Louer en dessous du marché à un ménage aux ressources modestes peut être un choix stratégique et non seulement un geste social. En contrepartie d'un loyer plafonné, le bailleur obtient selon la formule une réduction d'impôt, une garantie de paiement, la prise en charge de la vacance et de la remise en état, ou un prix d'achat réduit. La décision revient à arbitrer entre trois grandeurs, le loyer perdu, la sécurité gagnée et l'avantage fiscal, sur toute la durée de l'engagement.
Ce chapitre compare les formules accessibles à un particulier, du conventionnement Loc'Avantages à l'usufruit locatif social. Il donne ensuite une méthode pour choisir. Il chiffre sur neuf ans un même logement loué au prix du marché et sous quatre formules de loyer maîtrisé, puis compare l'achat d'une nue-propriété en usufruit locatif social à l'achat du même logement en pleine propriété. Le cadre de gestion figure dans le Guide du bailleur privé, Louer à loyer abordable, la fiscalité dans le Guide de la fiscalité immobilière, Le Loc'Avantages et le Cosse. Le droit et les données sont ceux connus au 26 octobre 2026.
Le panorama des formules
Ce que le bailleur cède et ce qu'il obtient
Les formules de loyer maîtrisé diffèrent par la nature de l'avantage, la durée de l'engagement et la personne qui supporte le risque locatif. Le tableau suivant les compare du point de vue d'un investisseur particulier.
| Formule | Ce que le bailleur cède | Ce qu'il obtient | Durée | Renvoi |
|---|---|---|---|---|
| Loc'Avantages sans intermédiation | Loyer plafonné, locataire sous plafond de ressources, régime réel pour tout le foyer | Réduction d'impôt de 15 % ou 35 % des loyers bruts | Convention de six ans | Guide de la fiscalité immobilière, Le Loc'Avantages et le Cosse |
| Loc'Avantages avec mandat à une agence sociale | Mêmes contraintes, honoraires de gestion | Réduction de 20 %, 40 % ou 65 %, gestion par l'agence, garantie possible | Six ans, bail d'au moins trois ans | Guide du bailleur privé, L'intermédiation locative et la location à une association |
| Loc'Avantages avec location à une association | Mêmes contraintes, choix de l'occupant par l'association | Réduction de 20 %, 40 % ou 65 %, loyer payé même en cas de vacance, remise en état | Six ans, contrat de trois ans renouvelable | Même renvoi |
| Location à une association sans convention | Loyer proposé par l'association | Paiement garanti et restitution du logement libre, sans réduction d'impôt | Trois ans renouvelables | Même renvoi |
| Bail à réhabilitation | Jouissance de l'immeuble pendant au moins douze ans | Réhabilitation financée par l'organisme preneur, améliorations acquises sans indemnité en fin de bail | Douze ans au moins | Guide du bailleur privé, Bail emphytéotique, bail à construction et baux de longue durée |
| Usufruit locatif social | Loyers pendant quinze ans au moins | Achat de la nue-propriété avec décote, sans gestion ni impôt sur la fortune immobilière sur ce bien | Quinze ans au moins | Guide de la fiscalité immobilière, L'usufruit locatif social et l'achat de nue-propriété |
| Dispositif Jeanbrun à loyer social ou très social | Loyer et ressources sous plafonds, location nue | Amortissement majoré de 3,5 % à 5,5 % selon le logement et le niveau | Neuf ans | Guide de la fiscalité immobilière, Le dispositif Jeanbrun, analyse technique |
Le logement locatif intermédiaire des investisseurs institutionnels relève d'un régime propre aux personnes morales et ne concerne pas l'investisseur particulier en direct.
Les paramètres du Loc'Avantages
La convention signée avec l'Agence nationale de l'habitat (Anah) dure six ans et peut être prolongée par avenant pour trois ans, renouvelable. Les taux de réduction sont de 15 % et 20 % en loyer intermédiaire, 35 % et 40 % en loyer social, 65 % en loyer très social, ce dernier niveau exigeant l'intermédiation locative. Ils s'appliquent aux conventions conclues au plus tard le 31 décembre 2027. Pour une convention à loyer très social, l'Anah peut verser une prime d'intermédiation locative de 1 000 € à 3 000 € et une prime de réservation de 2 000 € à 4 000 € si le préfet désigne le locataire (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 11 août 2025). La demande se dépose avant la signature du bail ou au plus tard deux mois après sa prise d'effet.
Trois règles pèsent sur la stratégie. La réduction porte sur les loyers bruts, ce qui la rend indépendante des charges. Elle n'est ni reportable ni remboursable et entre dans le plafonnement global des avantages fiscaux de 10 000 € par foyer. Enfin, elle impose le régime réel à l'ensemble des revenus fonciers du foyer, ce qui supprime l'abattement du micro-foncier sur les autres logements loués nus.
Les engagements à tenir pendant la convention
Pendant toute sa durée, la convention suit le logement. Le loyer peut être révisé chaque année selon l'indice de référence des loyers si le bail le prévoit, sans dépasser le plafond révisé. Si le locataire part, le logement doit être reloué aux conditions de la convention dans un délai maximal d'un an. Le congé du bailleur n'est possible que dans des cas limités et une vente impose de faire figurer les engagements dans l'acte et de signer un avenant avec l'Anah. Ces contraintes réduisent la liberté d'arbitrage du bailleur et doivent être intégrées à la valeur du logement pendant six ans au moins, comme l'expose le guide du bailleur privé précité.
Le plafond n'est pas une décote fixe
Le loyer plafond est calculé pour chaque logement à partir du loyer de marché moyen de la commune et de la surface, au moyen du simulateur de l'Anah, avec des décotes d'environ 15 %, 30 % et 45 % selon le niveau. Un logement ordinaire, loué près de la moyenne communale, subit à peu près ces décotes. Un logement rénové, bien situé ou de petite surface, dont le loyer de marché dépasse nettement la moyenne, subit un écart réel beaucoup plus fort. Un logement modeste, en dessous de la moyenne, peut au contraire supporter le plafond sans perte notable. La première étape de toute décision est donc la simulation du plafond du logement lui-même.
La méthode de décision pas à pas
- Établir le loyer de marché réel du logement à partir des annonces comparables observées et, lorsqu'il existe, de l'observatoire local des loyers, puis estimer la vacance et le risque d'impayé en gestion directe.
- Simuler les plafonds des trois niveaux avec le simulateur de l'Anah et calculer l'écart réel avec le loyer de marché.
- Mesurer la capacité fiscale du foyer, impôt disponible chaque année pour absorber la réduction, place restante sous le plafonnement global et autres logements au micro-foncier.
- Choisir le mode de gestion entre gestion directe, mandat à une agence immobilière à vocation sociale ou location à une association, puis chiffrer ses coûts et garanties.
- Comparer sur la durée de l'engagement les revenus nets après impôt de chaque formule et de la location libre, avec un taux d'actualisation.
- Tester la sensibilité à l'écart de loyer, au taux marginal d'imposition (TMI) et à la fin de convention.
- Prévoir la sortie par prolongation, retour au marché ou vente avec la convention, en mesurant son effet sur la valeur du logement.
Le cas chiffré sur neuf ans
Les hypothèses
L'exemple qui suit est illustratif et ses montants sont des hypothèses. Un couple marié, au TMI de 30 %, possède déjà un deux-pièces de 45 mètres carrés dont le loyer de marché est de 600 € par mois hors charges, supposé égal au loyer moyen de la commune. Le foyer loue par ailleurs un autre logement nu 6 000 € par an, avec 1 000 € de charges réelles, déclaré au micro-foncier tant que c'est possible. Son impôt sur le revenu avant réduction est de 6 000 € par an.
| Hypothèse | Valeur retenue |
|---|---|
| Loyer de marché | 600 € par mois, sans indexation |
| Loyers plafonnés supposés | 510 € en loyer intermédiaire, 420 € en loyer social, 330 € en loyer très social |
| Gestion directe | Un mois de vacance tous les trois ans et 2 % d'impayés |
| Mandat à une agence sociale | Même vacance, impayés couverts par une garantie gratuite, honoraires de 8 % |
| Location à une association | Loyer versé douze mois par an, sans impayé |
| Charges non récupérables | 1 570 € par an |
| Primes en loyer très social | 3 000 € la première année, hypothèse dans le bas des fourchettes, traitées comme recettes imposables |
| Fiscalité | Micro-foncier en location libre, régime réel imposé par la convention, prélèvements sociaux de 17,2 % |
| Durée | Convention de six ans prolongée de trois ans, réduction supposée maintenue |
| Actualisation | 3 % par an |
Les résultats
| Formule | Loyer encaissé par an | Impôt sur ce logement | Coût du réel sur l'autre logement | Réduction | Revenu net annuel | Cumul sur neuf ans | Valeur actuelle à 3 % |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Loyer de marché en direct | 6 860 € | 2 267 € | 0 € | 0 € | 3 023 € | 27 211 € | 23 541 € |
| Loc1 sans intermédiation | 5 831 € | 2 011 € | 378 € | 875 € | 2 747 € | 24 722 € | 21 387 € |
| Loc2 avec agence sociale | 4 900 € | 1 387 € | 378 € | 1 960 € | 3 134 € | 28 203 € | 24 399 € |
| Loc2 avec association | 5 040 € | 1 638 € | 378 € | 2 016 € | 3 471 € | 31 235 € | 27 022 € |
| Loc3 avec association | 3 960 € | 1 128 € | 378 € | 2 574 € | 3 458 € | 32 709 € | 28 465 € |
Le revenu net annuel est celui d'une année courante, après charges, honoraires, impôt et prélèvements sociaux. Le cumul du loyer très social inclut les primes de la première année, qui rapportent environ 1 584 € après impôt. Le coût du réel sur l'autre logement correspond à la perte de l'abattement de 30 %, soit 800 € de base supplémentaire imposée à 47,2 %.
Le loyer intermédiaire sans intermédiation est ici défavorable. Sa réduction de 15 % ne compense ni la baisse de loyer ni le passage au réel. Les formules à loyer social et très social avec une association procurent un revenu supérieur à la location libre, parce que la réduction porte sur les loyers bruts et que l'association supprime la vacance et l'impayé. Le mandat à une agence sociale se situe entre les deux, ses honoraires absorbant une partie du gain.
La sortie de convention
Le résultat dépend fortement des trois dernières années. Si la convention n'est pas prolongée et que le logement, rendu libre par l'association, est reloué au prix du marché, le cumul du loyer social avec association atteint 29 894 € et celui du loyer très social 31 404 €. Si en revanche le loyer reste plafonné sans que la réduction soit maintenue, par exemple parce que la prolongation dépasse la période d'application du dispositif, le cumul tombe à 25 187 € en loyer social avec association et à 22 323 € avec une agence sociale, en dessous de la location libre. Le maintien de la réduction pendant une prolongation se vérifie auprès de l'Anah et du service des impôts au moment de la demande d'avenant.
Les tests de sensibilité
L'écart de loyer et le TMI
Le tableau suivant donne le gain ou la perte annuelle de la formule à loyer social avec location à une association, comparée à la location libre, selon l'écart réel entre le loyer de marché du logement et le loyer plafonné et selon le TMI du foyer. Les autres hypothèses sont inchangées.
| Écart réel de loyer | TMI de 11 % | TMI de 30 % | TMI de 41 % |
|---|---|---|---|
| 15 % | Plus 1 553 € | Plus 1 449 € | Plus 1 389 € |
| 30 % | Plus 346 € | Plus 447 € | Plus 506 € |
| 45 % | Moins 861 € | Moins 555 € | Moins 378 € |
Le point mort, écart au-delà duquel la formule devient moins favorable que la location libre, se situe à environ 36,7 % au TMI de 30 %, 34,3 % au TMI de 11 % et 38,6 % au TMI de 41 %. Le TMI modifie peu ce seuil, car la réduction d'impôt ne dépend pas de lui. L'écart de loyer est la variable décisive.
La valeur de la sécurité
Le calcul de la location libre suppose un impayé moyen de 2 % des loyers. Un seul sinistre, six mois d'impayés et 2 000 € de remise en état sur neuf ans, coûte 5 600 € avant effet fiscal, soit environ 622 € par an. Il ramènerait le revenu annuel de la location libre d'environ 3 023 € à environ 2 401 € et rendrait plus favorables toutes les formules avec intermédiation. La sécurité apportée par une association a donc une valeur réelle, d'autant plus élevée que le bailleur est éloigné, peu disponible ou sans réserve de trésorerie (chapitre 109).
Le scénario défavorable combiné
Le scénario défavorable réunit un foyer retraité au TMI de 11 %, dont l'impôt avant réduction n'est que de 600 €, avec un écart réel de loyer de 40 %. La réduction calculée est limitée à l'impôt disponible et le surplus est perdu. Le revenu annuel de la formule à loyer social avec association tombe à 2 349 €, contre 3 936 € en location libre au même TMI, soit une perte de 1 587 € par an. Pour ce profil, une déduction sur le revenu foncier ou la location libre avec une garantie de loyers est en général plus adaptée qu'une réduction d'impôt.
Le bail à réhabilitation
Le bail à réhabilitation, prévu aux articles L252-1 et suivants du Code de la construction et de l'habitation, permet de confier un immeuble à un organisme d'habitations à loyer modéré, une société d'économie mixte, une collectivité ou un organisme agréé. Le preneur s'engage à le réhabiliter et à le louer en logements. Le bail est conclu pour douze ans au moins, sans tacite reconduction. Les améliorations reviennent au propriétaire sans indemnité en fin de bail. Selon le Guide de la fiscalité immobilière, Les recettes imposables au régime réel, la remise des constructions prévues au bail n'est en principe pas imposable à son expiration.
Cette formule vise un cas précis, celui du propriétaire d'un immeuble dégradé qui ne peut pas ou ne veut pas financer sa remise en état. Il renonce à tout revenu pendant au moins douze ans et retrouve un immeuble réhabilité, dont l'état à la restitution dépend des clauses du bail. La stratégie s'apparente à un placement sans rendement courant dont le gain est la valeur des travaux. Elle convient mal à un propriétaire qui a besoin de revenus ou qui envisage de vendre avant l'échéance, l'immeuble se vendant alors grevé du bail.
L'usufruit locatif social, un loyer maîtrisé sans gestion
Le mécanisme
L'investisseur achète la nue-propriété d'un logement, le plus souvent neuf, pendant qu'un bailleur social en acquiert l'usufruit pour quinze ans au moins et le loue sous plafonds. Il ne perçoit aucun loyer, ne déclare pas le bien à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) et peut déduire les intérêts d'un emprunt de ses autres revenus fonciers. Au terme, il recouvre la pleine propriété sans droit ni impôt. La doctrine admet en outre de retenir, pour la plus-value d'une revente après réunion, la valeur de la pleine propriété à la date d'achat de la nue-propriété. Ces règles sont détaillées dans le guide de la fiscalité précité. L'achat de nue-propriété en général est traité au chapitre 58.
Comparaison avec la pleine propriété
L'exemple suivant, illustratif, compare par le taux de rendement interne (TRI), sur quinze ans et sans crédit, deux façons d'investir dans le même appartement neuf d'une valeur de 200 000 €. En usufruit locatif social, l'investisseur paie 120 000 € pour la nue-propriété, soit 60 %, plus 3 600 € de frais. Il revend libre au terme. En pleine propriété, il paie 200 000 € plus 5 000 € de frais, loue 650 € par mois avec un mois de vacance tous les trois ans et 2 % d'impayés, supporte 1 800 € de charges et déclare au micro-foncier au TMI de 30 %, soit un revenu net d'environ 3 176 € par an. La revente intervient au bout de quinze ans dans les deux cas.
| Évolution annuelle de la valeur | Valeur au bout de quinze ans | TRI en usufruit locatif social | TRI en pleine propriété |
|---|---|---|---|
| Moins 1 % | 172 012 € | 2,23 % | 0,51 % |
| Stable | 200 000 € | 3,26 % | 1,40 % |
| Plus 1 % | 232 194 € | 4,10 % | 2,30 % |
Le TRI de l'usufruit locatif social provient presque entièrement de la décote de 40 % payée à l'achat, qui rémunère quinze années de loyers abandonnés. Dans cet exemple, où le rendement brut de la pleine propriété n'est que de 3,9 %, la décote vaut davantage que les loyers nets après impôt. Le classement s'inverserait pour un logement dont le rendement locatif net serait plus élevé ou pour une décote plus faible. Avec une hausse de 1 % par an, l'impôt sur la plus-value de l'usufruit locatif social atteint 6 280 €, après application de la tolérance sur le prix d'acquisition.
L'usufruit locatif social comporte des risques propres. L'investisseur ne perçoit aucun revenu pendant quinze ans, son capital est peu liquide puisque le marché secondaire des nues-propriétés est étroit. La valeur finale dépend en outre de l'état du logement restitué. Sans autres revenus fonciers, la déduction des intérêts d'un emprunt se perd en partie, faute de revenus sur lesquels l'imputer dans les dix ans.
Le dispositif Jeanbrun à loyer social
Pour un investisseur qui achète, le dispositif Jeanbrun associe un loyer maîtrisé à un amortissement déductible des revenus fonciers. Il vise les logements situés dans un immeuble collectif acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, neufs ou anciens avec des travaux d'au moins 30 % du prix menant à une classe A ou B du diagnostic de performance énergétique. Selon la fiche officielle vérifiée le 21 juillet 2026, le taux d'amortissement est de 4,5 % dans le neuf et 3,5 % dans l'ancien en loyer social, de 5,5 % et 4 % en loyer très social, contre 3,5 % et 3 % en loyer intermédiaire. Le plafond annuel de 8 000 € par foyer est majoré de 2 000 € ou de 4 000 € lorsque la moitié au moins des revenus des logements amortis provient de locations sociales ou très sociales (service-public.gouv.fr).
L'arbitrage n'est pas le même qu'avec le Loc'Avantages. L'amortissement réduit le revenu imposable et vaut le TMI augmenté des prélèvements sociaux, alors que la réduction Loc'Avantages vaut un pourcentage du loyer quel que soit le TMI. L'amortissement déduit minore en outre le prix d'acquisition retenu pour la plus-value. Le guide de la fiscalité conclut que les deux avantages ne se cumulent pas pour un même logement. Le dispositif est présenté sous l'angle du neuf au chapitre 45 et de l'ancien au chapitre 46.
Capital, temps, horizon et liquidité
| Formule | Capital requis | Temps de gestion | Horizon | Liquidité | Risque principal |
|---|---|---|---|---|---|
| Loc'Avantages en direct | Logement déjà détenu ou acheté | Moyen, gestion d'un bail et d'une convention | Six ans au moins | Vente possible avec la convention | Écart de loyer, impôt insuffisant |
| Loc'Avantages avec association | Logement décent, parfois travaux | Faible | Six ans au moins | Vente possible, contrat transmis | Solidité et agrément de l'association |
| Bail à réhabilitation | Immeuble dégradé, aucun apport de travaux | Très faible | Douze ans au moins | Faible pendant le bail | Qualité de la restitution |
| Usufruit locatif social | Prix de la nue-propriété | Nul pendant l'usufruit | Quinze ans au moins | Faible | Valeur et état au terme |
| Jeanbrun social | Acquisition neuve ou ancienne lourdement rénovée | Moyen | Neuf ans au moins | Normale après l'engagement | Respect des plafonds, réintégration en cas de rupture |
La stratégie de loyer maîtrisé cesse de fonctionner lorsque l'écart réel de loyer dépasse le point mort, lorsque l'impôt du foyer ne suffit plus à absorber la réduction, lorsque le plafonnement global est déjà atteint par d'autres avantages, ou lorsque le bailleur a besoin de reprendre ou de vendre libre le logement pendant l'engagement.
Les situations patrimoniales particulières
Le couple, les concubins et la famille recomposée
L'avantage appartient au foyer fiscal qui perçoit les loyers. Les époux et partenaires d'un pacte civil de solidarité (PACS) soumis à imposition commune partagent un seul plafonnement global. Deux concubins indivis calculent chacun la réduction sur leur quote-part, dans leur propre plafonnement. Le locataire ne peut être ni membre du foyer fiscal du bailleur, ni ascendant ou descendant d'un membre de ce foyer. Dans une famille recomposée, l'enfant du conjoint est donc exclu dès lors que ce conjoint fait partie du foyer, ce qui ferme la voie d'un loyer maîtrisé consenti à un enfant de l'un des membres du couple (chapitre 105).
L'indivision, le démembrement et la transmission
L'usufruitier peut signer la convention et bénéficie seul de la réduction, puisqu'il perçoit les loyers. Une donation de la nue-propriété pendant la convention ne change pas le bénéficiaire mais se prépare avec l'Anah. En cas de vente, de donation ou de succession, la convention suit le logement et s'impose à l'acquéreur ou à l'héritier, ce qui peut réduire la valeur du bien pendant sa durée restante. Dans une indivision successorale, la décision de conventionner suppose l'accord des indivisaires.
La détention en société
Une société civile immobilière (SCI) familiale soumise à l'impôt sur le revenu peut conventionner un logement, chaque associé déclarant sa quote-part de réduction, le locataire ne pouvant être ni associé ni membre de la famille d'un associé. Une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) ne bénéficie ni de la réduction ni de l'amortissement Jeanbrun, ses revenus n'étant pas fonciers. Le passage d'une SCI à l'IS pendant une convention fait perdre l'avantage sans libérer le logement des engagements, comme l'expose le Guide des sociétés immobilières, Transparence fiscale ou impôt sur les sociétés.
Le non-résident et l'outre-mer
La réduction Loc'Avantages suppose un domicile fiscal en France. Un bailleur qui s'expatrie pendant la convention en reste tenu sans pouvoir toujours imputer la réduction, ce qui doit être vérifié avant le départ (chapitre 103). Le dispositif Jeanbrun reste ouvert au non-résident dont les revenus fonciers sont imposables en France. Le conventionnement est possible dans les départements d'outre-mer, avec des plafonds propres calculés par l'Anah (chapitre 88).
Le type de marché
- Zone tendue. L'écart entre le loyer de marché d'un logement attractif et le plafond peut dépasser le point mort. L'intermédiation, les primes du loyer très social et la sécurité de paiement deviennent alors déterminantes, comme le montre le chapitre 87.
- Ville moyenne. Lorsque le loyer de marché du logement est proche de la moyenne communale, l'écart réel est faible et la formule avec association peut améliorer à la fois le revenu et la sécurité (chapitre 85).
- Rural. La demande solvable au prix du marché peut être faible et la vacance longue. La location à une association, quand un opérateur intervient sur le territoire, transforme un logement difficile à louer en revenu régulier (chapitre 86).
L'âge, l'horizon et le profil
Un actif fortement imposé tire le meilleur parti d'une réduction calculée sur les loyers bruts, à condition que l'écart de loyer reste modéré. Un retraité dont l'impôt baisse risque de ne plus absorber la réduction, comme le montre le scénario défavorable. Un bailleur âgé qui cherche avant tout la tranquillité peut trouver dans la location à une association un revenu régulier sans gestion, au prix d'un loyer moindre. Un bailleur qui prévoit de vendre ou de transmettre dans les six ans doit intégrer la convention, qui suit le logement, dans la valeur attendue.
Les risques de remise en cause et d'abus de droit
La réduction est reprise lorsque les engagements ne sont pas respectés, notamment un loyer supérieur au plafond révisé, un locataire au-dessus des plafonds de ressources à la signature, une location à un ascendant ou à un descendant ou une vente sans avenant avec l'Anah. Un bail fictif conclu avec un tiers alors que le logement est occupé par un proche, ou un complément de loyer versé hors bail, exposerait en outre aux majorations de 40 % pour manquement délibéré ou de 80 % pour manœuvres frauduleuses. Les articles L64 et L64 A du livre des procédures fiscales (LPF) visent les montages fictifs ou à but principalement fiscal, par exemple un démembrement dont l'usufruitier n'est pas un organisme admis ou un accord occulte de rétrocession de loyers, comme l'expose le Guide de la fiscalité immobilière, L'abus de droit fiscal.
Ce qui est en discussion au 26 octobre 2026
Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, est en discussion et aucune de ses mesures n'est adoptée. L'amendement qui proposait de proroger le Loc'Avantages jusqu'au 31 décembre 2030 a été rejeté en commission des finances, qui a ensuite rejeté la première partie du texte. La date limite reste donc le 31 décembre 2027 en l'état. Au début de 2026, l'Anah avait suspendu l'enregistrement des demandes jusqu'au 23 février, ce qui invite à déposer un dossier envisagé pour 2027 bien avant la fin de l'année. Un projet de loi relatif au logement, non définitivement adopté, prévoit d'assouplir le dispositif Jeanbrun. L'état des textes est suivi dans le Guide de la fiscalité immobilière, La loi de finances pour 2026 et le projet de loi de finances pour 2027.
Les erreurs fréquentes et leur coût
- Raisonner sur la décote théorique au lieu de l'écart réel. Dans le cas chiffré, un écart réel de 45 % au lieu de 30 % transforme un gain annuel de 447 € en perte de 555 €.
- Oublier le passage au réel des autres logements. Le coût atteint 378 € par an dans le cas chiffré, soit environ 3 400 € sur neuf ans.
- Conventionner sans impôt suffisant. Pour le foyer du scénario défavorable, la perte atteint 1 587 € par an.
- Choisir le loyer intermédiaire sans intermédiation par défaut. Il fait perdre 276 € par an par rapport à la location libre dans le cas chiffré.
- Compter sur le maintien de la réduction pendant une prolongation sans l'avoir vérifié. Le cumul du loyer social avec association passe de 31 235 € à 25 187 €.
- Louer à un enfant ou à un parent. La convention l'interdit et la réduction est reprise.
- Déposer la demande plus de deux mois après la prise d'effet du bail. Le logement est loué sous plafond sans avantage fiscal.
- Acheter une nue-propriété sans autres revenus fonciers en comptant sur la déduction des intérêts. Une partie du déficit expire avant le terme de l'usufruit.
Liste de contrôle
- Le loyer de marché réel du logement est établi et l'écart avec chaque plafond simulé par l'Anah est connu.
- Le logement remplit les conditions d'ancienneté, de décence et de classe énergétique de la convention visée.
- L'impôt du foyer absorbe la réduction chaque année et le plafonnement global est vérifié.
- La perte du micro-foncier sur les autres logements loués nus est chiffrée.
- Le mode de gestion est choisi et l'agrément de l'organisme vérifié.
- La comparaison sur la durée de l'engagement inclut la sortie de convention et une valeur actuelle.
- Le point mort d'écart de loyer et le scénario défavorable sont calculés.
- Le locataire n'est ni membre du foyer ni ascendant ou descendant d'un membre du foyer.
- La demande est déposée avant le bail ou dans les deux mois de sa prise d'effet, au plus tard le 31 décembre 2027.
- Les engagements de la convention sont pris en compte dans tout projet de vente, de donation ou de changement de régime d'une société.
- Pour l'usufruit locatif social, la qualité de l'usufruitier, la clause de restitution et la capacité d'imputation des intérêts sont vérifiées.
- Pour le dispositif Jeanbrun, l'immeuble collectif, la date de l'acte et le non-cumul avec le Loc'Avantages sont confirmés.
- L'état du projet de loi de finances pour 2027 est vérifié avant tout engagement.