Sortir d'une société immobilière coûte toujours quelque chose. Les associés peuvent faire vendre l'immeuble par la société puis la liquider, vendre leurs parts, dissoudre la société et se partager les biens en nature, faire racheter les parts d'un seul associé ou conserver la société et transmettre les parts. Chaque voie déclenche ses propres impôts, ses propres droits d'enregistrement et ses propres frais, à des moments différents et à la charge de personnes différentes. La voie la moins chère sur le papier n'est pas toujours la plus réaliste, car elle suppose un acquéreur, un accord entre associés ou du temps.
Ce chapitre recense d'abord les postes de coût de chaque voie, puis les compare sur des cas chiffrés, pour une société civile immobilière (SCI) soumise à l'impôt sur le revenu (IR) et pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). Il montre l'effet de la durée de détention, de la surtaxe appréciée au niveau de la société et de l'origine des biens partagés. Les règles de fond sont détaillées ailleurs, notamment la cession de parts au chapitre 117, la vente de l'immeuble au chapitre 118, la dissolution amiable au chapitre 122, la liquidation et le partage au chapitre 123 et la dissolution judiciaire au chapitre 124. Les erreurs de sortie font l'objet du chapitre 126. Les chiffres sont ceux en vigueur au 25 octobre 2026.
Les voies de sortie
| Voie | Ce qui sort | Qui supporte l'impôt | Condition pratique |
|---|---|---|---|
| Vente de l'immeuble puis liquidation | L'immeuble, puis la société | La société pour les associés à l'IR, la société puis les associés à l'IS | Un acquéreur de l'immeuble |
| Cession des parts | Les associés, la société reste | Chaque associé cédant | Un acquéreur des parts, l'agrément des associés |
| Dissolution et partage en nature | La société, les associés gardent les biens | La société pour la plus-value, les associés pour les droits | Des lots partageables, un accord sur leur valeur |
| Retrait ou rachat d'un associé | Un seul associé | L'associé sortant | La trésorerie ou le crédit de la société |
| Conservation et transmission | Personne dans l'immédiat | Les héritiers ou donataires, en droits de mutation | Un projet familial durable |
La cinquième voie ne libère pas de liquidités. Elle figure dans la comparaison parce qu'elle est souvent l'alternative réelle à une sortie coûteuse, en particulier pour une société à l'IS dont l'impôt latent est élevé (chapitres 77 et 116).
Les postes de coût
L'impôt sur la plus-value
Dans une SCI à l'IR, la plus-value de vente de l'immeuble est imposée au nom des associés personnes physiques selon le régime des plus-values immobilières des particuliers. Le taux est de 19 % d'impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux, après des abattements pour durée de détention calculés depuis l'acquisition par la société (chapitre 62). Le prix d'acquisition peut être majoré d'un forfait de 7,5 % pour frais d'acquisition et, après cinq ans, d'un forfait de 15 % pour travaux, selon le Guide du bailleur privé, La plus-value immobilière en détail.
| Durée de détention | Abattement d'impôt sur le revenu | Abattement de prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | Aucun | Aucun |
| 6e à 21e année | 6 % par an | 1,65 % par an |
| 22e année | 4 % | 1,60 % |
| 23e à 30e année | Exonération acquise | 9 % par an |
| Au-delà de 30 ans | Exonération | Exonération |
La cession de parts d'une SCI à l'IR à prépondérance immobilière relève du même régime et des mêmes taux, mais sans forfait de frais ni de travaux, le prix de revient des parts se calculant selon des règles propres (chapitre 63). Dans une société à l'IS, la plus-value de vente se calcule sur la valeur nette comptable, sans abattement. Elle supporte l'IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les sociétés éligibles au taux réduit puis 25 % (chapitre 76). Le boni de liquidation et la plus-value de cession des parts d'une société à l'IS supportent ensuite chez l'associé personne physique le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème (chapitres 75 et 77).
La surtaxe sur les plus-values élevées
La taxe de l'article 1609 nonies G du Code général des impôts (CGI) frappe les plus-values immobilières imposables à l'impôt sur le revenu supérieures à 50 000 €, à un taux de 2 % à 6 % appliqué dès le premier euro avec un lissage à l'entrée des tranches. Lorsque l'immeuble est vendu par une SCI à l'IR, le seuil s'apprécie au niveau de la société. L'administration admet de ne retenir que la plus-value correspondant aux droits des associés redevables de l'impôt sur le revenu, en excluant la quote-part des associés soumis à l'IS et celle des associés exonérés au titre de leur résidence principale (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 60, version du 18 juillet 2023). Lorsque les associés cèdent leurs parts, chacun est un cédant distinct et le seuil s'apprécie pour chacun (chapitre 63).
Les droits d'enregistrement
| Opération | Droit | Redevable en principe |
|---|---|---|
| Vente de l'immeuble ancien | Droits de mutation à titre onéreux (DMTO), soit 5,80665 % ou 6,3185 % selon le département, plus la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % | L'acquéreur |
| Cession de parts d'une société à prépondérance immobilière | 5 % du prix, sans abattement, minimum de 25 € | L'acquéreur, sauf convention contraire |
| Partage de l'actif net entre associés | Droit de partage de 2,5 % | Les copartageants |
| Partage entre époux ou partenaires après divorce, séparation de corps ou rupture d'un pacte civil de solidarité (PACS) | Droit de partage de 1,10 % | Les copartageants |
| Bien apporté repris par l'apporteur | Taxe de publicité foncière de l'article 678 du CGI | L'attributaire |
| Bien apporté attribué à un autre associé | DMTO sur la valeur totale, sauf société purement familiale | L'attributaire |
Le droit de 5 % sur les cessions de parts est confirmé par la fiche officielle sur la cession de parts de SCI, vérifiée le 9 juillet 2026 (entreprendre.service-public.gouv.fr). Le taux de 2,5 % s'applique aux partages entre coassociés, le taux de 1,10 % étant réservé depuis le 1er janvier 2022 aux partages consécutifs à la rupture d'une union (BOI-ENR-PTG-10-10, § 70). Pour une société non soumise à l'IS, le tableau synoptique de la doctrine distingue les acquêts sociaux soumis au droit de partage des biens apportés soumis à un régime propre (BOI-ANNX-000263). Ce tableau mentionne un taux de 0,715 % pour la reprise d'un immeuble par son apporteur. Faites confirmer par le notaire le taux applicable à la date de l'acte.
Les taux de DMTO sont ceux retenus aux chapitres 7 et 43. Ils sont payés par l'acquéreur de l'immeuble, comme le droit de 5 % est payé par l'acquéreur des parts. L'un comme l'autre pèse donc indirectement sur le vendeur, puisque l'acquéreur raisonne sur un coût total.
Les frais de procédure et de formalités
Depuis le 1er janvier 2026, l'annonce légale de l'acte de nomination des liquidateurs coûte 153 € hors taxes et l'avis de clôture de liquidation 111 € hors taxes en métropole, selon les tarifs forfaitaires fixés par l'arrêté du 19 novembre 2025 (entreprendre.service-public.gouv.fr). La Réunion et Mayotte appliquent des tarifs plus élevés. S'y ajoutent les frais de formalités au greffe pour la dissolution et la radiation, dont le montant se vérifie au moment de la formalité.
Les autres frais ne sont pas réglementés de façon uniforme ou dépendent du dossier. Il s'agit des émoluments du notaire pour l'acte de partage d'immeubles, des honoraires de l'expert-comptable pour les comptes de liquidation, des honoraires de l'avocat ou du notaire pour l'acte de cession de parts, obligatoire depuis le 27 juin 2026 pour une société à prépondérance immobilière, des diagnostics de vente et, le cas échéant, des indemnités de remboursement anticipé du prêt. Demandez un devis écrit pour chaque poste avant de choisir une voie.
Les coûts cachés
Trois coûts n'apparaissent sur aucune facture. Le premier est la décote que l'acquéreur de parts exige pour reprendre une société avec son passé, ses dettes éventuelles et, à l'IS, son impôt latent. Le deuxième est la décote d'une vente précipitée, par exemple après une dissolution judiciaire (chapitre 124). Le troisième est le coût du temps, qu'il s'agisse des frais annuels d'une société qui survit sans immeuble ou, à l'inverse, des abattements qu'une vente prématurée fait perdre.
Comparer pas à pas
- Rassembler les données. Réunissez les statuts, l'acte d'acquisition ou d'apport de chaque immeuble, le dernier bilan ou la dernière déclaration n° 2072, l'état des comptes courants et le tableau d'amortissement du prêt.
- Faire estimer les biens. Obtenez une estimation de la valeur vénale de chaque immeuble et, pour une cession de parts, de la valeur des parts avec la décote probable.
- Calculer l'impôt de chaque voie. Appliquez le bon régime, plus-value immobilière de la société, plus-value sur parts, IS puis boni, en tenant compte des associés de nature différente.
- Ajouter les droits et les frais. Intégrez les droits payés par l'acquéreur, le droit de partage, les droits sur les biens apportés, les actes, les annonces et les honoraires.
- Tester le calendrier. Refaites le calcul à la date des prochains paliers d'abattement et après l'expiration d'un éventuel délai de conservation lié à un déficit foncier.
- Mesurer la faisabilité. Vérifiez l'existence d'un acquéreur, l'accord des associés, la trésorerie disponible et les autorisations nécessaires pour un associé mineur ou protégé.
- Faire valider. Soumettez la comparaison au notaire et à l'expert-comptable avant toute décision.
Comparaison 1. Une SCI familiale à l'IR
Les hypothèses
Deux frères détiennent à parts égales une SCI à l'IR, sans dette, qui a acheté en 2008 un immeuble de deux appartements pour 200 000 €, financé par des apports en capital. En 2026, après dix-huit années de détention, l'immeuble vaut 400 000 € net vendeur, soit 200 000 € par appartement. Les frais retenus sont des hypothèses de calcul, soit 1 500 € de diagnostics pour la vente, 1 500 € d'expert-comptable pour la liquidation et 264 € hors taxes d'annonces légales, ainsi que 1 250 € d'acte par frère pour une cession de parts.
Voie 1. Vente de l'immeuble puis liquidation
Le prix d'acquisition majoré des forfaits atteint 245 000 € et la plus-value brute 155 000 €. Après 78 % d'abattement, la base d'impôt sur le revenu est de 34 100 €, soit 6 479 € d'impôt. Après 21,45 % d'abattement, la base des prélèvements sociaux est de 121 752 €, soit 20 941 €. La plus-value imposable de 34 100 €, appréciée au niveau de la société, reste sous le seuil de la surtaxe.
La société encaisse 400 000 €, paie 27 420 € d'impôt et 3 264 € de frais, puis partage 369 316 €. Le droit de partage de 2,5 % atteint 9 233 €. Chaque frère reçoit 180 042 €.
Voie 2. Cession des parts à un tiers
Chaque frère vend ses parts 200 000 €. Son prix de revient étant de 100 000 €, sa plus-value est de 100 000 €, sans forfait. Après abattements, ses bases sont de 22 000 € et 78 550 €, soit 4 180 € d'impôt et 13 511 € de prélèvements sociaux. Après 1 250 € d'acte, il encaisse 181 059 €.
L'acquéreur paie 20 000 € de droits de 5 %, contre 23 227 € de DMTO à 5,80665 % s'il achetait l'immeuble. Si l'acquéreur obtient une baisse de prix pour que son coût total reste de 400 000 €, chaque frère ne vend plus que 190 476 € et encaisse 173 220 €.
Voie 3. Dissolution et partage en nature
Chaque frère reçoit un appartement. L'immeuble ayant été acquis par la société, l'attribution est une cession réalisée par la société, imposée comme une vente sur la valeur des biens (BOI-RFPI-PVI-10-30, § 110 et 120). L'impôt reste de 27 420 €, mais la société n'a pas de trésorerie et les frères doivent le financer.
Le droit de partage de 2,5 % porte sur 400 000 €, soit 10 000 €. Avec les frais de liquidation, chaque frère supporte 19 592 € hors émoluments du notaire. Il détient un appartement de 200 000 €, soit une valeur nette d'environ 180 408 €.
Le tableau comparatif
| Voie | Impôts et droits supportés par les frères | Frais | Net par frère |
|---|---|---|---|
| Vente puis liquidation | 36 653 € | 3 264 € | 180 042 € en liquidités |
| Cession des parts à 400 000 € | 35 382 € | 2 500 € | 181 059 € en liquidités |
| Cession des parts, prix réduit des droits | 32 012 € | 2 500 € | 173 220 € en liquidités |
| Partage en nature | 37 420 € | 1 764 € et émoluments du notaire | Environ 180 408 € en valeur d'appartement |
Les trois voies aboutissent à des montants proches. L'écart réel tient au prix que l'acquéreur accepte, à la décote qu'il demande pour reprendre une société et au coût de l'acte notarié de partage. La cession de parts épargne aux vendeurs les frais de liquidation, mais elle transfère à l'acquéreur une société avec son passé, ce qui justifie souvent une garantie de passif. Le partage en nature convient aux associés qui veulent garder les biens, à condition de financer l'impôt sans liquidités.
L'effet du temps
La même SCI de la comparaison 1 vend l'immeuble au même prix après des durées de détention différentes. Le tableau suivant isole l'impôt sur la plus-value, à prix constant, ce qui suppose que le marché ne baisse pas pendant l'attente.
| Durée de détention | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total |
|---|---|---|---|
| 18 ans | 6 479 € | 20 941 € | 27 420 € |
| 20 ans | 2 945 € | 20 062 € | 23 007 € |
| 21 ans | 1 178 € | 19 622 € | 20 800 € |
| 22 ans | Exonéré | 19 195 € | 19 195 € |
| 25 ans | Exonéré | 11 997 € | 11 997 € |
| 30 ans | Exonéré | Exonéré | 0 € |
Attendre la vingt-deuxième année fait économiser 8 225 € par rapport à une vente à dix-huit ans. Ce gain se compare au rendement que les associés tireraient du capital libéré, aux frais annuels de la société et au risque de baisse des prix. À l'IS, l'attente n'apporte aucun abattement et la plus-value comptable augmente au contraire avec les amortissements (chapitre 76).
La surtaxe et le seuil apprécié au niveau de la société
Une SCI à l'IR détenue par deux associés personnes physiques à parts égales réalise une plus-value imposable de 80 000 € après abattement. Le seuil s'appréciant au niveau de la société, la surtaxe de 2 % s'applique au total, soit 1 600 €. Si les deux associés avaient détenu l'immeuble en indivision, chacun aurait réalisé 40 000 €, montant inférieur au seuil, sans aucune surtaxe. S'ils cèdent leurs parts au lieu de faire vendre l'immeuble, chaque cédant apprécie le seuil sur sa propre plus-value.
La tolérance administrative joue lorsqu'un associé est soumis à l'IS. Si la moitié des parts appartient à une holding, seule la quote-part de 40 000 € revenant à l'associé personne physique est retenue pour le seuil et la surtaxe disparaît. La quote-part de la holding est imposée dans son propre résultat, selon les règles des plus-values professionnelles (chapitre 64).
Comparaison 2. Une SCI à l'IS
Les hypothèses
Une famille détient une SCI à l'IS qui a acheté en 2012 un immeuble de 1 000 000 €, dont 200 000 € de terrain. Après quatorze ans d'amortissement à 2 % sur 800 000 €, la valeur nette comptable est de 776 000 €. L'immeuble vaut 1 600 000 €. Le capital est de 10 000 € et les comptes courants des associés atteignent 300 000 €. Il n'y a pas de dette bancaire. Les frais de vente et de liquidation sont estimés à 15 000 €, l'acte de cession de parts à 5 000 €.
Voie 1. Vente de l'immeuble puis liquidation
La plus-value de 824 000 € supporte un IS de 201 750 €. Il reste 1 383 250 € de trésorerie. Les comptes courants sont remboursés sans impôt.
Le boni de 1 073 250 €, après reprise du capital, supporte 337 001 € de PFU. Le droit de partage de 2,5 % sur l'actif net partagé de 1 083 250 € atteint 27 081 €. Les associés perçoivent au total 1 019 168 €, comptes courants compris, pour un coût global de 580 832 €.
Voie 2. Cession des parts
L'acquéreur reprend l'impôt latent de la société. Il négocie une décote, ici fixée à la moitié de l'IS latent, soit 100 875 €. Le prix des parts devient 1 199 125 € et les comptes courants sont cédés à leur nominal de 300 000 €.
La plus-value de cession des parts, de 1 189 125 €, relève du régime des valeurs mobilières et supporte 373 385 € de PFU. Après 5 000 € d'acte, les associés encaissent 1 120 740 €. L'acquéreur paie 59 956 € de droits de 5 %. Si la décote couvre la totalité de l'IS latent, les associés encaissent 1 051 540 €.
Voie 3. Partage en nature
Les associés gardent l'immeuble. L'attribution dégage la même plus-value et le même IS de 201 750 €, puis le boni en nature supporte le même PFU et le même droit de partage. La société n'a pas la trésorerie pour payer l'IS et les associés doivent financer environ 565 000 € d'impôts et de droits sans avoir rien vendu. Cette voie n'a de sens que si les associés disposent de ces liquidités et ont une raison forte de détenir l'immeuble en direct.
Voie 4. Conservation
La société garde l'immeuble et continue de le louer. Aucun impôt de sortie n'est dû dans l'immédiat, mais l'impôt latent augmente avec les amortissements. Les parts peuvent être transmises, leur valeur tenant compte de l'impôt latent selon des méthodes que l'administration examine (chapitre 107).
| Voie | Coût fiscal total | Encaissé par les associés |
|---|---|---|
| Vente puis liquidation | 565 832 € d'IS, PFU et droit de partage | 1 019 168 € |
| Cession des parts, décote de 50 % de l'IS latent | 373 385 € de PFU, plus 59 956 € de droits payés par l'acquéreur | 1 120 740 € |
| Cession des parts, décote de 100 % | 341 711 € de PFU | 1 051 540 € |
| Partage en nature | Environ 565 000 € à financer | L'immeuble, sans liquidités |
| Conservation | Aucun dans l'immédiat | Les loyers, l'impôt latent reste dû à terme |
La cession des parts paraît moins coûteuse parce qu'une partie de l'IS latent est laissée à l'acquéreur. Cet avantage dépend entièrement de la négociation et suppose un acquéreur prêt à reprendre une société à l'IS. Les chiffres de cette comparaison sont illustratifs et doivent être refaits avec l'expert-comptable sur le bilan réel.
Comparaison 3. L'origine du bien partagé
Le père a apporté en 2015 à une SCI à l'IR un appartement qui vaut aujourd'hui 250 000 €. La société est dissoute et l'appartement est attribué en nature. Le coût des droits sur cette attribution varie selon l'attributaire, hors plus-value et hors émoluments du notaire.
| Attributaire | Régime | Droits |
|---|---|---|
| Le père, apporteur | Taxe de publicité foncière, au taux indiqué par le tableau synoptique de la doctrine | 1 788 € |
| Le fils, si la société n'a jamais compté que des parents ou alliés | Droit de partage de 2,5 %, sans droit de mutation | 6 250 € |
| Le fils, si un associé étranger à la famille a été associé | DMTO à 5,80665 % sur la valeur totale | 14 517 € |
L'écart vient de la théorie de la mutation conditionnelle des apports. Le bien apporté attribué à un associé autre que l'apporteur est réputé lui avoir été vendu, sauf lorsque la société n'a été composée que de parents ou alliés depuis sa création, cas dans lequel l'opération peut être assimilée à un partage successoral (BOI-ENR-AVS-30-20-20, § 120, 140 et 220, version du 5 août 2015).
Comparaison 4. La sortie d'un seul associé
Trois frères et sœurs détiennent une SCI à l'IR qui vaut 450 000 € net de dettes. L'aînée veut sortir et ses parts valent 150 000 €. Elle les a souscrites douze ans plus tôt pour 60 000 €. Deux voies s'offrent à elle sans dissoudre la société, le rachat de ses parts par les deux autres associés ou son retrait, qui oblige la société à lui rembourser la valeur de ses parts (chapitre 32).
En cas de rachat par ses frère et sœur, sa plus-value de 90 000 € relève de l'article 150 UB du CGI. Après des abattements de 42 % et de 11,55 %, les bases sont de 52 200 € et de 79 605 €, soit 9 918 € d'impôt sur le revenu et 13 692 € de prélèvements sociaux. Sa plus-value imposable dépasse le seuil de 50 000 €, apprécié à son seul niveau. Une surtaxe de 654 € s'ajoute donc. Les acquéreurs paient 7 500 € de droits de 5 % et le coût de l'acte établi par notaire ou avocat.
En cas de retrait, la société doit trouver 150 000 €, en empruntant ou en vendant un bien. Le retrait prend la forme d'une réduction de capital. Son traitement au regard de l'article 150 UB n'est pas détaillé par la doctrine consultée pour le chapitre 63, de sorte que le régime fiscal de l'opération doit être établi par le notaire ou l'avocat avant la décision. Le coût du financement, intérêts et frais de garantie, s'ajoute pour la société.
| Point | Rachat par les associés | Retrait |
|---|---|---|
| Financement | Les associés qui restent | La société |
| Droits d'enregistrement | 5 % du prix, soit 7 500 € | Selon le régime de la réduction de capital, à faire établir |
| Imposition de la sortante | 24 264 € avec la surtaxe | À faire établir par le conseil |
| Accord nécessaire | Agrément selon les statuts | Statuts, unanimité des autres ou juge |
Le coût de ne rien faire
Une SCI qui a vendu son dernier immeuble sans être dissoute continue de devoir ses déclarations, ses frais bancaires et souvent les honoraires de son expert-comptable. À titre d'hypothèse, 1 450 € de frais annuels représentent 7 250 € sur cinq ans, sans aucune utilité. Une société à l'IS qui conserve sa trésorerie reste imposée sur ses produits financiers et ses associés ne peuvent pas disposer des fonds sans distribution imposée. La mise en sommeil, présentée au chapitre 121, n'est qu'une solution d'attente.
Les situations particulières
Le couple marié, pacsé ou concubin
Le taux réduit de 1,10 % du droit de partage concerne les partages entre époux ou partenaires consécutifs à un divorce, à une séparation de corps ou à la rupture d'un PACS. Il ne s'applique pas au partage du boni d'une société entre associés, même lorsque ceux-ci sont mariés. Entre concubins, aucun taux réduit n'existe. La comparaison des voies au moment d'une séparation est présentée au chapitre 127 et dans le Guide du bailleur privé, Le couple face à la séparation.
Les enfants mineurs
Lorsque des parts appartiennent à un enfant mineur, la cession de ses parts, le partage ou l'attribution d'un bien en sa faveur peuvent exiger l'autorisation du juge des tutelles (chapitre 20). Le coût de cette procédure et son délai entrent dans la comparaison.
Les parts démembrées
Lorsque les parts sont démembrées, le prix de cession ou le boni se répartit entre usufruitier et nu-propriétaire, chacun calculant sa propre plus-value (chapitre 63). Le report de l'usufruit sur les liquidités, par quasi-usufruit, évite de payer immédiatement les droits que coûterait un partage du prix, mais crée une dette de restitution dont les effets sont présentés au chapitre 112.
Les associés non-résidents
La quote-part de plus-value d'un associé non-résident relève du régime des non-résidents, avec ses règles propres de représentation et d'exonération (chapitre 65). Une convention fiscale peut attribuer le droit d'imposer à un autre État. Le coût d'une voie peut donc différer d'un associé à l'autre.
La SCI à l'IR qui a basculé à l'IS
Pour une SCI qui a opté pour l'IS, toutes les voies se chiffrent avec les règles de l'IS, y compris pour les immeubles achetés avant l'option. Lorsque la renonciation à l'option est encore possible, elle constitue une voie supplémentaire à comparer (chapitre 77).
Plusieurs sociétés
Lorsque la famille détient plusieurs sociétés, la sortie peut combiner les voies, par exemple la cession des parts d'une société et la conservation d'une autre. Les seuils de la surtaxe s'apprécient société par société, non pour l'ensemble du groupe familial.
Ce que surveille l'administration
L'administration contrôle d'abord les valeurs. Un immeuble vendu ou attribué à un associé en dessous de sa valeur, une décote excessive sur des parts cédées entre proches ou un partage déséquilibré sans soulte peuvent être rectifiés. Elle vérifie aussi la qualification des remboursements de comptes courants, qui échappent à l'impôt, par rapport au boni, qui y est soumis.
Un montage dont le but exclusivement fiscal est d'éviter l'impôt d'une voie en empruntant artificiellement une autre peut être examiné au titre de l'abus de droit de l'article L64 du livre des procédures fiscales (chapitre 132). Le choix entre deux voies réelles, chacune assortie de son coût, n'est pas en soi un abus. C'est l'artifice qui l'est, par exemple une cession de parts suivie immédiatement d'un partage organisé à l'avance.
Ce qui évolue au 25 octobre 2026
Le formalisme de l'article 1865-1 du Code civil, applicable depuis le 27 juin 2026, augmente le coût de chaque cession de parts d'une société à prépondérance immobilière. Son champ exact fait encore débat pour certaines opérations, comme les apports de parts, ainsi que le signale le chapitre 39.
Le projet de loi de finances pour 2027, en discussion à cette date, peut modifier le taux des prélèvements sociaux ou du PFU, donc le coût du boni et de la cession de parts d'une société à l'IS. Selon les analyses publiées citées au chapitre 62, il ne modifie pas en l'état le régime des plus-values immobilières des particuliers. Refaites les calculs avec les taux en vigueur à la date de l'opération.
Les erreurs fréquentes
- Comparer les voies sans les droits payés par l'acquéreur. Dans la comparaison 1, l'acquéreur paie 20 000 € de droits sur les parts et 23 227 € sur l'immeuble, ce qui pèse sur le prix obtenu.
- Appliquer le taux de 1,10 % au partage entre associés. Sur 400 000 € d'actif net, l'erreur sous-estime le droit de partage de 5 600 €.
- Oublier la plus-value dans un partage en nature. Dans la comparaison 1, elle représente 27 420 € que les associés doivent financer.
- Ignorer l'origine des biens. Dans la comparaison 3, l'écart atteint 12 729 € selon l'attributaire.
- Vendre juste avant un palier d'abattement. Une vente à vingt et un ans au lieu de vingt-deux coûte 1 605 € de plus dans la comparaison 1.
- Négliger la surtaxe appréciée au niveau de la société. Elle coûte 1 600 € dans l'exemple présenté, alors qu'une indivision n'en aurait pas supporté.
D'autres erreurs, souvent plus coûteuses, sont chiffrées au chapitre 126. Elles concernent notamment les formalités, les comptes courants et la conduite de la liquidation.
Liste de contrôle
- Toutes les voies réalistes ont été identifiées, y compris la conservation.
- La date d'acquisition de chaque immeuble par la société est connue, ainsi que les prochains paliers d'abattement.
- La plus-value a été calculée selon le bon régime, immeuble ou parts, IR ou IS.
- La surtaxe a été vérifiée au niveau de la société et, pour une cession de parts, au niveau de chaque cédant.
- Les droits payés par l'acquéreur ont été intégrés dans le prix attendu.
- L'origine de chaque bien partagé, apport ou acquêt, est documentée.
- Le taux du droit de partage retenu correspond à la situation, 2,5 % entre associés.
- Les frais d'acte de cession de parts depuis le 27 juin 2026 ont été chiffrés sur devis.
- Les annonces légales, les frais de greffe et les honoraires de liquidation ont été estimés.
- À l'IS, l'impôt latent, le boni et la décote probable ont été calculés avec l'expert-comptable.
- Les comptes courants sont justifiés et distingués du boni.
- La situation des associés mineurs, démembrés, non-résidents ou soumis à l'IS a été examinée.
- Les calculs ont été refaits avec les taux en vigueur à la date prévue de l'opération.