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Locafis

Guide du bailleur, chapitre 154

Les interlocuteurs du bailleur

À jour au

Un bailleur traite au fil des années avec une vingtaine d'interlocuteurs, publics ou privés, gratuits ou rémunérés. Chacun a un rôle défini par la loi, souvent exclusif. S'adresser au mauvais fait perdre du temps, de l'argent ou parfois un délai. Savoir qui fait quoi est donc une compétence de gestion à part entière, au même titre que la rédaction d'un bail.

Ce chapitre présente ces interlocuteurs par famille. Il commence par les conseils gratuits et neutres, puis décrit les officiers publics, les professionnels du droit et du chiffre, ceux qui interviennent sur le bien et enfin les administrations. Pour chacun, il indique son rôle, son coût, le moment où le consulter et les limites de son intervention.

Choisir le bon interlocuteur

Trois questions orientent le choix, à savoir la nature de la demande, le monopole éventuel d'une profession et le coût. Certains actes sont réservés au notaire ou au commissaire de justice, alors qu'une information s'obtient gratuitement. Le tableau suivant situe notamment l'agence départementale d'information sur le logement (ADIL), la commission départementale de conciliation (CDC), les services des impôts des particuliers (SIP) et des entreprises (SIE), la caisse d'allocations familiales (CAF) et la Mutualité sociale agricole (MSA).

InterlocuteurRôle principalCoûtQuand le consulter
ADILInformation juridique, financière et fiscale sur le logementGratuitAvant toute décision importante ou tout litige
ConciliateurRecherche d'un accord amiableGratuitLitige avec un locataire, un voisin ou un artisan
CDCConciliation paritaire bailleur et locataireGratuitCharges, dépôt de garantie, état des lieux, loyer
France Rénov'Conseil sur les travaux de rénovation et les aidesGratuitAvant tout devis de rénovation énergétique
NotaireActes authentiques, vente, donation, successionÉmoluments réglementés et honorairesAchat, vente, donation, apport à une société
Commissaire de justiceActes, constats, exécution des décisionsTarifs réglementés pour une partie des actesCommandement, état des lieux contesté, expulsion
AvocatConseil, rédaction, représentation en justiceHonoraires sous convention écriteLitige complexe ou demande supérieure à 10 000 €
Expert-comptableComptabilité, liasses fiscales, conseilHonoraires libresMeublé au réel, société à l'impôt sur les sociétés
DiagnostiqueurDiagnostics techniques obligatoiresPrix libresAvant la mise en location ou la vente
SyndicGestion de la copropriétéContrat voté en assembléeCharges, travaux, sinistre en partie commune
AssureurCouverture des risques et indemnisationPrime annuelleSouscription, sinistre, impayé garanti
MairieUrbanisme, usage, permis de louer, hygièneGratuit sauf taxesTravaux, changement d'usage, location touristique
PréfectureExpulsion, insalubrité, prévention des expulsionsGratuitConcours de la force publique, arrêtés
SIP et SIEImpôts des particuliers et des entreprisesGratuitDéclaration, réclamation, option fiscale
CAF et MSAAides au logement du locataireGratuitTiers payant, impayé, décence
Action LogementGarantie Visale et aides aux salariésGratuit pour le bailleurAcceptation d'un visa, impayé garanti

Les conseils gratuits et neutres

L'ADIL

L'ADIL est le premier réflexe du bailleur. Le réseau des ADIL, coordonné par l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL), délivre une information complète, neutre et gratuite sur toutes les questions de logement, aussi bien aux propriétaires bailleurs qu'aux locataires (anil.org). Ses juristes répondent sur le bail, les charges, le congé, la décence, la fiscalité locative ou le financement d'un achat.

L'ADIL aide à qualifier une situation, à vérifier un délai ou à préparer un courrier. Elle ne rédige pas d'acte à votre place et ne vous représente pas devant le juge. Sa neutralité est un atout dans un litige, car elle explique les droits des deux parties.

Consultez-la avant un congé, une révision de loyer ou une régularisation de charges, dès le premier impayé et avant de saisir la CDC ou le juge.

Le conciliateur de justice

Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole dont l'intervention est gratuite. Il peut être saisi sans limite de montant pour les différends entre propriétaires et locataires, les impayés, les problèmes de voisinage et la plupart des litiges civils. Il ne traite pas les litiges avec l'administration et ne donne pas de conseils juridiques (service-public.gouv.fr).

Vous le saisissez directement, lors d'une permanence trouvée sur le site conciliateurs.fr, en ligne ou par courrier, ou par l'intermédiaire du greffe du tribunal judiciaire. En cas d'accord, il établit un constat signé par les parties, que l'une d'elles peut faire homologuer par le juge pour lui donner force exécutoire.

La commission départementale de conciliation

La CDC est un organisme paritaire, composé d'autant de représentants des bailleurs que des locataires. Son intervention est gratuite. Elle ne concerne que les logements vides ou meublés loués à titre de résidence principale et ne peut pas être saisie pour un bail mobilité (service-public.gouv.fr).

Elle examine les litiges relatifs aux charges, au congé, au dépôt de garantie, aux états des lieux, à l'ameublement, aux réparations, à la décence et à plusieurs questions de loyer. Elle rend un document de conciliation ou un avis au plus tard dans les deux mois de sa saisine. Sa saisine est obligatoire avant le juge pour la contestation d'un complément de loyer, la fixation du loyer lors de la remise en location et la réévaluation d'un loyer sous-évalué ou sur-évalué au renouvellement (chapitres 97 et 99).

France Rénov' et l'Agence nationale de l'habitat

France Rénov' est le service public de la rénovation de l'habitat. Ses conseillers informent gratuitement les propriétaires, bailleurs compris, au numéro national 0 808 800 700, du lundi au vendredi de 9 heures à 18 heures, sur présentation du dernier avis d'imposition (service-public.gouv.fr). Ils analysent le logement, expliquent les travaux adaptés, vérifient l'éligibilité aux aides et orientent vers des professionnels qualifiés.

L'Agence nationale de l'habitat (Anah) instruit MaPrimeRénov' et le conventionnement Loc'Avantages. Pour une rénovation d'ampleur, le rendez-vous avec un conseiller France Rénov' est obligatoire et donne lieu à une attestation de contact indispensable au dossier. Un Mon Accompagnateur Rénov' suit ensuite le projet jusqu'à la réception des travaux. Les aides et leurs conditions pour les bailleurs sont détaillées au chapitre 91 et le loyer abordable au chapitre 23.

Les officiers publics et ministériels

Le notaire

Le notaire est un officier public et ministériel. Il conseille ses clients, rédige les actes, les authentifie par son sceau et sa signature puis les conserve. L'acte authentique est opposable aux tiers, a une date certaine et peut avoir force exécutoire, ce qui permet de poursuivre son exécution sans passer par un juge (service-public.gouv.fr).

Son intervention est obligatoire pour une vente immobilière, une donation d'un immeuble, un partage successoral comportant des immeubles et l'acte de notoriété après un décès. Le bailleur le rencontre donc à l'achat, à la revente, lors d'une donation et au décès d'un proche (chapitres 2, 135, 137 et 149). Il peut aussi rédiger les statuts d'une société civile immobilière (SCI) et l'acte d'apport d'un bien (chapitre 129).

Ses frais comprennent les taxes reversées à l'État, les débours avancés pour votre compte et sa rémunération. Celle-ci se compose d'émoluments réglementés pour les actes tarifés et d'honoraires librement convenus pour les prestations qui ne le sont pas. À la clôture du dossier, il remet un relevé de compte et un état détaillé des frais. Vous pouvez choisir n'importe quel notaire en France métropolitaine et outre-mer, hors Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna. Vous pouvez en changer avant la signature.

En cas de litige, la première démarche indiquée par l'administration est la saisine du médiateur du notariat.

Le commissaire de justice

Le commissaire de justice existe depuis le 1er juillet 2022. Il réunit les anciennes professions d'huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire (service-public.gouv.fr). Pour le bailleur, c'est l'interlocuteur de l'exécution, celui qui transforme un droit reconnu en paiement ou en libération des lieux.

Il dispose d'un monopole sur plusieurs missions utiles au bailleur.

  • La signification des actes, comme le commandement de payer visant la clause résolutoire, le congé ou l'assignation.
  • L'exécution des décisions de justice et des titres exécutoires, y compris les saisies et l'expulsion.
  • L'établissement des constats d'état des lieux lorsque les parties ne parviennent pas à l'établir à l'amiable.
  • La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances.

Il réalise aussi des constats de dégradations ou de nuisances et du recouvrement amiable, activités qu'il partage avec d'autres professionnels. Une partie de ses tarifs est réglementée par le Code de commerce, les autres prestations étant facturées librement.

Le commissaire de justice intervient à chaque étape d'un impayé (chapitre 111), du recouvrement de la dette (chapitre 112) et de l'expulsion (chapitre 113). Il signale lui-même le commandement de payer à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) et signifie l'assignation au préfet (service-public.gouv.fr). Demandez-lui une copie de ces envois.

Les professionnels du droit et du chiffre

L'avocat

L'avocat conseille, rédige des actes et représente ses clients en justice. Son rôle de conseil comprend aussi l'obligation de déconseiller une action vouée à l'échec et de signaler les modes amiables de règlement des différends (service-public.gouv.fr).

Son intervention est notamment obligatoire devant le tribunal judiciaire lorsque la demande dépasse 10 000 € et devant la cour d'appel en matière civile, sauf exceptions. Devant le juge des contentieux de la protection (JCP), compétent pour les baux d'habitation, la procédure est orale et l'avocat n'est jamais obligatoire. Il reste utile dès que le dossier présente une difficulté juridique, comme un congé contesté (chapitre 118).

Une convention d'honoraires écrite est obligatoire. Elle précise le mode de calcul, le montant et les frais éventuels. À la clôture du dossier, l'avocat remet un compte détaillé qui distingue sa rémunération et les frais payés pour vous. Les différends sur les honoraires relèvent du bâtonnier de l'ordre auquel l'avocat est inscrit.

Avant de consulter, vérifiez votre contrat d'assurance propriétaire non occupant (PNO) ou multirisque. Il comporte souvent une garantie de protection juridique qui prend en charge une partie des honoraires dans la limite d'un plafond.

L'expert-comptable

L'expert-comptable tient ou révise la comptabilité, établit les déclarations fiscales professionnelles et conseille sur le choix d'un régime. Aucun texte n'impose au bailleur particulier d'y recourir. Son intervention devient en pratique fréquente dans trois situations.

  • La location meublée au régime réel, avec la liasse n° 2031 et le plan d'amortissement (chapitre 121).
  • La société à l'impôt sur les sociétés, qui tient une comptabilité commerciale et établit un bilan (chapitre 130).
  • Le statut de loueur en meublé professionnel ou l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) (chapitres 122 et 123).

Ses honoraires sont libres et font l'objet d'une lettre de mission qui fixe l'étendue de ses travaux. Au régime réel, ils sont déductibles du résultat de la location meublée. Pour la location nue au régime réel, les frais de gestion déductibles sont présentés au chapitre 120.

Les professionnels du bien

Le diagnostiqueur

Le diagnostiqueur immobilier réalise les diagnostics exigés à la location et à la vente, comme le diagnostic de performance énergétique (DPE), le constat de risque d'exposition au plomb ou l'état de l'installation intérieure d'électricité. Il doit être certifié selon les critères fixés par l'arrêté du 1er juillet 2024. Le ministère chargé du logement publie un annuaire officiel qui permet de rechercher un diagnostiqueur certifié et de vérifier ses certificats (service-public.gouv.fr).

L'impartialité et l'indépendance sont des critères essentiels. Le diagnostiqueur ne doit avoir aucun lien d'intérêt avec la personne qui le fait intervenir. Ses prix ne sont pas réglementés et vous pouvez comparer plusieurs devis. Vérifiez avant l'intervention que son assurance de responsabilité civile professionnelle est en cours de validité, car c'est elle qui indemnisera une erreur de diagnostic. Les diagnostics sont détaillés aux chapitres 87 et 89.

Le syndic de copropriété

Le syndic exécute les décisions de l'assemblée générale, administre l'immeuble, tient la comptabilité du syndicat des copropriétaires et appelle les charges. Le syndic professionnel met à la disposition des copropriétaires un espace en ligne sécurisé où figurent notamment le règlement de copropriété, les procès-verbaux des dernières assemblées et le compte individuel de chaque lot (chapitre 109).

Pour le bailleur, il est l'interlocuteur de la ventilation des charges récupérables (chapitre 98), des sinistres touchant les parties communes ou venant d'un autre lot (chapitre 108) et de la vente du lot, pour laquelle il est seul à pouvoir établir l'état daté.

L'état daté indique les sommes dues entre le vendeur et le syndicat ainsi que les dépenses que l'acquéreur devra supporter. Son coût est limité à 380 € toutes taxes comprises (TTC) en 2026, y compris lorsque plusieurs lots, comme un logement et un parking, sont vendus ensemble (service-public.gouv.fr). Une facturation supérieure peut être contestée auprès du syndic.

L'administrateur de biens et l'agent immobilier

Seul un professionnel titulaire d'une carte professionnelle portant la mention « gestion immobilière » peut gérer habituellement le bien d'autrui contre rémunération. La vérification de cette carte, de la garantie financière et du contenu du mandat est détaillée au chapitre 143. Le mandataire agit en votre nom pour la gestion courante, mais vous restez le bailleur et répondez de ses manquements envers le locataire, quitte à vous retourner ensuite contre lui.

L'assureur

L'assureur intervient à trois moments. À la souscription, il propose l'assurance PNO, obligatoire pour le copropriétaire bailleur depuis la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR), ainsi que, le cas échéant, une garantie des loyers impayés (GLI). Lors d'un sinistre, il instruit la déclaration, mandate un expert et indemnise. Lors d'un impayé garanti, il prend en charge le recouvrement dans les conditions du contrat.

Le respect des délais contractuels de déclaration conditionne l'indemnisation. En cas de désaccord, adressez une réclamation écrite au service réclamations de l'assureur, puis saisissez le médiateur de l'assurance. Les sinistres sont traités au chapitre 108 et la GLI au chapitre 100.

Les administrations

La mairie

La mairie, ou l'intercommunalité lorsque la compétence lui a été transférée, est l'interlocuteur de l'urbanisme et de l'usage des locaux. Elle reçoit les demandes de permis de construire et les déclarations préalables de travaux (chapitre 68), les demandes de changement d'usage d'un local d'habitation dans les communes où il est réglementé (chapitre 92) et, lorsque la commune l'a instauré, la déclaration ou la demande d'autorisation de mise en location (chapitre 95).

Pour la location de tourisme, elle reçoit la déclaration ou l'enregistrement du meublé et perçoit la taxe de séjour (chapitres 28 et 34). Au titre de ses pouvoirs de police, le maire peut aussi prendre des mesures contre l'habitat dangereux et faire respecter le règlement sanitaire départemental, parfois par l'intermédiaire d'un service communal d'hygiène et de santé (SCHS) dans les villes qui en disposent (chapitre 116).

La préfecture

Le préfet représente l'État dans le département. Le bailleur le rencontre surtout dans la procédure d'expulsion. Le commissaire de justice lui signifie l'assignation, puis, si l'occupant refuse de partir après le commandement de quitter les lieux, lui demande le concours de la force publique. Le préfet dispose de deux mois pour répondre et son silence vaut refus (service-public.gouv.fr).

Un refus engage la responsabilité de l'État. Le bailleur adresse alors au préfet une demande d'indemnisation par lettre recommandée avec accusé de réception, puis peut contester la réponse devant le tribunal administratif (chapitre 113).

Les services de l'État participent aussi à la CCAPEX, commission départementale qui examine les situations d'impayé et coordonne les aides. Le bailleur peut la saisir sans attendre le commandement de payer (chapitre 110). Le préfet prend enfin les arrêtés de traitement de l'insalubrité, sur rapport de l'agence régionale de santé (ARS) ou du SCHS (chapitre 116).

Le service des impôts, SIP et SIE

L'administration fiscale distingue deux services selon la nature de l'impôt.

ServiceCe qu'il traite pour le bailleur
SIPImpôt sur le revenu, revenus fonciers, revenus de location meublée déclarés sur la déclaration de revenus, taxe foncière, taxe d'habitation sur les résidences secondaires, taxes sur les logements vacants
SIEDéclaration n° 2031 du meublé au réel, déclaration n° 2072 de la SCI, impôt sur les sociétés, TVA, cotisation foncière des entreprises (CFE), options fiscales des professionnels

Le SIP est compétent pour vos impôts personnels. Le SIE est compétent pour les impôts professionnels, y compris lorsqu'un particulier exerce une activité de location meublée. Le bailleur non-résident relève d'un service spécialisé dans les non-résidents (chapitre 127).

Le contact passe d'abord par la messagerie sécurisée de l'espace particulier ou de l'espace professionnel sur impots.gouv.fr, qui garde une trace datée de vos échanges. Le numéro national 0 809 401 401 est ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 heures et un rendez-vous peut être pris sur place, par téléphone ou en visioconférence (impots.gouv.fr). Le service des impôts répond sur votre propre situation, mais ne joue pas le rôle d'un conseil en optimisation.

La CAF et la MSA

La CAF ou, pour les assurés du régime agricole, la MSA verse les aides personnelles au logement du locataire, à savoir l'aide personnalisée au logement (APL), l'allocation de logement familiale (ALF) et l'allocation de logement sociale (ALS). Le bailleur peut les percevoir directement en tiers payant et les déduire du loyer (chapitre 110).

Lorsque le locataire perçoit une aide, le bailleur doit signaler l'impayé à l'organisme dans les deux mois de sa constitution, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception. En 2026, l'impayé est constitué lorsque la dette atteint deux fois le montant mensuel net du loyer et des charges, c'est-à-dire après déduction de l'aide. L'absence de signalement expose le bailleur à une amende de 8 010 € (service-public.gouv.fr). Deux décrets du 12 février 2026 modifient ces règles pour les impayés signalés à partir du 1er janvier 2027 (chapitre 111).

La CAF intervient aussi en matière de décence. Lorsqu'elle constate qu'un logement n'est pas décent, elle conserve l'aide pendant le délai laissé au bailleur pour réaliser les travaux, sans la verser ni à lui ni au locataire (chapitre 88).

Action Logement

Action Logement délivre la garantie Visale, une caution gratuite pour le locataire comme pour le bailleur. Avant la signature du bail, le bailleur crée son espace sur le site de Visale, saisit le numéro de visa du candidat et les caractéristiques du logement, puis valide en ligne l'acte de cautionnement (service-public.gouv.fr).

En cas d'impayé, le bailleur adresse une mise en demeure au locataire par lettre recommandée dans les quinze jours, puis déclare l'impayé en ligne lorsqu'il dépasse un mois de loyer et de charges, déduction faite de l'aide au logement. Action Logement verse les sommes, se charge du recouvrement et peut aller jusqu'à demander la résiliation du bail et l'expulsion. Le bailleur met à jour le compte du locataire chaque mois tant que la dette n'est pas soldée.

Action Logement accorde aussi l'avance Loca-Pass, un prêt sans intérêts ni frais de dossier de 1 200 € au plus en 2026, qui finance tout ou partie du dépôt de garantie de certains salariés, étudiants et jeunes de moins de 30 ans. Elle est versée au locataire, qui règle ensuite le dépôt au bailleur. Elle se demande en ligne au plus tard deux mois après l'entrée dans les lieux (service-public.gouv.fr).

Exemple illustratif d'un impayé avec trois interlocuteurs

L'exemple qui suit est illustratif. Un studio est loué 520 € hors charges avec 40 € de provisions. La CAF verse 200 € d'aide au bailleur en tiers payant et le locataire bénéficie de Visale. Le montant mensuel net dû par le locataire s'élève à 520 + 40 - 200, soit 360 €.

ÉtapeDette netteInterlocuteur et démarche
Échéance 1 impayée360 €Relance du locataire, puis mise en demeure par lettre recommandée dans les quinze jours pour préserver Visale
Échéance 2 impayée720 €Déclaration à Action Logement, la dette dépassant un mois net. Impayé constitué au sens de la CAF, soit 2 × 360 €
Dans les deux mois720 € ou plusSignalement de l'impayé à la CAF par lettre recommandée

Dans ce scénario, Action Logement conduit le recouvrement après avoir indemnisé et le bailleur ne mandate pas lui-même de commissaire de justice. Il met à jour chaque mois le compte du locataire dans l'espace Visale.

Préparer une consultation pas à pas

Une consultation est d'autant plus utile que le dossier est complet. La méthode suivante vaut pour tous les interlocuteurs.

  1. Formuler la question en une phrase. Distinguez ce que vous voulez savoir, comme la validité d'un congé, de ce que vous voulez obtenir, comme la libération du logement.
  2. Rassembler les pièces. Apportez le bail et ses avenants, les états des lieux, les quittances ou le décompte, les courriers échangés et les justificatifs de paiement.
  3. Établir une chronologie datée. Une page suffit, avec la date de chaque événement, de chaque courrier et de chaque réponse.
  4. Repérer les délais en cours. Notez la date du dernier acte reçu ou envoyé, car un délai de recours ou de prescription peut courir pendant que vous consultez.
  5. Demander un devis ou le coût avant tout acte payant. Exigez une convention d'honoraires de l'avocat, un devis du commissaire de justice et une lettre de mission de l'expert-comptable.
  6. Garder une trace écrite de la réponse. Prenez des notes datées après un entretien et privilégiez les échanges par messagerie sécurisée avec l'administration.

Cas particuliers

Le bailleur en société

Une SCI dialogue avec le SIE pour ses déclarations et accomplit ses formalités sur le guichet unique des formalités des entreprises, géré par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). Ses associés relèvent du SIP pour leurs propres impôts. Le gérant représente la société auprès du locataire, du syndic et des administrations (chapitre 129).

Le loueur en meublé

Le loueur en meublé déclare son début d'activité sur ce même guichet unique afin d'obtenir un numéro d'identification de son établissement (numéro SIRET). Au régime réel, il dépose sa liasse auprès du SIE du lieu de situation du bien. La CFE relève du même service (chapitre 121).

Le bailleur éloigné ou non-résident

Un bailleur éloigné s'appuie sur des interlocuteurs locaux, comme un mandataire de gestion, le syndic et un commissaire de justice proche du logement. Le tribunal et la CDC compétents sont ceux du lieu du bien. Le bailleur non-résident dépend d'un service des impôts spécialisé (chapitre 127).

La location de tourisme

La location meublée de tourisme ajoute la mairie, pour la déclaration ou l'enregistrement et la taxe de séjour, ainsi que les plateformes de réservation, qui transmettent les revenus à l'administration fiscale (chapitres 28, 34 et 35). Un organisme évaluateur, choisi librement par le loueur, réalise la visite de classement (chapitre 33).

Les terrains et la construction

Les projets de construction font intervenir d'autres professionnels, à savoir le géomètre-expert pour le bornage et la division (chapitres 63 et 66), l'architecte ou le maître d'œuvre (chapitre 71) et l'assureur dommages-ouvrage (chapitre 73). La mairie reçoit la demande de permis de construire et la taxe d'aménagement est gérée par la direction générale des finances publiques (DGFiP) pour les autorisations déposées depuis le 1er septembre 2022 (chapitres 68 et 69).

Les erreurs fréquentes

  • Laisser courir un délai de recours en attendant la réponse d'un interlocuteur qui n'a pas le pouvoir de l'interrompre.
  • Signer un accord devant la CDC ou le conciliateur sans en mesurer la portée, alors qu'il interdit ensuite de saisir le juge pour le même objet.
  • Négocier un échéancier avec le locataire sans prévenir l'assureur GLI ou Action Logement.
  • Oublier de signaler l'impayé à la CAF ou à la MSA dans les deux mois.
  • Accepter un diagnostic sans vérifier la certification du diagnostiqueur dans l'annuaire officiel.
  • Engager un avocat sans convention d'honoraires écrite ou sans vérifier la protection juridique de ses contrats d'assurance.
  • Adresser une réclamation fiscale au SIP alors que l'impôt relève du SIE, ou l'inverse.

Liste de contrôle

  1. Les coordonnées de l'ADIL du département de chaque bien sont notées.
  2. Le syndic et l'assureur de l'immeuble sont identifiés pour chaque lot en copropriété.
  3. Le contrat PNO, la GLI éventuelle et la garantie de protection juridique sont classés avec leurs délais de déclaration.
  4. Le service des impôts compétent, SIP ou SIE, est identifié pour chaque revenu et chaque impôt.
  5. L'espace particulier et, le cas échéant, l'espace professionnel sont ouverts sur impots.gouv.fr.
  6. Le visa Visale ou le contrat GLI est enregistré avant la signature du bail.
  7. Le versement en tiers payant de l'aide au logement est demandé ou vérifié auprès de la CAF ou de la MSA.
  8. La certification du diagnostiqueur est vérifiée dans l'annuaire officiel avant chaque diagnostic.
  9. La carte professionnelle et la garantie financière du mandataire de gestion sont vérifiées.
  10. Une convention d'honoraires, un devis ou une lettre de mission est obtenu avant chaque intervention payante.
  11. Les délais en cours sont notés avant chaque consultation.
  12. Les règles propres à la commune du bien, comme le permis de louer ou le changement d'usage, sont vérifiées auprès de la mairie.