Le rendement brut compare un loyer à un prix. Le rendement net compare ce que le bien rapporte réellement à ce qu'il a réellement coûté. Entre les deux se trouvent la vacance, la taxe foncière, la copropriété, l'assurance, la gestion, l'entretien et les gros travaux, qui absorbent 36 % et 51 % des loyers théoriques dans les deux exemples de ce chapitre. C'est donc le rendement net, plutôt que le brut, qui mesure la qualité d'un actif.
Ce chapitre dresse la liste complète des charges qui restent au propriétaire, puis propose une méthode de provision poste par poste et type de bien par type de bien. Il l'applique à deux exemples complets vérifiés par le calcul, un studio en copropriété dans une métropole et une maison louée dans une ville moyenne, avec leurs tests de sensibilité, un scénario défavorable et leur point mort. Les bases du calcul sont présentées dans le Guide du bailleur privé, Calculer la rentabilité d'un investissement locatif. Le rendement brut et ses limites font l'objet du chapitre 12, le rendement après impôt du chapitre 14 et le cash-flow du chapitre 15.
La définition et la formule
Le numérateur et le dénominateur
Le rendement net de charges rapporte le revenu net annuel au prix de revient de l'opération. Le revenu net est égal aux loyers hors charges réellement encaissés, diminués de toutes les charges que le propriétaire ne peut pas refacturer au locataire. Le prix de revient comprend le prix d'achat, les frais d'acquisition, les travaux initiaux et, en location meublée, le mobilier. Sa construction complète est développée au chapitre 22.
La formule s'écrit ainsi. Rendement net = (loyers encaissés moins charges non récupérables) divisé par le prix de revient. Les loyers encaissés sont égaux aux loyers théoriques diminués de la vacance et des impayés non couverts par une garantie.
Ce qui n'entre pas dans le calcul
Trois éléments sont exclus. Les intérêts et l'assurance de l'emprunt relèvent du financement, donc du cash-flow (chapitre 15) et de l'effet de levier (chapitre 19). L'impôt relève du rendement net-net (chapitre 14). Le remboursement du capital emprunté n'est pas une charge mais une épargne.
Les charges récupérables n'entrent pas davantage dans le calcul, puisqu'elles sont refacturées au locataire. Elles ne disparaissent pourtant pas complètement. Le propriétaire les supporte pendant la vacance, lorsqu'il les a sous-estimées dans les provisions ou lorsqu'il oublie de les régulariser à temps. Cette fraction fait partie des charges du bailleur.
Les variantes et leur bon usage
Plusieurs variantes circulent. Deux rendements nets ne se comparent que s'ils sont calculés de la même façon.
| Variante | Numérateur | Dénominateur | Usage |
|---|---|---|---|
| Net simple | Loyers théoriques moins taxe foncière, copropriété et assurance | Prix d'achat | Premier tri d'annonces, trop optimiste pour décider |
| Net d'exploitation | Loyers encaissés moins charges courantes | Prix de revient | Suivi annuel d'un bien en place |
| Net complet | Loyers encaissés moins charges courantes et provisions pour gros travaux et rotation | Prix de revient | Décision d'achat et comparaison de biens |
| Net de marché | Revenu net complet | Valeur actuelle du bien | Décision de garder ou de vendre (chapitre 120) |
Le rendement net complet est celui que retient ce guide pour décider. Le rendement sur la valeur actuelle répond à une autre question, celle de savoir si le capital immobilisé dans un bien détenu depuis longtemps rapporterait davantage ailleurs.
La liste complète des charges du propriétaire
Les charges récurrentes
| Poste | Nature | Où trouver le chiffre |
|---|---|---|
| Taxe foncière | Impôt local dû par le propriétaire au 1er janvier, hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui est récupérable | Dernier avis du vendeur, à demander avant l'offre |
| Copropriété non récupérable | Honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, frais de tenue des assemblées, gros entretien des parties communes | Budget prévisionnel voté et comptes des deux derniers exercices |
| Fonds de travaux | Cotisation annuelle en principe obligatoire, d'au moins 5 % du budget prévisionnel | Procès-verbal d'assemblée et état daté |
| Assurance propriétaire non occupant (PNO) | Responsabilité civile du bailleur, obligatoire en copropriété | Devis d'assureur |
| Garantie des loyers impayés (GLI) | Assurance facultative, en pourcentage des loyers | Devis d'assureur ou du gestionnaire |
| Gestion | Mandat de gestion, honoraires de mise en location à la charge du bailleur | Barème du professionnel |
| Entretien et réparations | Ce qui n'incombe pas au locataire, remplacement des équipements vétustes | Historique du bien et état des lieux |
| Frais bancaires | Tenue d'un compte dédié, hors intérêts d'emprunt | Conditions tarifaires de la banque |
| Comptabilité | Expert-comptable en location meublée au régime réel ou en société | Lettre de mission |
| Cotisation foncière des entreprises (CFE) | Due en location meublée au-delà de 5 000 € de recettes, sauf exonération | Avis de l'année précédente |
| Diagnostics | Renouvellement de l'état des risques à chaque bail et des diagnostics expirés | Devis du diagnostiqueur |
La liste des charges récupérables est fixée limitativement par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 (service-public.gouv.fr). Tout ce qui n'y figure pas reste au propriétaire. Le détail poste par poste se trouve dans le Guide du bailleur privé, Les charges récupérables en détail.
Les charges irrégulières à provisionner
Les charges irrégulières manquent le plus souvent dans les calculs, parce qu'elles ne figurent sur aucun avis annuel. Elles sont pourtant certaines sur la durée de détention. Les principales sont les suivantes.
- La vacance entre deux locataires, qui dépend du taux de rotation et du délai de relocation.
- Les frais de relocation, à savoir annonces, honoraires de mise en location à la charge du bailleur, ménage et remise en état non imputable au locataire.
- Les impayés non couverts par une garantie, y compris la franchise et les plafonds de la GLI.
- Les travaux de copropriété votés ou prévus au plan pluriannuel de travaux (PPT), au-delà de ce que finance le fonds de travaux.
- Les gros travaux privatifs ou, pour une maison et un immeuble en monopropriété, ceux de la couverture, des façades, du chauffage et des réseaux.
- Le renouvellement du mobilier et de l'électroménager en location meublée.
- Les travaux de rénovation énergétique imposés par le calendrier des interdictions de louer selon la classe du diagnostic de performance énergétique (DPE), détaillé dans le Guide du bailleur privé, Le DPE et le calendrier énergétique.
Les charges propres à certaines stratégies
La location de courte durée ajoute le ménage, le linge, les commissions des plateformes et souvent une conciergerie. La colocation et le meublé à charges forfaitaires laissent au propriétaire l'écart entre le forfait et la dépense réelle d'énergie et d'eau, ainsi qu'une usure plus rapide. Ces postes changent profondément le rendement net d'un même bien selon la stratégie retenue (chapitre 49).
Provisionner chaque poste de façon réaliste
La taxe foncière
La taxe foncière se calcule sur la moitié de la valeur locative cadastrale, multipliée par les taux votés par les collectivités. Cette valeur locative n'a pas de lien direct avec le loyer réel, car elle repose sur un marché ancien revalorisé chaque année par un coefficient forfaitaire (Guide de la fiscalité immobilière, Les taxes foncières, mécanisme et calcul). Un même loyer peut donc supporter une taxe très différente d'une commune à l'autre, ce qui interdit de l'estimer par un pourcentage du loyer.
Selon la note de synthèse sur les taux votés en 2025, publiée en mai 2026 sur le site de la direction générale des collectivités locales, le taux moyen communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties atteignait 37,18 % en 2025, contre 37,16 % en 2024. Les bases ont été revalorisées de 1,7 % en 2025 puis de 0,8 % en 2026, soit 2,51 % en deux ans avant toute décision locale. La révision générale des valeurs locatives des logements a été décalée par la loi de finances pour 2026, avec une prise en compte dans les impositions à partir de 2031 seulement. Au 25 octobre 2026, dernier état connu des débats, l'amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2027 qui prévoyait une révision de la valeur locative à chaque vente n'a pas été voté en séance.
La méthode prudente consiste à partir du dernier avis du vendeur, à en retirer la TEOM et à appliquer une hausse annuelle au moins égale à la revalorisation légale des bases. Dans une commune qui finance de lourds investissements ou dont les finances sont tendues, une marge supplémentaire se justifie. Le chapitre 91 montre comment lire les projets d'une collectivité.
La copropriété et le fonds de travaux
Au plus tard à la signature de la promesse, le vendeur d'un lot remet notamment les charges courantes et hors budget qu'il a payées pour les deux exercices précédant la vente, la part du fonds de travaux attachée au lot, le plan pluriannuel de travaux ou son projet et les procès-verbaux des trois dernières assemblées (service-public.gouv.fr). Ce sont les sources fiables pour chiffrer la copropriété.
La cotisation annuelle au fonds de travaux ne peut être inférieure à 5 % du budget prévisionnel. Lorsqu'un plan pluriannuel de travaux a été adopté, elle ne peut être inférieure ni à 5 % du budget ni à 2,5 % du montant des travaux prévus au plan (Guide du bailleur privé, La copropriété pour le bailleur). Ces sommes restent acquises au syndicat et ne sont pas récupérables sur le locataire.
Séparez d'abord, dans les charges payées par le vendeur, la part récupérable de la part non récupérable, à l'aide de l'annexe des comptes. Ajoutez ensuite la cotisation au fonds de travaux. Lisez enfin le plan pluriannuel et les procès-verbaux pour estimer la quote-part du lot dans les travaux à venir, puis retranchez ce que le fonds de travaux couvrira et lissez le solde sur la durée du plan.
L'assurance, la garantie et la gestion
L'assurance propriétaire non occupant est obligatoire pour chaque copropriétaire depuis la loi du 24 mars 2014, au titre de sa responsabilité civile. Elle reste prudente pour une maison individuelle. Son coût et ses garanties sont présentés dans le Guide du bailleur privé, Assurances et sinistres. La GLI est facultative. Elle se compare à une provision pour impayés et suppose de respecter les critères de solvabilité de l'assureur (chapitre 109).
La gestion déléguée se provisionne au pourcentage contractuel des loyers encaissés, augmenté des honoraires de mise en location à la charge du bailleur à chaque relocation. La gestion directe ne coûte rien en apparence, mais le chapitre 9 montre qu'il faut valoriser le temps passé pour comparer deux biens à effort égal. Aucune source publique ne publie de barème de référence pour ces honoraires, qui se lisent sur les devis.
L'entretien et les gros travaux
L'entretien courant du bailleur couvre ce qui n'incombe pas au locataire, comme le remplacement d'un chauffe-eau en fin de vie ou la reprise d'une infiltration. La répartition légale entre bailleur et locataire est détaillée dans le Guide du bailleur privé, Entretien et réparations, qui paie quoi.
Les gros travaux se provisionnent par composants. Pour chaque élément important, estimez un coût de remplacement à partir d'un devis ou d'un diagnostic et une durée de vie résiduelle à partir de son âge et de son état. La provision annuelle est égale au coût divisé par la durée résiduelle. Cette méthode a deux mérites. Elle oblige à inspecter le bien avant l'achat et elle fait apparaître les années où plusieurs composants arrivent en fin de vie en même temps (chapitre 110).
La vacance et la rotation
La vacance se provisionne à partir de deux paramètres propres au bien, le taux de rotation et le délai de relocation. Le taux de rotation est la probabilité annuelle qu'un locataire parte. Le délai de relocation est le nombre de mois sans loyer à chaque départ, travaux de remise en état compris. Le nombre de mois de vacance par an est égal au produit des deux.
Un studio loué à des étudiants ou à de jeunes actifs connaît une rotation élevée, souvent annuelle. Une maison familiale peut rester louée au même ménage pendant de nombreuses années, mais chaque départ y entraîne une relocation plus longue et une remise en état plus coûteuse. La vacance de marché se lit dans les données publiques. L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) estimait à 7,65 % la part des logements vacants dans le parc au 1er janvier 2025, soit 2 937 000 logements sur 38 380 000, en France hors Mayotte, selon des données provisoires publiées en septembre 2026 (insee.fr).
Cette statistique recouvre des situations très différentes, du logement entre deux locataires au logement délabré retiré du marché. Elle ne mesure pas la vacance d'un bien bien placé. Une commune ou un quartier où la part des logements vacants est durablement élevée et croissante signale une demande faible, donc des relocations plus longues et une pression sur les loyers (chapitres 82 et 108).
Les provisions par type de bien
Le tableau qui suit ne fixe pas de normes chiffrées, faute de source publique. Il indique où se situent les principaux risques de sous-estimation.
| Type de bien | Postes qui pèsent le plus | Méthode de provision |
|---|---|---|
| Studio en copropriété | Copropriété, vacance, rotation | Comptes du syndic, rotation annuelle ou tous les deux ans, frais de relocation à chaque départ |
| Appartement familial en copropriété | Copropriété, travaux du plan pluriannuel | Plan pluriannuel lu ligne par ligne, quote-part lissée sur la durée du plan |
| Maison individuelle | Taxe foncière, gros travaux, remise en état | Provision par composants sur devis, rotation faible mais relocation longue |
| Immeuble en monopropriété | Gros travaux, assurance de l'immeuble, parties communes | Plan de travaux établi par le propriétaire, provision par composants pour tout l'immeuble |
| Meublé de longue durée | Mobilier, rotation, CFE, comptabilité | Renouvellement du mobilier sur sa durée d'usage, frais comptables au réel |
| Logement ancien classé E, F ou G | Rénovation énergétique imposée | Coût des travaux pour atteindre la classe exigée, à la date de l'interdiction |
Premier exemple, un studio en copropriété dans une métropole
Les hypothèses
L'exemple qui suit est une illustration. Les montants sont des hypothèses retenues pour le raisonnement et ne valent pas estimation pour un bien réel. Aucune hausse de loyer ni de prix n'est retenue, le calcul portant sur une année type.
| Hypothèse | Valeur retenue |
|---|---|
| Prix d'achat | 120 000 € |
| Frais d'acquisition | 9 500 € |
| Travaux initiaux | 5 500 € |
| Prix de revient | 135 000 € |
| Loyer hors charges | 620 € par mois, soit 7 440 € par an |
| Charges récupérables du lot | 600 € par an |
| Rotation | Un départ tous les deux ans |
| Délai de relocation | Un mois et demi par départ, soit 0,75 mois de vacance par an |
| Gestion | Directe, avec une GLI à 3 % des loyers encaissés |
| Régime de location | Location nue de longue durée |
Le tableau des postes
| Poste annuel | Montant |
|---|---|
| Loyers théoriques | 7 440 € |
| Vacance de 0,75 mois | - 465 € |
| Loyers encaissés | 6 975 € |
| Taxe foncière hors TEOM | - 650 € |
| Charges de copropriété non récupérables | - 420 € |
| Cotisation au fonds de travaux | - 60 € |
| Provision pour travaux votés ou prévus au plan | - 300 € |
| Charges récupérables supportées pendant la vacance | - 38 € |
| Assurance propriétaire non occupant | - 110 € |
| Garantie des loyers impayés | - 209 € |
| Entretien et réparations du bailleur | - 250 € |
| Frais de relocation, 300 € par départ | - 150 € |
| Frais bancaires du compte dédié | - 60 € |
| Total des charges | - 2 247 € |
| Revenu net | 4 728 € |
Les résultats
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Rendement brut sur le prix d'achat | 6,20 % |
| Rendement brut sur le prix de revient | 5,51 % |
| Rendement net simple, sans vacance ni provisions | 4,64 % |
| Rendement net complet sur le prix d'achat | 3,94 % |
| Rendement net complet sur le prix de revient | 3,50 % |
La vacance et les charges absorbent 36,45 % des loyers théoriques. Le rendement net simple, qui ne retient que la taxe foncière, la copropriété et l'assurance, surestime le résultat d'environ 1,1 point. Près des deux tiers de cet écart, soit 953 € sur 1 532 €, proviennent de postes que l'acheteur pressé ignore, la vacance, la rotation et les travaux de copropriété à venir.
Second exemple, une maison louée dans une ville moyenne
Les hypothèses
Ce second exemple est lui aussi une illustration fondée sur des hypothèses. La maison est confiée à un gestionnaire, ce qui permet de mesurer le coût d'une gestion déléguée.
| Hypothèse | Valeur retenue |
|---|---|
| Prix d'achat | 150 000 € |
| Frais d'acquisition | 12 000 € |
| Travaux initiaux | 18 000 € |
| Prix de revient | 180 000 € |
| Loyer hors charges | 850 € par mois, soit 10 200 € par an |
| Rotation | Un départ tous les cinq ans |
| Délai de relocation | Deux mois par départ, soit 0,4 mois de vacance par an |
| Gestion | Mandat à 7 % des loyers encaissés et GLI à 2,5 % |
| Frais de relocation | 2 100 € par départ, honoraires et remise en état compris |
La provision par composants
| Composant | Coût de remplacement | Durée résiduelle | Provision annuelle |
|---|---|---|---|
| Couverture | 12 000 € | 25 ans | 480 € |
| Chauffage et eau chaude | 6 000 € | 15 ans | 400 € |
| Façades et menuiseries extérieures | 8 000 € | 25 ans | 320 € |
| Salle d'eau et réseaux | 7 000 € | 20 ans | 350 € |
| Total | 33 000 € | 1 550 € |
Le tableau des postes
| Poste annuel | Montant |
|---|---|
| Loyers théoriques | 10 200 € |
| Vacance de 0,4 mois | - 340 € |
| Loyers encaissés | 9 860 € |
| Taxe foncière hors TEOM | - 1 300 € |
| Assurance propriétaire non occupant | - 220 € |
| Honoraires de gestion | - 690 € |
| Garantie des loyers impayés | - 246 € |
| Entretien courant du bailleur | - 400 € |
| Provision pour gros travaux | - 1 550 € |
| Frais de relocation lissés | - 420 € |
| Frais bancaires du compte dédié | - 60 € |
| Total des charges | - 4 886 € |
| Revenu net | 4 974 € |
Les résultats
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Rendement brut sur le prix d'achat | 6,80 % |
| Rendement brut sur le prix de revient | 5,67 % |
| Rendement net simple, taxe foncière, assurance et gestion seulement | 4,43 % |
| Rendement net complet sur le prix de revient | 2,76 % |
| Rendement net sans provision pour gros travaux | 3,62 % |
La maison affiche un meilleur rendement brut que le studio, mais un rendement net plus faible. Les charges et la vacance absorbent 51,24 % des loyers théoriques. La taxe foncière y représente 12,75 % des loyers théoriques contre 8,74 % pour le studio et les gros travaux, absents de l'avis d'imposition comme des comptes d'un syndic, retirent à eux seuls 0,86 point. Sur quinze ans, la provision représente 23 250 € qu'aucun calcul brut ne fait apparaître.
Comparer les deux biens
| Critère | Studio en métropole | Maison en ville moyenne |
|---|---|---|
| Prix de revient | 135 000 € | 180 000 € |
| Rendement brut sur le prix | 6,20 % | 6,80 % |
| Charges et vacance en part des loyers | 36,45 % | 51,24 % |
| Rendement net complet | 3,50 % | 2,76 % |
| Revenu net annuel | 4 728 € | 4 974 € |
| Poste le plus incertain | Travaux de copropriété | Gros travaux privatifs |
| Temps de gestion | Élevé, rotation fréquente | Faible, gestion déléguée |
| Liquidité à la revente | En général plus grande en métropole | Plus incertaine, marché plus étroit |
Le classement s'inverse entre le brut et le net. Il ne désigne pas pour autant un meilleur bien, car le rendement net ne mesure ni la valorisation, ni le risque de vacance de long terme, ni la liquidité. Le chapitre 8 confronte ces dimensions et le chapitre 25 les réunit dans une grille de décision.
Tester la sensibilité du rendement net
Le studio face à la vacance et à la taxe foncière
| Vacance annuelle | Taxe foncière actuelle | Taxe foncière plus 25 % | Taxe foncière plus 50 % |
|---|---|---|---|
| Aucune | 3,86 % | 3,74 % | 3,62 % |
| 0,75 mois | 3,50 % | 3,38 % | 3,26 % |
| 1,5 mois | 3,14 % | 3,02 % | 2,90 % |
| 3 mois | 2,42 % | 2,30 % | 2,18 % |
La vacance pèse beaucoup plus que la taxe foncière sur un petit logement. Chaque mois de vacance supplémentaire retire environ 0,48 point, alors qu'une hausse de moitié de la taxe foncière n'en retire que 0,24.
La maison face aux gros travaux et au mode de gestion
| Provision pour gros travaux | Gestion déléguée | Gestion directe |
|---|---|---|
| Moitié de l'estimation | 3,19 % | 3,58 % |
| Estimation retenue | 2,76 % | 3,15 % |
| Estimation majorée de 50 % | 2,33 % | 2,72 % |
Sur la maison, l'incertitude principale porte sur l'état du bâti. Un écart de moitié sur l'estimation des gros travaux déplace le rendement net de 0,43 point, soit davantage que le choix de déléguer la gestion.
Le scénario défavorable combiné
Un scénario défavorable additionne plusieurs chocs plausibles au cours d'une même période. Pour le studio, il retient deux mois de vacance par an, une taxe foncière en hausse de 30 %, un loyer inférieur de 5 % et un appel exceptionnel de 4 500 € pour un ravalement, lissé sur trois ans, soit 1 500 € par an. Pour la maison, il retient un mois de vacance par an, une taxe foncière en hausse de 30 %, un loyer inférieur de 5 % et une provision pour gros travaux majorée de 50 %.
| Indicateur | Studio | Maison |
|---|---|---|
| Rendement net central | 3,50 % | 2,76 % |
| Revenu net du scénario défavorable | 1 918 € | 2 924 € |
| Rendement net du scénario défavorable | 1,42 % | 1,62 % |
Le point mort
Le point mort indique le niveau d'une variable au-delà duquel le bien cesse d'atteindre un objectif. Deux seuils sont utiles. Le premier est celui où le revenu net devient nul, ce qui signifie que le bien ne couvre plus ses propres charges. Le second est celui où le rendement net tombe au niveau du coût du crédit, au-dessous duquel tout emprunt réduit la rentabilité des fonds propres (chapitre 19).
Selon la Banque de France, le taux moyen des crédits nouveaux à l'habitat hors renégociations s'établissait à 3,32 % en août 2026, dans sa publication du 6 octobre 2026. Le studio tombe à ce niveau dès 1,13 mois de vacance par an, soit un taux d'occupation de 90,6 %. Son revenu net ne devient nul qu'au-delà de huit mois de vacance. La maison n'atteint 3,32 % qu'avec un loyer de 946 € au lieu de 850 €, soit 11,2 % de plus. Son revenu net devient nul avec un loyer de 376 € ou 6,87 mois de vacance par an.
Le studio, pourtant mieux classé, a donc peu de marge avant que le crédit au taux moyen ne pèse sur la rentabilité des fonds propres. La maison reste sous ce taux dans l'hypothèse centrale. Son financement à crédit ne se justifie alors que par la valorisation espérée ou par l'avantage fiscal, deux paris à documenter (chapitres 14 et 19).
Les situations particulières
Le couple, la famille recomposée et l'indivision
Le rendement net se calcule avant impôt. Le couple marié ou pacsé, les concubins et les indivisaires obtiennent donc le même rendement pour un même bien. Seule diffère la répartition des charges. En indivision, chaque indivisaire supporte les charges à proportion de ses droits, sauf convention contraire. Celui qui avance seul une dépense de conservation dispose d'une créance sur les autres, à régler lors des comptes de l'indivision (Guide de la fiscalité immobilière, L'indivision en fiscalité).
Dans une famille recomposée, un bien commun loué peut appartenir pour des quotes-parts différentes à chaque membre du couple. Tenir un compte bancaire dédié et une comptabilité des charges par bien évite que l'un finance sans trace des dépenses de conservation qui profitent à l'autre. Les conséquences d'une séparation sont présentées dans le Guide du bailleur privé, Le couple, la séparation et le patrimoine locatif.
Le démembrement
En cas de démembrement, les charges se répartissent entre deux personnes qui ne perçoivent pas les mêmes revenus. L'usufruitier perçoit les loyers, supporte en principe la taxe foncière et assume les réparations d'entretien en vertu de l'article 605 du Code civil. Les grosses réparations de l'article 606, qui portent sur les gros murs, les voûtes, les poutres et les couvertures entières, incombent au nu-propriétaire (Guide de la fiscalité immobilière, Le démembrement de propriété en fiscalité).
Le rendement net de l'usufruitier se calcule donc sans la provision pour gros travaux, tandis que le nu-propriétaire supporte cette provision sans aucun loyer. Une convention entre eux peut aménager cette répartition. Les stratégies de démembrement sont traitées aux chapitres 58 et 59.
La détention en société
Une société civile immobilière (SCI) à l'impôt sur le revenu (IR) ou une société à l'impôt sur les sociétés (IS) ajoute ses propres frais, tels que la comptabilité, la banque, les assemblées et, pour certaines formes, le dépôt des comptes. Ces frais doivent entrer dans le rendement net du patrimoine détenu par la société, faute de quoi la comparaison avec la détention directe est faussée. Leur montant selon la forme de la société est présenté dans le Guide des sociétés immobilières, Combien coûte une société immobilière.
Sur un seul studio, des frais de structure de 1 500 € par an, retenus ici comme hypothèse, retireraient 1,11 point au rendement net de l'exemple. Sur un immeuble de six logements, le même montant ne retire que quelques dixièmes de point. La société se justifie rarement par le rendement net. Elle se justifie, lorsqu'elle se justifie, par la fiscalité, la gouvernance ou la transmission (chapitre 125).
Le non-résident et l'investisseur éloigné
Un propriétaire qui vit loin de son bien, en France ou à l'étranger, délègue presque toujours la gestion. Il provisionne des honoraires, un intermédiaire local pour les urgences et une vacance un peu plus longue (chapitre 89). Sa fiscalité propre, traitée au chapitre 103, n'entre pas dans le rendement net.
L'outre-mer
Dans les départements d'outre-mer, l'exposition aux risques naturels pèse sur l'assurance et sur l'entretien des toitures, menuiseries et climatisations, tandis que l'éloignement renchérit souvent les matériaux. Faute de série publique sur ces surcoûts, ils se chiffrent par devis locaux (chapitre 88).
Métropole, ville moyenne, rural et zone tendue
La structure des charges change avec le marché. En métropole, les prix élevés diluent la taxe foncière et l'assurance dans un prix de revient important, mais les travaux de copropriété dans les immeubles anciens peuvent être lourds. En ville moyenne et en zone rurale, des prix plus bas font mécaniquement remonter le poids de la taxe foncière et des gros travaux. La relocation peut aussi y être plus longue. En zone tendue soumise à l'encadrement des loyers, le loyer est plafonné alors que les charges ne le sont pas, ce qui comprime le rendement net (chapitre 87).
Capital, temps, horizon et limites de l'indicateur
Ce que l'indicateur suppose
Une provision qui reste théorique, sans réserve de trésorerie en face, ne protège de rien. La réserve de précaution du chapitre 116 en est la contrepartie concrète. Le temps de gestion n'entre pas dans le calcul en gestion directe, ce qui avantage artificiellement les biens gérés par le propriétaire lui-même.
L'effet de l'âge et de l'horizon
L'horizon change le poids des provisions. Sur cinq ans, l'investisseur peut ne jamais payer la toiture provisionnée, mais l'acheteur suivant la déduira de son prix. Sur vingt-cinq ans, il la paiera presque certainement. Proche de la retraite, vous rechercherez plutôt des charges prévisibles. Plus jeune, vous pouvez accepter des charges irrégulières si le prix d'achat les intègre (chapitre 5).
Quand le rendement net cesse d'être pertinent
L'indicateur perd sa pertinence dans trois cas. Pour un bien à rénover lourdement, le rendement de la première année ne dit rien. Seul un prévisionnel pluriannuel a alors un sens (chapitre 23). Pour un bien acheté surtout pour sa valorisation, le rendement net courant est faible par construction et le taux de rendement interne est l'indicateur adapté (chapitre 17). Pour une location de courte durée, la saisonnalité impose un calcul mois par mois.
Les risques de requalification
Les charges ne déclenchent aucune requalification, mais la stratégie qui les génère le peut. Des prestations para-hôtelières régulières en location de courte durée peuvent faire basculer l'activité dans le champ de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Des recettes de location meublée supérieures à 23 000 € et aux autres revenus d'activité du foyer font passer le loueur en meublé non professionnel (LMNP) au statut de loueur en meublé professionnel (LMP), selon les règles exposées dans le Guide de la fiscalité immobilière, La frontière entre LMNP et LMP. Ces bascules modifient à leur tour les charges, avec des cotisations sociales et une comptabilité plus lourde.
Les erreurs fréquentes
| Erreur | Conséquence dans les exemples |
|---|---|
| Calculer sur le prix d'achat au lieu du prix de revient | Rendement net du studio affiché à 3,94 % au lieu de 3,50 % |
| Ignorer la vacance et les frais de relocation | 653 € par an oubliés sur le studio, soit 0,48 point |
| Omettre la provision pour gros travaux d'une maison | Rendement net de 3,62 % au lieu de 2,76 %, 23 250 € non anticipés sur quinze ans |
| Compter les charges récupérables comme charges du bailleur | Rendement du studio sous-estimé à 3,06 %, ce qui peut écarter à tort un bon bien |
| Retenir le rendement net simple des annonces | Écart d'environ 1,1 point sur le studio et 1,7 point sur la maison |
| Oublier les frais propres d'une société | 1,11 point de moins sur un studio détenu en société, avec 1 500 € de frais annuels |
| Ne pas lire le plan pluriannuel de travaux | Appel exceptionnel non anticipé, rendement du studio ramené à 1,42 % dans le scénario défavorable |
La liste de contrôle
- Le rendement est calculé sur le prix de revient complet, frais, travaux et mobilier compris.
- Les loyers retenus sont des loyers hors charges, diminués d'une vacance fondée sur la rotation et le délai de relocation du bien.
- La taxe foncière provient du dernier avis, hors TEOM, avec une hypothèse d'évolution annoncée.
- Les charges de copropriété distinguent la part récupérable de la part non récupérable, à partir des comptes des deux derniers exercices.
- La cotisation au fonds de travaux et la quote-part des travaux du plan pluriannuel sont intégrées.
- Les gros travaux privatifs ou de l'immeuble sont provisionnés par composants, sur devis ou diagnostic.
- L'assurance, la GLI ou une provision pour impayés, la gestion et les frais de relocation sont chiffrés.
- Les frais propres à la stratégie sont ajoutés, qu'il s'agisse du mobilier, de la comptabilité, de la CFE, des frais de société ou des charges de courte durée.
- Un tableau de sensibilité croise au moins deux variables, dont la vacance.
- Un scénario défavorable combiné et le point mort au regard du coût du crédit sont calculés.
- Les provisions ont une contrepartie en trésorerie dans la réserve de précaution.
- Les sources des chiffres de marché utilisés sont publiques et datées.