Le studio est souvent le premier investissement locatif. Son prix d'entrée est le plus bas du marché résidentiel, son loyer au mètre carré le plus élevé et sa clientèle, étudiants, jeunes actifs et personnes seules, la plus nombreuse dans les villes universitaires et les métropoles. Ces atouts ont une contrepartie. Le petit logement concentre les contraintes réglementaires, tourne vite et supporte des frais fixes qui pèsent lourd sur un petit loyer.
Ce chapitre analyse le studio et le petit logement, jusqu'au deux-pièces de moins de 30 m² environ, comme une stratégie et non comme un simple produit. Il présente ses atouts et ses risques selon le type de marché, puis deux cas chiffrés, un studio de centre de métropole et un studio de ville universitaire moyenne, avec tests de sensibilité et scénario défavorable. La gestion locative propre aux étudiants est traitée dans le Guide du bailleur privé, Louer à des étudiants et la location étudiante comme stratégie au chapitre 41.
Les atouts du petit logement
Un ticket d'entrée accessible
Un studio permet d'investir avec un apport et un emprunt limités. Pour un primo-investisseur, il réduit le risque de concentration dans un seul gros actif et laisse une capacité d'emprunt pour la suite (chapitre 30). Pour un investisseur plus avancé, plusieurs petits logements répartis dans des immeubles ou des villes différents dispersent le risque de vacance et d'impayé.
Un rendement brut plus élevé
Le loyer au mètre carré décroît en général avec la surface. Un studio se loue donc plus cher au mètre carré qu'un trois-pièces du même immeuble, ce qui se traduit par un rendement brut plus élevé à prix au mètre carré comparable. Ce rendement brut se dégrade cependant plus fortement que celui d'un grand logement une fois déduits les frais fixes, comme le montre le chapitre 13.
Une demande large
La demande de petits logements suit la progression des personnes seules. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), environ 39 % des ménages étaient composés d'une seule personne en 2022, contre 27 % en 1990 (insee.fr). À cette tendance de fond s'ajoutent localement les étudiants, les apprentis, les salariés en mobilité et les personnes séparées. Le chapitre 82 explique comment lire ces données à l'échelle d'une commune.
Une liquidité à la revente
Un studio intéresse à la fois des investisseurs, des parents qui logent un enfant et des primo-accédants. Ce large éventail d'acheteurs facilite en général la revente, à condition que le bien reste conforme aux exigences de décence et de performance énergétique. Un studio classé G ou F perd au contraire une grande partie de ses acheteurs investisseurs.
Les risques propres au petit logement
La rotation
Un studio change de locataire plus souvent qu'un logement familial. Chaque départ coûte une période de vacance, un état des lieux, un ménage, parfois une remise en peinture et le temps des visites. Un étudiant libère souvent le logement en juin, ce qui crée une vacance estivale si le bien n'est pas reloué pour l'été.
| Cas | Vacance annuelle supposée | Frais de relocation | Coût total | Part du loyer annuel plein |
|---|---|---|---|---|
| A, studio de métropole | 380 €, deux semaines | 300 € | 680 € | 7,5 % |
| B, studio universitaire | 900 €, deux mois | 300 € | 1 200 € | 22,2 % |
L'encadrement des loyers
Dans les territoires où l'encadrement du niveau des loyers s'applique, le loyer de base ne peut dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral, sauf complément de loyer justifié. Cette expérimentation arrive à échéance fin novembre 2026 et une proposition de loi qui la prolongerait était encore en navette parlementaire au 26 octobre 2026 (Guide du bailleur privé, L'encadrement des loyers ville par ville). Les petits logements y sont particulièrement exposés, car leur loyer au mètre carré élevé dépasse plus souvent le plafond.
En zone tendue, le loyer d'un nouveau bail ne peut en principe pas dépasser celui du précédent locataire, révisé selon l'indice de référence des loyers (IRL) s'il ne l'a pas été dans les douze derniers mois. Le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 a reconduit ce dispositif pour les contrats conclus du 1er août 2026 au 31 juillet 2027. Les logements classés F ou G ne bénéficient d'aucune des exceptions prévues, comme celle des travaux importants (anil.org). La rotation fréquente du studio ne permet donc pas de rattraper un loyer initial trop bas.
La surface minimale et la décence
Un logement décent doit comporter au moins une pièce principale de 9 m² avec une hauteur sous plafond de 2,20 m, ou d'un volume habitable de 20 m³. Le règlement sanitaire départemental peut être plus exigeant (service-public.gouv.fr). La surface habitable exclut les parties de moins de 1,80 m de hauteur, ce qui piège les studios sous combles dont la surface au sol paraît suffisante (Guide du bailleur privé, La décence du logement en détail).
Diviser un grand logement pour créer des studios obéit à des règles plus strictes. Le Code de la construction et de l'habitation impose aux locaux issus d'une division d'immeuble destinés à la location des seuils de 14 m² et 33 m³, comme le rappelle le Guide du bailleur privé, La colocation. La division comme stratégie est traitée au chapitre 68.
Le diagnostic de performance énergétique
Le petit logement a longtemps été pénalisé par le diagnostic de performance énergétique (DPE), car la production d'eau chaude, rapportée à une petite surface, gonflait la consommation au mètre carré. Depuis le 1er juillet 2024, les seuils des étiquettes sont adaptés pour les logements de moins de 40 m², qui représentent 11 % du parc métropolitain selon le ministère chargé de l'écologie. Une attestation de nouvelle étiquette peut être téléchargée sur l'Observatoire DPE-Audit de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) à partir du numéro du diagnostic (ecologie.gouv.fr).
Les studios chauffés à l'électricité profitent aussi de la baisse du coefficient de conversion de l'électricité, passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026 puis fixé à 1,7 à partir du 1er janvier 2027. Le calendrier de décence énergétique reste inchangé. Les logements classés G ne peuvent plus faire l'objet d'un nouveau bail depuis 2025, les logements F ne le pourront plus à partir de 2028 et les logements E à partir de 2034 en métropole (Guide du bailleur privé, Le DPE et le calendrier énergétique). Un studio loué en bail meublé d'un an ou en bail étudiant de neuf mois est exposé dès son renouvellement ou son nouveau bail, soit au plus tard chaque année.
La concurrence et les charges fixes
Dans les villes universitaires, le studio d'un particulier concurrence les résidences publiques, les résidences privées avec services et les colocations. Une nouvelle résidence de plusieurs centaines de logements peut faire baisser les loyers et allonger la vacance dans un quartier. Vérifiez les programmes en cours et les projets urbains avant d'acheter (chapitre 91).
Les charges fixes pèsent davantage sur un petit loyer. Une assurance du propriétaire non occupant, une comptabilité de location meublée, la cotisation foncière des entreprises (CFE) et l'entretien du mobilier coûtent presque autant pour 20 m² que pour 45 m². Dans le cas B présenté plus loin, les charges non récupérables représentent 44 % des loyers encaissés.
Le studio selon le type de marché
| Marché | Demande dominante | Atout principal | Risque principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Centre de métropole encadrée | Étudiants, jeunes actifs, mobilité | Vacance faible, revente facile | Rendement faible, plafond de loyer | Loyer de référence majoré, prix d'achat |
| Métropole non encadrée en zone tendue | Jeunes actifs, étudiants | Demande soutenue | Loyer bloqué à la relocation | Loyer du premier bail |
| Ville universitaire moyenne | Étudiants, apprentis | Rendement brut élevé | Vacance estivale, concurrence des résidences | Calendrier universitaire, sites d'enseignement |
| Ville moyenne sans université | Personnes seules, salariés | Prix bas | Demande étroite, vacance longue | Bassin d'emploi, gare, hôpital |
| Zone rurale | Faible | Prix très bas | Absence de demande locative | Mieux vaut souvent un logement familial |
| Station touristique | Saisonniers, touristes | Recettes saisonnières | Réglementation des meublés de tourisme | Changement d'usage, quotas, DPE |
| Outre-mer | Étudiants, fonctionnaires en mobilité | Demande locale | Marché étroit, coûts de construction | Règles de décence propres |
Le studio de centre de métropole est un placement patrimonial à faible rendement dont le résultat dépend surtout du prix de revente. Le studio de ville universitaire moyenne est un placement de rendement dont le résultat dépend surtout de la vacance et des charges. Les deux cas qui suivent illustrent ce contraste.
Les hypothèses des deux cas
Les exemples qui suivent sont illustratifs. Les prix, les loyers, les charges et les taux sont des hypothèses et non des données de marché ou des prévisions. Avant tout achat réel, vérifiez les prix des ventes comparables dans les demandes de valeurs foncières (DVF), publiées sur data.gouv.fr et consultables sur app.dvf.etalab.gouv.fr. Vérifiez aussi les loyers auprès de l'observatoire local des loyers lorsqu'il existe.
| Hypothèse | Cas A, centre de métropole | Cas B, ville universitaire moyenne |
|---|---|---|
| Surface | 20 m² | 24 m² |
| Prix | 160 000 €, soit 8 000 € par m² | 55 000 €, soit 2 292 € par m² |
| Frais d'acquisition | 12 000 € | 4 500 € |
| Travaux | 4 000 € | 7 000 € |
| Mobilier | 3 500 € | 3 000 € |
| Coût total | 179 500 € | 69 500 € |
| Loyer hors charges | 760 €, soit 38 € par m² | 450 €, soit 18,75 € par m² |
| Mois loués par an | 11,5, bail meublé d'un an | 10, bail étudiant de neuf mois et un mois l'été |
| Charges non récupérables | 2 410 € | 1 980 € |
| Apport | 20 000 € | 10 000 € |
| Prêt | 159 500 € sur 20 ans à 3,40 % | 59 500 € sur 20 ans à 3,40 % |
| Mensualité hors assurance | 916,86 € | 342,03 € |
| Assurance emprunteur | 319 € par an | 119 € par an |
Les charges non récupérables comprennent la taxe foncière, les charges de copropriété non récupérables, l'assurance du propriétaire non occupant, l'entretien du mobilier, la CFE, la comptabilité et les frais de relocation. Pour le cas A, elles se répartissent en 650 €, 450 €, 110 €, 400 €, 200 €, 300 € et 300 €. Pour le cas B, en 480 €, 380 €, 100 €, 350 €, 120 €, 250 € et 300 €.
Les deux studios sont loués meublés par un foyer imposé dans la tranche marginale de 30 %. Le régime réel de la location meublée non professionnelle (LMNP) amortit 85 % du prix et des frais sur trente ans, les travaux sur quinze ans et le mobilier sur sept ans. Le régime des micro-bénéfices industriels et commerciaux (micro-BIC) applique un abattement de 50 %. Les prélèvements sociaux sont de 18,6 % sur les revenus de location meublée et de 17,2 % sur la plus-value. Les loyers et les charges sont indexés de 1,5 % par an et le bien est revendu après quinze ans au prix d'achat, hypothèse neutre et non prévisionnelle, avec 1 500 € de frais de vente.
Premier cas, un studio de centre de métropole
Rendements et première année
Le rendement brut sur coût total atteint 5,08 %, soit 9 120 € de loyer annuel plein pour 179 500 €. Le rendement net de charges et de vacance tombe à 3,53 %. Au micro-BIC et sans crédit, le rendement après impôt n'est plus que de 2,34 %. Ce rendement net est inférieur au taux du crédit, ce qui signifie que l'emprunt dégrade la rentabilité des fonds propres au lieu de l'améliorer, comme l'explique le chapitre 19.
| Poste de la première année | Régime réel | Micro-BIC |
|---|---|---|
| Loyers encaissés | 8 740 € | 8 740 € |
| Charges non récupérables | 2 410 € | 2 410 € |
| Intérêts | 5 335 € | 5 335 € |
| Capital remboursé | 5 667 € | 5 667 € |
| Assurance emprunteur | 319 € | 319 € |
| Impôt et prélèvements sociaux | 0 € | 2 124 € |
| Cash-flow annuel | -4 991 € | -7 115 € |
| Cash-flow mensuel | -416 € | -593 € |
Au régime réel, l'amortissement efface l'impôt. Au micro-BIC, l'impôt atteint 2 124 €, soit 50 % des loyers taxés à 30 % augmentés de 18,6 %. Le régime réel économise ainsi plus de 2 000 € par an, au prix d'une comptabilité et d'une plus-value plus lourde à la sortie.
La sortie après quinze ans
| Élément | Régime réel | Micro-BIC |
|---|---|---|
| Prix de vente | 160 000 € | 160 000 € |
| Frais de vente | 1 500 € | 1 500 € |
| Capital restant dû | 50 524 € | 50 524 € |
| Indemnité de remboursement anticipé | 859 € | 859 € |
| Impôt sur la plus-value | 5 217 € | 0 € |
| Produit net de la vente | 101 900 € | 107 117 € |
Au régime réel, les 41 254 € d'amortissements déduits sur le bâti et les travaux minorent le prix d'acquisition retenu pour la plus-value, en application de la règle en vigueur pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025. Une plus-value imposable de 23 754 € apparaît alors que le prix de vente égale le prix d'achat (Guide de la fiscalité immobilière, La plus-value du loueur en meublé et la réintégration des amortissements). L'impôt de 5 217 € reste très inférieur aux 35 430 € dus en quinze ans au micro-BIC, alors que le régime réel n'en supporte aucun sur la période.
Le taux de rendement interne
Le taux de rendement interne (TRI) des fonds propres sur quinze ans s'établit à 2,03 % au régime réel et à -1,32 % au micro-BIC. Le même studio acheté comptant au régime réel produirait un TRI de 2,40 %, supérieur à celui de l'achat à crédit, ce qui confirme l'effet de levier négatif. Si le prix progressait de 1 % par an, le TRI avec crédit atteindrait 3,89 %, avec un prix de vente de 185 755 € et 10 873 € d'impôt sur la plus-value. Le résultat de ce studio dépend donc d'abord de l'évolution du prix, que nul ne peut garantir.
Second cas, un studio de ville universitaire moyenne
Rendements et première année
Le rendement brut sur coût total atteint 7,77 %, soit 5 400 € de loyer annuel plein pour 69 500 €. Avec dix mois loués et 1 980 € de charges, le rendement net tombe à 3,63 %, à peine supérieur à celui du cas A. Au micro-BIC et sans crédit, le rendement après impôt est de 2,05 %. L'écart de rendement brut de près de trois points entre les deux cas disparaît presque entièrement sous l'effet de la vacance estivale et des charges fixes.
| Poste de la première année | Régime réel | Micro-BIC |
|---|---|---|
| Loyers encaissés | 4 500 € | 4 500 € |
| Charges non récupérables | 1 980 € | 1 980 € |
| Intérêts | 1 990 € | 1 990 € |
| Capital remboursé | 2 114 € | 2 114 € |
| Assurance emprunteur | 119 € | 119 € |
| Impôt et prélèvements sociaux | 0 € | 1 094 € |
| Cash-flow annuel | -1 703 € | -2 797 € |
| Cash-flow mensuel | -142 € | -233 € |
La sortie et le taux de rendement interne
| Élément | Régime réel | Micro-BIC |
|---|---|---|
| Prix de vente | 55 000 € | 55 000 € |
| Frais de vente | 1 500 € | 1 500 € |
| Capital restant dû | 18 848 € | 18 848 € |
| Indemnité de remboursement anticipé | 320 € | 320 € |
| Impôt sur la plus-value | 738 € | 0 € |
| Produit net de la vente | 33 594 € | 34 332 € |
Le TRI des fonds propres atteint 0,71 % au régime réel et -4,38 % au micro-BIC. Acheté comptant au régime réel, le studio produirait un TRI de 2,04 %. Avec une hausse de prix de 1 % par an, le TRI avec crédit passerait à 2,55 %. Le cash-flow cumulé sur quinze ans s'élève à -21 311 € au régime réel et à -39 553 € au micro-BIC.
Ce qui distingue les deux cas
Le cas A immobilise davantage de capital et d'effort mensuel, mais repose sur une demande profonde et une revente facile. Le cas B demande un effort mensuel près de trois fois plus faible, mais son résultat dépend d'un remplissage que la moindre vacance supplémentaire dégrade fortement. Dans les deux cas, le régime réel change le résultat de plusieurs points de TRI, ce qui rend la question du régime aussi importante que celle de la ville (Guide de la fiscalité immobilière, Le micro-BIC des locations meublées).
Tests de sensibilité
Le cash-flow selon la vacance et le taux
Le tableau donne le cash-flow mensuel de la première année au régime réel. Il fait varier le nombre de mois loués et le taux du crédit.
| Cas et mois loués | Taux de 2,9 % | Taux de 3,4 % | Taux de 3,9 % | Taux de 4,4 % |
|---|---|---|---|---|
| A, 12 mois | -344 € | -384 € | -426 € | -468 € |
| A, 11 mois | -407 € | -448 € | -489 € | -531 € |
| A, 10 mois | -471 € | -511 € | -552 € | -595 € |
| A, 9 mois | -534 € | -574 € | -616 € | -658 € |
| B, 12 mois | -52 € | -67 € | -82 € | -98 € |
| B, 11 mois | -89 € | -104 € | -120 € | -136 € |
| B, 10 mois | -127 € | -142 € | -157 € | -173 € |
| B, 9 mois | -164 € | -179 € | -195 € | -211 € |
Pour le cas B, louer l'été réduit de moitié l'effort mensuel. La stratégie de ce studio se joue donc autant sur l'occupation estivale, par un bail mobilité ou un bail meublé d'un an, que sur le prix d'achat.
Le TRI selon le prix de sortie et le loyer
| Cas et loyer | Sortie à -20 % | Sortie à -10 % | Sortie au prix d'achat | Sortie à +10 % |
|---|---|---|---|---|
| A, loyer prévu | -1,3 % | 0,6 % | 2,0 % | 3,2 % |
| A, loyer réduit de 10 % | -3,2 % | -0,9 % | 0,7 % | 1,9 % |
| B, loyer prévu | -3,0 % | -0,8 % | 0,7 % | 1,9 % |
| B, loyer réduit de 10 % | -5,8 % | -3,3 % | -1,3 % | 0,1 % |
Les points morts
| Point mort | Cas A | Cas B |
|---|---|---|
| Loyer annulant le cash-flow de la première année | 1 196 €, soit +57,4 % | 620 €, soit +37,9 % |
| Apport annulant le cash-flow de la première année | 90 320 € | 33 997 € |
| Prix de sortie annulant le TRI | 137 347 €, soit -14,2 % | 52 074 €, soit -5,3 % |
Dans le cas A, aucun loyer compatible avec le plafond supposé de 38 € par m² ne permet d'atteindre l'équilibre de trésorerie avec ce financement. L'équilibre suppose un apport de la moitié du coût total. Dans le cas B, l'équilibre est plus proche, mais une baisse de 5,3 % du prix de revente suffit à annuler toute rentabilité des fonds propres.
Le scénario défavorable combiné
Le scénario défavorable retire deux mois de location, baisse le loyer de 10 %, augmente la taxe foncière de 20 % et ajoute 6 000 € de travaux de mise en conformité énergétique la troisième année. Il retient enfin une revente à 15 % sous le prix d'achat.
| Indicateur | Cas A | Cas B |
|---|---|---|
| Cash-flow de la première année | -7 363 € | -3 059 € |
| Cash-flow de la troisième année | -13 244 € | -9 024 € |
| Produit net de la vente | 83 117 € | 26 082 € |
| TRI des fonds propres | -5,46 % | -10,34 % |
Dans ce scénario, les deux investissements font perdre de l'argent. Le cas B, plus petit en montant, perd proportionnellement davantage, car ses charges fixes et sa vacance pèsent plus lourd sur un loyer faible. Un investisseur doit pouvoir financer la troisième année sans vendre, ce qui suppose une réserve d'au moins le montant des travaux et de quelques mois d'effort (chapitre 116).
Capital, temps, horizon et liquidité
| Critère | Cas A | Cas B |
|---|---|---|
| Capital mobilisé | 20 000 € d'apport | 10 000 € d'apport |
| Effort mensuel de la première année | 416 € | 142 € |
| Temps de gestion | Une relocation par an environ | Une à deux relocations par an, gestion de l'été |
| Horizon pertinent | Long, au moins quinze ans | Moyen à long, selon la demande universitaire |
| Liquidité | Élevée tant que le DPE est conforme | Moyenne, acheteurs moins nombreux |
| Risque principal | Prix de revente et encadrement | Vacance, concurrence et charges fixes |
La stratégie cesse de fonctionner dans trois situations. Elle s'arrête lorsque le DPE du logement l'exclut de la location sans travaux possibles en copropriété, ou lorsque l'encadrement fixe un plafond inférieur au loyer nécessaire. Elle s'arrête aussi lorsque la vacance devient structurelle, par exemple après le départ d'un site universitaire ou l'ouverture d'une grande résidence concurrente.
L'âge et l'horizon modifient l'analyse. Un investisseur de 30 ans peut accepter l'effort mensuel du cas A en misant sur une détention longue. Un investisseur de 60 ans privilégie un bien dont le cash-flow est proche de l'équilibre et la gestion simple, ou un financement court qui s'achève avant la retraite (chapitre 34).
Les situations particulières
Le couple, le pacte civil de solidarité et le concubinage
Un couple marié ou pacsé déclare ensemble les recettes de location meublée, ce qui compte pour les seuils du micro-BIC et du statut professionnel. Deux concubins qui achètent en indivision déclarent chacun leur quote-part. Le choix entre achat commun et achat séparé change donc le régime fiscal applicable à plusieurs studios (Guide du bailleur privé, Le couple, la séparation et le patrimoine locatif).
Les parents qui logent leur enfant
Des parents achètent souvent un studio pour loger leur enfant étudiant, puis le louer ensuite. Un enfant logé dans un bien appartenant à ses ascendants ne peut percevoir aucune aide au logement ni bénéficier de Visale. Un loyer nettement inférieur à la valeur locative limite la déduction des charges. La stratégie se juge alors sur l'économie de loyer pour la famille plus que sur le rendement (Guide du bailleur privé, Louer à des étudiants).
La famille recomposée, l'indivision et le démembrement
Dans une famille recomposée, un studio acheté en indivision par des parents pour un enfant d'une première union pose une question d'équilibre entre héritiers. L'achat de la nue-propriété par l'enfant et de l'usufruit par le parent est parfois envisagé. Ce montage se raisonne avec ses effets fiscaux et civils, présentés aux chapitres 58 et 59. L'avis d'un notaire s'impose avant de signer.
La détention en société
Une société civile immobilière (SCI) soumise à l'impôt sur le revenu (IR) n'est pas adaptée à la location meublée. Au-delà de 10 % de recettes commerciales, elle devient passible de l'impôt sur les sociétés (IS) (Guide des sociétés immobilières, La SCI et la location meublée). Une société à l'IS peut louer meublé, mais elle sort du régime LMNP et sa plus-value se calcule sur la valeur nette comptable, sans abattement pour durée de détention.
Le non-résident et l'outre-mer
Un non-résident peut acheter et louer un studio en France. Ses revenus de location meublée restent imposables en France et la gestion à distance d'une rotation annuelle suppose un mandataire ou un réseau local fiable (Guide du bailleur privé, Le bailleur non-résident ou expatrié). En outre-mer, le calendrier de décence énergétique est décalé, les étapes commençant en 2028 pour la classe G et en 2031 pour la classe F. Les marchés y sont souvent étroits (chapitre 88).
Le meublé de tourisme
Transformer un studio en meublé de tourisme modifie la stratégie. Au micro-BIC, un meublé de tourisme non classé ne bénéficie que d'un abattement de 30 % dans la limite de 15 000 € de recettes, contre 50 % et 83 600 € pour la location meublée de longue durée ou un meublé classé (Guide de la fiscalité immobilière, Les meublés de tourisme en fiscalité). Dans de nombreuses communes, le changement d'usage est soumis à autorisation et le règlement de copropriété peut l'interdire. Le chapitre 42 traite cette stratégie.
Les risques de requalification
Plusieurs studios loués meublés peuvent faire basculer le foyer dans le statut de loueur en meublé professionnel (LMP). Il suffit que les recettes annuelles du foyer dépassent 23 000 € et excèdent ses autres revenus d'activité. Trois studios loués 760 € par mois produisent 27 360 € de recettes, ce qui atteint la première condition (Guide de la fiscalité immobilière, La frontière entre LMNP et LMP). Le statut change les cotisations sociales, le régime des plus-values et l'impôt sur la fortune immobilière.
Acheter un grand logement, le diviser en studios et revendre les lots peut caractériser une activité de marchand de biens si l'intention de revendre existe dès l'achat (Guide de la fiscalité immobilière, Le marchand de biens et les opérations habituelles). Le chapitre 76 situe cette activité parmi les stratégies. Enfin, des prestations de type hôtelier, comme le ménage régulier, le linge ou l'accueil, peuvent rendre l'activité para-hôtelière et l'assujettir à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) (Guide de la fiscalité immobilière, Chambres d'hôtes, gîtes et prestations para-hôtelières).
Ce qui peut changer
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, déposé le 1er octobre 2026 et en discussion au 26 octobre 2026, prévoit de plafonner l'amortissement annuel des locaux en LMNP à 2,5 % de leur valeur dans la limite de 7 000 € par foyer. Dans le cas A, si la base retenue était de 146 200 €, la dotation annuelle de 4 873 € serait limitée à 3 655 €. Des amendements visant à exclure les baux étudiants et mobilité ont été adoptés en commission puis sont tombés avec le rejet de la première partie par cette commission. Aucune de ces mesures n'est adoptée à cette date (Guide de la fiscalité immobilière, La loi de finances pour 2026 et le projet de loi de finances pour 2027).
Erreurs fréquentes
- Juger sur le rendement brut. Dans le cas B, un rendement brut de 7,77 % devient un rendement net de 3,63 % et un TRI de 0,71 %.
- Ignorer la vacance estivale. Passer de douze à dix mois loués coûte 75 € par mois dans le cas B, soit plus de la moitié de l'effort.
- Choisir le micro-BIC par facilité. Dans le cas A, le micro-BIC coûte 35 430 € d'impôt sur quinze ans et fait tomber le TRI de 2,03 % à -1,32 %.
- Oublier la réintégration des amortissements. Le cas A supporte 5 217 € d'impôt sur une plus-value apparue alors que le prix n'a pas progressé.
- Mesurer la surface au sol sous combles. Une pièce dont une partie est sous 1,80 m de hauteur peut tomber sous le seuil de décence.
- Fixer un premier loyer trop bas en zone tendue. La règle d'évolution empêche de le rattraper au bail suivant.
- Acheter un studio classé F sans plan de travaux. Il devient non louable à son premier nouveau bail à partir de 2028 en métropole.
- Sous-estimer les charges fixes. Dans le cas B, elles absorbent 44 % des loyers encaissés.
Liste de contrôle
- Le marché local a été qualifié, demande dominante, concurrence et projets en cours.
- La surface habitable et la hauteur sous plafond respectent les seuils de décence.
- Le DPE est lu avec l'attestation de reclassement et le calendrier de décence appliqué au bail envisagé.
- Le loyer respecte le loyer de référence majoré ou la règle d'évolution en zone tendue.
- Les prix ont été vérifiés sur des ventes comparables dans les DVF.
- Les charges non récupérables, la vacance et les frais de relocation sont chiffrés.
- Le régime réel et le micro-BIC ont été comparés, plus-value de sortie comprise.
- Le cash-flow, le TRI, un tableau de sensibilité et un scénario défavorable ont été calculés.
- Une réserve couvre les travaux probables et plusieurs mois d'effort.
- Le risque de passage au statut professionnel est vérifié si plusieurs studios sont loués meublés.
- La structure de détention est compatible avec la location meublée.
- L'occupation estivale est organisée pour un studio étudiant.
- L'état du PLF pour 2027 est vérifié avant toute décision fondée sur l'amortissement.