Aller au contenu
Locafis®

Guide des stratégies immobilières, chapitre 121

Choisir le moment de la vente

À jour au

Décider de vendre un bien ne dit pas encore quand le vendre. Entre la décision de principe prise selon la méthode du chapitre 120 et la signature de l'acte, quelques mois ou quelques années d'écart peuvent changer le produit net de plusieurs milliers d'euros. L'impôt sur la plus-value baisse avec la durée de détention, un engagement fiscal peut rendre une vente prématurée très coûteuse, un bail en cours fixe la date à laquelle le logement peut être libéré et des travaux imposés modifient le prix que l'acheteur acceptera de payer.

Ce chapitre recense ces calendriers, puis donne une méthode pour calculer la date de vente qui maximise la valeur nette d'impôt à un horizon commun. Il l'applique à un appartement loué nu, à un studio loué meublé, à un logement énergivore et à un bien détenu par un propriétaire âgé. Les règles de calcul des abattements sont détaillées dans le Guide de la fiscalité immobilière, Les abattements pour durée de détention et la reprise des avantages fiscaux dans le Guide de la fiscalité immobilière, La rupture des engagements et la reprise des avantages. Le choix entre garder et vendre relève du chapitre 120, le réemploi du prix du chapitre 122.

Les six calendriers qui gouvernent la vente

Le calendrier fiscal de la plus-value

La plus-value d'un particulier est imposée à 19 % d'impôt sur le revenu (IR) et à 17,2 % de prélèvements sociaux, après des abattements qui croissent avec la durée de détention. S'y ajoute une surtaxe de 2 % à 6 % lorsque la plus-value imposable à l'IR dépasse 50 000 € par cédant (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026). Le prix d'acquisition peut être majoré forfaitairement de 7,5 % pour les frais et de 15 % pour les travaux lorsque le bien est vendu plus de cinq ans après son achat (Guide de la fiscalité immobilière, Calculer la plus-value, prix de cession et prix d'acquisition).

Durée de détentionCe qui change
Plus de 5 ansForfait de 15 % pour travaux ouvert sur le prix d'acquisition
6 ans révolusPremier abattement, 6 % pour l'IR et 1,65 % pour les prélèvements sociaux
De 6 à 21 ansChaque année réduit l'imposition d'environ 1,42 % de la plus-value brute
22 ans révolusExonération d'IR, donc de surtaxe, prélèvements sociaux encore dus sur 72 %
De 23 à 30 ansChaque année réduit l'imposition d'environ 1,55 % de la plus-value brute
Plus de 30 ansExonération totale

La durée se compte en années révolues jusqu'à l'acte authentique et non jusqu'à la promesse. Une signature quelques jours avant l'anniversaire de l'achat fait perdre une année entière d'abattement.

La plus-value nette imposable entre en outre dans le revenu fiscal de référence (RFR) de l'année. Une cession importante peut donc déclencher une seule année la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) ou la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) et faire perdre des avantages soumis à condition de ressources (Guide de la fiscalité immobilière, La contribution sur les hauts revenus et la contribution différentielle). Le taux de 19 % ne dépend pas de la tranche marginale d'imposition (TMI) du foyer, si bien que le départ à la retraite ne réduit pas l'impôt sur la plus-value.

Les engagements fiscaux en cours

Un bien placé sous un dispositif d'investissement ou ayant servi à imputer un déficit foncier sur le revenu global porte un engagement de location. Le vendre avant le terme provoque la reprise de l'avantage, sauf invalidité, licenciement ou décès selon les dispositifs (Guide du bailleur privé, Les dispositifs fiscaux en cours d'engagement).

SituationDate à attendreConséquence d'une vente anticipée
Déficit foncier imputé sur le revenu global31 décembre de la troisième année suivant l'imputationRevenu global des années concernées reconstitué
Pinel, Denormandie, Loc'AvantagesFin de la période d'engagementTotal des réductions obtenues ajouté à l'impôt
Dispositif JeanbrunFin de l'engagement de neuf ansAmortissements déduits réintégrés au revenu foncier
Monument historiqueQuinze ans de conservationRevenu majoré d'un tiers des charges imputées pendant trois ans
Location meublée non professionnelle (LMNP) au réelAucun engagementAmortissements déduits réintégrés dans la plus-value
Loueur en meublé professionnel (LMP)Cinq ans d'activitéExonération de l'article 151 septies du Code général des impôts (CGI) possible au-delà

Un couple imposé dans la tranche de 30 % a ainsi imputé en 2025 un déficit foncier de 10 700 € sur son revenu global, soit 3 210 € d'IR économisés. S'il vend le logement en novembre 2028, il rembourse ces 3 210 €. S'il signe en janvier 2029, il n'en doit rien et ne perd au plus que deux mois de loyer, soit 1 500 € bruts pour un loyer de 750 €.

Le calendrier du bien

Le bâti a ses propres échéances. Un ravalement voté ou une toiture en fin de vie pèsent sur le prix dès qu'un acheteur les identifie dans les procès-verbaux d'assemblée générale, si bien que vendre avant les travaux ne les fait pas disparaître de son offre.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) fixe un calendrier plus contraignant pour les logements loués. Les logements classés G ne peuvent plus faire l'objet d'un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025, ceux classés F à partir du 1er janvier 2028 et ceux classés E à partir du 1er janvier 2034. Dans les départements d'outre-mer, les étapes commencent en 2028 pour la classe G et en 2031 pour la classe F (Guide du bailleur privé, Le DPE et le calendrier énergétique). À l'approche de chaque étape, un logement mal classé intéresse surtout des acheteurs qui intègrent le coût des travaux et une marge de sécurité.

Le calendrier du bail

Un logement loué nu ne peut être libéré pour la vente qu'à l'échéance du bail. Le congé pour vendre doit parvenir au locataire au moins six mois avant cette date et vaut offre de vente à son profit pendant les deux premiers mois du préavis (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er juin 2026). Les locataires âgés aux ressources modestes sont protégés. Pour un logement acheté occupé dont le bail arrive à échéance moins de trois ans après l'achat, le congé pour vendre ne peut prendre effet qu'à l'échéance du premier renouvellement.

En location meublée, le préavis du bailleur est de trois mois avant l'échéance annuelle (Guide du bailleur privé, Le congé du bailleur en détail). Vendre occupé reste possible, mais l'acheteur investisseur applique une décote sans taux légal, à comparer au coût de l'attente et de la vacance.

Le calendrier du marché

Le marché suit des cycles décrits au chapitre 11. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), les prix des logements anciens ont reculé de 1,0 % au deuxième trimestre 2026 et de 0,8 % sur un an en France hors Mayotte, avec une baisse de 1,3 % sur un an pour les maisons (insee.fr, publication du 8 septembre 2026). Ces chiffres provisoires ne préjugent pas des évolutions futures.

Attendre un marché plus favorable suppose de savoir prévoir le retournement, ce que personne ne fait de façon fiable. La règle robuste consiste à ne jamais être contraint de vendre, grâce à une réserve de trésorerie (chapitre 116) et à une vente préparée assez tôt pour pouvoir attendre quelques mois (chapitre 113).

Le calendrier personnel

Le départ à la retraite réduit souvent la TMI, ce qui allège l'impôt sur les loyers d'un bien conservé. Une séparation, une mutation, une expatriation ou un besoin de financement imposent parfois une date que la fiscalité ne justifie pas.

L'âge introduit un paramètre propre. Au décès, la plus-value latente disparaît, puisque les héritiers retiennent comme prix d'acquisition la valeur déclarée dans la succession. Une donation produit le même effet pour le donataire, mais remet à zéro sa durée de détention (Guide de la fiscalité immobilière, Les abattements pour durée de détention). Pour un propriétaire âgé, vendre pour placer le prix revient donc à payer un impôt que la transmission aurait effacé, sans réduire les droits de succession, qui portent sur la valeur du bien comme sur celle du prix encaissé.

La méthode de décision pas à pas

Raisonner à horizon commun

Comparer l'impôt d'une vente en 2027 à celui d'une vente en 2034 n'a pas de sens si l'on oublie ce que rapportent entre-temps les loyers du bien conservé et le placement du prix d'une vente immédiate. La méthode fixe une date de comparaison unique, puis calcule pour chaque date de vente possible la valeur acquise à cette date, loyers nets après impôt et prix net d'impôt réemployés compris.

Le taux de réemploi, rendement net après impôt de l'usage prévu pour le prix, est l'hypothèse la plus déterminante du calcul (chapitre 34).

La règle de l'année supplémentaire

Garder le bien une année de plus rapporte le loyer net après impôt, la variation de prix et la baisse de l'impôt sur la plus-value. Cela coûte le rendement que le prix net aurait procuré s'il avait été encaissé et réemployé. Tant que le premier total dépasse le second, attendre est rationnel.

Les étapes

  1. Dater les seuils. Anniversaires de cinq, six, vingt-deux et trente ans et fin de chaque engagement fiscal.
  2. Dater le bail et le bâti. Échéance du bail, délai de congé, travaux prévisibles et étape du calendrier DPE.
  3. Fixer les hypothèses. Prix fondé sur les ventes comparables, évolution prudente et non prévisionnelle, loyer net après impôt et taux de réemploi.
  4. Calculer la valeur à horizon commun. Pour chaque date de vente possible, signée le jour de l'anniversaire de l'achat.
  5. Tester la sensibilité. Évolution du prix, taux de réemploi et décote éventuelle.
  6. Confronter au calendrier personnel. Retraite, transmission, autre projet et réserve de précaution.
  7. Préparer la vente. Remontez du jour de l'acte pour fixer la date du congé et de la mise en vente.

Premier exemple, la date optimale d'un appartement loué nu

Les hypothèses

L'exemple qui suit est illustratif et ses hypothèses ne sont pas des prévisions.

HypothèseValeur retenue
PropriétairesCouple marié, deux cédants, TMI de 30 %
BienDeux pièces loué nu au régime réel, sans crédit
Date d'achat1er juillet 2012
Valeur au 1er juillet 2027230 000 €
Loyer800 € par mois, indexé de 1,5 % par an
Vacance4 % du loyer
Charges non récupérables2 400 € par an, en hausse de 2 % par an
Impôt sur les loyers30 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux
Prix d'acquisition fiscalPrix d'achat majoré des forfaits de 7,5 % et 15 %
Frais de vente1 % du prix
Taux de réemploi3 % net par an
Horizon de comparaison1er juillet 2042, trente ans après l'achat

En 2027, le loyer net de vacance et de charges atteint 6 816 €, soit 3 599 € après impôt. Le rendement net après impôt du bien conservé est donc de 1,56 % de sa valeur, nettement inférieur au taux de réemploi de 3 %.

Le bien acheté 160 000 €

Acheté 160 000 €, le bien dégage une plus-value brute de 34 000 €. L'impôt passe de 7 467 € pour une vente en 2027 à 4 211 € en 2034 et à zéro en 2042. À prix stable, la valeur acquise en 2042 atteint 343 116 € pour une vente en 2027, 319 402 € pour une vente en 2034 et 300 653 € pour une conservation jusqu'en 2042. L'écart de rendement avec le réemploi coûte bien plus que les abattements ne rapportent.

Si le prix progresse de 1,5 % par an, la conclusion s'inverse. La conservation jusqu'en 2042 donne 357 631 €, contre 343 116 € pour une vente en 2027. Le classement dépend ainsi de l'hypothèse d'évolution du prix et non des abattements.

Le même bien acheté 95 000 €

Supposons maintenant que le couple ait acheté le même bien 95 000 €. La plus-value brute atteint 113 625 € et l'impôt pèse beaucoup plus lourd dans la décision.

Vente au 1er juilletDuréeIRPrélèvements sociauxImpôt totalPrix net d'impôtValeur en 2042
202715 ans8 636 €16 319 €24 954 €202 746 €315 871 €
203018 ans4 750 €15 351 €20 101 €207 599 €312 053 €
203321 ans864 €14 384 €15 248 €212 452 €308 562 €
203422 ans0 €14 071 €14 071 €213 629 €306 911 €
203523 ans0 €12 312 €12 312 €215 388 €306 044 €
203826 ans0 €7 036 €7 036 €220 664 €303 588 €
204230 ans0 €0 €0 €227 700 €300 653 €

Le prix est supposé stable et chaque époux reste sous le seuil de la surtaxe. Attendre la vingt-deuxième année économise 10 883 € d'impôt par rapport à 2027, mais la valeur acquise en 2042 baisse de 8 960 €. À prix stable et avec un réemploi à 3 %, vendre dès 2027 reste la solution qui procure la valeur la plus élevée.

Ce que coûte une année d'attente

Année d'attenteLoyer net après impôtBaisse de l'impôt sur la plus-valueRendement perdu du prix à 3 %Solde
2029 à 20303 695 €1 618 €6 179 €-867 €
2033 à 20343 894 €1 176 €6 374 €-1 304 €
2034 à 20353 945 €1 759 €6 409 €-705 €
2041 à 20424 322 €1 759 €6 778 €-698 €

Chaque année d'attente coûte ici entre 700 € et 1 300 €. La vingt-deuxième année fait gagner moins que les autres, car l'abattement d'IR n'y est que de 4 points et l'abattement social de 1,6 point. Le solde deviendrait positif avec une hausse du prix de 700 € à 1 300 € selon l'année, soit 0,3 % à 0,6 % de la valeur du bien.

Tests de sensibilité et scénario défavorable

L'année optimale selon le prix et le réemploi

Le tableau donne, pour le bien acheté 95 000 €, l'année de vente qui maximise la valeur en 2042 et le gain obtenu par rapport à une vente en 2027.

Évolution du prixRéemploi à 2 %Réemploi à 3 %Réemploi à 4,5 %
Baisse de 1 % par an202720272027
Prix stable2042, gain de 22 824 €20272027
Hausse de 1,5 % par an2042, gain de 79 802 €2042, gain de 41 760 €2027
Hausse de 3 % par an2042, gain de 149 874 €2042, gain de 111 831 €2042, gain de 43 619 €

La date optimale bascule presque toujours vers l'une des deux extrémités, vendre tout de suite ou conserver jusqu'à l'exonération. Une date intermédiaire ne l'emporte qu'en présence d'un engagement, de travaux, d'une échéance de bail ou d'un changement personnel. Avec un réemploi à 3 %, une vente en 2034 égale une vente en 2027 si le prix progresse de 0,50 % par an. C'est le point mort de l'attente.

Le scénario défavorable combiné

Le scénario défavorable suppose que le couple vise une vente en 2034 pour bénéficier de l'exonération d'IR. Le marché recule de 10 % cette année-là, le logement reste vide six mois avant la vente et le prix tombe à 207 000 €.

IndicateurRéemploi à 3 %Réemploi à 2 %
Vente en 2027315 871 €272 869 €
Vente en 2034 sans choc306 911 €282 885 €
Vente en 2034 avec choc278 164 €256 296 €
Vente reportée en 2035 au prix normal306 044 €284 529 €

La baisse de prix réduit un peu l'impôt, qui tombe à 11 223 €, mais elle ampute la valeur finale de près de 29 000 €. Un vendeur qui n'est pas contraint peut reporter la vente d'un an et retrouver presque la valeur prévue. Celui qui a déjà engagé le prix dans un autre projet ne le peut pas, ce qui donne une valeur propre à la souplesse du calendrier.

Deuxième exemple, les seuils de cinq et six ans en location meublée

Les hypothèses

L'exemple est illustratif. Un loueur célibataire a acheté un studio le 1er octobre 2021 pour 140 000 €, mobilier non compris. Il le loue meublé au régime réel des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et déduit 3 000 € d'amortissements par an sur l'immeuble. Il envisage de vendre au prix de 165 000 €. Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits minorent le prix d'acquisition, sauf pour certaines résidences de services (Guide de la fiscalité immobilière, La plus-value du loueur en meublé et la réintégration des amortissements).

Trois dates d'acte

Date de l'acteDuréeAmortissements réintégrésPrix d'acquisition retenuPlus-value bruteImpôt total
15 septembre 20264 ans14 750 €135 750 €29 250 €10 588 €
15 octobre 20265 ans15 000 €156 500 €8 500 €3 077 €
15 octobre 20276 ans18 000 €153 500 €11 500 €3 999 €

Un mois d'écart fait gagner 7 511 €, parce que le forfait de 15 % pour travaux, soit 21 000 €, n'est ouvert qu'au-delà de cinq ans. Attendre ensuite la sixième année ne rapporte rien ici, l'abattement de 6 % étant plus que compensé par 3 000 € d'amortissements supplémentaires réintégrés. Le cumul du forfait de 15 % et de la réintégration des amortissements résulte d'une lecture littérale de la notice de la déclaration n° 2048-IMM, à faire confirmer par le notaire.

Troisième exemple, vendre avant ou après les travaux énergétiques

Les hypothèses

L'exemple est illustratif. Un couple imposé à 30 % possède depuis juin 2014 un appartement loué nu, acheté 140 000 € et classé F. À partir du 1er janvier 2028, il ne pourra plus signer de nouveau bail. Un bien comparable classé D vaut 180 000 €. Faute de donnée publique sur la décote des biens énergivores dans ce secteur, l'exemple retient une décote hypothétique de 10 % pour une vente en l'état.

Le couple hésite entre deux options. Vendre en juin 2027 sans travaux, ou réaliser 22 000 € de travaux en 2027 pour atteindre la classe D, percevoir un an de loyer puis vendre en juin 2028. Il dispose d'autres revenus fonciers positifs, si bien que les travaux se déduisent sans créer de déficit imputable sur le revenu global ni d'engagement de location.

Le résultat

PosteVente en 2027 classée FTravaux puis vente en 2028
Prix de vente162 000 €180 000 €
Impôt sur la plus-value0 €, moins-value1 988 €
Travaux0 €22 000 €
Économie d'impôt sur les revenus fonciers0 €10 384 €
Loyer net après impôt de la dernière année0 €3 379 €
Produit net en juin 2028165 191 €, placement à 3 % compris167 975 €

Les travaux procurent ici 2 784 € de plus. L'avantage disparaît si la décote du bien en l'état est inférieure à 8,48 %. Sans revenus fonciers pour absorber la déduction, les travaux coûteraient 7 600 € de plus qu'une vente immédiate. Le forfait de 15 % reste applicable au calcul de la plus-value même si les travaux ont été déduits des loyers, mais les travaux déduits ne peuvent pas en plus être retenus pour leur montant réel (Guide de la fiscalité immobilière, Calculer la plus-value, prix de cession et prix d'acquisition). Le chapitre 72 détaille l'économie d'une rénovation énergétique.

Quatrième exemple, l'âge et la transmission

Une veuve de 78 ans a acheté en mai 2006 un appartement de 120 000 €, qui vaut 260 000 € en 2027. Elle envisage de le vendre pour placer le prix et simplifier sa gestion. L'exemple est illustratif.

Moment de la venteIRPrélèvements sociauxImpôt total
Après 21 ans, en juin 2027859 €14 305 €15 164 €
Après 22 ans, en juin 20280 €13 994 €13 994 €
Après 25 ans0 €8 746 €8 746 €
Après 30 ans0 €0 €0 €
Conservation jusqu'au décès0 €0 €0 €

Conserver le bien jusqu'au décès efface la plus-value pour les héritiers, qui retiennent la valeur déclarée dans la succession. Les droits de succession sont en principe les mêmes que le patrimoine comprenne le bien ou le prix de sa vente. Ce gain doit être confronté à la capacité de gestion de la propriétaire et à ses besoins de liquidités en cas de dépendance (chapitres 128 et 132). Une gestion déléguée ou un mandat de protection future peuvent y répondre sans vendre.

Capital, temps, horizon et limites de chaque option de calendrier

OptionCapital immobiliséTemps de gestionHorizonLiquiditéRisque principalCesse de fonctionner lorsque
Vendre dès la décisionLibéré aussitôtCelui de la venteImmédiatÉlevéeImpôt plein, réemploi décevantLe bien rapporte autant que le réemploi
Attendre un seuil fiscalBien entierGestion couranteQuelques mois à huit ansFaibleBaisse du marché, travauxLe rendement du bien est inférieur au réemploi
Attendre la fin d'un engagementBien entierGestion sous plafondsJusqu'au termeFaibleÉvénement personnel non excuséUne exception légale couvre déjà la vente
Vendre après travauxBien plus travauxÉlevé pendant le chantierUn à deux ansFaible pendant le chantierDépassement de budgetLa décote en l'état est faible
Attendre un meilleur marchéBien entierGestion couranteInconnuFaiblePrévision erronéeToujours, faute de prévision fiable
Conserver jusqu'à la transmissionBien entierGestion à alléger avec l'âgeViagerFaibleDépendance, indivision des héritiersUn besoin de liquidité impose la vente

Les situations particulières

Le couple marié, pacsé ou en concubinage

Les époux et les partenaires d'un pacte civil de solidarité (PACS) qui vendent un bien commun ou indivis sont deux cédants. La surtaxe s'apprécie sur la quote-part de chacun, ce qui double en pratique le seuil de 50 000 € pour un couple (Guide de la fiscalité immobilière, La surtaxe sur les plus-values immobilières élevées). Un bien propre de l'un des époux n'a qu'un cédant. Les concubins sont deux cédants, chacun avec sa propre date d'acquisition.

Au décès de l'un des époux, le survivant détient la part recueillie depuis le décès, sauf clause d'attribution intégrale de la communauté. Une vente peu après le décès dégage alors une plus-value faible sur la moitié héritée. En cas de divorce, la vente se décide avec le partage (Guide du bailleur privé, Le couple, la séparation et le patrimoine locatif).

La famille recomposée

Un bien conservé jusqu'au décès revient selon les règles de la succession, alors que le prix d'une vente peut se confondre avec les liquidités du couple. Faites vérifier par un notaire l'effet de la vente sur les droits du conjoint survivant et des enfants de chaque union (chapitre 105).

L'indivision

La vente d'un bien indivis suppose en principe l'accord de tous les indivisaires. Le tribunal peut l'autoriser à la demande d'indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits, sauf démembrement ou indivisaire protégé, mais la procédure allonge le calendrier de plusieurs mois. Chaque indivisaire applique sa propre durée de détention, ce qui peut opposer celui qui a intérêt à attendre et celui qui veut vendre (Guide de la fiscalité immobilière, L'indivision en fiscalité). Une convention d'indivision qui fixe les règles de sortie évite ce blocage.

Le démembrement

L'usufruitier et le nu-propriétaire vendent ensemble la pleine propriété, puis ventilent le prix et calculent chacun leur plus-value. Ils peuvent convenir d'un quasi-usufruit sur le prix ou de son remploi dans un autre bien démembré (Guide de la fiscalité immobilière, Le démembrement de propriété en fiscalité). Lorsque l'usufruit viager s'éteint au décès, le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans impôt et sa durée court depuis l'acquisition de la nue-propriété.

La société civile à l'IR

Une société civile immobilière (SCI) soumise à l'impôt sur le revenu applique les abattements selon la durée de détention de l'immeuble par la société et non selon la date d'entrée de chaque associé (Guide des sociétés immobilières, Les plus-values immobilières de la SCI à l'IR). La surtaxe s'apprécie au niveau de la société. Vendre les parts plutôt que l'immeuble fait jouer la durée de détention des parts et un droit de 5 % assis sur leur prix. Depuis le 27 juin 2026, cette cession exige à peine de nullité un acte notarié ou contresigné par avocat, ou dans certains cas un acte d'expert-comptable, selon la fiche F36016 de service-public.gouv.fr.

La société à l'impôt sur les sociétés

Une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) ne bénéficie d'aucun abattement pour durée de détention. Sa plus-value se calcule sur la valeur nette comptable, donc après amortissements. Elle s'impose au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions puis à 25 % (Guide des sociétés immobilières, La plus-value de cession en SCI à l'IS). Le calendrier fiscal de la vente perd son sens. Le moment pertinent est celui de la distribution du prix aux associés, imposée au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % pour les dividendes perçus en 2026, ou de son réemploi dans la société.

Le loueur en meublé professionnel

Le LMP relève des plus-values professionnelles. Après cinq ans d'activité, l'exonération de l'article 151 septies du CGI est totale lorsque les recettes ne dépassent pas 90 000 € hors taxes et partielle jusqu'à 126 000 € (Guide du bailleur professionnel, Les exonérations de plus-value professionnelle). Pour lui, la date décisive est le cinquième anniversaire du début de l'activité et non celui de l'achat du bien.

Le non-résident

Le non-résident est imposé sur la plus-value d'un immeuble situé en France selon les mêmes abattements, par un prélèvement acquitté lors de l'acte. Une exonération plafonnée existe pour certains anciens résidents, sous conditions de durée de résidence antérieure et de délai depuis le départ (Guide de la fiscalité immobilière, La plus-value immobilière du non-résident). Ce délai ajoute un calendrier propre.

L'outre-mer

Les abattements sont identiques dans les départements d'outre-mer. Les étapes du DPE y sont décalées, les investissements aidés y portent des durées de conservation propres et les marchés étroits allongent le délai de vente (Guide de la fiscalité immobilière, La fiscalité immobilière en outre-mer, chapitre 88).

Le type de marché

En métropole et en zone tendue, la vente est en général rapide et le rendement faible du bien rend l'attente coûteuse. En ville moyenne ou en zone rurale, le rendement plus élevé rend l'attente moins coûteuse, mais le délai de vente impose d'anticiper. Vérifiez les ventes comparables dans les demandes de valeurs foncières (DVF), publiées sur data.gouv.fr et consultables sur app.dvf.etalab.gouv.fr, avant de fixer le prix attendu (chapitre 81).

Les risques de requalification

Choisir le moment de la vente devient risqué lorsque des ventes répétées ou rapides après travaux font apparaître une intention spéculative. L'administration peut alors y voir une activité de marchand de biens, imposée comme une activité commerciale, sans abattement pour durée de détention (Guide de la fiscalité immobilière, Le marchand de biens et les opérations habituelles). L'achat d'un immeuble en bloc suivi de sa division et de la vente des lots en est le cas typique.

Une donation suivie d'une vente rapide, organisée pour effacer la plus-value alors que le donateur appréhende tout ou partie du prix, peut être écartée sur le fondement de l'abus de droit des articles L64 et L64 A du Livre des procédures fiscales (LPF). Il en va de même d'un bail fictif destiné à attendre le terme d'un engagement ou d'une vente à sa propre société dans le seul but de remettre à zéro une plus-value (Guide de la fiscalité immobilière, L'abus de droit fiscal). Le rescrit permet de consulter l'administration avant l'opération.

Ce qui peut changer

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 a été déposé le 1er octobre 2026 et reste en discussion au 26 octobre 2026. Un amendement adopté en commission des finances, qui remplaçait les abattements pour l'IR par un barème sur dix ans combiné à une revalorisation du prix d'acquisition, est tombé avec le rejet de la première partie par la commission le 9 octobre. Des amendements votés en séance créeraient de nouvelles exonérations, notamment pour une ancienne résidence principale occupée au moins vingt-deux ans. Aucune de ces mesures n'est adoptée et le barème décrit dans ce chapitre reste seul applicable (Guide de la fiscalité immobilière, La loi de finances pour 2026 et le projet de loi de finances pour 2027).

Le texte initial prévoit aussi de plafonner l'amortissement annuel des loueurs en meublé non professionnels. Ne décalez ni n'avancez une vente sur la foi d'un vote provisoire et refaites le calcul si une réforme est promulguée, la règle applicable étant celle de la date de la cession.

Erreurs fréquentes

  • Garder un bien pour les seuls abattements. Dans le premier exemple, attendre la vingt-deuxième année économise 10 883 € d'impôt mais réduit la valeur acquise en 2042 de 8 960 € lorsque le prix est stable.
  • Signer un mois trop tôt. Dans le deuxième exemple, un acte signé le 15 septembre au lieu du 15 octobre coûte 7 511 € en privant le vendeur du forfait de 15 %.
  • Vendre avant la fin d'un engagement. Une vente en novembre 2028 au lieu de janvier 2029 fait rembourser 3 210 € d'IR pour un déficit foncier imputé en 2025.
  • Ignorer la décote d'un logement énergivore. Dans le troisième exemple, une vente en l'état avec une décote de 15 % rapporterait 11 961 € de moins que des travaux suivis d'une vente.
  • Parier sur le marché. Un recul de 10 % l'année visée retire près de 29 000 € à un vendeur qui ne peut pas attendre.
  • Ignorer la purge au décès. Dans le quatrième exemple, une vente après vingt et un ans coûte 15 164 € que la transmission aurait effacés.
  • Oublier le congé. Un congé reçu moins de six mois avant l'échéance n'est pas valable et impose une vente occupée ou un report.
  • Oublier le RFR. Une forte plus-value peut déclencher la CEHR l'année de la vente.

Liste de contrôle

  1. La décision de vendre a été prise selon la méthode du chapitre 120 avant de rechercher la date.
  2. La date d'acquisition fiscale et les anniversaires de cinq, six, vingt-deux et trente ans sont connus pour chaque cédant.
  3. La fin de chaque engagement fiscal et les exceptions applicables sont vérifiées.
  4. Les amortissements déduits en location meublée sont chiffrés et le traitement du forfait de 15 % est confirmé par le notaire.
  5. L'échéance du bail, le délai de congé et la protection éventuelle du locataire sont identifiés.
  6. Les travaux votés ou prévisibles et l'étape du calendrier DPE sont pris en compte dans le prix attendu.
  7. La valeur à horizon commun est calculée pour chaque date de vente possible avec un taux de réemploi prudent.
  8. Un tableau de sensibilité et un scénario défavorable combiné ont été calculés, avec le point mort de l'attente.
  9. Les effets sur le RFR, la CEHR, l'IFI et les droits du conjoint, des coïndivisaires et des enfants sont examinés.
  10. Pour un propriétaire âgé, la vente est comparée à la conservation jusqu'à la transmission.
  11. Aucune vente répétée, donation suivie de vente ou vente à sa propre société n'expose à une requalification sans avis préalable.
  12. L'état du projet de loi de finances pour 2027 est vérifié à la date de la promesse et de l'acte.