Une stratégie immobilière se heurte à des seuils bien avant de se heurter à des limites de rentabilité. Une norme de crédit arrête l'enchaînement des acquisitions, une classe énergétique ferme la relocation d'un logement, un montant de recettes change le régime fiscal ou social et une durée de détention change le coût d'une vente. Ces chiffres ne disent pas quoi faire. Ils indiquent à quel moment une décision change de nature.
Ce chapitre rassemble les seuils et chiffres utiles à la stratégie, en vigueur ou publiés au 26 octobre 2026. Chaque chiffre est daté, rattaché à sa source publique et renvoie au chapitre de ce guide qui l'utilise. Les délais déclaratifs et les pénalités figurent dans le Guide de la fiscalité immobilière, Les seuils et chiffres à connaître et la lecture de gestion dans le Guide du bailleur privé, Les seuils à anticiper, du premier logement au patrimoine. Ce chapitre les relit sous l'angle du choix d'investissement, de financement, de détention, de vente et de transmission.
Lire un seuil en stratège
Un seuil n'a de sens qu'avec son niveau d'appréciation, sa date, son assiette et son effet. Le même montant de 23 000 € s'apprécie sur les recettes meublées de tout le foyer pour le statut de loueur professionnel. Le seuil de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) se mesure sur le patrimoine net au 1er janvier, celui de la surtaxe sur les plus-values par cédant au jour de la vente.
| Effet | Fonctionnement | Exemples |
|---|---|---|
| Mur | Au-delà, l'opération devient impossible ou dépend d'une dérogation | Taux d'effort de 35 %, taux de l'usure, classe énergétique exclue |
| Bascule | Au-delà, un autre régime s'applique à tout le foyer ou à tout le bien | Micro-foncier, micro-BIC, statut professionnel, IFI |
| Progressif | Chaque année ou chaque euro modifie un peu le résultat | Abattements pour durée de détention, barème de l'article 669 |
Un mur se prépare des années à l'avance. Une bascule se chiffre avec les charges réelles et les revenus du foyer. Un seuil progressif se compare au coût de l'attente et ne crée pas de date magique.
Le financement
Les normes de crédit
Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) encadre l'octroi des crédits immobiliers par sa décision n° D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021, modifiée en 2023. Elle s'impose aux banques et non aux emprunteurs, mais elle fixe en pratique la vitesse à laquelle un investisseur salarié peut enchaîner les acquisitions (chapitres 26 et 30). Son application au loueur professionnel figure dans le Guide du bailleur professionnel, Les normes HCSF et le bailleur professionnel.
| Critère | Règle au 26 octobre 2026 | Chapitre |
|---|---|---|
| Taux d'effort | 35 % au plus, assurance exigée comprise, une part des loyers étant ajoutée aux revenus | 26 |
| Durée | 25 ans, 27 ans avec un différé lié à une entrée en jouissance décalée | 26 et 28 |
| Différé dans l'ancien | Travaux d'au moins 10 % du coût total | 26 |
| Marge de flexibilité | 20 % de la production trimestrielle, dont 30 % libres pour l'investissement locatif | 26 et 30 |
Le calcul dit différentiel, qui retranche les loyers des mensualités, est exclu. Chaque acquisition à crédit augmente donc le taux d'effort, même lorsque le loyer couvre la mensualité (chapitre 26).
Selon le communiqué du HCSF publié après sa séance du 15 septembre 2026, le taux d'effort moyen des nouveaux crédits à l'habitat était de 30,9 % en juin 2026 pour une durée moyenne de 22,7 ans. La marge de flexibilité était utilisée à hauteur de 18,1 % au deuxième trimestre 2026 (chapitre 26).
Les taux de référence
| Prêt immobilier aux particuliers | Taux de l'usure du 1er octobre au 31 décembre 2026 |
|---|---|
| Taux fixe, moins de dix ans | 4,09 % |
| Taux fixe, de dix à moins de vingt ans | 4,68 % |
| Taux fixe, vingt ans et plus | 5,40 % |
| Taux variable | 5,52 % |
| Prêt relais | 6,49 % |
Le taux annuel effectif global (TAEG), assurance et frais compris, ne peut pas dépasser ces seuils publiés le 30 septembre 2026 (service-public.gouv.fr). Un emprunteur âgé dont l'assurance est chère peut être refusé à cause de l'usure et non de son taux d'effort (chapitres 26 et 29).
Selon la Banque de France, le taux moyen des crédits nouveaux à l'habitat hors renégociations était de 3,32 % en août 2026, chiffre provisoire publié le 6 octobre 2026, contre 3,10 % en août 2025 (chapitres 26 et 29). Les taux passés ne préjugent pas des taux futurs.
Remboursement anticipé et assurance
Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) d'un prêt immobilier aux particuliers sont plafonnées au plus faible de deux montants, six mois d'intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt ou 3 % du capital restant dû. Elles ne sont pas dues lorsque le remboursement suit la vente du logement consécutive à un changement de lieu de travail, à la cessation forcée de l'activité ou au décès de l'emprunteur ou de son conjoint (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 16 septembre 2026). Pour 160 000 € restant dus à 3,8 %, le plafond est de 3 040 €, contre 1 120 € à 1,4 %. Un prêt professionnel n'est pas soumis à ce plafond (chapitres 29, 33 et 34).
Depuis la loi n° 2022-270 du 28 février 2022, l'assureur ne peut pas exiger de questionnaire de santé lorsque la part assurée des prêts immobiliers ne dépasse pas 200 000 € par personne et que le remboursement s'achève avant le soixantième anniversaire de l'emprunteur (chapitres 5, 26 et 117). L'investisseur qui a déjà emprunté pour sa résidence principale dépasse souvent ce plafond.
La performance énergétique et la décence
| Date | Métropole | Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte |
|---|---|---|
| 1er janvier 2025 | Classe G exclue | Aucune exclusion |
| 1er janvier 2028 | Classes F et G exclues | Classe G exclue |
| 1er janvier 2031 | Sans changement | Classes F et G exclues |
| 1er janvier 2034 | Classes E, F et G exclues | Sans changement |
Un logement loué comme résidence principale doit atteindre ces classes au diagnostic de performance énergétique (DPE) pour être décent. L'exigence vise les nouveaux baux puis les baux renouvelés ou tacitement reconduits, selon l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL) (anil.org). Sa portée tient donc à la date de chaque bail. Un bail meublé d'un an expose le logement chaque année, alors qu'un bail nu de trois ans signé fin 2027 reporte à son renouvellement l'exclusion de la classe F (chapitres 36, 72 et 107). Les règles figurent dans le Guide du bailleur privé, Le DPE et le calendrier énergétique.
Depuis le 24 août 2022 en métropole, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut augmenter ni à la relocation, ni au renouvellement, ni par la révision annuelle. Il ne peut augmenter de nouveau qu'après des travaux qui le portent au moins en classe E, attestés par un nouveau DPE (ecologie.gouv.fr). Dans les départements d'outre-mer, le gel s'applique depuis le 1er juillet 2024 (chapitre 79).
| Seuil | Règle | Chapitre |
|---|---|---|
| Pièce principale | 9 mètres carrés et 2,20 mètres de hauteur, ou 20 mètres cubes | 36 |
| Surface habitable | Parties de moins de 1,80 mètre exclues | 36 |
| Fonds de travaux | 5 % du budget prévisionnel ou 2,5 % des travaux du plan pluriannuel si ce montant est plus élevé | 110 |
| Déficit foncier majoré | 21 400 € pour des travaux qui font passer un logement de E, F ou G à A, B, C ou D, dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2027 | 46 et 72 |
| MaPrimeRénov', rénovation d'ampleur | Dépenses plafonnées à 30 000 € hors taxes pour deux classes gagnées, 40 000 € pour trois ou plus | 72 |
Ces plafonds d'aide ne sont pas un coût moyen de travaux. Seul un audit appuyé sur des devis chiffre un logement donné. Les conditions d'accès des bailleurs aux aides se vérifient auprès de France Rénov' (chapitre 72).
Les régimes des revenus locatifs
Le micro-foncier s'applique lorsque les loyers bruts de l'ensemble du foyer fiscal ne dépassent pas 15 000 € par an, quotes-parts de sociétés de personnes comprises, avec un abattement de 30 % exclusif de toute autre déduction. L'option pour le réel résulte du dépôt de la déclaration n° 2044 et vaut trois ans (BOI-RFPI-DECLA-10). Le dépassement impose le réel à toutes les locations nues du foyer, souvent dès le deuxième ou le troisième bien (chapitres 16, 30 et 124).
Au réel, le déficit foncier hors intérêts s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an et par foyer, ou 21 400 € pour la rénovation énergétique éligible. Le surplus se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes et le bien doit rester loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année qui suit l'imputation (Guide de la fiscalité immobilière, Le déficit foncier en détail, chapitres 39 et 46).
| Seuil | Revenus de 2026 | Chapitre |
|---|---|---|
| Régime micro des bénéfices industriels et commerciaux (micro-BIC), longue durée et tourisme classé | 83 600 €, abattement de 50 % | 30, 42 et 124 |
| Micro-BIC, meublé de tourisme non classé | 15 000 €, abattement de 30 % | 42 et 124 |
| Loueur en meublé professionnel (LMP) | Recettes du foyer supérieures à 23 000 € et à ses autres revenus d'activité | 10, 41 et 124 |
| Cotisations sociales en courte durée | Recettes supérieures à 23 000 € | 42 |
| Cotisation minimum de cotisation foncière des entreprises (CFE) | Exonération jusqu'à 5 000 € de recettes | 49 et 124 |
Le seuil de 83 600 € vaut pour les revenus de 2026 à 2028, après 77 700 € pour 2025. Les seuils du micro-BIC s'apprécient par membre du foyer qui exploite la location (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026). Le statut professionnel s'apprécie au contraire sur tout le foyer (chapitre 41). L'exonération de cotisation minimum de CFE figure au paragraphe 133 du BOI-IF-CFE-20-20-40-10.
Après cinq ans d'activité, le loueur professionnel bénéficie de l'exonération de plus-value de l'article 151 septies du Code général des impôts (CGI), totale jusqu'à 90 000 € de recettes hors taxes et partielle jusqu'à 126 000 € (chapitre 121). La date utile est le cinquième anniversaire de l'activité et non celui de l'achat (Guide du bailleur professionnel, Les exonérations de plus-value professionnelle).
Une société civile immobilière (SCI) à l'impôt sur le revenu (IR) qui loue meublé de façon habituelle exerce une activité commerciale qui peut la rendre passible de l'impôt sur les sociétés (IS). La tolérance admise pour des recettes commerciales accessoires est présentée dans le Guide des sociétés immobilières, La SCI à l'IR qui loue meublé ou exerce une activité commerciale. Elle se vérifie avant de meubler un bien de la société (chapitres 40 et 41).
| Taux | Montant au 26 octobre 2026 | Chapitre |
|---|---|---|
| Prélèvements sociaux, revenus fonciers et plus-values immobilières | 17,2 % | 14 et 125 |
| Prélèvements sociaux, location meublée non professionnelle (LMNP) | 18,6 % dès les revenus de 2025 | 14 et 42 |
| Prélèvement forfaitaire unique (PFU), dividendes et intérêts perçus en 2026 | 31,4 % | 17 et 125 |
| IS | 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions, 25 % au-delà | 125 |
Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence (RFR) pour une personne seule et de 500 000 € pour un couple, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) s'applique et la contribution différentielle (CDHR) impose un taux minimal de 20 %. Une plus-value immobilière entre dans le RFR et peut les déclencher une seule année (chapitres 96 et 121). Le plafonnement global des réductions et crédits d'impôt est de 10 000 € par foyer et par an, alors que le déficit foncier et les amortissements y échappent (chapitre 96).
La location de courte durée et les zones tendues
| Seuil | Règle | Chapitre |
|---|---|---|
| Résidence principale louée en meublé de tourisme | 120 jours par an sans autorisation de changement d'usage, plafond que la commune peut abaisser jusqu'à 90 jours | 42 |
| Défaut d'enregistrement exigé | Amende pouvant atteindre 5 000 € | 42 |
| Services para-hôteliers | Trois des quatre services rendent l'activité imposable à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 10 %, sous réserve de la franchise | 42 |
Depuis la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, toute commune peut soumettre à autorisation la location en meublé de tourisme d'un logement qui n'est pas la résidence principale du loueur (chapitre 42). Une stratégie de courte durée peut donc cesser de fonctionner par simple délibération communale (chapitre 71).
| Seuil | Règle | Chapitre |
|---|---|---|
| Préavis du locataire d'un logement vide | Un mois au lieu de trois en zone tendue, s'il le mentionne | 87 |
| Taxe sur la vacance des logements, impositions de 2027 | Vacance d'au moins un an en zone tendue, 17 % de la valeur locative puis 34 %, relevables jusqu'à 30 % et 60 % | 87 et 108 |
| Majoration de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) | De 5 % à 60 % de la part communale en zone tendue | 87 |
| Encadrement du niveau des loyers | Neuf territoires, 71 communes dont huit en partie | 87 |
L'expérimentation de l'encadrement du niveau des loyers prend fin le 25 novembre 2026 dans l'Hexagone et court jusqu'en juin 2030 dans les zones tendues d'outre-mer, selon l'ANIL dans sa page à jour au 23 juillet 2026. Un texte de prolongation est en discussion au Parlement au 26 octobre 2026 sans être définitivement adopté (chapitre 87). Dans un territoire encadré, le raisonnement doit donc reposer sur un loyer plafonné.
Les dispositifs d'investissement
| Dispositif | Seuil, plafond ou date | Chapitre |
|---|---|---|
| Jeanbrun | Actes du 21 février 2026 au 31 décembre 2028, location nue pendant neuf ans à loyer intermédiaire, social ou très social | 45 et 48 |
| Jeanbrun, amortissement | 80 % du prix, 3,5 %, 4,5 % ou 5,5 % dans le neuf, 3 %, 3,5 % ou 4 % dans l'ancien avec travaux d'au moins 30 % du prix | 45 et 46 |
| Jeanbrun, plafond annuel | 8 000 € par foyer, 10 000 € ou 12 000 € selon la part de location sociale ou très sociale | 45 |
| Loc'Avantages | Conventions conclues jusqu'au 31 décembre 2027, réduction de loyer de 15 % à 65 % | 48 |
| Denormandie, plafond de loyer 2026 en zones B2 et C | 10,26 € par mètre carré, multiplié par 0,7 plus 19 divisé par la surface | 85 |
Les conditions du dispositif Jeanbrun sont celles de la fiche service-public.gouv.fr, qui signale un texte en discussion susceptible d'en assouplir l'accès. L'option exclut le micro-foncier et la rupture de l'engagement entraîne la reprise de l'avantage (Guide de la fiscalité immobilière, Le dispositif Jeanbrun, analyse technique). Un dispositif se juge sur le rendement hors avantage fiscal (chapitre 133).
L'acquisition et l'IFI
Dans l'ancien, les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) atteignent 5,80665 % du prix avec le taux départemental de 4,50 % et 6,3185 % avec le taux majoré de 5 %, autorisé pour les actes du 1er avril 2025 au 31 mars 2028 (Guide de la fiscalité immobilière, Les droits de mutation à titre onéreux). S'y ajoutent les émoluments du notaire et la garantie du prêt. Ces frais pèsent lourd sur une détention courte (chapitres 5 et 22). Pour la plus-value, ils sont retenus pour leur montant réel ou par un forfait de 7,5 % (chapitre 27). La cession de parts d'une société à prépondérance immobilière supporte un droit de 5 % sans ajout du passif social (chapitre 125).
| Seuil | Règle pour l'IFI 2026 | Chapitre |
|---|---|---|
| Assujettissement | Patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1 300 000 € au 1er janvier | 10, 30 et 124 |
| Barème | Applicable dès 800 000 € une fois le seuil franchi, décote entre 1 300 000 € et 1 400 000 € | 124 |
| Résidence principale | Abattement de 30 % | 94 et 124 |
| Dettes | Déductibles si elles se rapportent aux biens taxables, plafonnées si le patrimoine dépasse 5 000 000 € et les dettes 60 % | 28 et 34 |
| Usufruit | L'usufruitier déclare en principe la pleine propriété | 59 et 129 |
Ces règles figurent sur la fiche service-public.gouv.fr. Le seuil de 1 300 000 € n'est pas un abattement. La valeur au 1er janvier et la date de fin des prêts comptent autant que le barème (chapitres 30 et 34 et Guide du bailleur privé, L'IFI du bailleur).
La vente
| Durée de détention | Ce qui change |
|---|---|
| Moins de six ans | Aucun abattement, 19 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux |
| Plus de cinq ans | Forfait de 15 % du prix d'acquisition pour travaux |
| De 6 à 21 ans | Abattement de 6 % par an pour l'IR et de 1,65 % pour les prélèvements sociaux |
| 22 ans | Exonération d'IR et donc de surtaxe, prélèvements sociaux dus sur 72 % |
| De 23 à 30 ans | Abattement social de 9 % par an |
| Plus de 30 ans | Exonération totale |
La surtaxe s'applique lorsque la plus-value imposable à l'IR dépasse 50 000 €, au taux de 2 % à 6 % sur toute la plus-value avec un lissage à l'entrée de chaque tranche. Le seuil s'apprécie par cédant et, pour une société de personnes, au niveau de la société, la tolérance ne visant que la quote-part des associés soumis à l'IR (chapitre 121 et Guide de la fiscalité immobilière, Les barèmes et taux commentés).
| Situation | Seuil ou condition | Chapitre |
|---|---|---|
| Première cession d'un logement autre que la résidence principale | Exonération si le prix est remployé dans les deux ans pour la résidence principale, sans en avoir été propriétaire au cours des quatre années précédentes | 94 |
| Congé pour vendre en location nue | Pour l'échéance du bail, au moins six mois à l'avance | 38 |
| Vente en bloc d'un immeuble de plus de cinq logements | Prorogation des baux pendant six ans ou droit de préemption de chaque locataire | 39 |
La transmission
| Bénéficiaire | Abattement en donation, par donateur et par période de quinze ans |
|---|---|
| Enfant | 100 000 € |
| Petit-enfant | 31 865 € |
| Époux ou partenaire d'un pacte civil de solidarité (PACS) | 80 724 €, exonération en succession |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Personne handicapée | 159 325 € en plus |
| Don familial de sommes d'argent | 31 865 €, donateur de moins de 80 ans |
Ces montants figurent sur la fiche service-public.gouv.fr vérifiée le 13 mai 2026. Les donations de moins de quinze ans sont rappelées. Un couple avec deux enfants dispose ainsi de 400 000 € d'abattements tous les quinze ans si chaque parent donne. En ligne directe, le barème atteint 20 % de 15 933 € à 552 324 € de part taxable, puis 30 %, 40 % et 45 % au-delà de 1 805 677 € (chapitres 93 et 129).
Le barème de l'article 669 du CGI fixe la valeur de la nue-propriété selon l'âge de l'usufruitier au jour de l'acte, 50 % de 51 à 60 ans, 60 % de 61 à 70 ans, 70 % de 71 à 80 ans et 80 % de 81 à 90 ans. L'usufruit d'une personne morale vaut au plus 69 % (chapitres 59, 129 et 130). Au décès, l'usufruit rejoint la nue-propriété sans droits, si la donation est réelle et ne relève pas de l'abus de droit.
Les capitaux d'assurance vie issus de primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Les primes versées après 70 ans relèvent des droits de succession au-delà de 30 500 €. Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés (chapitre 129).
L'exonération de l'article 790 A bis du CGI pour les dons familiaux affectés à l'achat d'un logement neuf destiné à la résidence principale ou à une rénovation énergétique s'applique jusqu'au 31 décembre 2026 sauf prorogation, construction et achat de terrain exclus (Guide de la fiscalité immobilière, Les dons familiaux pour un logement neuf ou une rénovation énergétique, chapitre 93). Les modifications discutées dans le PLF pour 2027 ne doivent pas être tenues pour acquises.
Les âges qui changent la décision
| Âge | Effet | Chapitre |
|---|---|---|
| 60 ans en fin de prêt | Au-delà, questionnaire de santé possible même sous 200 000 € assurés | 5 et 26 |
| 51 ans de l'usufruitier | La nue-propriété passe de 40 % à 50 % de la valeur | 129 |
| 64 ans | Âge minimal de départ à la retraite pour les assurés nés à partir de 1969 | 101 et 126 |
| 70 ans | Fin du régime favorable des primes d'assurance vie | 129 |
| 80 ans | Fin de l'exonération des dons familiaux de sommes d'argent | 129 |
L'âge minimal de départ est de 63 ans et 9 mois pour les assurés nés en 1968, selon la fiche service-public.gouv.fr vérifiée le 14 août 2026. Des départs anticipés existent. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), l'espérance de vie à 65 ans atteint 23,6 ans pour les femmes et 20,0 ans pour les hommes en 2025, données provisoires publiées le 13 janvier 2026 (chapitre 127).
À trente-cinq ans, les seuils décisifs sont le taux d'effort et le calendrier énergétique. À cinquante-cinq ans, la durée de crédit se réduit, l'assurance renchérit et la retraite modifie les revenus retenus par les banques. Après soixante-dix ans, la liquidité domine, car la dépendance peut imposer une vente rapide. La réduction d'impôt pour dépendance en établissement, de 25 % des sommes payées dans la limite de 10 000 € par personne hébergée, n'en couvre qu'une petite part (chapitres 5, 126 et 132).
Réserves et repères de marché
| Repère | Montant et date | Chapitre |
|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % du 1er août 2026 au 31 janvier 2027, plafond de 22 950 € | 6 et 116 |
| Garantie des dépôts | 100 000 € par client et par établissement | 116 |
Le taux du livret A figure sur la fiche service-public.gouv.fr vérifiée le 1er août 2026. Il sert de taux de comparaison pour la réserve et le remboursement anticipé (chapitres 34 et 116).
Selon l'INSEE, les prix des logements anciens en France hors Mayotte ont baissé de 1,0 % au deuxième trimestre 2026 et de 0,8 % sur un an, dont 0,1 % pour les appartements et 1,3 % pour les maisons. Environ 958 000 logements anciens ont été vendus sur les douze mois achevés fin juin 2026 (insee.fr). Ces évolutions passées ne préjugent pas des évolutions futures (chapitres 19 et 80). Les prix locaux se lisent dans les demandes de valeurs foncières (DVF), publiées sur data.gouv.fr et consultables sur app.dvf.etalab.gouv.fr (chapitre 81).
Ce qui est en discussion au 26 octobre 2026
Selon le suivi du Guide de la fiscalité immobilière, l'article 7 du PLF pour 2027 plafonnerait dans sa version initiale l'amortissement d'un loueur en meublé non professionnel à 2,5 % de la valeur des locaux dans la limite de 7 000 € par an et par foyer, ou 1,5 % et 5 000 € pour les meublés de tourisme. Il n'était ni voté ni adopté au 25 octobre 2026. Le rejet de la première partie en commission le 9 octobre 2026 a fait tomber les amendements adoptés en commission, dont l'abattement du micro-foncier porté à 50 % (chapitre 111 et Guide de la fiscalité immobilière, La loi de finances pour 2026 et le projet de loi de finances pour 2027). Aucun seuil ne doit être remplacé par un montant annoncé avant la promulgation.
Trois exemples chiffrés
Ces exemples illustratifs reposent sur des hypothèses et sur les règles du 26 octobre 2026.
Un couple face à la norme de 35 %
Un couple pacsé perçoit 4 600 € nets par mois avant impôt et rembourse 950 € par mois pour sa résidence principale. Il vise un logement loué 650 € par mois, retenu à 70 % par la banque. Son besoin est de 140 000 €. L'assurance coûte 0,30 % par an du capital initial. Les revenus retenus atteignent 5 055 € et la mensualité disponible est égale à 35 % de 5 055 € moins 950 €, soit 819,25 €.
| Taux nominal | Capital sur 20 ans | Capital sur 25 ans | TAEG approché sur 20 ans, hors frais |
|---|---|---|---|
| 3,0 % | 141 348 € | 164 109 € | 3,55 % |
| 3,5 % | 135 422 € | 155 862 € | 4,05 % |
| 4,0 % | 129 838 € | 148 190 € | 4,56 % |
| 4,5 % | 124 572 € | 141 048 € | 5,07 % |
| 5,0 % | 119 606 € | 134 394 € | 5,59 % |
Le besoin de 140 000 € n'est couvert sur vingt ans qu'en dessous d'un taux de 3,11 % et sur vingt-cinq ans qu'en dessous de 4,58 %. À 5,0 %, le TAEG approché dépasse l'usure de 5,40 % avant même les frais de dossier et de garantie. La norme du HCSF fixe le montant et l'usure fixe le plafond de taux.
Dans un scénario défavorable, les revenus du foyer baissent de 15 % à 3 910 € et le taux atteint 4,5 %. La mensualité disponible tombe à 577,75 € et le capital empruntable à 87 851 € sur vingt ans ou 99 469 € sur vingt-cinq ans. Emprunter malgré tout 140 000 € sur vingt-cinq ans porterait le taux d'effort à 40,39 %. Le dossier ne passerait qu'au titre de la marge de flexibilité de la banque (chapitres 24 et 26).
La durée de détention avant une vente
Un propriétaire unique réalise une plus-value brute de 100 000 €.
| Durée | Base IR | IR à 19 % | Prélèvements sociaux | Surtaxe | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| 5 ans | 100 000 € | 19 000 € | 17 200 € | 2 000 € | 38 200 € |
| 10 ans | 70 000 € | 13 300 € | 15 781 € | 1 400 € | 30 481 € |
| 15 ans | 40 000 € | 7 600 € | 14 362 € | 0 € | 21 962 € |
| 21 ans | 4 000 € | 760 € | 12 659,20 € | 0 € | 13 419,20 € |
| 22 ans | 0 € | 0 € | 12 384 € | 0 € | 12 384 € |
| 25 ans | 0 € | 0 € | 7 740 € | 0 € | 7 740 € |
| 30 ans | 0 € | 0 € | 0 € | 0 € | 0 € |
Attendre la vingt-deuxième année ne fait gagner que 1 035,20 € par rapport à la vingt et unième, car l'abattement pour l'IR atteint déjà 96 %. Chaque année entre six et dix ans fait gagner 1 543,80 €. La surtaxe disparaît dès que la base repasse sous 50 000 €, ici à quatorze ans. Le gain de l'attente se compare au loyer net, aux travaux et au risque de prix (chapitres 120 et 121). Deux époux propriétaires à parts égales apprécieraient chacun le seuil sur leur moitié et échapperaient à la surtaxe.
Une donation en nue-propriété ou en pleine propriété
Deux époux de 64 et 62 ans, mariés sous le régime de la communauté, veulent transmettre à leurs deux enfants un appartement commun estimé 480 000 €. Aucune donation n'a été consentie depuis quinze ans. Les frais d'acte ne sont pas chiffrés.
| Élément | Pleine propriété | Nue-propriété |
|---|---|---|
| Valeur fiscale transmise | 480 000 € | 288 000 € |
| Part reçue par enfant de chaque parent | 120 000 € | 72 000 € |
| Part taxable après abattement | 20 000 € | 0 € |
| Droits au total | 8 777,40 € | 0 € |
| Abattement restant par enfant et par parent | 0 € | 28 000 € |
| Valeur du bien | Donateurs de 58 ans | 64 ans | 72 ans | 85 ans | Pleine propriété |
|---|---|---|---|---|---|
| 480 000 € | 0 € | 0 € | 0 € | 0 € | 8 777 € |
| 600 000 € | 0 € | 0 € | 1 000 € | 8 777 € | 32 777 € |
| 800 000 € | 0 € | 8 777 € | 24 777 € | 40 777 € | 72 777 € |
Le tableau donne les droits totaux selon l'âge des donateurs, supposés du même âge. Plus la donation est précoce, plus la fraction taxée est faible. En contrepartie, les parents conservent les loyers mais ne peuvent plus vendre seuls (chapitres 129 et 130).
Organiser le suivi des seuils
- Recensez vos seuils. Taux d'effort, classe DPE et date de chaque bail, loyers nus et recettes meublées du foyer, patrimoine net au 1er janvier, durées de détention et âges.
- Classez-les. Mur, bascule ou seuil progressif.
- Datez chaque franchissement. Troisième bien loué nu, recettes meublées supérieures aux autres revenus d'activité, renouvellement des baux avant 2028 et 2034, fin des prêts et entrée possible dans l'IFI.
- Chiffrez chaque bascule. Comparez les régimes avec les charges réelles (chapitre 14).
- Testez la sensibilité. Taux, revenus et valeurs au 1er janvier font bouger plusieurs seuils à la fois (chapitre 24).
- Relisez chaque année. Après la loi de finances, chaque communiqué du HCSF et chaque trimestre pour l'usure (chapitre 119).
Un couple marié ou pacsé forme un seul foyer pour le micro-foncier, le déficit foncier, le statut professionnel et l'IFI. Des concubins forment deux foyers pour l'IR mais un seul pour l'IFI en cas de concubinage notoire. Pour la surtaxe, chaque époux ou indivisaire apprécie le seuil sur sa quote-part. En famille recomposée, l'enfant du conjoint non adopté ne bénéficie pas de l'abattement en ligne directe et reçoit de son beau-parent avec des droits de 60 % (chapitre 105).
Un non-résident reste imposable en France sur les loyers et plus-values de ses biens français et à l'IFI sur ces seuls biens, avec des règles propres présentées au chapitre 103. En outre-mer, le calendrier énergétique est décalé (chapitre 88). Une société à l'IS échappe aux seuils personnels du micro-foncier et du statut professionnel, mais ses distributions supportent le PFU (chapitre 125).
Un montage dont le but exclusif ou principal est de rester sous un seuil, comme un démembrement réalisé pour fractionner une plus-value, peut être écarté sur le fondement des articles L64 et L64 A du Livre des procédures fiscales (LPF), selon le Guide de la fiscalité immobilière, L'abus de droit fiscal. Des reventes répétées exposent à la requalification en marchand de biens (chapitre 76).
Les erreurs fréquentes
- Déduire les loyers des mensualités. Le HCSF exclut cette méthode. Dans le premier exemple, le taux d'effort atteint 40,39 % dans le scénario défavorable.
- Oublier l'usure. À 5,0 % de taux nominal, le TAEG dépasse 5,40 % et le prêt devient impossible.
- Lire le calendrier DPE comme une date unique. La date utile est celle de chaque bail.
- Apprécier le micro-foncier par bien. Le seuil vise tous les loyers bruts du foyer.
- Confondre le micro-BIC et le statut professionnel. Le premier s'apprécie par membre exploitant, le second sur tout le foyer.
- Attendre vingt-deux ans à tout prix. La dernière année rapporte 1 035,20 € dans le deuxième exemple, souvent moins qu'un mois de vacance ou une faible baisse de prix.
- Croire que le seuil de l'IFI est un abattement. Le barème s'applique dès 800 000 €.
Liste de contrôle
- Crédit. Taux d'effort calculé en ajoutant une part des loyers aux revenus, durée de 25 ans au plus et TAEG comparé à l'usure du trimestre.
- Assurance. Montant assuré par personne et âge en fin de prêt comparés à 200 000 € et 60 ans.
- Énergie. Chaque logement situé par rapport à 2028 et 2034, bail par bail.
- Revenus locatifs. Loyers nus comparés à 15 000 €, recettes meublées à 83 600 € ou 15 000 € par membre et à 23 000 € pour le foyer.
- Société. Régime fiscal d'une société civile qui meuble vérifié avant le premier bail.
- IFI. Patrimoine net au 1er janvier projeté par rapport à 1 300 000 €.
- Vente. Base imposable par cédant, durée de détention, IRA et contraintes locatives chiffrées avant de signer.
- Transmission. Abattements consommés depuis quinze ans, âge des donateurs et barème de l'article 669 recensés.
- Mise à jour. Chaque chiffre daté, sourcé et relu après la loi de finances.