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Guide des stratégies immobilières, chapitre 136

Étude de cas, un parc de dix logements en quinze ans

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Constituer dix logements en quinze ans demande moins un revenu exceptionnel qu'un ordre d'acquisition, une réserve qui grossit avec le parc, une lecture bancaire anticipée et des choix fiscaux faits au bon moment. Ce chapitre suit un couple de la signature du premier prêt en 2027 au bilan de 2041, année par année, avec ses cinq acquisitions, l'évolution de sa dette, de sa structure de détention et de ses revenus.

Le cas applique l'enchaînement des acquisitions (chapitre 30), le changement d'échelle (chapitre 124) et l'évolution de la structure de détention (chapitre 125). La démarche de gestion correspondante est décrite dans le Guide du bailleur privé, Constituer un patrimoine locatif étape par étape. Le droit et les données sont ceux connus au 26 octobre 2026.

Le point de départ

Le foyer et ses objectifs

L'exemple est illustratif. Ses hypothèses ne sont pas des prévisions et ne valent pas calcul pour votre situation. Nadia et Hugo, 33 et 31 ans en 2027, sont mariés sous le régime de la communauté légale et ont deux enfants. Ils vivent dans une ville moyenne où ils ont acheté leur résidence principale. Leur objectif écrit est de détenir dix logements en 2041 avec un taux d'effort bancaire jamais supérieur à 35 %, sans entamer leur réserve, puis de disposer de revenus locatifs nets d'environ 5 000 € par mois une fois les prêts remboursés.

HypothèseValeur retenue
Revenus nets du foyer6 500 € par mois en 2027, en hausse de 1,5 % par an
Quotient familialTrois parts, revenu imposable égal à 90 % des salaires nets
Barème de l'impôt sur le revenu (IR)Barème des revenus de 2025, tranches supposées indexées de 1,5 % par an
Prêt de la résidence principale1 150 € par mois, dernière échéance en décembre 2033
Épargne au 1er janvier 202750 000 €
Épargne courante1 000 € par mois, en hausse de 1,5 % par an, plus la mensualité libérée en 2034
Rendement de l'épargne2,5 % net par an
Réserve minimale6 000 € plus 2 000 € par logement détenu
Prêts locatifs3,40 % fixe, assurance de 0,30 % par an du capital initial
Lecture bancaireMensualités rapportées aux revenus augmentés de 70 % des loyers
Loyers et chargesLoyers indexés de 1,5 % par an, charges de 2 % par an
Prix des biensStables, valeur égale au prix d'achat augmenté des travaux

La stabilité des prix est une hypothèse neutre, testée plus loin, qui évite qu'une valorisation décide seule du résultat.

Le contexte de marché en 2026

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), les prix des logements anciens ont reculé de 1,0 % au deuxième trimestre 2026 et de 0,8 % sur un an, avec une baisse de 1,0 % en province (insee.fr, Informations rapides n° 216 du 8 septembre 2026). L'indice de référence des loyers (IRL) du troisième trimestre 2026 progresse de 1,57 % sur un an (insee.fr, publication du 15 octobre 2026). Selon la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat atteignait 3,32 % en août 2026. Ces données décrivent le passé et ne préjugent pas de l'évolution des prix, des loyers ou des taux.

L'indexation de 1,5 % retenue est proche de la dernière variation de l'IRL sans constituer une prévision. Le taux de 3,40 % se situe un peu au-dessus de la moyenne observée.

Les règles de conduite fixées avant le premier achat

Le couple écrit cinq règles dans sa feuille de route (chapitre 10). Elles filtrent chaque opportunité.

  • Taux d'effort. Aucune signature au-delà de 35 % selon la lecture bancaire, sans compter sur la marge de flexibilité des banques.
  • Réserve. L'épargne après apport reste supérieure à la réserve minimale.
  • Rendement. Un rendement brut d'au moins 6,5 % sur le coût complet, frais et travaux compris.
  • Énergie. Un diagnostic de performance énergétique (DPE) de classe D au plus après travaux, pour ne pas subir les interdictions de louer de 2028 et 2034 (Guide du bailleur privé, Le DPE et le calendrier énergétique).
  • Couverture. Pour un immeuble, des loyers nets de charges supérieurs d'au moins 20 % à l'annuité du prêt.

La méthode suivie pas à pas

  1. Écrire l'objectif. Nombre de logements, date, taux d'effort maximal, revenu visé une fois les prêts remboursés.
  2. Calculer la capacité. Taux d'effort et épargne disponible chaque année, avec les dates de fin des prêts existants (chapitre 26).
  3. Ordonner les achats. Petits biens de rendement d'abord, immeubles après la fin du prêt de la résidence principale.
  4. Choisir le régime avant chaque signature. Micro-foncier ou réel, location nue ou meublée, détention directe ou société.
  5. Simuler les quinze années. Flux annuels, impôt, dette, patrimoine net, épargne.
  6. Tester. Taux, vacance, prix, revenus du foyer et dépassement de travaux, séparément puis ensemble.
  7. Fixer les règles d'arrêt et revoir chaque année. Le plan s'interrompt dès qu'une règle serait violée (chapitre 119).

Les cinq acquisitions

Le programme

BienAnnéeLogementsCoût completApportPrêtLoyer mensuel à l'achatRendement brut sur coûtRégime
T220271111 840 €13 840 €98 000 € sur 25 ans620 €6,65 %Location nue au réel
Studio2028181 440 €11 440 €70 000 € sur 25 ans490 €7,22 %Meublé non professionnel au réel
Maison T420301153 800 €23 800 €130 000 € sur 25 ans920 €7,18 %Location nue au réel
Immeuble20343250 200 €35 200 €215 000 € sur 25 ans1 880 €9,02 %Location nue au réel
Immeuble20374305 400 €45 400 €260 000 € sur 25 ans2 480 €9,74 %Société à l'impôt sur les sociétés (IS)
Total10902 680 €129 680 €773 000 €6 390 €

Le coût complet comprend le prix, des frais d'acquisition de 8 %, les travaux et, pour le studio, 4 000 € de mobilier. Les travaux du T2, de la maison et du premier immeuble, de 6 000 €, 8 000 € et 45 000 €, sont des travaux d'amélioration déductibles des revenus fonciers. Ceux du second immeuble, de 30 000 €, sont amortis par la société. La vacance retenue est de 3 % pour la maison, 4 % pour le T2, 6 % pour les immeubles et 8 % pour le studio.

Les contrôles à chaque signature

AnnéeBienTaux d'effort après signatureÉpargne après apportRéserve minimale
2027T223,94 %36 160 €8 000 €
2028Studio27,42 %37 181 €10 000 €
2030Maison T432,74 %35 379 €12 000 €
2034Immeuble de trois lots26,50 %45 026 €18 000 €
2037Immeuble de quatre lots32,79 %90 375 €26 000 €

Le taux d'effort suit la décision du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), qui inclut toutes les mensualités du foyer et limite la durée à vingt-cinq ans (Guide du bailleur professionnel, Les normes HCSF et le bailleur professionnel). Le prêt de la société est compté comme une charge du foyer, puisque la banque exige en pratique la caution des associés (Guide des sociétés immobilières, La caution des associés). Une banque qui raisonnerait sur la capacité de remboursement de la société donnerait plus de marge.

Pourquoi l'immeuble attend la fin du prêt de la résidence principale

La maison de 2030 porte le taux d'effort à 32,74 %. Acheter l'immeuble de trois lots dès 2032, comme le proposait un vendeur, aurait porté ce taux à 38,92 % et l'épargne après apport à 22 948 €. Le prêt aurait relevé de la marge de flexibilité, que chaque banque réserve en priorité à la résidence principale. En attendant janvier 2034, mois qui suit la dernière échéance de la résidence principale, le même immeuble fait au contraire baisser le taux d'effort à 26,50 %, parce que 1 150 € de mensualité disparaissent.

Les quinze années en tableaux

Les flux annuels

AnnéeLogementsLoyers encaissésAnnuitésImpôt du foyer lié au parcCash-flow du foyerTrésorerie de la sociétéCapital restant dûPatrimoine net immobilierDette sur valeur
202717 142 €6 118 €Moins 483 €Moins 443 €0 €95 468 €8 532 €91,8 %
2028212 659 €10 489 €588 €Moins 2 356 €0 €161 041 €14 959 €91,5 %
2029212 849 €10 489 €659 €Moins 2 317 €0 €156 461 €19 539 €88,9 %
2030323 751 €18 605 €Moins 244 €Moins 959 €0 €278 364 €40 636 €87,3 %
2031324 107 €18 605 €2 664 €Moins 3 637 €0 €269 987 €49 013 €84,6 %
2032324 468 €18 605 €2 853 €Moins 3 594 €0 €261 322 €57 678 €81,9 %
2033324 835 €18 605 €3 047 €Moins 3 553 €0 €252 357 €66 643 €79,1 %
2034646 414 €32 028 €Moins 1 177 €3 692 €0 €452 528 €101 472 €81,7 %
2035647 111 €32 028 €0 €2 974 €0 €437 187 €116 813 €78,9 %
2036647 817 €32 028 €7 090 €Moins 3 652 €0 €421 316 €132 684 €76,0 %
20371076 509 €48 261 €8 401 €Moins 4 492 €3 898 €658 181 €184 718 €78,4 %
20381077 657 €48 261 €8 827 €Moins 4 443 €7 988 €634 246 €212 741 €75,6 %
20391078 821 €48 261 €9 264 €Moins 4 397 €12 270 €609 486 €241 784 €72,6 %
20401080 004 €48 261 €9 711 €Moins 4 357 €16 746 €583 869 €271 876 €69,6 %
20411081 204 €48 261 €10 169 €Moins 4 321 €21 417 €557 369 €303 049 €66,4 %

L'impôt du foyer lié au parc est la différence entre l'IR et les prélèvements sociaux payés avec et sans les biens détenus en direct. Un montant négatif traduit un déficit foncier. Le cash-flow du foyer concerne les biens détenus en direct, après impôt. La trésorerie de la société est cumulée après IS sans distribution. Le patrimoine net immobilier additionne la valeur des biens et la trésorerie de la société, moins le capital restant dû.

Ce que montrent les chiffres

Pendant sept ans, le parc demande un effort d'épargne de 443 € à 3 637 € par an. Les deux années positives, 2034 et 2035, résultent des 45 000 € de travaux de l'immeuble, qui créent un déficit foncier imputé à hauteur de 10 700 € sur le revenu global, puis reporté sur les revenus fonciers de 2035 (Guide de la fiscalité immobilière, Le déficit foncier en détail). Dès 2036, l'impôt rattrape le foyer, avec 7 090 € à payer.

À partir de 2037, les biens détenus en direct coûtent environ 4 400 € par an après impôt, alors que la société accumule environ 4 000 € de trésorerie par an. Le parc pris dans son ensemble est donc à l'équilibre. Le capital restant dû passe de 773 000 € empruntés à 557 369 € en 2041, soit 215 631 € remboursés en grande partie par les locataires, pour 129 680 € d'apports.

Pour mesurer ce que le parc apporte, il faut le comparer à un témoin. Si le couple n'avait rien acheté et avait placé à 2,5 % ses apports, son épargne courante et la mensualité libérée de sa résidence principale, il disposerait de 430 653 € en 2041. Avec le parc, son patrimoine atteint 303 049 € d'immobilier net et 227 015 € d'épargne, soit 530 063 €. L'écart de 99 411 € est le gain de la stratégie à prix stables, obtenu au prix d'un risque bien plus élevé, d'une liquidité faible et de plusieurs centaines d'heures de gestion.

La dette, la structure de détention et le revenu futur

Détention en 2041LogementsValeurCapital restant dûPart de la valeur du parc
Direct, location nue5482 000 €295 218 €57,4 %
Direct, meublé non professionnel172 000 €38 135 €8,6 %
Société à l'IS4285 000 €224 016 €34,0 %
Total10839 000 €557 369 €100 %

Les 45 400 € apportés à la société en compte courant d'associé pourront être remboursés sans impôt, première voie de remontée de revenus avant toute distribution de dividendes (Guide des sociétés immobilières, Distribuer les bénéfices).

Aux niveaux de loyers et de charges de 2041, le revenu net d'exploitation du parc atteint 59 233 € par an, soit 4 936 € par mois avant impôt et 6,56 % du coût complet. Il couvre l'annuité de 48 261 € avec une marge de 23 %. L'objectif de 5 000 € par mois une fois les prêts remboursés n'est atteint qu'avant impôt. Les prêts s'achèvent entre 2051 et 2061, lorsque Nadia aura de 57 à 67 ans, ce qui impose de préparer leur fin selon le chapitre 34.

Les décisions fiscales clés

Le régime réel dès le premier bien

Avec 7 440 € de loyers bruts en 2027, le couple pouvait relever du micro-foncier, qui retient 70 % des loyers jusqu'à 15 000 € de loyers bruts du foyer (Guide de la fiscalité immobilière, Le micro-foncier en détail). Le revenu imposable aurait été de 5 208 €. Au régime réel, les intérêts de 3 293 €, l'assurance de 294 €, les charges de 1 950 € et les travaux de 6 000 € créent un déficit de 4 394 €. Sur les trois premières années, l'impôt lié au parc atteint 764 € au réel contre 6 755 € au micro-foncier. L'option pour le réel engage trois ans, durée sans inconvénient lorsque les intérêts restent élevés.

Avec la maison, les loyers nus bruts atteignent 18 820 € en 2030 et le micro-foncier n'est plus possible. Le couple, déjà au réel, n'en subit aucun effet.

Le studio en meublé non professionnel au réel

Le studio est loué meublé au régime réel des loueurs en meublé non professionnels (LMNP). Les amortissements du bâti, des travaux et du mobilier effacent le bénéfice imposable pendant toute la période, si bien qu'aucun impôt ni aucun prélèvement social de 18,6 % n'est dû (Guide de la fiscalité immobilière, Le régime réel du loueur en meublé non professionnel). Les 23 111 € d'amortissements déduits jusqu'en 2041 minoreront le prix d'acquisition retenu pour la plus-value en cas de vente, en application de la règle applicable aux cessions réalisées depuis le 15 février 2025 (Guide de la fiscalité immobilière, La plus-value du loueur en meublé et la réintégration des amortissements). L'avantage est donc un différé autant qu'une économie.

Deuxième exemple, le régime du dixième logement

En 2036, le couple compare trois façons de détenir l'immeuble de quatre lots. Les hypothèses sont celles du cas principal, avec un taux marginal d'imposition (TMI) de 30 %, une sortie au prix d'achat augmenté des travaux et sans frais de vente. En location nue, le déficit de la première année s'impute sur les autres revenus fonciers du foyer. En meublé, les loyers sont supposés supérieurs de 8 %, avec 16 000 € de mobilier et 900 € d'expert-comptable par an. La société supporte 1 800 € de frais comptables, ne distribue rien avant la vente puis distribue tout, le boni étant soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % supposé inchangé.

IndicateurLocation nue en directMeublé non professionnel en directSociété à l'IS
Apport45 400 €61 400 €45 400 €
Gain net après cinq ans26 320 €21 311 €22 653 €
Taux de rendement interne (TRI) après cinq ans11,92 %7,41 %8,43 %
Impôts courants sur vingt ans159 490 €92 142 €20 376 €
Impôt de sortie après vingt ans1 425 €26 073 €118 624 €
Gain net après vingt ans186 588 €247 038 €172 503 €
TRI après vingt ans10,09 %12,70 %8,16 %

Le gain net additionne les flux après impôt et le produit net de la vente, moins l'apport. Après cinq ans, la location nue l'emporte grâce à la déduction immédiate des 30 000 € de travaux. Après vingt ans, le meublé produit le gain le plus élevé tant que l'amortissement reste intégralement déductible. La société paie le moins d'impôts courants, mais l'IS sur la plus-value calculée sur la valeur nette comptable et le PFU de 78 959 € sur la distribution finale en font la solution la moins favorable en cas de liquidation (Guide des sociétés immobilières, Comparer IR, IS et SARL de famille sur un même projet).

Si le plafonnement de l'amortissement prévu par le projet de loi de finances pour 2027 était adopté, le gain du meublé après vingt ans tomberait à 225 428 € et son TRI à 10,96 %, ce qui le rapprocherait des deux autres solutions. Avec une hausse des prix de 1 % par an, l'écart se creuse au détriment de la société, dont l'impôt de sortie passe à 149 091 €.

Pourquoi le couple choisit quand même la société

Le couple retient la société pour trois raisons qui ne figurent pas dans le tableau. Il n'envisage pas de liquider la société, mais de transmettre ses parts, ce qui laisse la distribution finale hors de son horizon. Les loyers du meublé, ajoutés à ceux du studio, porteraient les recettes meublées encaissées du foyer à 36 398 € en 2037, au-delà du seuil de 23 000 € du statut de loueur en meublé professionnel (LMP), qui serait atteint dès que les recettes dépasseraient aussi les autres revenus d'activité, par exemple à la retraite (Guide de la fiscalité immobilière, La frontière entre LMNP et LMP). Enfin, l'incertitude sur l'amortissement du meublé pèse sur un engagement de vingt-cinq ans.

Le couple écarte en revanche l'apport de ses biens existants à la société. Un apport d'immeuble par un particulier à une société à l'IS supporte un droit de 5 %, soit 27 700 € pour les 554 000 € de biens détenus en direct, auxquels s'ajouterait l'imposition des plus-values constatées à l'apport (Guide de la fiscalité immobilière, L'apport d'un immeuble ou de parts à une société). La société ne reçoit que les acquisitions nouvelles. Ce découpage entre direct et société est développé au chapitre 125.

Sensibilité et scénario défavorable

Le taux des prêts et la vacance

Taux de tous les prêtsVacance prévueVacance plus 5 pointsVacance plus 10 pointsTaux d'effort maximal
2,5 %570 640 €544 366 €517 834 €31,05 %
3,4 %530 063 €503 780 €476 568 €32,79 %
4,4 %483 186 €455 202 €427 105 €36,25 %

Le tableau donne le patrimoine net total en 2041, immobilier et épargne. Un point de taux en plus retire environ 47 000 € et cinq points de vacance environ 26 000 €. À 4,4 %, le dernier achat dépasse 35 % de taux d'effort et viole la règle du couple. Le seuil exact est de 4,05 %. Au-delà, le plan ne compte plus que six logements, sauf à augmenter l'apport ou à attendre.

Le taux et l'évolution des prix

Taux de tous les prêtsPrix en baisse de 1 % par anPrix stablesPrix en hausse de 1 % par an
2,5 %498 266 €570 640 €650 288 €
3,4 %457 689 €530 063 €609 711 €
4,4 %410 812 €483 186 €562 834 €
5,0 %380 576 €452 950 €532 598 €

Le témoin sans investissement, insensible aux taux et aux prix, atteint 430 653 €. Avec des prix en baisse de 1 % par an et un taux de 4,4 %, le parc fait perdre environ 20 000 € par rapport au témoin. Une variation de 1 % par an des prix déplace le résultat de 72 000 € à 80 000 € environ, soit davantage que le gain de la stratégie à prix stables.

Le scénario défavorable combiné

Le scénario défavorable combine des prêts à 4,4 % à partir de la maison, une vacance supérieure de 5 points sur tous les biens, un dépassement de 40 % des travaux de l'immeuble de trois lots payé sur l'épargne, des prix en baisse de 1 % par an ainsi qu'une baisse de 15 % des revenus du foyer à partir de 2034, qui réduit l'épargne de 60 % de la perte.

IndicateurPlan completArrêt à six logements
Taux d'effort à l'achat de l'immeuble de trois lots31,80 %31,80 %
Épargne après cet achat20 197 €20 197 €
Taux d'effort à l'achat de l'immeuble de quatre lots39,10 %Sans objet
Patrimoine net total en 2041342 160 €343 872 €
Témoin sans investissement dans le même scénario359 044 €359 044 €

L'épargne après l'achat de 2034 ne dépasse la réserve de 18 000 € que de 2 197 €. Le dernier achat porterait le taux d'effort à 39,10 % et serait refusé par les règles du couple. Le plan s'arrête donc à six logements, avec un résultat légèrement supérieur au plan complet. Les deux versions font moins bien que le témoin, de 15 000 € à 17 000 € environ.

Les décisions clés et les erreurs évitées

Les montants qui suivent reprennent le cas et sont illustratifs.

  • Acheter l'immeuble avant la fin du prêt de la résidence principale. Le taux d'effort aurait atteint 38,92 % en 2032 et l'épargne 22 948 €.
  • Rester au micro-foncier. L'impôt des trois premières années aurait été de 6 755 € au lieu de 764 €.
  • Apporter les biens existants à la société. Le droit d'apport aurait coûté 27 700 €, plus l'impôt sur les plus-values constatées.
  • Mettre les quatre lots en meublé sans mesurer le seuil professionnel. Les recettes meublées auraient dépassé 23 000 €, avec un basculement possible en LMP à la retraite.
  • Signer au-delà de 4,05 %. Le dernier achat aurait dépassé la norme de 35 % et consommé la marge de flexibilité de la banque.
  • Poursuivre le plan dans le scénario défavorable. Le dixième logement aurait réduit le patrimoine de 1 712 € par rapport à l'arrêt à six logements, avec un taux d'effort de 39,10 %.
  • Juger le parc sur son cash-flow. Le cash-flow cumulé des biens détenus en direct est négatif de 35 857 € sur quinze ans, alors que le patrimoine net immobilier atteint 303 049 €.

Capital, temps, horizon, liquidité et limites

CritèreParc de dix logements en quinze ans
Capital requis129 680 € d'apports échelonnés, plus une réserve de 26 000 € en fin de plan
Temps de gestionFaible au début, élevé avec dix baux, deux immeubles et une société
HorizonQuinze ans de constitution, vingt-cinq à trente-cinq ans jusqu'à la fin des prêts
LiquiditéFaible, la vente d'un immeuble demande plusieurs mois
Risques principauxTaux à la signature, vacance simultanée, travaux, baisse des revenus du foyer, prix
Cesse de fonctionner lorsqueLes taux dépassent environ 4 % ou les prix baissent durablement pendant que la dette reste élevée

Dix logements représentent plusieurs relocations par an et une comptabilité de société. Confier la gestion à un mandataire réduit ce temps mais retire plusieurs points de loyer, à intégrer dès l'origine (chapitre 9).

Les situations particulières

Le couple marié, pacsé ou en concubinage

Sous la communauté légale, les biens achetés pendant le mariage sont communs et les deux époux sont co-emprunteurs, ce qui additionne leurs revenus dans le taux d'effort. Des partenaires d'un pacte civil de solidarité (PACS) qui achètent ensemble sont en principe indivisaires pour moitié. Des concubins forment deux foyers fiscaux, chacun avec son propre plafond de déficit foncier, mais un concubin survivant est taxé à 60 % s'il hérite. La société civile permet d'organiser cette protection par la répartition des parts (Guide des sociétés immobilières, La SCI entre partenaires de PACS et concubins).

La famille recomposée

Lorsque chaque conjoint a des enfants d'une précédente union, le parc reviendra pour partie à des héritiers différents. Acheter certains biens en propre ou répartir les parts de la société selon les apports se décide avant la première signature (chapitre 105). Une séparation en 2035 obligerait à partager un parc encore endetté à près de 80 %, avec des indemnités de remboursement anticipé et une plus-value éventuelle (Guide du bailleur privé, Le couple, la séparation et le patrimoine locatif).

L'indivision et le démembrement

Une indivision avec un frère ou un ami suppose une convention écrite, car chaque indivisaire peut demander le partage. Le démembrement intervient plutôt en fin de parcours, par la donation de la nue-propriété des parts aux enfants une fois la dette réduite (chapitre 129).

La société à l'IR ou à l'IS

Une société civile immobilière (SCI) à l'IR aurait conservé la logique des revenus fonciers, avec le déficit foncier et la plus-value des particuliers, mais aussi l'imposition au barème des loyers capitalisés. La société à l'IS impose un résultat après amortissement au taux de 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %. Elle isole la trésorerie du patrimoine personnel. Elle oblige en revanche à une comptabilité commerciale et taxe la sortie (Guide des sociétés immobilières, Transparence fiscale ou impôt sur les sociétés).

Le non-résident et l'outre-mer

Un couple qui s'expatrierait en cours de plan conserverait l'imposition en France de ses loyers français, avec un taux minimum d'imposition. Il rencontrerait aussi des banques plus exigeantes sur l'apport (Guide du bailleur privé, Le bailleur non-résident ou expatrié). En outre-mer, les mêmes étapes s'appliquent, avec un calendrier de décence énergétique propre, des marchés plus étroits et des coûts de travaux souvent plus élevés (chapitre 88).

Le type de marché

En métropole ou en zone tendue, les rendements plus faibles font consommer davantage de capacité à chaque achat, si bien que le plan s'arrête plus tôt, sous un éventuel encadrement des loyers (chapitre 84). En ville moyenne, la règle de 6,5 % reste tenable si l'emploi et la population soutiennent la demande (chapitre 85). En zone rurale, les prix bas rendent les immeubles accessibles, au prix d'une vacance et d'une revente plus longues (chapitre 86).

L'âge et l'horizon

Commencé à 31 et 33 ans, le plan laisse les derniers prêts courir jusqu'à 65 et 67 ans. Commencé à 45 ans, le même parc conduirait à des échéances au-delà de 75 ans, que les banques et les assureurs acceptent difficilement. Un investisseur plus âgé doit raccourcir les durées, viser moins de logements ou accepter un apport plus élevé, au prix d'un taux d'effort plus fort (chapitre 101).

Les risques de requalification

Le statut de LMP suppose des recettes meublées du foyer supérieures à 23 000 € et aux autres revenus d'activité. Un parc qui reste majoritairement loué nu ou logé en société à l'IS en reste éloigné, mais le passage d'un conjoint à temps partiel ou à la retraite peut remplir la seconde condition sans décision (Guide du bailleur professionnel, Le statut de loueur en meublé professionnel en détail). Des services de type hôtelier dans les meublés peuvent aussi faire glisser l'activité vers une activité commerciale (Guide du bailleur professionnel, Quand la location devient une activité commerciale).

Des reventes rapides de lots après travaux pour financer l'achat suivant rapprocheraient le couple de l'activité de marchand de biens, imposée dans les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) (Guide de la fiscalité immobilière, Le marchand de biens et les opérations habituelles). Une vente des biens détenus en direct à la société du couple, sans autre motif que de faire passer la plus-value et les loyers sous l'IS, s'exposerait à l'abus de droit des articles L64 et L64 A du Livre des procédures fiscales (LPF) (Guide de la fiscalité immobilière, L'abus de droit fiscal).

Ce qui est en discussion au 26 octobre 2026

Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, est en discussion au 26 octobre 2026 et aucune de ses mesures n'est adoptée. Son article 7 plafonnerait l'amortissement des locaux des loueurs en meublé non professionnels à 2,5 % de leur valeur dans la limite de 7 000 € par an et par foyer, sans report de l'excédent. Selon les sources consultées, cet article n'avait pas été voté en séance à cette date (Guide de la fiscalité immobilière, La loi de finances pour 2026 et le projet de loi de finances pour 2027). Pour ce cas, la mesure toucherait le studio et l'option du meublé pour le dixième logement. Le micro-foncier, le déficit foncier et l'IS ne sont pas modifiés par le texte initial.

Les erreurs fréquentes

  • Raisonner bien par bien. Chaque bien s'autofinance presque, mais l'ensemble fait monter le taux d'effort à 32,79 %.
  • Consommer la réserve en apport. Dans le scénario défavorable, 2 197 € seulement séparent l'épargne de la réserve après le sixième logement.
  • Compter sur la hausse des prix. Une baisse de 1 % par an retire environ 72 000 € au patrimoine de 2041.
  • Prendre une économie d'impôt pour un revenu. Le cash-flow de 3 692 € de 2034 devient négatif de 3 652 € en 2036.
  • Choisir la société pour son impôt courant. Sur vingt ans, elle paie 20 376 € d'impôts courants mais 118 624 € à la sortie.

Liste de contrôle

  1. L'objectif est écrit en nombre de logements, en date, en taux d'effort maximal et en revenu visé.
  2. Les règles de réserve, de rendement minimal, de classe énergétique et de couverture sont fixées avant le premier achat.
  3. Le taux d'effort et l'épargne après apport sont recalculés avant chaque signature, prêts existants compris.
  4. Les dates de fin de tous les prêts, résidence principale comprise, sont reportées sur le calendrier des achats.
  5. Le régime fiscal de chaque bien est choisi avant la signature et les seuils de 15 000 € et 23 000 € sont datés.
  6. Une société éventuelle reçoit les acquisitions nouvelles, l'apport de l'existant étant chiffré avant toute décision.
  7. Le plan est simulé année par année et comparé à un témoin sans investissement.
  8. La sensibilité au taux, à la vacance et aux prix ainsi qu'un scénario défavorable combiné sont établis.
  9. Le taux d'intérêt au-delà duquel le plan s'arrête est connu.
  10. La situation du couple et de la famille est examinée avec un notaire.
  11. Les risques de LMP, de marchand de biens et d'abus de droit ainsi que l'état du projet de loi de finances pour 2027 sont vérifiés.
  12. Le plan est revu chaque année et interrompu dès qu'une règle de conduite serait violée.