL par l'INSEE déclenche alors une série de révisions préparées à l'avance.

Exemple illustratif. Pour 8 logements nus loués 600 € par mois, une variation hypothétique de l'IRL de 3 % représente 18 € par mois et par lot, soit 216 € par an et par lot et 1 728 € par an pour les huit. Passé le délai d'un an, la révision de l'année écoulée est définitivement perdue. La hausse manquée n'est pas rattrapée par les révisions suivantes, qui s'appliquent au loyer resté inchangé.

Le registre signale aussi les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique. Pour les baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits depuis le 24 août 2022 en métropole, leur loyer ne peut pas être révisé, comme le précise le Guide du bailleur privé, La révision du loyer et l'IRL. Une révision appliquée par erreur à ces lots devient une somme indue que le locataire peut réclamer.

Intégrer un nouveau lot pas à pas

Chaque lot qui entre dans le parc, par acquisition, fin de travaux ou changement de régime, suit la même séquence.

  1. Qualifier le lot en répondant aux sept questions présentées plus haut, puis inscrire le régime retenu et sa justification au registre.
  2. Vérifier les conditions propres au régime, comme le mobilier minimal du meublé fixé par décret (Guide du bailleur privé, Équiper un logement meublé), le public du bail mobilité ou la destination prévue par le règlement de copropriété.
  3. Accomplir les formalités locales, comme le permis de louer, la déclaration de mise en location ou l'enregistrement d'un meublé de tourisme.
  4. Choisir le modèle de bail dans la bibliothèque et fixer le dépôt, les charges et la clause de révision conformes au régime.
  5. Choisir la garantie compatible avec le régime et le bailleur (chapitre 52).
  6. Renseigner la catégorie fiscale du lot et informer l'expert-comptable de son entrée en BIC ou en revenus fonciers.
  7. Programmer les échéances du bail dans le calendrier, révision, congé, reconduction et régularisation des charges.

Faire passer un lot d'un régime à un autre

Le principe

Un bail en cours ne change pas de régime par la seule volonté du loueur. Un logement loué nu ne devient pas meublé parce que le bailleur y installe des meubles. Le souhait de louer en meublé n'est pas non plus un motif de congé. Le changement de régime suppose donc la fin du bail en cours, soit par le départ du locataire, soit par un congé délivré pour l'un des motifs prévus par le régime applicable.

Les situations courantes

Passer du nu au meublé. Le changement intervient à la relocation, après le départ du locataire. Le nouveau bail suit alors le contrat type du meublé, avec l'inventaire du mobilier exigé. Les recettes de ce lot passent des revenus fonciers aux BIC à compter de la nouvelle location, ce qui modifie les deux déclarations de l'année.

Passer du meublé au nu. Le loueur retire le mobilier à la relocation et applique le contrat type du bail nu, avec une durée de trois ans ou de six ans selon sa qualité. Les recettes de ce lot sortent des BIC, ce qui peut modifier l'appréciation du statut de LMP l'année suivante. Les biens inscrits au bilan d'un LMP posent alors la question de leur sortie de l'actif, qui peut faire naître une plus-value professionnelle (chapitres 78 et 130).

Passer de la longue durée au meublé de tourisme. Le changement suppose la libération du logement, puis les formalités du meublé de tourisme, notamment la déclaration ou l'enregistrement en mairie et, dans certaines communes, l'autorisation de changement d'usage (chapitre 57). Le règlement de copropriété peut aussi limiter cette activité.

Passer du meublé à l'année au bail étudiant ou au bail mobilité. Le loueur adapte le bail à chaque relocation selon le profil de l'occupant, à condition que celui-ci remplisse les conditions du régime choisi. Un bail mobilité conclu avec une personne qui n'entre dans aucun des publics prévus par la loi perd les avantages de ce régime.

Les cas particuliers

Le logement et ses annexes

Un parking, une cave ou un jardin loués avec le logement par le même bailleur suivent le régime du bail d'habitation. Ils ne peuvent pas être repris séparément en cours de bail sans l'accord du locataire. Loués seuls, ils relèvent du Code civil et de contrats distincts, présentés dans le Guide du bailleur privé, Garages, parkings et boxes.

Le bail à une société

La location d'un logement à une société qui y loge un salarié relève en principe du Code civil, faute de résidence principale du preneur. La liberté contractuelle y est large, mais le contrat doit tout prévoir, de la durée au dépôt en passant par le congé. Le Guide du bailleur privé, Louer à une société ou loger des salariés en détaille les clauses. Pour un loueur en meublé, ces loyers restent des recettes de location meublée.

La colocation sous plusieurs formes

Un même immeuble peut comporter des colocations à bail unique et des colocations à baux individuels. La forme choisie commande la solidarité, le dépôt, les cautions et la gestion des départs. Elle se fixe à la mise en location et se modifie difficilement ensuite (chapitre 54).

Le local mixte

Un local à usage mixte d'habitation et professionnel relève de la loi de 1989 lorsque le locataire y a sa résidence principale. Il suit alors la durée du bail nu. Ses spécificités sont présentées dans le Guide du bailleur privé, Le local à usage mixte habitation et professionnel.

Le lot acheté avec son bail

L'acquéreur d'un lot loué reprend le bail en cours avec son régime, sa durée et ses clauses. Il ne peut pas en changer la nature avant l'échéance. Vérifiez dans l'audit d'acquisition que la qualification du bail correspond aux faits, car un bail mal qualifié par le vendeur expose l'acquéreur à une requalification (chapitre 27).

Ce que vérifie l'administration

L'administration fiscale s'attache à la réalité de chaque régime. Un logement déclaré meublé mais dépourvu du mobilier minimal peut voir ses loyers requalifiés en revenus fonciers, ce qui réduit d'autant les recettes prises en compte pour le statut de LMP. À l'inverse, un local loué équipé peut relever des BIC alors que le loueur le déclarait en revenus fonciers. La ventilation des charges communes entre les deux catégories doit reposer sur une clé que vous pouvez expliquer, comme la part des loyers ou le nombre de lots.

Le locataire et le juge, de leur côté, rétablissent le régime réel du bail. Un bail mobilité conclu hors des publics prévus, un bail meublé sans mobilier suffisant ou un bail à une société utilisé pour loger une personne qui y a sa résidence principale peuvent être requalifiés, avec application rétroactive des règles du régime applicable sur la durée, le congé et le dépôt.

SujetPetit parcGrand parc
RégimesDeux ou trois régimes maîtrisésTous les régimes utiles, avec un modèle par régime
RegistreTableur tenu par le loueurRegistre centralisé avec une fiche par contrat
CalendrierRevue trimestrielleProduction mensuelle avec un responsable par action
FiscalitéDeux déclarations préparées avec l'expert-comptableVentilation analytique des recettes et des charges par catégorie
Changement de régimeDécision au cas par casPolitique écrite par segment de parc

Les erreurs fréquentes

  • Utiliser un seul modèle de bail pour des lots relevant de régimes différents.
  • Appliquer le préavis de congé du meublé à un logement loué nu, ou l'inverse.
  • Demander un dépôt de garantie dans un bail mobilité ou un dépôt de deux mois pour un logement nu.
  • Prévoir un forfait de charges dans un bail nu de résidence principale.
  • Réviser un bail mobilité ou oublier pendant plusieurs années la révision des autres baux.
  • Laisser passer la date de congé d'un bail professionnel ou commercial et subir une reconduction de six ou neuf ans.
  • Oublier les révisions d'un groupe de lots, soit 1 728 € par an pour huit lots dans l'exemple d'une variation de 3 %.
  • Louer en meublé un logement dont le mobilier ne respecte pas la liste réglementaire, au risque d'une requalification en location nue.
  • Ajouter des meublés dans une SCI à l'impôt sur le revenu qui loue nu.
  • Déclarer les loyers des logements nus avec les recettes de location meublée, ou inversement.
  • Compter les loyers des logements nus dans les recettes servant à apprécier le statut de LMP.
  • Délivrer un congé pour vente ou reprise dans le seul but de changer de régime.
  • Oublier les formalités locales propres à certains régimes, comme le permis de louer ou l'enregistrement d'un meublé de tourisme.

Liste de contrôle

  1. Registre. Chaque lot figure au registre avec son régime, son texte applicable et son modèle de bail.
  2. Qualification. Le régime retenu correspond à la nature du bien, à l'usage réel de l'occupant et à sa qualité.
  3. Modèles. Une bibliothèque de modèles à jour existe pour chaque régime utilisé, y compris les contrats types en vigueur.
  4. Dépôts. Le dépôt de chaque bail respecte le plafond de son régime.
  5. Charges. Le mode de paiement des charges est autorisé par le régime, forfait compris.
  6. Révisions. Les révisions sont planifiées par indice et par trimestre de référence.
  7. Échéances. Le calendrier des congés et des reconductions couvre au moins les douze mois à venir.
  8. Fiscalité. Les loyers sont ventilés entre revenus fonciers et BIC et les charges communes selon une clé justifiable.
  9. Statut. Les recettes de location meublée seules servent à apprécier le statut de LMP.
  10. Changements. Tout changement de régime d'un lot est préparé à la relocation, avec ses effets juridiques, fiscaux et comptables.
  11. Foyer. Le membre du foyer, l'indivision ou la société qui loue chaque lot est identifié au registre.
  12. Seuils. Les recettes meublées sont suivies mois par mois lorsque le foyer est proche des seuils du micro-BIC ou du statut de LMP.
  13. Mobilier. L'inventaire de chaque meublé couvre la liste réglementaire.
  14. Nouveaux lots. Chaque lot entrant suit la séquence d'intégration, de la qualification à la programmation des échéances.