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Guide de la fiscalité immobilière, chapitre 137

Les barèmes et taux commentés

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Un impôt se calcule presque toujours en deux temps. La loi définit une assiette, puis lui applique un taux ou un barème. Les chapitres de ce guide développent les assiettes et leurs exceptions. Ce chapitre rassemble les barèmes et les taux applicables à l'immobilier au 25 octobre 2026, avec la date de chacun, sa source et le chapitre qui le commente.

Il couvre l'impôt sur le revenu (IR), les prélèvements sociaux, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) et l'impôt sur les sociétés (IS), les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), les droits de mutation à titre gratuit (DMTG), l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), les plus-values et leur surtaxe, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les taxes locales. Chaque barème est suivi d'un commentaire sur son mécanisme et d'exemples vérifiés. Les seuils, plafonds, délais et pénalités sont regroupés au chapitre 138. Le Guide du bailleur privé, Les seuils à anticiper, du premier logement au patrimoine en donne la lecture de gestion.

Lire un barème

Un barème progressif découpe l'assiette en tranches et applique à chacune son propre taux. Franchir une tranche ne fait jamais payer le taux supérieur sur toute l'assiette. L'IR, les droits de donation et de succession en ligne directe et l'IFI fonctionnent ainsi. Un taux proportionnel s'applique au contraire à toute l'assiette, comme les prélèvements sociaux, le PFU, l'impôt de 19 % sur les plus-values immobilières, les DMTO et la TVA.

Trois taux se lisent dans un calcul. Le taux marginal d'imposition (TMI) mesure le coût du dernier euro dans la tranche. Le taux moyen rapporte l'impôt total à l'assiette. Le taux effectif d'un revenu supplémentaire mesure ce que coûte réellement un euro de plus, décote, plafonnement et prélèvements compris. C'est ce dernier qui éclaire une décision.

Chaque barème vaut enfin pour une période précise. Le barème de l'IR s'applique aux revenus de l'année précédente, les droits d'enregistrement suivent le taux en vigueur à la date de l'acte ou du décès et l'IFI dépend du patrimoine au 1er janvier.

L'impôt sur le revenu

Le barème des revenus de 2025

Le barème appliqué aux revenus de 2025, déclarés au printemps 2026, a été fixé par l'article 4 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Il s'applique à une part de quotient familial (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026, chapitre 45).

Tranche par partTauxImpôt cumulé en haut de tranche
Jusqu'à 11 600 €0 %0 €
De 11 601 € à 29 579 €11 %1 977,69 €
De 29 580 € à 84 577 €30 %18 477,09 €
De 84 578 € à 181 917 €41 %58 386,49 €
Au-delà de 181 917 €45 %Sans plafond

Les revenus fonciers, les bénéfices de location meublée et les quotes-parts de sociétés à l'IR s'ajoutent aux autres revenus avant ce calcul. Les plus-values immobilières des particuliers en sont exclues (chapitre 87).

Le quotient familial et la décote

L'avantage des parts supplémentaires est plafonné. L'impôt est calculé avec toutes les parts, puis avec les seules parts de base diminué du plafond de chaque majoration. Le montant le plus élevé est retenu (BOI-IR-LIQ-20-20-20 du 7 avril 2026, chapitre 45).

CorrectifMontant pour les revenus de 2025
Plafond par demi-part pour enfant à charge1 807 €
Plafond par quart de part en résidence alternée903,50 €
Plafond de la première part du parent isolé4 262 €
Plafond de la demi-part des personnes seules sans charge de famille1 079 €
Décote, personne seule897 € moins 45,25 % de l'impôt brut, si l'impôt brut est inférieur à 1 982 €
Décote, couple soumis à imposition commune1 483 € moins 45,25 % de l'impôt brut, si l'impôt brut est inférieur à 3 277 €

La décote a un effet souvent ignoré. Chaque euro d'impôt brut supplémentaire la réduit de 0,4525 €. Un revenu imposé dans la tranche à 11 % coûte alors 11 % multipliés par 1,4525, soit environ 15,98 %. Un premier revenu foncier modeste coûte donc plus que ne le laisse croire le taux de la tranche.

Trois calculs commentés

Situation illustrative, barème des revenus de 2025Impôt avantImpôt aprèsSupplément
Couple marié, deux parts, 60 000 €, puis 10 000 € de revenu foncier net4 207,98 €7 207,98 €3 000,00 €
Personne seule, 20 000 €, puis 4 200 € de revenu foncier net au micro-foncier445,11 €1 116,16 €671,05 €
Couple marié avec deux enfants, trois parts, 68 000 €, puis 10 000 € de revenu foncier net3 652,00 €5 993,98 €2 341,98 €

Le couple du premier cas a un quotient de 35 000 €, dans la tranche à 30 %. Ses 10 000 € de revenu foncier coûtent exactement 30 % d'IR, plus 1 720 € de prélèvements sociaux. La personne seule reste dans la zone de la décote. Son impôt brut passe de 924 € à 1 386 €, mais sa décote baisse de 478,89 € à 269,84 €, si bien que le revenu foncier lui coûte 15,98 %.

Le troisième cas illustre le plafonnement. À 78 000 €, le calcul à trois parts donne 4 752 €, mais le calcul à deux parts diminué de deux plafonds de 1 807 € donne 5 993,98 €, montant retenu. Le supplément représente 23,4 % du revenu foncier alors que le quotient reste dans la tranche à 11 %.

Les non-résidents et l'outre-mer

L'impôt d'un non-résident ne peut être inférieur à 20 % du revenu net imposable jusqu'à 29 579 € et à 30 % au-delà pour les revenus de 2025, sauf taux moyen mondial plus faible (chapitre 115). Dans les départements d'outre-mer, l'impôt est réduit de 30 % ou 40 % dans la limite de 2 450 € ou 4 050 € selon le département (chapitres 45 et 121).

Les contributions sur les hauts revenus

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) de l'article 223 sexies du Code général des impôts (CGI) frappe le revenu fiscal de référence (RFR) au-delà de 250 000 € pour une personne seule et de 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune (chapitre 47). Elle s'ajoute à l'IR.

Fraction du RFRPersonne seuleCouple soumis à imposition commune
Jusqu'à 250 000 €0 %0 %
De 250 001 € à 500 000 €3 %0 %
De 500 001 € à 1 000 000 €4 %3 %
Au-delà de 1 000 000 €4 %4 %

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) de l'article 224 du CGI, appréciée aux mêmes seuils, porte l'imposition du foyer à 20 % au moins de son revenu de référence et donne lieu à un acompte de 95 % versé entre le 1er et le 15 décembre (chapitre 47). Une plus-value immobilière élevée entre dans le RFR et peut faire franchir le seuil de la CEHR une seule année, d'où le lissage présenté au chapitre 47.

Les prélèvements sociaux, le PFU et l'IS

Les taux par catégorie de revenu

Les prélèvements sociaux réunissent la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et le prélèvement de solidarité. Leur taux dépend de la catégorie du revenu et non de son montant (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 30 juin 2026, chapitre 46).

RevenuCSGCRDSSolidaritéTotal
Revenus fonciers et plus-values immobilières9,2 %0,5 %7,5 %17,2 %
Bénéfice de location meublée non professionnelle (LMNP), dès les revenus de 202510,6 %0,5 %7,5 %18,6 %
Dividendes et intérêts perçus en 202610,6 %0,5 %7,5 %18,6 %
Dividendes et intérêts perçus en 20259,2 %0,5 %7,5 %17,2 %

Une fraction de 6,8 points de la CSG est déductible du revenu global de l'année de son paiement, sauf pour les revenus soumis au PFU. Une personne affiliée à un régime de sécurité sociale d'un État de l'Espace économique européen ou de la Suisse ne doit que le prélèvement de solidarité de 7,5 % sur ses revenus fonciers et ses plus-values immobilières. Le loueur en meublé professionnel paie des cotisations sociales (chapitres 41 et 46).

Le PFU et l'IS

PrélèvementTaux en 2026ObservationChapitre
PFU sur dividendes et intérêts perçus en 202631,4 %12,8 % d'IR et 18,6 % de prélèvements sociaux, option globale pour le barème avec abattement de 40 %45 et 100
IS, taux réduit15 %Jusqu'à 42 500 € de bénéfice, chiffre d'affaires d'au plus 10 millions d'euros, capital libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques100
IS, taux normal25 %Au-delà de 42 500 € ou sur tout le bénéfice si une condition manque100
Contribution sociale sur l'IS3,3 %Fraction de l'IS qui excède 763 000 €100

L'IS se lit en deux étages, l'impôt de la société puis le PFU de l'associé. Pour 100 € de bénéfice imposé à 15 % puis distribué, la charge totale atteint 41,69 €, contre 47,20 € pour 100 € de revenu foncier direct imposé dans la tranche à 30 % (chapitre 100).

Deux calculs commentés

Exemple illustratif. Un bailleur dont le TMI est de 30 % encaisse 12 000 € de loyers annuels. Loué nu au micro-foncier, le logement dégage 8 400 € de revenu net, soit 2 520 € d'IR et 1 444,80 € de prélèvements sociaux, au total 3 964,80 €. Loué meublé de longue durée au micro des bénéfices industriels et commerciaux (micro-BIC), il dégage 6 000 €, soit 1 800 € d'IR et 1 116 € de prélèvements à 18,6 %, au total 2 916 €. Le taux plus élevé des prélèvements sur le meublé ne compense pas ici l'écart d'abattement (chapitres 25 et 36).

Exemple illustratif. Une société civile immobilière (SCI) à l'IS qui remplit les conditions du taux réduit dégage 60 000 € de bénéfice. Elle paie 6 375 € d'IS sur 42 500 € et 4 375 € sur 17 500 €, soit 10 750 €. Si elle distribue le solde de 49 250 €, le PFU atteint 15 464,50 €. La charge totale de 26 214,50 € représente 43,69 % du bénéfice, avant prise en compte de l'amortissement et de la plus-value latente qu'il crée (chapitre 100).

Les droits de mutation à titre onéreux

Les composantes et le taux global

Les droits dus sur l'achat d'un immeuble ancien réunissent trois composantes, auxquelles s'ajoute la contribution de sécurité immobilière (CSI). Le taux départemental peut atteindre 5 % pour les actes passés du 1er avril 2025 au 31 mars 2028 (BOI-ENR-DMTOI-10-20, § 105, chapitre 11).

ComposanteFondementTauxBase
Droit départementalArticle 1594 D du CGI3,80 % de droit commun, de 1,20 % à 4,50 %, jusqu'à 5 % sur délibération jusqu'au 31 mars 2028Prix et charges
Taxe communaleArticles 1584 et 1595 bis du CGI1,20 %Prix et charges
Frais d'assietteArticle 1647 du CGI2,37 %Droit départemental
CSIArticle 879 du CGI0,10 %Prix
Taux départementalTaux global des droitsAvec la CSI
3,80 %5,09006 %5,19006 %
4,50 %5,80665 %5,90665 %
5,00 %6,3185 %6,4185 %

Les frais d'assiette se calculent sur le droit départemental et non sur le prix. Au 1er mai 2026, la grande majorité des départements appliquaient 5 % hors primo-accédants. Le tableau officiel des taux départementaux publié sur impots.gouv.fr change à chaque vague de délibérations et se consulte pour chaque acte (chapitre 11).

Les régimes réduits et les droits voisins

OpérationTauxChapitre
Immeuble neuf ou terrain à bâtir avec TVA sur le prix totalTaxe de publicité foncière de 0,715 % et CSI12 et 15
Engagement de revendre, fermier en place0,715 % et CSI12
Engagement de construireDroit fixe et CSI12
Parts d'une société à prépondérance immobilière (SPI)5 % du prix ou de la valeur des parts, sans ajout du passif social12
Parts sociales et actions d'une société non immobilière3 % après abattement de 23 000 € proportionnel, ou 0,1 %12
Apport d'un immeuble par un particulier à une société à l'IS5 %102
Partage2,5 % de l'actif net partagé8 et 108

Un calcul commenté

Exemple illustratif. Un bailleur achète en 2026 un appartement ancien de 200 000 €. Dans un département à 5 %, il paie 10 000 € de droit départemental, 237 € de frais d'assiette et 2 400 € de taxe communale, soit 12 637 €, plus 200 € de CSI. Dans un département resté à 4,50 %, les droits sont de 11 613,30 € et à 3,80 %, de 10 180,12 €. Acheté neuf en l'état futur d'achèvement (VEFA) pour 250 000 € toutes taxes comprises, un logement supporte 1 489,58 € de taxe de publicité foncière sur 208 333,33 € hors taxes, mais 41 666,67 € de TVA sont compris dans son prix.

Les droits de donation et de succession

Les abattements

Les droits se calculent sur la part de chaque bénéficiaire, après un abattement qui dépend du lien de parenté et qui se reconstitue au bout de quinze ans en donation (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 13 mai 2026, chapitre 106). Le barème s'applique ensuite à la part taxable.

BénéficiaireDonationSuccession
Enfant ou ascendant100 000 €100 000 €
Petit-enfant31 865 €1 594 € s'il vient de son chef
Arrière-petit-enfant5 310 €1 594 € s'il vient de son chef
Époux ou partenaire de pacte civil de solidarité (PACS)80 724 €Exonération
Frère ou sœur15 932 €15 932 €, ou exonération sous conditions
Neveu ou nièce7 967 €7 967 €, ou 15 932 € en représentation
Personne handicapée159 325 € en plus159 325 € en plus
Autre bénéficiaireAucun1 594 €

Les barèmes

Part taxable en ligne directeTauxDroits cumulés en haut de tranche
Jusqu'à 8 072 €5 %403,60 €
De 8 073 € à 12 109 €10 %807,30 €
De 12 110 € à 15 932 €15 %1 380,75 €
De 15 933 € à 552 324 €20 %108 659,15 €
De 552 325 € à 902 838 €30 %213 813,35 €
De 902 839 € à 1 805 677 €40 %574 948,95 €
Au-delà de 1 805 677 €45 %Sans plafond

Tant que la part taxable reste dans la tranche à 20 %, les droits en ligne directe se calculent en appliquant 20 % à toute la part puis en retranchant 1 806 € environ. Entre époux et partenaires de PACS, seules les donations sont taxées et le barème ne diffère qu'au début, avec 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % jusqu'à 15 932 € et 15 % jusqu'à 31 865 €, les tranches suivantes étant identiques. L'abattement entre partenaires est remis en cause si le PACS prend fin au cours de l'année de sa conclusion ou de l'année suivante, sauf mariage entre eux ou décès (chapitre 106).

Autre lienPart taxableTaux
Frère ou sœurJusqu'à 24 430 €35 %
Frère ou sœurAu-delà de 24 430 €45 %
Parent jusqu'au quatrième degré, dont neveu et nièceToute la part55 %
Parent au-delà du quatrième degré ou non-parent, dont le concubinToute la part60 %

Un studio de 120 000 € transmis par donation coûte 2 194 € à un enfant, 44 388 € à un frère et 72 000 € à un concubin (chapitre 106). En assurance vie, les primes versées avant 70 ans supportent après un abattement de 152 500 € par bénéficiaire un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € puis de 31,25 %. Celles versées après 70 ans entrent dans la succession au-delà de 30 500 € (chapitre 114).

Le barème de l'article 669

Lorsque la propriété est démembrée, la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété est une fraction de la pleine propriété fixée par le I de l'article 669 du CGI selon l'âge révolu de l'usufruitier au jour de l'acte ou du décès (BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50, chapitre 7). Seule la fraction transmise est taxée.

Âge de l'usufruitierUsufruitNue-propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
De 21 à 30 ans80 %20 %
De 31 à 40 ans70 %30 %
De 41 à 50 ans60 %40 %
De 51 à 60 ans50 %50 %
De 61 à 70 ans40 %60 %
De 71 à 80 ans30 %70 %
De 81 à 90 ans20 %80 %
91 ans et plus10 %90 %

Un anniversaire franchi entre deux dates de signature déplace la valeur taxable de 10 points. L'usufruit à durée fixe vaut 23 % de la pleine propriété par période de dix ans, toute période commencée comptant pour une période entière, sans excéder la valeur de l'usufruit viager. Pour une personne morale, la durée maximale de trente ans conduit à une valeur plafond de 69 % (§ 80, chapitres 7 et 109).

Deux calculs commentés

Exemple illustratif. Deux parents mariés sous la communauté donnent à leur fille un appartement commun de 300 000 €. Chacun donne 150 000 € et la fille bénéficie de deux abattements de 100 000 €. Chaque part taxable de 50 000 € supporte 8 194,35 €, soit 16 388,70 € au total. Si le bien appartenait à un seul parent, la part taxable serait de 200 000 € et les droits de 38 194,35 €.

Exemple illustratif. Une mère de 65 ans donne à son fils la nue-propriété d'un immeuble de 400 000 €. La nue-propriété vaut 60 %, soit 240 000 €. Après l'abattement de 100 000 €, les droits sur 140 000 € atteignent 26 194,35 €. Consentie à 59 ans, la donation aurait porté sur 50 %, soit 200 000 €, pour 18 194,35 € de droits. Cet écart de 8 000 € illustre l'effet de seuil de l'âge sans constituer un conseil de calendrier, la donation devant d'abord répondre à un projet civil (chapitres 107 et 109).

L'impôt sur la fortune immobilière

Le barème et ses correctifs

Le foyer est redevable lorsque la valeur nette taxable de son patrimoine immobilier non professionnel dépasse 1 300 000 € au 1er janvier (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 6 mars 2026). Le barème s'applique alors à partir de 800 000 €. La loi de finances pour 2026 n'a modifié ni le seuil ni le barème (chapitres 81 et 86).

Patrimoine net taxableTauxImpôt cumulé en haut de tranche
Jusqu'à 800 000 €0 %0 €
De 800 000 € à 1 300 000 €0,50 %2 500 €
De 1 300 000 € à 2 570 000 €0,70 %11 390 €
De 2 570 000 € à 5 000 000 €1 %35 690 €
De 5 000 000 € à 10 000 000 €1,25 %98 190 €
Au-delà de 10 000 000 €1,50 %Sans plafond
CorrectifRègleChapitre
Décote17 500 € moins 1,25 % du patrimoine net taxable, entre 1 300 000 € et 1 400 000 €86
Résidence principaleAbattement de 30 % sur la valeur vénale réelle82
Dettes des grands patrimoinesAu-delà de 5 000 000 € de biens et de 60 % de dettes, excédent déductible pour moitié83
Réduction pour dons75 % des versements, dans la limite de 50 000 € par an86
PlafonnementIFI et impôts sur les revenus limités à 75 % des revenus de l'année précédente86

Le seuil de 1 300 000 € n'est pas un abattement. Un foyer qui le franchit est taxé dès 800 000 €, ressaut que la décote atténue sans le supprimer.

Calculs commentés

Patrimoine net taxableImpôt brutDécoteIFI
1 300 000 €Non redevableSans objet0 €
1 320 000 €2 640 €1 000 €1 640 €
1 350 000 €2 850 €625 €2 225 €
2 000 000 €7 400 €0 €7 400 €
3 000 000 €15 690 €0 €15 690 €

Une résidence principale estimée 1 000 000 € n'entre dans l'assiette que pour 700 000 €. Pour un foyer proche du seuil, la qualité de l'évaluation au 1er janvier pèse donc davantage que le barème lui-même (chapitres 6 et 82).

Les plus-values immobilières des particuliers

Les taux et les abattements pour durée de détention

La plus-value nette est imposée à l'IR au taux proportionnel de 19 % et aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, la hausse à 18,6 % ne la visant pas. Deux abattements distincts réduisent l'assiette selon la durée de détention, l'un pour l'IR, l'autre pour les prélèvements sociaux (chapitres 87 et 89).

Années de détentionAbattement IR par anAbattement social par anTaux global sur la plus-value brute, hors surtaxe
0 à 50 %0 %36,20 %
6 à 216 %1,65 %De 34,78 % à 13,42 %
224 %1,60 %12,38 %
23 à 29Exonéré9 %De 10,84 % à 1,55 %
30 et plusExonéréExonéré0 %

L'abattement pour l'IR atteint 96 % la vingt et unième année et 100 % la vingt-deuxième. L'abattement social n'atteint que 28 % la vingt-deuxième année, puis progresse de 9 points par an. Entre vingt-deux et trente ans, le vendeur ne paie donc que des prélèvements sociaux. Le non-résident personne physique supporte le même taux de 19 %, une personne morale 15 %, 19 % ou 25 % selon sa situation (chapitre 116).

La surtaxe des plus-values élevées

La surtaxe de l'article 1609 nonies G du CGI s'applique lorsque la plus-value imposable à l'IR dépasse 50 000 €. Le seuil s'apprécie par cédant et, pour une société de personnes, au niveau de la société, la tolérance ne visant que la quote-part des associés soumis à l'IR (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 60). Les terrains à bâtir en sont exclus (chapitre 91).

Plus-value imposableTaux sur toute la plus-valueZone de lissageMontant dans la zone de lissage
De 50 001 € à 100 000 €2 %Jusqu'à 60 000 €2 % moins un vingtième de l'écart avec 60 000 €
De 100 001 € à 150 000 €3 %Jusqu'à 110 000 €3 % moins un dixième de l'écart avec 110 000 €
De 150 001 € à 200 000 €4 %Jusqu'à 160 000 €4 % moins 15 % de l'écart avec 160 000 €
De 200 001 € à 250 000 €5 %Jusqu'à 210 000 €5 % moins 20 % de l'écart avec 210 000 €
Plus de 250 000 €6 %Jusqu'à 260 000 €6 % moins 25 % de l'écart avec 260 000 €

Le taux s'applique à toute la plus-value et non à la seule fraction de la tranche, les formules de lissage évitant les ressauts. Une plus-value de 55 000 € supporte ainsi 850 €. La doctrine donne l'exemple d'une plus-value de 103 400 €, taxée 2 442 € (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 75).

Deux calculs commentés

ÉlémentVente après 15 ansVente après 10 ans
Plus-value brute100 000 €300 000 €
Base IR après abattement de 60 % ou 30 %40 000 €210 000 €
IR à 19 %7 600 €39 900 €
Base sociale après abattement de 16,5 % ou 8,25 %83 500 €275 250 €
Prélèvements sociaux à 17,2 %14 362 €47 343 €
Surtaxe0 €10 500 €
Total21 962 €97 743 €

Dans ces calculs illustratifs, la base IR du premier cas reste sous 50 000 €. Dans le second, la surtaxe de 5 % s'applique à toute la base de 210 000 €. Deux époux qui vendent un bien indivis se partagent la plus-value. Chacun apprécie le seuil de 50 000 € sur sa propre quote-part (chapitre 91).

La TVA immobilière

TauxOpérations immobilières principalesChapitre
20 %Vente d'un immeuble neuf, location taxable, travaux exclus des taux réduits15 et 64
10 %Travaux d'amélioration et d'entretien d'un logement achevé depuis plus de deux ans, hébergement para-hôtelier, logement locatif intermédiaire acquis par une personne morale15, 21 et 67
5,5 %Rénovation énergétique et travaux induits, accession sociale en zone de renouvellement urbain ou en quartier prioritaire, location-accession agréée, bail réel solidaire, panneaux photovoltaïques d'au plus 9 kilowatts depuis le 1er octobre 202515 et 21
8,5 % et 2,1 %Taux normal et taux réduit en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion64 et 121

La TVA n'est provisoirement pas applicable en Guyane ni à Mayotte. La location nue de logements et la location meublée d'habitation sont exonérées, sauf prestations para-hôtelières (chapitres 65 et 67). Les taux réduits du logement neuf supposent des conditions de ressources, de prix et d'occupation dont le non-respect entraîne un complément de TVA (chapitre 15).

Exemple illustratif. Un bailleur fait réaliser 10 000 € hors taxes de travaux dans un logement loué achevé depuis plus de deux ans. Au taux de 10 %, il paie 11 000 €. Pour des travaux d'isolation éligibles au taux de 5,5 %, il paie 10 550 €. Sans la certification du client portée sur le devis ou la facture, le taux normal de 20 % s'applique, soit 12 000 € (chapitre 21).

Les taxes locales et assimilées

Les taxes locales n'ont pas de barème national. Les collectivités votent leurs taux dans des limites légales et l'État fixe la revalorisation des bases.

TaxeTaux ou coefficientChapitre
Revalorisation des valeurs locatives d'habitation1,7 % en 2025, 0,8 % en 202672 et 73
Majoration de taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS)De 5 % à 60 % de la part communale, en zone tendue75
Taxe sur les logements vacants (TLV) de 202617 % de la valeur locative la première année, 34 % ensuite76
Taxe unique sur la vacance des locaux d'habitation (TVLH) à partir de 2027En zone tendue 17 % relevable jusqu'à 30 %, puis 34 % relevable jusqu'à 60 %, ailleurs au plus 50 % sur délibération76
Taxe d'aménagement, valeur forfaitaire 2026892 € par mètre carré, 1 011 € en Île-de-France19
Taxe d'aménagement, tauxPart communale de 1 % à 5 %, jusqu'à 20 % dans certains secteurs, part départementale de 2,5 % au plus19
Redevance d'archéologie préventive0,40 %19
Frais de l'État sur la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM)8 %78
Retard de paiement des impôts locauxMajoration de 10 %73
Taxe annuelle sur la valeur vénale des immeubles de certaines entités3 %, dettes non déductibles103

La revalorisation de 2027 dépendra de l'indice des prix à la consommation harmonisé de novembre 2026. La base minimum de la cotisation foncière des entreprises (CFE) figure au chapitre 138.

Exemple illustratif. Un logement vide d'une valeur locative de 3 000 €, en zone tendue, supporte en 2026 une TLV de 510 € la première année puis de 1 020 €. Avec la TVLH, la commune pourra porter ces montants jusqu'à 900 € puis 1 800 € à partir de 2027 (chapitre 76).

Ce qui est en discussion au 25 octobre 2026

L'article 2 du PLF pour 2027 revaloriserait les tranches du barème de l'IR de 2,1 %, portant les seuils à 11 844 €, 30 200 €, 86 353 € et 185 737 € pour les revenus de 2026. Son article 4 porterait de 31 865 € à 50 000 € l'exonération des dons familiaux de sommes d'argent consentis au premier semestre 2027. L'article modifié, adopté en séance le 16 octobre 2026, la porterait à 100 000 € jusqu'au 31 décembre 2027. Un amendement voté en séance prorogerait l'article 790 A bis jusqu'à la fin de 2030 (chapitres 106 et 136).

Son article 7 plafonnerait l'amortissement annuel du bâti en location meublée non professionnelle à 2,5 % de sa valeur dans la limite de 7 000 € par foyer. Aucune de ces mesures n'est adoptée. La partie recettes du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 a été rejetée par l'Assemblée nationale le 23 octobre 2026 et les synthèses publiées ne font état d'aucune modification des prélèvements sociaux sur les revenus fonciers (chapitres 46 et 136).

Utiliser les barèmes

  1. Datez l'opération. Revenus de quelle année, acte de quelle date, patrimoine à quel 1er janvier.
  2. Déterminez l'assiette. Après abattements, charges, frais et réductions de valeur propres à l'impôt.
  3. Choisissez le barème. Selon la catégorie de revenu, le lien de parenté, le département, le taux de TVA ou l'âge de l'usufruitier.
  4. Appliquez les correctifs. Décote, plafonnement du quotient familial, décote ou plafonnement de l'IFI, lissage de la surtaxe.
  5. Ajoutez les prélèvements annexes. Prélèvements sociaux, CSI, frais d'assiette, contributions sur les hauts revenus.
  6. Mesurez le taux effectif. Rapportez le supplément d'impôt au supplément d'assiette pour comparer deux options.

L'administration contrôle d'abord la date retenue, puis l'application des correctifs. Un montage dont le seul but serait de rester sous un seuil, comme le fractionnement artificiel d'une cession, peut être écarté sur le fondement des articles L64 et L64 A du Livre des procédures fiscales (LPF), avec des majorations de 40 % ou 80 %. Le rescrit permet de sécuriser une situation incertaine (chapitres 10 et 127).

Les erreurs fréquentes

  • Appliquer le taux de la tranche à tout le revenu. Un quotient de 35 000 € n'est imposé à 30 % que sur la fraction au-delà de 29 579 €.
  • Oublier la décote. Pour la personne seule de l'exemple, le revenu foncier coûte 671,05 € et non 462 €.
  • Appliquer 18,6 % aux revenus fonciers. Ils restent à 17,2 %. Sur 10 000 €, l'erreur est de 140 €.
  • Ignorer le rappel des donations. Une donation de moins de quinze ans consomme l'abattement et les premières tranches (chapitre 106).
  • Croire que le seuil de l'IFI est un abattement. Un patrimoine net de 1 320 000 € paie 1 640 €.
  • Tenir pour adopté un barème du PLF. Les seuils revalorisés de 2,1 % ne valent rien avant la promulgation.

Liste de contrôle

  1. Date. Chaque barème correspond à l'année des revenus, à la date de l'acte ou au 1er janvier concerné.
  2. IR. Le quotient, le plafonnement du quotient familial et la décote ont été vérifiés.
  3. Prélèvements sociaux. Le taux correspond à la catégorie du revenu et à l'année de perception.
  4. DMTO. Le taux du département à la date de l'acte a été lu sur le tableau officiel le plus récent.
  5. DMTG. L'abattement disponible tient compte des donations des quinze dernières années.
  6. Démembrement. L'âge révolu de l'usufruitier au jour de l'acte a été contrôlé.
  7. IFI. La décote, l'abattement de 30 % et le plafonnement des dettes ont été appliqués s'il y a lieu.
  8. Plus-values. Les deux abattements, les deux taux et la surtaxe ont été calculés séparément.
  9. TVA et taxes locales. Le taux réduit est justifié et les taux votés ont été lus sur l'avis ou la délibération.
  10. Projet de loi. Aucun calcul ne repose sur une mesure du PLF pour 2027 non promulguée.